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Dig It! # 25
Roky Erickson   Sa vie, son oeuvre...
Mike McCann(ibals)    La tournée européenne des Cannibals de 83 vue par leur guitariste de l'époque Mike McCann.
Adam West     Tour report part II par Manny Montana

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ROKY ERICKSON
 

    Roky Erickson, Roger Kynard Erickson pour l'état civil, cinquante cinq ans aux prunes, va beaucoup mieux. Celui qu'on ne peut désormais plus appeler l'ermite dérangé d'Austin (d'ailleurs il vit aujourd'hui à Pittsburgh) vient d'entamer une période de sa vie qui s'annonce plus apaisée. Il accepte d'être soigné, s'est fait couper barbe et cheveux et réparer la dentition. Ça vous change un homme qui a passé trente deux ans d'enfer... C'est son frangin Sumner qui a pris les choses en main. Il a obtenu la tutelle légale de Roky et l'a éloigné de leur mère Evelyn que certains tenaient pour responsable, par négligence, de la déchéance psychologique et physique de l'ancien screamer des 13th Floor Elevators. Evelyn Erickson croyait pourtant bien faire, elle adorait son fils mais n'avait jamais songé à l'obliger à accepter des soins, elle se méfiait un peu trop des psys et de leurs prescriptions.

     Un poème sa mère d'ailleurs. Un peu excentrique sans doute (elle dit "éclectique") et un peu rebelle. Une artiste aussi, qui a appris le piano et la guitare a son fils. Elle a même sorti un single en 58 sur un label local. Son truc c'était plutôt les airs d'opéra. Elle est aujourd'hui septuagénaire. Anecdote récente pour affiner le portrait : l'année dernière elle est apparue en photo dans un journal d'Austin, en tête d'une manif anti-guerre d'Afghanistan. Ce qui n'empêchait pas certains amis de Roky de surnommer sa mère "Develyn". Et un juge texan a récemment convenu qu'elle n'était pas la meilleure des solutions pour Roky. A trop le protéger, elle l'étouffait semble-t-il, et diminuait du même coup ses chances d'en sortir.

 Flashback, Texas, 1966. Le groupe le plus excitant de l'état s'appelle The 13th Floor Elevators. Ils font du rock'n'roll psychédélique et violent. Ils sont les premiers. Ils ont un hit qui cartonne sur les radios régionales, "You're Gonna Miss Me", en fait un morceau du groupe précédent de Roky, The Spades, déjà paru en single (avant les Spades, Roky avait fait partie des Fugitives), passent à la télé (American Bandstand) et vendent pas mal de disques. Sous l'influence de l'intellectuel (et "cruchiste") du groupe, Tommy Hall, ils prennent de l'acide avant chaque concert ("plus près de la réalité grâce aux drogues" est leur mot d'ordre) et se construisent une légende en deux temps trois mouvements. Localement d'abord et rapidement dans le reste du pays, plus particulièrement en Californie où ce groupe d'allumés qui joue sous LSD intrigue et intéresse au plus haut point les freaks de San Francisco. Y'a pas qu'eux... La police du Texas surveille ça de près, fouille régulièrement les amplis du groupe avant les concerts en espérant y trouver de quoi envoyer l'équipe chevelue en prison. Ça renforce la légende...

 En août 1966, les Thirteen Floor Elevators partent jouer à San Francisco où leur réputation les a donc précédés. Ce groupe qui joue très fort, sous acide et subit d'incessants tracas policiers fait forte impression. Grace Slick, Jerry Garcia et Janis Joplin sont dans le public. Peu après le premier passage du groupe à Frisco, les Grateful Dead voient le jour, et même s'ils ne crachent pas sur l'acide, ils ne vont pas jusqu'à en prendre AVANT de grimper sur scène. D'autres groupes se formeront là-bas après le passage de Roky et ses allumés psychédéliques... Janis Joplin envisage même un moment de rejoindre les 13th Floor Elevators, c'est Chet Helms qui la dissuade in extremis. Elle fera quand même un ou deux concerts avec eux. Pendant la tournée, "You're Gonna Miss Me" atteint la cinquante cinquième place des charts nationaux. International Artists Rds, qui a édité le single (un label de truands qui ne reverse que très rarement les royalties dues aux groupes...), les rappelle au Texas et les colle à l'enregistrement d'un album. Ils mettent en boîte The Psychedelic Sounds Of The 13th Floor Elevators en huit heures. C'est la première fois que le terme "psychédélique" est utilisé pour décrire un style de musique. L'album sort en novembre.

 De son côté, la police n'a toujours pas renoncé à coffrer ce ramassis de dégénérés qui représentent ce qu'il y a de pire pour un keuf texan (relisez donc Les Freak Brothers...). Ils ne les lâchent pas d'une semelle. Ils pensaient vraiment que les gens comme Roky voulaient renverser le gouvernement et corrompre les enfants du pays. Encore plus grave, le groupe est populaire ! Ils sont finalement arrêtés pour possession d'herbe mais relâchés suite à une erreur du juge. La surveillance se renforce...

 Le deuxième album, Easter Everywhere, eut un beau succès. Pendant l'enregistrement Roky s'envoyait buvards d'acide et petites pilules en tous genres et commença à développer une parano. En novembre 67 à Houston il refuse de grimper sur scène, il ne veut pas que le public voie le troisième oeil au milieu de son front... Un an plus tard les concerts étaient devenus d'interminables jams sans queues ni têtes noyées de feedback. Roky tournait le dos au public et chantait un morceau différent de celui que jouait le groupe.

 Le troisième album, Bull Of The Woods, est quand même mis en chantier. "Roky était devenu un légume" se souvient le bassiste Ronnie Leatherman. D'ailleurs il ne chante pas sur tous les morceaux du disque, composé principalement de titres écartés des deux précédents. Roky s'enfonce petit à petit, devient incohérent, se déplace presque uniquement pieds-nus et s'envoie un max de speed. En février 69 il est arrêté avec quelques pétards d'herbe et les flics l'envoient au Austin State Hospital pour examen psychiatrique. Le diagnostic tombe, "schizophrénie aigüe", il est gardé à l'hosto et placé sous traitement (du Haldol). Il s'en échappe en mai avec la complicité de sa copine (et future femme) Dana Gaines. La police le reprend trois mois plus tard. Pour le faire échapper à la prison, son entourage plaide la folie, ils n'ont pas beaucoup de mal à convaincre le juge... D'autant qu'un spécialiste vient témoigner que Roky est un cas désespéré, "un exemple classique de schizophrénie et de confusion mentale aggravée par l'usage de drogues". Il est déclaré mentalement irresponsable et du coup l'accusation de possession de drogue tombe d'elle-même. Reste l'hôpital... Comme il s'est déjà échappé, il est placé dans une institution sévère, le Rusk State Hospital, où sont enfermés les malades mentaux dangereux. Il a droit aux électro-chocs et aux sédatifs à haute dose. "J'étais avec des mecs qui avaient découpé des gens à l'aide d'un couteau de boucher et on me traitait plus mal qu'eux parce que j'avais les cheveux longs" déclara-t-il plus tard. On lui coupe les cheveux. Il se met à écrire quelques chansons et poèmes regroupés dans le livre Openers édité dans la foulée. Il monte même un groupe avec deux potes de détention, les Missing Links, ils donnent quelques concerts à l'hôpital et accessoirement à la fête locale... Roky va mieux, reste à le sortir de là. C'est chose faite quand un juge d'Austin déclare (dans un tribunal plein à craquer, le cas de Roky étant devenu quelque chose comme une "cause célèbre") qu'il n'est plus un danger ni pour lui ni pour les autres. On est en 1972, Roky a vingt-cinq ans et il est libre.

