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Dig It! # 39
BORN in TOULOUSE 
Harry Rags, Effervescing Paintbox et Busted Electric Noise... La relève toulousaine !
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BORN in TOULOUSE
Ça bouge toujours au fond des garages toulousains. La période rappelle celle où sévissaient les Shoo Chain Brothers, Space Beatniks et consorts, à la grande époque de Radio FMR et des balbutiements de Dig It ! L'histoire de cette scène qui émerge y ressemble par beaucoup d'aspects et on y devine une excitation suffisamment motivante pour que je dépoussière le clavier de mon ordinateur.
 
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Certes, parler du retour des guitares aux USA, en Angleterre et a fortiori en France est surfait, il n'y a pas de retour vu que ça ne s'est jamais arrêté... même si les médias, pour des raisons qu'on devine, ne s'y intéressaient plus. Mais pour ces jeunes groupes, c'est nouveau et au fond, c'est ce qui compte. Trois noms apparaissent régulièrement sur les flyers et affiches qui tapissent la ville rose : Harry Rags, Effervescing Paintbox et Busted Electric Noise.

   Je retrouve chez eux cette recherche de la pierre philosophale qui transforme la vie, cette envie d'aller creuser des pans de l'histoire du rock avant qu'il commence à se perdre. Le tronc commun c'est les sixties et leurs héritiers. Harry Rags, Effervescing Paintbox... Les noms même résonnent comme des manifestes, avec leurs clins d'il aux Kinks ou à Syd Barrett. Pour eux, la culture rock est avant tout un antidote à l'électro-snobisme, au punk bourrin et à la morosité ambiante. Elle est un melting pot où ils se retrouvent sans aucun souci de chronologie, sans chercher à savoir si c'est "vieux" ou "moderne". Ils se moquent éperdument d'amener "quelque chose de neuf", de "révolutionner le rock", ils veulent faire du bruit et participer au chaos rock & roll, et détail important, ils ne se revendiquent pas forcément du "punk". Finie l'époque où l'étiquette était une référence obligée pour être crédible ?

    Joe Strummer peut reposer en paix, les Harry Rags, Effervescing Paintbox ou Busted Electric Noise sont l'incarnation vivante de la chanson du Clash, "Garageland". Des potes qui se retrouvent aux concerts des uns et des autres, et, quand ils ne jouent pas ensemble, se prêtent le matos, copains comme cochons, et passent les soirées à picoler et refaire l'histoire du rock. Pour la plupart, ils se connaissent depuis le lycée, faisant mutuellement leur "culture musicale" en s'échangeant les disques. Se retrouver aux concerts a fait le reste.

 En même temps qu'ils s'abîmaient les doigts sur leurs instruments, ils faisaient partie de la faune qui s'agitait devant la scène du Fantômas où se produisaient les groupes garage ou punk rock amenés là par Lo', frontman du Jerry Spider Gang et chroniqueur dans ces pages. Parfois insolents, ils regardent d'un air moqueur les "vieux" rockers qui les toisent parfois d'un peu haut, mais la relève est bien là et, chose nouvelle, c'est une génération qui n'a pas grandi dans le giron de Dig It !, excepté pour le guitariste des Harry Rags qui a poussé dedans. Et pour cause, c'est mon fiston et je l'amenais souvent aux concerts que Dig It ! organisait à la salle FMR ou au Bikini dans les 90's.
 Jouer live s'inscrit donc dans la continuité. Pourtant, aller aux concerts ou partager une culture musicale ne poussent pas nécessairement à grimper sur une scène, je connais beaucoup d'amateurs éclairés des sixties qui se contentent d'écouter passivement leurs dis-ques, fiers de leur culture et du "bon goût" qui leur tiennent lieu de philosophie. Si pour les HR ou les EPB, la scène s'inscrit dans la logique, l'élément déclencheur reste les... Libertines. Pour les Busted, ce sont surtout les concerts des Hives et de Flash Express.