 Seulement, Roky ne sait pas par quelle bout la prendre, cette liberté retrouvée. La parano repointe son nez, il se prétend surveillé par la CIA. Il se marie avec Dana Gaines et dans les premiers temps tout se passe à peu près bien, surtout parce que Roky suit son traitement. Puis il y a des hauts et des bas, il est parfois violent avec Dana et a une aventure avec une autre femme qui lui donnera un premier enfant en 74. Il corrige les poèmes et chansons d'Openers en barrant systématiquement le nom de "Jésus" pour le remplacer par celui de "Satan"... Aux cours des années suivantes, la vie suit son cours vaille que vaille. Notre homme se balade régulièrement entre Austin et San Francisco. Il fonde les Blieb Aliens ("Blieb" est l'anagramme de... Bible !) et enregistre quelques morceaux brillants ("Starry Eyes", "Two-Headed Dog", produits par Doug Sahm), puis c'est le tour des Aliens tout court et l'époque (77) de "Bermuda" et "The Interpreter" puis le EP sur Sponge Rds, le label de Philippe Garnier, qui annonce quelques-uns de ses thèmes favoris des 80's, monstres, vampires, gremlins et autres fantômes... Il prétend être un extra-terrestre. De Mars plus précisément. Quand on lui demande où il puise son inspiration, il répond que c'est Buddy Holly qui lui en souffle une partie directement du paradis. Il arrête progressivement les médicaments et ça n'arrange pas son état. Inquiète de l'influence de Roky sur leur fils, Dana le ramène chez sa mère en 79. Il s'y installe et sort son premier album solo (Roky Erickson & The Aliens) en 80 (sur CBS Angleterre d'abord, puis en 81 sur le label US 415 Rds avec quelques morceaux différents -The Evil One). Il reprend son traitement, même si ça lui file la tremblote. L'ex-Creedence Stu Cook (producteur de l'album) racontera plus tard que "Roky disait souvent qu'il aurait préféré être vraiment fou que dans l'état où il était". Dès qu'il se sent un peu mieux, Roky abandonne son traitement et se remet au speed... Il divorce de Dana et épouse Holly Patton qui lui donnera un autre fils en 84 et le quittera...

 CBS refuse d'éditer un deuxième album, par contre une kyrielle de petits labels aux Etats-Unis et en Europe (New Rose soit loué !) sortent pas mal d'albums live ou studio, officiels ou pas. Roky donne son dernier vrai concert au Ritz Theater d'Austin en 87. Il en résulte un album live où on entend notre héros remercier le public de manière un peu spéciale à la fin : "Merci ! Merci ! J'ai beaucoup aimé le concert ! Merci d'avoir joué ce soir !"...

 Roky vit chez sa mère qui en a la tutelle officielle. Elle lui trouve un appartement en banlieue d'Austin et démarche les autorités qui acceptent de prendre le loyer en charge. Dans son nouvel immeuble, Roky partage une boîte aux lettres avec deux autres locataires dont l'un devient son pote. Roky prend l'habitude de collecter le courrier pour tous les trois et le remet à son pote tous les soirs. Quand son copain déménage, Roky continue à ramasser le courrier mais ne sait plus à qui le remettre. Une nouvelle locataire pas au courant des coutumes s'installe dans l'immeuble et finit par s'inquièter de ne recevoir aucun courrier. Elle porte plainte et la police retrouve les lettres, jamais ouvertes, punaisées sur un mur chez Roky... Pour les autorités fédérales c'est un délit. Roky est interné à nouveau dans une institution psychiatrique du Missouri. Il est transféré peu après de nouveau au Austin State Hospital où il est soumis à un lourd traitement pendant deux mois puis relâché. Une fois dehors, il arrête aussitôt de prendre ses médicaments. Chez lui les éventuels visiteurs remarquent un bric-à-brac de vieilles télés, radios, chaînes stéréo et même des scanners de police. Roky appelle ça ses "amis électroniques", ils sont censés couvrir le son de ses voix intérieures...

 Les années 90 commencent pourtant sous de meilleurs auspices pour notre homme. Il y a d'abord une compil-hommage, Where The Pyramid Meets The Eye (Sire Rds) où des groupes reconnus comme REM ou ZZ Top reprennent les morceaux de Roky. Y figurent aussi Primal Scream, Jesus & Mary Chain, Lou-Ann Barton, Doug Sahm, etc.... C'est également l'époque où l'entourage de Roky, Evelyn en tête, s'organise pour s'occuper sérieusement de ses finances et entame une procédure contre International Artists Rds, accusé de n'avoir pas reversé toutes les royalties dues aux Thirteen Floor Elevators. Il reçoit assez rapidement un premier chèque. Il recommence même à jouer en public, aux anniversaires des copains d'abord, puis aux Austin Music Awards. Malheureusement il joue toujours les quatre mêmes morceaux dont il oublie parfois les paroles...

 Au cours des années suivantes, ses amis l'entourent et lui tiennent compagnie, le promènent régulièrement en bagnole, le sortent au restau à l'occasion et s'extasient sur son stock de vieilles télés, etc..., bref, en prennent soin. En 93, son frère Sumner et le directeur du très officiel Texas Music Office, Casey Monahan font paraître chez la petite société d'édition d'Henri Rollins (ouaip, celui de Black Flag, un grand fan de Roky) un nouveau recueil de ses textes de chansons et poèmes (Openers 2). Monahan réussit même à le traîner en studio (c'est la première fois depuis dix ans) pour ré-enregistrer six de ses vieux morceaux. L'album (All That May Do My Rhyme sur Trance Syndicate Rds, le label de King Coffey des Butthole Surfers, grand fan lui aussi et copain de Roky, c'est le premier à lui avoir versé des royalties...) est complèté par cinq chansons produites par Speedy Sparks, mises en boîte en 85 et parues sur le mini-LP Clearnight For Love chez New Rose. Les Butthole Surfers, Lou-Ann Barton, Speedy Sparks, Charlie Sexton et quelques autres pointures participent au disque (brillant). Même le frangin Sumner est là. Au tuba...

 Un Sumner qui s'implique de plus en plus dans la vie de son grand frère. Il souhaite lui faire reprendre son traitement mais maman Evelyn s'y oppose farouchement. Roky aussi d'ailleurs. Ces deux-là n'ont aucune confiance envers les médecins et leurs prescriptions. Evelyn se souvient des ravages causés par le Haldol en 68 sur son fils... Et comme visiblement ils ne croient pas non plus à l'efficacité des dentistes, les ratiches de Roky s'en ressentent, un vrai désastre, ses dents pourrissent dans sa machoire et malgré la douleur permanente, Roky ne veut rien entendre. On est à la fin des nineties, il se renferme et n'accepte d'ouvrir sa porte qu'à Evelyn. Ses amis s'inquiètent et craignent qu'il se laisse mourir.

 Sumner intervient en mai 2001 et obtient d'un tribunal un ordre d'hospitalision pour Roky. Le médecin qui s'occupe de lui rend son diagnostic : "Schizophrenie sévère non soignée pendant une bonne partie de sa vie, causant une détérioration évolutive. Incapacité à se prendre en charge, mauvaise santé". Pendant deux semaines il est sérieusement soigné, physiquement et psychologiquement. Son état se stabilise. Il s'ouvre un peu à son entourage et arrête sa fixation sur les vieilles télés et le reste... Ses pensées sont plus claires et il est lucide (quoique quand son fils lui demande sa couleur préférée, il répond : "Jaune... ou peut-être bien vert..."). Sumner réussit à ravir la tutelle légale de Roky à maman Evelyn et l'installe chez lui à Pittsburgh. Aujourd'hui Roky suit régulièrement son traitement, a des dents toutes neuves, une barbe bien taillée et les cheveux courts. Il est vivant... Maintenant il lui faut un peu d'argent. Sumner a monté un comité de soutien (Trust Roky) destiné à ramasser des fonds pour Roky (et y'a du beau monde au comité : Henry Rollins, George Romero, le dessinateur Jim Franklin,...) et à faire définitivement payer International Artists (ou plutôt désormais Charly Rds qui a racheté le catalogue des Thirteen Floor Elevators à I.A.). Jegar, le fils de Roky s'occupe lui du site web officiel (voir encadré). Et il paraît qu'Hollywood envisage un film sur la vie de Roky (pourvu qu'ils ne le confient pas à Oliver Stone). Un documentaire et un livre sur sa-vie-son-oeuvre sont également prévus. On laisse le mot de la fin à Henri Rollins : "Roky a été pour moi une inspiration plutôt qu'une influence. Il a tellement donné... Il mérite beaucoup en retour".

Gildas Cospérec
(merci à Michael Hall)

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MIKE McCANN(IBALS)
La tournée européenne des Cannibals de 83 vue par leur guitariste de l'époque Mike McCann.
Extrait de l'interview fleuve de Mike McCann alias The Rat Hole Sheik (on en reparle dans le prochain numéro).

 The Cannibals Août 81 : Spenser, Jeff Mead, Mike McCann, Tub, Johnny Bucks (...)En décembre 82, on se préparait pour notre tournée en Suède. Spenser (Mike Spenser, chanteur et leader des Cannibals) avait un peu d’argent et il acheta une sono d’occasion. Il acheta aussi une caméra vidéo et filma un des concerts du Front Line, mais le son était pourri. Le jour où on devait tester la sono, Spenser était occupé à remplir des formulaires pour les autorités suédoises (les Suédois vous donnent toujours des tonnes de papiers à remplir !). Il nous a dit que cela l’excusait pour ne pas venir installer la sono... Ce qui entraîna une dispute. Il me frappa sur le crâne avec un pied de micro et je lui ouvris la peau au dessus de l’oeil d’un bon crochet du droit qui l’envoya de l’autre côté de la pièce... Et donc la sono ne fut jamais testée proprement.
 Les Suédois ne furent pas satisfaits par les formulaires. Ils insistaient pour qu’on s’inscrive au syndicat des musiciens, et on devait trouver des concerts en Angleterre pour un groupe suédois pendant qu’on serait là-haut. Ça nous a pris du temps et on a loupé dix concerts en Suède à cause de cette merde. Seules les dates à Gothenburg, Stockholm et Malmö furent maintenues. On a manqué le bateau pour le Danemark (panne de camion) et on en a pris un autre pour Gothenburg. Le capitaine a envisagé de nous faire rapatrier quand Spenser a piqué sa crise et s'est mis à shooter dans des verres de bières pleins partout dans le bateau... Mais ils nous ont finalement laissés tranquilles. Le premier truc qu’on a vu là-bas, c’était pas des grandes blondes mais plein de Noirs. “Hé, c’est tout comme en Angleterre !” qu'on se disait tous.
 Le mec qui avait organisé la tournée (John Byström, plus tard éditeur du zine Sound Effect et aujourd’hui décédé) tenait un club gay. Il nous y amena et c’étaient des travestis de deux mètres avec des seins énormes qui faisaient les videurs à la porte. Ils vérifièrent nos passeports et l’un me dit avec une voix grave, “Tu fais vraiment 1,88 m ?”. Notre bassiste était effrayé et ne voulait à aucun prix se rendre aux chiottes. On a été suivi par les flics tout le temps qu’on est resté à Gothenburg... Un jour, un flic en civil, qui s'avèra être irlandais, surgit dans notre van et nous mit en garde : “Ne faites pas ici ce que vous avez l’habitude de faire au Front Line Theater ; et si vous faites quelque chose comme ce que les Clash on fait quand ils sont venus, vous vous retrouverez dans le premier bateau pour l’Angleterre. On aime la propreté en Suède !”.
 Le concert de Gothenburg avait un bon son car le club où on jouait bénéficiait d'une sono toute neuve. Avec des retours ! Wow ! Mais y avait un trouduc qu'arrêtait pas d’éteindre les lumières entre chaque morceau et on n’y voyait rien pour démarrer le suivant... Ce fut ma première rencontre avec la mentalité de sabotage suédoise. La bière était de la vraie pisse d’âne (et le club n’avait pas le droit de vendre des alcools forts) et après dix canettes j’étais toujours sobre. C’est le concert le plus sobre que j’ai jamais fait ! Un autre truc avec les Suédois, c’est qu’ils se plaignaient  toujours qu’on jouait trop longtemps (1h30), “personne ne joue plus de 45 minutes ici”. On a vite appris à prévoir nos propres bières et à raccourcir les sets.
 Le concert suivant, à Oslo, fut notre meilleur. Ça a été limite à cause de légers problèmes avec notre sono (non testée...). Finalement elle a marché. Le groupe suédois de première partie s’est fait éjecter de scène à coup de canettes. Et ça a provoqué chez nous une grande tension. L'énergie n'en fut que plus débridée sur scène (on peut le déceler sur les photos du concert)...
 Du meilleur gig (leur bière aussi était bonne !) on est tombé au pire (et à court de bière norvégienne !), à Stockholm... Je n’aimais pas le public parce qu’il n’arrêtait pas de me balancer des pièces de monnaie derrière le crâne pendant qu’on installait la sono. Je suis monté sur scène en colère et je l’ai montré. Le reste du groupe était dégoûté parce que les mecs de première partie, les Nomads jouaient comme nous une reprise de "Week-End on Mars" justement. Je leur ai dit que c’était pas un problème parce que notre version rendrait la leur insipide... Alors qu’on pensait que c’était notre plus mauvais concert, les Nomads n’arrêtaient pas de nous répéter que c’était génial ! Certains sont faciles à satisfaire... Le lendemain, on a quitté l’hôtel (par la fenêtre) sans payer nos coups de fil au reste du Monde... Ah, et Johnny a baisé sa première groupie suédoise (le roadie se l’est faite aussi d’ailleurs !).
 Ce fut bien meilleur à Malmö. Y’avait de l’alcool dans la loge et le promoteur local était un dealer de hash... La nuit sur le sol fut donc moins pénible. Johnny a baisé sa seconde groupie suédoise...
 L’arrêt suivant fut Copenhague. Un groupe de petits morveux de Christiana jouait au sous-sol du même club. Le public nous a snobé pour allez les voir... Qu’ils aillent se faire foutre ! J'ai passé la nuit chez mon ami danois et on s'est fait presque arrêter par la police anti-émeute qui bloquait sa rue. Un peu plus tard, on a été rejoint par le reste de la bande parce que Spenser n’avait pas trouvé d’endroit pour passer la nuit... Hormis un plan chez un vieux pervers qui avait percé des trous dans le mur de la salle de bain pour pouvoir mater... Johnny a torturé le perroquet du pervers ! A ce point de la tournée, Spenser manquait de pognon, si bien qu’on devait vivre de la charité d’autrui. Et il y a eu un incident de plus dans un bar où on avait commencé à bouffer les tulipes...
 Le concert suivant a eu lieu à Elsingor dans un petit club de jazz, et du jazz, c’est justement la musique à laquelle s’attendait le patron ! Quand il a entendu la balance, ce vieux hippy nous dit qu’il ne nous payerait pas et il est parti s’enfermer dans son bureau. J’ai foncé à la porte et j’ai gueulé que j’allais tout défoncer s’il ne sortait pas pour nous payer. Ça a marché. Le public était exactement le même que celui de Malmö. Johnny a pris le bateau de nuit pour la Suède en compagnie de sa seconde conquête. Il ne voulait plus voyager dans le van... Et donc nous avons laissé Spenser conduire, bourré, jusqu’à Copenhague... Au moins c’était mieux que lorsque notre bassiste a conduit du mauvais côté de la route à Stockholm...
 Le concert de Roskilde s'est déroulé dans un nuage de Hash... tous les mecs étaient assis à des tables à fumer des pipes à eau et à nous en faire profiter. Le concert a été bon. Je me souviens que nous avons fait notre meilleure version de "Slow Down". Après le gig, un des fumeurs a cru qu’il pouvait emporter une cymbale en souvenir... Spenser et moi l’avons chopé et mis en pièces.
 Ensuite ce fut une longue route jusqu’à Hambourg où on a essayé de se faire un concert au Star Club. Mais le mec nous a fait poireauter trop longtemps, on en a eu marre et on est descendu vers la France, à travers les cimetières des deux guerres mondiales, jusqu’au Havre. Toute la ville était remplie d’immenses posters annonçant le concert... On se sentait comme des stars. On nous a séparé en trois groupes pour l’hébergement; un chez Dominique (un pote du groupe), un autre chez Patrice (autre pote du groupe et maintenant leur guitariste) et je suis resté avec Jeannot, l’organisateur de la tournée française. Ce Jeannot était bizarre... Dans la chambre qu’il m’avait donné, y’avait des bouquins gay et pornos dans un coin, et sa “femme” était vraiment très étrange. Chaque fois que Johnny la croisait, il disait “elle a de grandes mains, non ?!”. La veille du concert, on devait répéter (ça faisait une semaine qu'on n'avait pas joué, depuis Roskilde). Plus tôt dans la journée, Spenser avait fait une interview avec Laura Dejardin. Après l’entrevue, au lieu de venir répéter, il est allé baiser cette “journaliste”. Le lendemain, quand il s’est pointé chez Dominique, j’étais furieux après lui. Il s’est jeté sur moi et on a commencé à se battre. La baston fut si violente que les voisins ont appelé les flics. Le concert du soir a été mauvais. L’endroit était trop grand et l’acoustique exécrable. Je ne pouvais pas entendre mon ampli Selmer et la sono craquait sans arrêt. Je me souviens que les mecs de Little Bob Story étaient là (j’allais les voir régulièrement à Londres). Après le concert, la femme de Patrice a commencé à flirter avec moi et il y a presque eu un incident. Elle m’a promis de venir me rendre visite à Londres... Mais à sa place, c’est Patrice qui s’est pointé pour un salut amical, ha, ha!
 