 The Harry Rags représentent sûrement le mieux ce croisement entre l'éternelle culture rock et le présent. Pas punk, pas garage, pas psyché, pas 60's, pas... Et tout ça en même temps quand même. Profondément urbain, leur rock tendu les inscrit dans la filiation du CBGB, évoquant parfois les Neon Boys ou les Voidoids de Richard Hell. Ce qui ne les empêche pas pour autant de reprendre le très british "Teenage Kicks" des Undertones. L'époque a changé mais le fond reste le même, les Harry Rags puisent leurs racines dans ce que le rock and roll a de plus digne : le punk 60's, les mods, le punk new yorkais et celui de 77, avec une oreille attentive pour les fifties ou le vieux ska. Véritable b(r)ouillon de culture où les Sonics côtoient Johnny Cash et Chuck Berry, où les Cramps trinquent sans problème avec les Libertines ou The Jam. Capables aussi de vous dresser une liste de groupes actuels qu'ils écoutent et d'aller s'encanailler dans des soirées soul ou garage sixties et de balancer sur scène les riffs de "Slow Death" ou "Pipeline" entre deux verres.

 La colonne vertébrale des Harry Rags est formée de Bastien et Karl qui se sont rencontrés dans la cour du lycée. Classique.
 Bastien : "Je faisais de la guitare tout seul dans mon coin, j'en avais marre et quand on s'est rencontré avec Karl, on a parlé de musique, des concerts qu'on avait vus et on a eu envie de faire un truc ensemble. On ne voulait pas se contenter de jouer dans nos piaules et de voir les groupes sur scène. On s'y est mis. Dans le groupe, je chante".
     Ils récupèrent l'ami Guitoune, rencontré dans les concerts et facilement repérable à son look dandy, veste cintrée et boots de rigueur. Il ne se fait pas longtemps prier pour battre le rythme et, après deux mois de répèts, ils se retrouvent en première partie des Speedometers. Premier concert, pas toujours en place, mais l'urgence de la scène et leur impétuosité fait (presque) oublier les plantons.
     Après quelques changements de personnel et des discussions animées, la formation se stabilise avec l'arrivée de Gab à la guitare et de Brice à la basse. Dernièrement, ils ont assuré la première partie des Babyshambles à Toulouse où ils ont reçu un accueil chaleureux alors que le public était là pour Pete D. Depuis, ils mettent de nouvelles chansons en place.

 Effervescing Paintbox L'histoire des Effervescing Paintbox est plus sereine, ils se connaissent depuis le lycée et font leur culture musicale en s'échangeant mutuellement les cd qu'ils découvrent.
    Alexandre : "Pour nous, les Beatles c'est une histoire affective, ils nous parlent plus que le rock festif... Après on a creusé, on a cherché l'album parfait, la chanson parfaite et le son de guitare parfait. Et à force de chercher, on est devenu des tarés du truc. Au début, on a commencé super large et on a pris un entonnoir. On est ancré dans les années 1960. On a écouté les Libertines, les Corral ou les Strokes, ils nous parlaient, ils sont actuels mais ils avaient ce truc des années 60, les fringues, l'esprit de ces années-là".
    Sébastien : "C'est une chanson pour chaque tranche de vie."
       Alexandre : "La suite est logique, on s'est retrouvé à monter le groupe avec l'envie d'apporter une pierre supplémentaire à l'édifice. Au lieu de s'emmerder le dimanche, c'était mieux d'aller répéter. C'est l'idée bête, pour quoi ne pas faire quelque chose ensemble, dans le même esprit. On est en première et une fois en vacances, on a décidé de monter un groupe. Ce qui nous a poussés à aller sur scène plus vite que prévu, ce sont les Harry Rags, ça nous a dynamisés. A leur premier concert, ils n'étaient pas tout à fait calés mais ils avaient l'esprit. Quand ils font la première partie des Babyshambles, ça donne envie d'aller plus vite. Et si les Busted n'avaient pas monté un groupe, ce n'est pas dit qu'on en aurait monté un. On est avant tout des amis. Quand on n'est pas juste quatre dans un coin à faire les choses, ça induit un esprit de cohésion, c'est dynamisant".