D.I : Ton dernier concert avec le groupe a eu lieu chez nous à Toulouse. Ça a été une nuit assez chaude...
 Mike : Ça c’est sûr. Sur la route en descendant sur Toulouse, on était séparé en deux groupes. Johnny et Spenser sont partis avec Patrice dans la voiture de Dominique, le reste dans notre van qui commençait à puer sérieusement. La police a arrêté Dominique parce que Johnny s’était endormi à l’arrière sans avoir attaché la ceinture de sécurité (il n’a jamais payé l’amende !). Le promoteur avait dit qu’il avait réservé un hotel en ville. Il avait menti et on a dû s’en trouver un bon marché nous-mêmes. Ça veut dire qu’on avait un lit pour deux, et le promoteur a décidé de partager le mien. Les autres gars se marraient, et j’ai vite compris pourquoi quand j’ai été réveillé au milieu de la nuit par ce mec en train d’essayer de m’enculer. Je lui ai dit d’aller se faire foutre, il ne voulait pas me lâcher, les autres se tordaient de rire. Je me suis levé et je suis descendu au bar. Ils m’ont demandé où était le problème, je leur ai dit que cette putain de pédale ne voulait pas me laisser dormir. Comprenez-moi bien, je n’ai rien contre les gays, du moment que c’est un autre trou du cul que le mien qu’ils essaient de baiser ! Cette même nuit, on a tous été victimes d’une intoxication alimentaire. On était allé au club pour jeter un oeil et ils nous ont préparé un repas avec du canard.On a tous gerbé ensuite...
 Mike and MikeEn avant pour le concert : dans les loges une grosse engueulade a démarré entre Dominique et le promoteur. On est sorti pour faire la balance. Soudain Dominique est arrivé en courant, le visage dégoulinant de sang. Il était ouvert de la lèvre supérieure au menton et la chair pendait, y'avait du sang partout. Il a fallu l’évacuer d’urgence à l’hôpital pour qu’il se fasse recoudre. Le promoteur l’avait frappé avec une bouteille cassée et s'était tiré en embarquant tout notre argent pour le concert. On a quand même joué. Vers la moitié du concert, pendant "My Little Red Book", la sono a rendu l'âme. On en avait perdu des morceaux tout au long de la tournée et sa taille avait diminué de moitié en arrivant à Toulouse.
 Dans la loge, il y avait d’énormes bouteilles de champagne rangées en hauteur sur des étagères tout autour de la pièce. J’ai grimpé et j’ai récupéré toutes les bouteilles. Je pensais que c’était une sorte de compensation pour ne pas avoir été nourris et payés. Quand Spenser a découvert qu’on avait volé toutes ces bouteilles, il est d’abord devenu fou, et il a dit qu’il pourrait bien vouloir rejouer dans ce club avec un autre line-up. Puis il s’est emparé de la plus grosse bouteille et s’est enfui en essayant d’en avaler le plus possible, mais je lui ai couru après et j’ai récupéré la bouteille, et ça a été notre dernière grosse bagarre. Le jour suivant on est rentré en Angleterre. Spenser est resté derrière pour baiser encore la journaliste. On s’est fait emmerder par les flics, ils ont piqué nos passeports et nous ont fait poireauter, on aurait dit qu’ils sortaient de Miami Vice ou d’une autre série télé policière US. On est arrivé à Southampton juste au moment où les lois sur les ceintures de sécurité sont entrées en application, mais on a pu faire la route jusqu’à Londres sans se faire choper. J’ai sorti mon ampli Selmer du van et je n’ai plus jamais joué avec les Cannibals après ça. (...)

Sylvain Coulon
 

 
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ADAM WEST TOUR REPORT Part II
par Manny Montana
Suite du périple d'Adam West en Europe narré par l'organisateur (chauffeur, baby-sitter, dealer de tee-shirts, etc...) de la tournée.
Résumé de la première partie : "Romy why don't you blow me ?".

Adam West Right On!Lundi 10 Sept. Allemagne.
 
 Un copieux petit-déjeuner met tout le monde en forme. Aujourd'hui on a une longue route jusqu'à Aachen (Aix-La-Chapelle en Français), home de Harti le guitariste des 1's. On ne jouera pas avec Adam West ce soir vu que notre batteur DY a dû partir hier après le concert pour arriver au boulot à l'heure. Dommage. Donc a partir de maintenant je suis juste road-manager de la tournée, un job qui consiste principalement à prendre soin de quatre branleurs made in USA... Non, j'déconne !
 La route est longue mais ça se passe bien. Il fait un temps splendide, probablement la seule journée où il ne tombe pas des cordes depuis le début de la virée, et la circulation est fluide. On arrive à Aachen vers cinq heures et on fonce au club. Le Musikbunker est un abri anti-aérien datant de la deuxième guerre mondiale ! Les murs sont énormes et paraissent indestructibles. Y'a même des impacts de bombes encore visibles. Fabuleux ! A l'intérieur c'est un vrai dédale de couloirs. La mairie avait voulu détruire le bâtiment il y a quelques années mais quelques activistes ont décidé de le sauver et en ont fait un complexe musical géant. Il y a deux salles, une petite et une grande, et au moins une centaine de boxes de répétitions pour les groupes de la région. Super endroit. Adam West est programmé dans la petite salle, un bar avec une scène. Cent personnes et c'est rempli. Dans un mois je dois repasser ici avec les American Heartbreak qui joueront dans la grande salle. Aujourd'hui c'est lundi et on ne s'attend pas à ce qu'il y ait beaucoup de monde... Y'a personne pour s'occuper des entrées alors Jake et moi nous y collons à tour de rôle.

 Et cette fille est arrivée avec son boyfriend... Un sacré cas ! D'après ce dont je me souviens (!), elle était Polonaise. Elle aurait pu être de n'importe où d'ailleurs... Dès qu'elle est rentrée elle a semblé bien nous apprécier Jake et moi... Elle a tout de suite commencé à discuter d'un tas de sujets qui allaient de la météo aux préférences sexuelles de chacun... Pendant la première partie (les Torpedo Twisters, l'autre groupe de Harti), j'étais assis à la table du merchandising et la fille a décidé de me masser le dos ! Et elle s'y connaissait... Essayer de se concentrer sur son boulot pendant qu'une fille vous fait un massage alors que son boyfriend est assis pas loin est une expérience étrange. Particulièrement quand elle commence à me murmurer à l'oreille des propos classés XXX ! Quelle allumée ! J'ai quand même décider d'y aller mollo pour éviter les problèmes avec Mr Boyfriend. Il a l'air de passer une bonne soirée mais on ne sait jamais avec ce genre de bargeots ! Un peu plus tard Jake a eu droit au même traitement, on a échangé un regard et explosé de rire. Ça a eut l'air de plaire à la fille qui a redoublé d'effort pour nous rendre heureux... Totalement hilarant !

 Ensuite plusieurs habitués du club La Zone de Liège se sont pointés et ça a marqué le départ des festivités. Adam West a dépoté sérieux comme d'habitude et les soixante personnes et plus qui étaient là sont vraiment bien rentrées dans le truc. S'en sont suivies quelques habituelles scènes de débauche d'après-concert consistant principalement ce soir à raconter des histoires sexuelles gratinées à des filles de dix-sept ans (elles ont eu l'air d'apprécier), et on est parti profiter d'un repas bien mérité vers 1h du mat'. Demain faut se lever tôt alors tout le monde part au pieu aussitôt après. Bonne nuit.

Mardi 11 Sept. En route vers Copenhague.

 Cette journée restera une des plus étranges de ma vie... On a démarré de bonne heure et attaqué les sept cents kilomètres jusqu'à Copenhague. Pas de concert aujourd'hui. Devait y en avoir un mais il a été annulé (comme celui du 15) pour je ne sais plus quelle raison/excuse par l'organisateur local... On roulait à bonne vitesse sur l'autoroute quelque part entre Hanovre et Hambourg, il devait être 3 heures de l'après-midi. C'est à ce moment-là que mon portable a sonné. C'est DY, le batteur des 1's. Il me raconte une histoire incroyable : "T'es au courant pour New York ? Et Washington (home d'Adam West je le rappelle) ? Deux avions se sont écrasés sur le World Trade Center ! Même chose au Pentagone ! Y'a sans doute des milliers de morts !" Je m'entends encore lui répondre : "Quoi ??? Arrête de déconner ! C'est où qu'il faut rire ?" alors que DY me racontait ce qu'il voyait sur CNN. Il n'avait pas l'air de déconner alors j'ai commencé à le croire sans prendre tout-à-fait la mesure de ce que j'entendais. C'est en coupant le portable que j'ai remarqué que tout le groupe me regardait comme si j'étais devenu subitement fou. Je leur ai expliqué ce que venait de me raconter DY. Bien sûr ils ont eu du mal à y croire. C'est impossible ce genre de trucs non ? On a viré le CD qui passait sur la sono du van et on a commencé à chercher une station de radio en anglais. Et comme il y a beaucoup de bases de l'US Army en Allemagne, on était sûr d'en trouver une rapidement... Sauf qu'on a cherché pendant plusieurs minutes et il n'y avait que de l'allemand... On ne comprenait pas grand-chose mais on pigeait qu'il était question du World Trade Center, de New York, Washington, etc... La réalité de la situation nous est tombée dessus doucement. On a finalement trouvé une radio des Forces Britanniques... en pleine recette culinaire (la "baguette" française). Complètement surréaliste ! Tout le monde a pété les plombs ou quoi ? C'est un cauchemar et on se réveille bientôt ? Au bout de dix minutes on commençait à envisager d'arrêter la recherche d'une radio en anglais quand par acquis de conscience on est revenu voir ce qui se passait chez les Forces Britanniques. Ils avaient interrompu la recette de la baguette et retransmettaient la BBC World Service. Et là on s'est pris l'histoire de plein fouet. Les Twin Towers qui s'écroulent... Les gens qui sautent par les fenêtres et s'écrasent comme des citrouilles. Des détails horribles. Maintenant. A New York, USA, pays des libertés. Qu'est-ce qui se passe ? Et la radio a parlé du Pentagone et d'autres avions manquants qui pourraient bien s'écraser sur la Maison Blanche... Dans le van tout le monde est devenu très pâle. Les gars d'Adam West ont des copains et de la famille qui bossent au Pentagone. Leur monde s'écroulait et ils étaient ici, sur une route allemande, loin de leur famille. On a écouté encore quelques détails juqu'à que ça devienne insupportable. Ben a éteint la radio avec une expression de total dégoût. Je comprenais ça... On ne roulait plus qu'à 80 km/h et on ralentissait encore. On était dans une sorte de transe. On a navigué encore pendant une heure et j'ai proposé de faire halte dans un "truck-stop" pour essayer de reprendre nos esprits. Je leur ai dit qu'on pouvait envisager trois choses : Soit continuer jusqu'à Copenhague, essayer de voir ce qui passait et tenter de joindre leurs familles respectives, soit retourner en Belgique et observer la suite des évènements avant de prendre une décision, ou s'arrêter à l'aéroport le plus proche pour qu'ils rentrent directement chez eux. Sauf que "chez eux" semble pour l'instant totalement coupé du reste du monde. La radio vient d'annoncer que tous les vols sont dérouté vers le Canada ou doivent faire demi-tour. Un des cas de conscience les plus difficiles auquel on ait jamais été confronté !