 Les Effervescing Paintbox sont entièrement voués à la pop anglaise des 60's, Beatles et Syd Barrett en tête, et sur scène ils reprennent "Steppin Stone", la version des Monkees, pas celle de Paul Revere & The Raiders, mais ils la font comme un folk rock énergique avec parfois des envolées acid-rock tout en restant toujours très mélodique. De la bande, ce sont eux qui ont les arrangements les plus ciselés et ça ne doit pas être toujours évident de faire des churs dans des bars enfumés nez à nez devant des rockers plus habitués à s'agiter sur des brûlots garage punk.
 Alexandre : "On aime les chansons, et le revers de la médaille c'est la scène, on a deux ou trois chansons qui bougent, le reste c'est des ballades plus ou moins rythmées et c'est vrai que c'est dur de les inclure dans un set. Bon, en même temps ça peut provoquer un déclic dans la tête des gens".
Busted Electric Noise
 Le troisième groupe de la bande c'est Busted Electric Noise. En fait, ils sont les premiers à s'être formés. Sous le nom de Mister Bent, ils étaient plutôt punk rock, mais l'arrivée de Pierre, batteur de son état, correspond à un changement d'orientation où la fréquentation assidue du Fantômas a une influence indéniable. Ils découvrent une musique qui est souvent absente des colonnes de la presse officielle, un rock crade, lo-fi, avec des guitares stridentes enregistrées à la va vite.
 Bastien : "Un jour, j'ai acheté un numéro de Punk Rawk et sur le cd il y avait un titre duJerry Spider Gang qui nous a bien plu et on a vu qu'ils étaient de Toulouse. On s'est mis à scruter les murs de la ville, à l'affût de la moindre affiche, pour essayer de les voir en concert et on est tombé sur le Fantômas. La première fois, on a halluciné ! Un bar rock où on pouvait découvrir des groupes qu'on aimait vraiment !"

 La première démo laissait présager du bruit. Un rock & roll high energy avec de la wah-wah à tout va et des guitares un peu bavardes, mais la deuxième marque un tournant, fruit de leur fréquentation assidue des concerts évoqués plus haut, et si sur scène ils reprennent "No Fun", ils sonnent désormais plus garage.
 Pierre : "Entre nous, on appelle ça de la déflagration. On joue davantage un garage crasseux influencé par les Soledad Brothers ou Flash Express. Ce n'est pas toujours à fond, on prend le temps et on va davantage à l'essentiel, on épure, on raccourcit les solos. Quand on voit les groupes au Fantômas, on se sent moins bourrins, sinon on se rapproche plus des trucs à la Dig It ! que de la scène actuelle. Les Strokes, Razorlight ou Arctic Monkeys ne nous excitent guère. Personnellement j'écoute beaucoup de pop comme les Corrals ou les Bees".
 The time they are a changin' ? S'ils sonnent le glas de ce gros garage lourdaud qui lorgne vers le hard à la AC/DC, ils vont me réconcilier avec la scène garage.

 Et l'entente mutuelle ?
 Pierre : "Deux d'entre nous vivent en coloc avec des Effervescing, c'est une histoire d'amitié. Chacun fait sa musique mais on écoute aussi la musique qu'ils aiment. Les Harry Rags ont une culture bien différente de la nôtre, j'allais chez Guitoune écouter Syd Barrett et quand ils font un concert, on y va, on va se voir mutuellement".

 Je ne sais pas ce que ça va donner, les résultats sont encore embryonnaires, mais avec ces trois groupes, le rock and roll se refait une jeunesse à Toulouse en drainant un nouveau public. Et plutôt qu'y voir une simple mode ou un truc de petits bourges, réjouissons-nous de ce boucan qui vient des garages et des bars, ne boudons pas ce plaisir. Entre les cigarettes kinkies, les boîtes effervescentes et le bruit électrique, la ville rose est en train de virer au rouge. Alors let's go !