 On est maintenant en route pour la frontière danoise, pas loin de l'embarcadère du Ferry. Ça ressemble à un voyage jusqu'au bout du monde. Prêt à s'écrouler n'importe quand. Une fois embarqué sur le Ferry, on a essayé de dénicher une télé pour en savoir plus. On en trouve une grosse vissée à une cloison du bateau. Elle diffuse un match de boxe sur Eurosport. Surréaliste... Le monde semble s'écrouler et les routiers matent un match de boxe minable. On a chopé un membre de l'équipage (un crétin avec des étoiles sur les épaules) et on lui a demandé si c'était possible de mettre CNN ou au moins une télé qui diffuse des infos. Eurosport est sans doute la seule chaîne qui NE montre PAS des images de New York et Washington aujourd'hui. J'ai expliqué au mec de l'équipage que mes potes étaient de Washington et qu'ils aimeraient bien savoir ce qui se passe chez eux. Le type m'a regardé et m'a dit "Non !". Je suis resté comme frappé par la foudre, le regardant bouche bée. Je lui ai redemandé, pas persuadé qu'il ait tout compris. Je ne lui réclamais pas de mettre une chaîne porno ou un truc dans le genre, juste une chaîne qui parle du PLUS GRAVE EVENEMENT DEPUIS LA DEUXIEME GUERRE MONDIALE !!!!!! Le mec m'a regardé comme si j'étais un étron collé sous sa chaussure et a répété "Non !". Je suis devenu tout blanc, prêt à tuer ce trou-du-cul. Que faire, confronté à la Bêtise pure et dure ? On a  finalement tourné le dos, complètement dégoûté, en souhaitant une longue et cruelle maladie au batard, et bien douloureuse surtout...

 On est parti manger et se requinquer avec un peu d'alcool. On s'est promené dans le bateau et on a remarqué une toute petite télé, genre télé de poche, au coin du bar, qui diffusait des informations en danois, enfin je crois que c'était du danois... Et c'est sur cette mini-télé qu'on a vu pour la première fois les images des avions percutant les tours du WTC, les immeubles qui s'écroulent et le Pentagone en flammes. On aurait dit un film genre Godzilla ou Die Hard... en beaucoup mieux. Si ça avait été un film, on aurait trouvé ça trop "gros". Mais c'était en vrai et on est resté hypnotisé devant la télé pendant cinq minutes. Puis il a fallu retourner au van vu qu'on on approchait des côtes danoises. Le reste de la soirée en gros : Arrivée à Copenhague (belle ville) au Loppen, le club où nous attend l'organisateur local. Les Paladins jouent déjà. Ils arrivent tout droit de Los Angeles. On s'envoie quelques bières. On admire les beautés locales (vaut mieux pas que je commence à vous raconter combien elles sont belles !). Helle, la bassiste des Burnouts, nous rejoint et on va regarder CNN chez les organisateurs toute la nuit. Rideau...

Mercredi 12 Sept. Örebrö. Suède.

 Bien, on se réveille dans un monde différent. Désormais universellement reconnu comme "l'après 11 septembre"... mais vous savez quoi ? On veut rocker et roller et faire le vide dans nos têtes. Le groupe veut déconner et se payer une bonne tranche de Spinal Tapism. Ça me va au poil...

 On traverse le pont tout neuf (tellement récent qu'on a eu du mal à le trouver, on aurait dit que personne à Copenhague n'était capable de le localiser) qui relie le Danemark à la Suède. Avant ça il a fallu prendre le Ferry et perdre pas mal de temps. La vue est étonnante. Bon, on arrive à la douane suédoise. Ils nous font descendre et commencent à nous fouiller en espérant trouver des dopes quelconques. Ils savent qu'on est allé à Christiana la nuit dernière. Christiana est comme une ville dans le ville de Copenhague. Tout ce que vous aimez et qui est interdit, vous le trouverez là-bas. On tente d'expliquer aux douaniers qu'on est des braves gars et qu'on ne se drogue pas. Juste un groupe en route vers le prochain concert. L'officier me demande si Adam West est un groupe connu et reconnu. Je réponds : "Bon sang, non !". Parce que si je réponds oui ils nous demanderont des Cd gratos, des T-Shirts, etc..., j'ai déjà expérimenté leurs magouilles...

 Bien, nous voilà en Suède, pays des rennes qui brament et des millions de lacs. La météo est au beau fixe et on est parti pour un trip facile, confortable et sans histoires... Jusqu'à ce qu'on reçoive un coup de fil de l'organisateur du concert du soir. Apparemment les gens de l'endroit où doit se tenir la soirée ont changé d'avis (sympa de décider ça le jour même du concert) et ont délocalisé le show dans une "maison des jeunes". Bon, tant pis, ça semble jouable... Ça l'est devenu un peu moi quand il m'a expliqué que l'endroit était une sorte de centre "straight edge", qu'il ne s'attendait pas à ce qu'il y ait grand-monde, qu'on pouvait annuler si on voulait et qu'ils nous paieraient quand même l'hôtel, etc... De quoi !?! We're on our way and we wanna rock ! Le traumatisme de la veille doit être purgé. Il faut qu'on s'en libère tous d'une façon ou d'une autre. Et comme notre truc c'est le rock'n'roll, et bien on va le faire ce concert baby !

 Les arrêts aux aires d'autoroute sont mis à profit pour, à part faire le plein et casser une graine, lire les journaux suédois ("no Inglez here señor !") ou en tout cas regarder les photos du drame vu qu'aucun d'entre nous, c'est étonnant, ne parle suédois. Les images sont impressionnantes et on a du mal à piger la réalité de ce qu'on est en train de mater. Les avions qui défoncent les buildings... Des gens qui plongent vers leur mort d'une hauteur inimaginable... D'autres qui fuient le nuage après la chute des tours... Des photos seconde par seconde... Incroyable... Impossible d'imaginer un instant ce qu'ont pu ressentir les gens coincés dans les étages supérieurs. Ils savaient sûrement qu'ils allaient mourir. Quelques-uns ont appelé une dernière fois leurs bien-aimés... Se préparer à mourir et laisser un message sur un répondeur...
 
 Bon, on arrive à Örebrö. Jolie petite ville. On tourne dans les rues pour trouver le club. On voit quelques affiches du concert annoncé au nouvel endroit. Comme il a beaucoup plu les jours derniers on devine qu'elles ont été posées aujourd'hui même. Ça veut dire qu'il n'y a pas eu de promo (ni d'affiches annonçant le concert dans l'endroit où il devait se tenir à l'origine). Résultat : on l'a dans le baba, personne ne sait qu'il y a un concert ce soir... On déniche finalement le club juste à côté d'un grand hôtel huppé. On est accueilli par deux jolies filles qui nous expliquent qu'elles sont responsables du catering (la bouffe d'avant-concert) de ce soir. On fait connaissance avec le groupe de première partie, Rickshaw. Ils vont tourner avec nous les trois prochains jours. Des mecs cool.

 On installe le matos. Il y a bien une sono mais personne pour s'en occuper en vue. Bon, on va le faire nous-mêmes. Sauf qu'aucun d'entre nous n'a la moindre idée de comment marche cette sono, alors on commence à monter les potars et à essayer tous les canaux jusqu'à ce qu'on obtienne DU SON ! On n'arrive pas à faire fonctionner les retours. On remarquera plus tard qu'ils ne sont pas connectés à la table de mixage. Rock'n'Roll ! L'organisateur de la soirée se pointe. Il a aussi un label local et un magasin de disques. Il a l'air préoccupé, il craint qu'il n'y ait pas grand-monde au concert. Il est huit heures et on attaque le repas préparé par les deux filles. On meurt de faim et on remarque à peine que ce n'est pas terrible. Règle N°715 du groupe en tournée : "Ne jamais se plaindre de la bouffe qu'on vous offre".

 Ok, c'est l'heure pour Rickshaw. Le nombre fantastique de 10 (dix) personnes est atteint aux entrées. Et comme la salle peut en contenir cent cinquante ou deux cents, ça sonne caverneux. En tout cas, sur les dix personnes présentes, huit sont des jolies filles. Et elles campent autour de la table de merchandising. Magnifique vue panoramique... Rickshaw fait du hard-rockin' punk'n'roll à la suédoise. C'est pas mal. Le bémol c'est le clavier. Ça ne colle pas avec le groupe et de toute façon on ne l'entend pas. Il y a une justice finalement... Ils jouent au taquet et toutes les oreilles en souffrent. Je commence à distribuer des "ear-plugs" (bouchons à oreilles) aux filles qui se les enfilent illico dans l'oreille (évidemment !). Bien qu'il n'y ait pas grand monde, Rickshaw rocke fort et bien. Le bassiste a quelques problèmes techniques mais l'un dans l'autre c'est un bon concert.

 Pas décidé à passer la nuit ici, le Adam West Gang grimpe sur scène dès que Rickshaw en descend. C'est leur premier concert depuis toutes ces histoires de NY/DC, ils ont envie d'en découdre et de se débarrasser le cerveau de tout ça. Ils rentrent dans le chou et ne font pas de prisonniers une fois encore. Jake saute partout comme un taré et ficèle un bon concert. Si seulement y'avait du monde... En tous cas les dix personnes présentes dansent ou remuent comme des fous. Une bonne soirée après tout. Jake passe plus de temps à faire le fou dans la salle que sur la scène qu'il abandonne à Steve, Kevin et Ben. Ils forgent un sacré mur du son. Comme s'ils étaient au Madison Square Garden. C'est pareil pour eux...

 A la fin du concert, les gens présents achètent des disques et tee-shirts. Cool. On bavarde un peu avec les filles et on charge le matos. On passe ensuite au magasin de skeuds de l'organisateur local pour se faire payer. Aucun problème. On part vers l'hôtel et on tombe sur des filles qui étaient au concert. Cool. Elles sont en route vers un club et nous demandent si on veut les accompagner. Bien sûr on a dit non. Heu, oui... Quelques rockers traînent dans le club et on remarque qu'il y a parmi eux les mecs des Peepshows. Super cool. La bière coule à flots (très chère, mais il faut bien qu'on boive un peu) et des amitiés naissent. Les Peepshows ont les boules, ils ne savaient pas qu'Adam West jouait ce soir. Ils sont fans du groupe et n'en reviennent pas d'avoir raté le concert ! "Pourquoi vous n'avez pas joué ici, dans ce club ???". Faut demander ça au putain d'organisateur... Apparemment on n'est pas tombé sur le meilleur... Tant pis...

 Je commence à discuter avec deux des filles, Sara et Tina si je me souviens bien (je devrais pourtant...) et on s'entend bien. Tellement bien qu'elles m'invitent chez elles. Une des filles vit toujours chez ses parents. Elle me prévient de ne pas faire de bruit en montant. Prometteur non ? En cours de route elles changent leurs plans et décident d'aller dans l'appart de l'autre fille. On y va et... (cette partie est classée XXX, je vous raconterai si vous m'offrez mon poids en Jack Daniels)... J'adore la Suède.

Jeudi 13 Sept. Gothenburg. Suède.

 Se réveiller dans un lit à une personne avec deux Suédoises est une expérience enrichissante. Je vous la recommande. Il est seulement 8 heures et je crois qu'on s'est endormi vers 6 heures, après quelques heures de triathlon. Je gicle du lit et j'écrase du vinyle, des fringues et le putain de chat ! Je dis au revoir aux filles qui sont toujours dans les vapes et je trouve la sortie. Reste à trouver le chemin de l'hôtel où sont les autres. Il pleut (étonnant...), il fait froid et je marche dans une ville inconnue. Impression étrange... Au bout de dix minutes je trouve l'hôtel et je rentre dans la chambre de Jake. Il me jette un regard façon "enfoiré de veinard" ! Il était en train de discuter avec une des filles du catering hier soir quand j'ai quitté le club. Apparemment, lui n'est pas allé jusqu'au bout de la conversation... Il me demande où j'étais passé la nuit. Je lui explique. Il a besoin d'une bonne douche glacée quand j'ai fini de lui raconter. Le pauvre. Et c'est pas mieux pour Kevin, il a passé la nuit dans le van et a la tête à l'envers ! Il a continué avec les mecs des Peepshows et quelques filles. Il est rentré à l'hôtel vers 5 heures mais évidemment c'était fermé et il n'avait pas la clé. Alors il s'est installé à l'arrière du van (garé juste devant l'hôtel, un comble) pour un court et inconfortable bout de sommeil... On passe à la douche et on se retrouve dans la salle du petit-déjeuner où on continue à parler de la soirée d'hier. Finalement on s'est tous bien éclatés et c'est exactement ce dont on avait besoin.

 Les Peepshows nous apprennent que Burnin' Heart Rds a ses bureaux en ville. On y va. Sous la pluie. Kevin nous dit qu'il a repéré l'endroit la nuit dernière et qu'il va nous guider... Depuis j'ai appris à ne jamais plus suivre Kevin quand il fait le "guide"... On a marché sous la pluie pendant une demi-heure. On est trempé et ça ne nous amuse pas DU TOUT. Finalement on demande à un jeune punk qui passe par là. On décide de prendre le van pour y aller. Marre de la pluie. On y arrive en quelques secondes (merci pour la ballade Kevin !). Burnin' Heart est bien installé. On fait les présentations et on jette un coup d'oeil dans la boutique. Les disques B. H. sont assez mal distribués aux Etats-Unis alors Jake et les boys achètent un paquet de CD's.

 On retourne au club charger le matos. Jack fait ses adieux à sa copine de hier soir. On vend quelques tee-shirts de plus et on reprend la route. La pluie a cessé et le voyage jusqu'à Gothenburg est agréable. La Suède est un chouette pays avec beaucoup de grands espaces où on ne croise que des élans en virée. On se croirait parfois dans une carte postale et l'architecture des maisons est étonnante. On arrive à Gothenburg. Une jolie ville, bien qu'industrielle, sur la côte ouest de la Suède. Faut trouver le club maintenant. On téléphone pour demander quelques indications et on déniche le Sticky Fingers sans trop de problèmes. Super ! Cool. Grande scène. L'endroit doit pouvoir contenir quatre cents personnes. Il y a une sono et, oh surprise, un sonorisateur ! Les miracles existent bel et bien... On installe le matos et on retrouve les mecs de Rickshaw. Ils ont quitté Örebrö pendant la nuit. Ils habitent ici. Après la balance ils nous baladent en ville. On ne peut s'empêcher de remarquer qu'il n'y a que des super-canons dans cette ville. J'y repenserai avec regret plus tard dans la soirée...

 On entre dans un grand magasin de disques et on plonge dans les bacs pour dénicher notre dose de "bruit frais" pour la sono du fourgon. Enfin, "frais" si on peut dire... puisque je finis par acheter une version remasterisée du Power Age d'AC/DC, le Bad Reputation de Thin Lizzy et Love Gun de Kiss. On achète aussi en vrac un Queens Of The Stone Age (Steve est fan), un Iron Maiden et je ne me souviens plus du reste (J'écris ces lignes épiques et sacrées en mars 02. Depuis la tournée Adam West j'ai promené les American Heartbreak, les 1's + Polyplush Cats, les Manfields, Darlington et quelques autres... Alors désolé de ne pouvoir me souvenir de tout très clairement... même si je me souviens très bien des super-canons !). On va boire un coup dans un bar et on est stupéfait par le prix de la bière. Difficile de se souler sans risquer le dépôt de bilan !