 Et signalons aussi, même s'ils sont absents cette fois, l'existence des Garçons Sauvages qui, j'espère, seront bientôt partie prenante de cette agitation. Fans des Heartbreakers et des Dogs, ils y ont leur place. A part un concert avec les Spurts et les Harry Rags, je ne sais pas trop s'ils jouent beaucoup mais ils viennent récemment de faire leur première demo produite par le chanteur/guitariste des Spurts. On attend...

www.myspace.com/effervescingpaintbox
www.myspace.com/theharryrags
www.myspace.com/bustedelectricnoise
www.myspace.com/lesgarconssauvages
Antoine "Tatane" Madrigal
 
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 La plupart des informations ont été glanées lors de discussions avec les trois groupes. Malgré quelques maladresses et une naïveté liée à leur âge, j'ai trouvé intéressant de passer les interviews de Karl et Guitoune des Harry Rags car ils me semblent avoir saisi ce qu'est le rock and roll. Je ne sais pas s'ils en ont pleinement conscience mais ça suinte de leur propos and I like it. Pour Karl, ça semble logique... quoiqu'il aurait tout aussi bien pu vouloir devenir, j'sais pas moi... technocrate ou notaire, au hasard. Brrrrr, j'en tremble rétrospectivement... Se retrouver à l'âge de dix ans face à Lux Interior et Poison Ivy dans les studios de Radio FMR a sûrement eu des effets néfastes sur sa scolarité, mais quand je le vois sur scène avec les Harry Rags, je me dis que ça valait le coup.