 On retourne au club où tout est prêt pour la soirée. Il y a carrément trois bars ! Un dans le hall près de l'entrée, pas loin du vestiaire et de la table de merchandising, un deuxième (grand) bar en cercle au fond du club et un autre dans une salle au-dessous. Celui-là est le bar ROCK, le D-J passe des morceaux d'AC/DC, Ted Nugent, Skynyrd, Cheap Trick, etc... J'y passerai une bonne partie de l'après-concert avec Steve. A apprécier la musique et le "panorama". Après le repas le plus cher que j'aie jamais mangé, je suis prêt à vendre des tee-shirts aux rockers locaux. Il est seulement 19h30 et il y a déjà la queue à l'extérier. La fille qui tient les entrées à côté de moi est, vous l'avez deviné, d'une beauté confondante ! Au fur et à mesure qu'entrent les gens, on remarque que 80% du public est composé de filles. Ils ont une règle ici, faut laisser vestes, manteaux et blousons au vestiaire. Et ça messieurs (mesdemoiselles, éloignez-vous deux secondes), ça colle de près à l'idée que je me fais du paradis. L'une après l'autre, elles enlèvent leurs vestes en entrant et... elles ne portent pas grand chose dessous. Jake, Steve et moi observons ça avec la machoire qui pend de plus en plus. Jamais vu autant de jolies filles au même endroit et au même moment. Thank you god ! Pour être honnête, j'avais déjà entendu raconter, par des gens qui avaient visité la Suède, que les plus belles filles de la planète vivaient ici et je n'en croyais pas un mot et que ces gens faisaient les malins parce qu'ils avaient été en Suède et tout ça... MAIS, mes amis, si vous devez me croire une seule fois, c'est bien maintenant : Tout ce qu'ils disaient est VRAI à 100% !!!

 La salle est bondée et ça vire au sauna. Je comprends maintenant pourquoi les filles s'habillent si légèrement en venant ici. On ne s'en plaindra pas. Rickshaw attaque et fait un bon concert, même si j'ai de plus en plus de doutes à propos du clavier... A l'entracte je fonce sur scène réparer quelques trucs, brancher le matos et préparer les planches pour AW. Je vérifie les micros et c'est prêt à rouler... C'est d'entrée un mur du son 100% énergique. Sans doute leur meilleur concert de la tournée jusqu'ici. Ils balancent la plupart des morceaux de Right On ! avec un punch unique et gagnent par KO au premier round. La foule adore et ça slamme devant la scène. Tout le monde est haletant à cause de la chaleur et de l'intense assaut rock'n'roll mené par les troupes de la Adam West Section.

 La disco démarre dès la fin du concert. Ils ne leur ont même pas laissé le temps d'un rappel. Le patron veut faire tomber la thune et vendre autant d'alcool que possible. Toujours le même business... La sono passe un morceau de Cure, le public envahit la piste de danse. Je plie la table de merchandising et avec Steve on descend au bar du sous-sol où ils passent des trucs plus rock'n'roll. Il y a des filles partout et on n'a que l'embarras du choix d'une partenaire de "discussion". TeenAge Head Music semble connu par ici si j'en juge par le nombre de mecs de groupes locaux qui viennent me voir pour une éventuelle tournée. Ils me filent des CD's mais je leur explique la stricte réalité : je dois répondre "non" à 95% des groupes qui me demandent de leur organiser une tournée. Si je disais oui à chaque fois, il me faudrait faire cent tours par an... Impossible évidemment, alors de temps en temps y'a un groupe qui chope les boules et m'engueule. Ils veulent tous "exploser" et partir en tournée. Et je comprends ça, parce que c'est de là que je viens aussi. Mais je fais ce que je peux pour quelques groupes, et c'est plus que ne font la plupart des groupes pour eux-mêmes.

 Après quelques verres de mise en jambes, on est prêt pour la piste de danse. On remonte et on voit Jake et Kevin en train de danser sur des beats post-disco. Vision hilarante. Tellement marrant  qu'on décide d'y aller aussi. Et on se retrouve rapidement à danser au milieu d'un groupe de filles fans d'Adam West. Après ça on continue à discuter et boire des coups tous ensemble, avec les filles. Comme on commence à être fatigué, on leur propose galamment de poursuivre la soirée à notre appartement (prêté pour la nuit par Jocke, le chanteur de Rickshaw). Les filles parlent entre elles pendant une minute et nous demandent plutôt de rester un peu, qu'elles ne sont pas "ce genre de filles". Elles veulent dire "des groupies" sans doute. On boit un autre verre et on décide d'y aller. Salut tout le monde ! On traverse Gothenburg en fourgon en espérant tomber sur un truc ouvert où on peut manger ou acheter quelque chose. Rien. Tout est fermé. On rentre à l'appart' et on décongèle de la pizza et des saucisses (un repas de rockers !) trouvées dans le frigo de Jocke. On tombe de sommeil, pas beaucoup dormi la nuit dernière... Il n'a pas fallu deux minutes pour nous mettre en mode "hibernation". Jake + Steve

Vendredi 14 Sept. Stockholm. Suède.

 Au petit matin on est confronté à un mystère. Une feuille de papier est scotchée sur la porte. A l'intérieur ! On ne pige rien à ce qui est écrit, c'est du suédois... Visiblement quelqu'un est entré (on n'avait pas fermé à clé), nous a laissé un message et est reparti... On prend le p'tit-dèj' et quand Jocke se pointe un peu plus tard, il lit le papier et éclate de rire. On se regarde en se demandant ce qui se passe. Voilà l'histoire : A environ 3 heures du mat', les filles de hier soir, qui ne voulaient d'abord pas venir à l'appart,' ont changé d'avis et décidé qu'elles voulaient finalement bien "faire la fête" avec nous... Sauf qu'en arrivant, elles nous ont trouvés endormis... On n'a rien entendu (la fatigue et les "ear-plugs"). Alors elles nous ont laissé ce petit mot disant qu'on avait l'air si mignons en dormant qu'elles n'ont pas osé nous réveiller. Whoaa !!! On pète les plombs. Les filles sont finalement venues et on dormait ! Tragique...

 Sur la route de Stockholm, on s'est tous demandé à quel moment elles avaient décidé qu'après tout elles étaient peut-être "ce genre de filles"... Ça restera un mystère. Je regrette un truc. On a jeté le papier. On aurait dû le garder, c'était un document intéressant à ajouter au Big Book Of Rock And Roll Road-Stories... La route se passe bien et on apprécie le paysage des campagnes suédoises, enfin surtout moi vu que les autres sont endormis. On arrive à Stockholm et évidemment on n'a aucune idée de l'endroit où se situe le club. La ville est construite à cheval sur plusieurs îles et ce n'est pas facile d'aller de l'une à l'autre. Pas de problème pourtant, la ville est belle et sa traversée agréable. Comme on tourne en rond pendant un moment, on finit par appeler le club. Erreur fatale ! Le mec du club nous donne les indications, les directions à suivre, les noms de rues, etc... mais y'a un problème... Il y a un monde entre la façon dont on "lit" les noms en suédois et la façon dont on les "prononce"... Donc les explications du gars ne nous aident pas beaucoup. Faut qu'on se débrouille... On s'arrête à une station-service et on se renseigne. Le Tantorgarden est quand même un club assez connu ici, peut-être qu'il sait. Et Euréka ! Il connaît. Et, autre coup de pot, on n'en est pas loin. On trouve rapidement l'endroit et quand on arrive on voit l'organisateur local et un mec derrière lui. C'est Nick Royale des Hellacopters qui est venu nous accueillir. Jake et lui sont de bons copains, Jake a tourné plusieurs fois avec les Hellacopters en Suède. (à suivre...)

Manny "The 1" Montana


 digitfanzine@chez.com
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