 Guitoune : "Ça a commencé avec les Beatles que mon père écoutait, au début je n'aimais pas beaucoup mais j'étais très petit. Et un jour je me suis rendu compte que c'était ce qui me plaisait vraiment, je ne sais pas comment... Ensuite en écoutant la radio, j'ai découvert pas mal de groupes qui m'intéressaient par leurs chansons et leur style. Ils appartenaient tous aux années soixante. Rolling Stones, Pink Floyd, les Kinks.... Et j'ai vu un film dont j'ai oublié le titre, y'avait "You Really Got Me" au sommaire de la b.o. J'ai passé un an à trouver qui la jouait. Après je me suis intéressé aux groupes garage qui en découlaient. Ça a commencé à être l'explosion dans ma tête. Par le biais de la musique, j'ai découvert cette époque. Il y avait quelque chose de particulier, une liberté que nous n'avons plus aujourd'hui et un côté je m'en foutiste, extravagant, avec une certaine classe qui m'a beaucoup plu. J'ai commencé à m'habiller comme ça. En quatrième, je portais des boots alors que la mode était aux nike. Je mettais des pantalons pattes d'éléphants trouvés dans le grenier de mes grands-parents alors que ce n'était à la mode que pour les filles. Je trouvais ça marrant et j'étais pleinement conscient du décalage avec l'époque. Vestimentairement, j'ai évolué au fur et à mesure de la découverte d'autres groupes. Mais pour moi, l'apogée c'est certainement Brian Jones. Que les groupes actuels s'habillent pareil, ça ne m'a pas gêné bien au contraire, ça m'a rassuré, j'avais l'impression de ne plus être seul. En revanche ce qui me gêne, c'est que ça devienne une mode sans que les gens sachent vraiment ce que ça représente, sans s'intéresser à cette musique, à cette culture.
 Pour les groupes actuels, j'ai découvert tardivement leur existence car je m'étais un peu enfermé dans ce carcan des 60's. Ce que j'entendais à la radio ne me plaisait pas et je les ai zappés, je ne m'en rendais pas compte. Je les ai découverts bien plus tard avec les gens de mon futur groupe et avec des membres des Effervescing Paintbox, notamment Richard et Sébastien qui m'ont parlé des Libertines et des Strokes. Avant de rencontrer Richard à la fac, je ne connaissais personne, je n'avais personne à qui parler, ça a été un soulagement pour moi.
Harry Rags
 J'ai rencontré Karl des Harry Rags au concert de Chuck Berry en février 2005. J'y étais allé avec mon père et des potes qui sont aujourd'hui les E.P.B. Ce sont eux qui me l'ont présenté et on a évoqué la formation éventuelle d'un groupe. On s'est revu deux ou trois semaines après, lors de la conférence de Patrick Eudeline à la Médiathèque Associative. On a posé alors les bases de la formation du groupe. Dans la musique j'avais déjà pas mal attendu et j'avais vraiment envie de me lancer. Le premier à me l'avoir proposé est Karl. En discutant avec lui, je me suis aperçu qu'il avait une culture musicale qui m'intéressait beaucoup. Non seulement elle ressemblait pas mal à la mienne, mais elle la complétait. Il y a quelque chose qui passait bien entre nous, on s'est lancé et on a bien fait.
 Je me suis mis à la batterie car c'est le son qui m'a toujours attiré dans la musique et c'est aussi celui qui me paraissait le plus accessible. Quand j'écoute du rock, c'est le truc qui me fait le plus bouger, le plus swinguer, avant les guitares bien qu'elles soient indissociables. Quand j'étais petit je jouais du saxo, je trouvais l'instrument joli mais je me suis rendu compte très vite que c'est la batterie que je voulais jouer. L'occasion ne s'était jamais présentée et peut être que je n'avais pas non plus le courage de me lancer. Quand Karl m'a proposé d'en jouer, même si je n'avais jamais joué, j'ai dit oui tout de suite. J'étais prêt à le faire.
 La scène toulousaine ? Je ne réalise pas trop, de plus en plus de gens viennent à nos concerts. La vague "retour du rock" en France y est pour beaucoup mais je ne pige pas vraiment tout ça. Je ne suis pas inscrit dans une mode précise, contemporaine.
 Avec les autres groupes, on avait de bonnes relations avant, c'est juste la continuité. Depuis, le fait qu'on joue tous dans des groupes, ne nous a pas cassés, au contraire, ça nous resserre et ça nous oblige à avoir plus de contacts entre nous. En se stimulant réciproquement, ça nous pousse à aller plus loin. Je trouve très bien cette histoire à trois groupes, c'est une machine plus grosse qu'un des trois groupes tout seul, c'est un groupe qui réunit les trois".

 Karl : "J'ai fait ma culture musicale très tôt. Pour être honnête j'ai commencé par le rap français. Et puis mon père a commencé à laisser traîner des cd, bien en évidence, comme s'ils n'étaient pas rangés. Et il m'en parlait en m'expliquant ce que ça représentait, musicalement autant que culturellement. J'avais un résumé de tout ce que peut comporter un disque : une expression, une vision, une attitude. Ça m'a beaucoup plu. Cette musique, c'était le punk 77 anglais, Clash, Sex Pistols, Undertones pour les Irlandais et des américains comme Johnny Thunders, les Ramones... De là, j'ai plongé dans les 60's. Ça c'est fait au coup par coup avec les conseils de mon père et au fur et à mesure des rencontres ou des soirées. Ma découverte du rock'n'roll ne s'est pas faite seulement par les disques, j'ai baigné dedans très jeune, j'ai vu les White Stripes, j'avais quatorze ans. Avant les Harry Rags, j'ai commencé par jouer de la batterie mais je n'étais pas devant. Il fallait que je sois devant pour tout capter. Je pensais que derrière la batterie, je ne pourrais pas profiter de toutes les sensations que le public pouvait dégager ou de ce qui pouvait émaner de moi. C'est pour ça que j'ai fait de la guitare. A force d'aller aux concerts je ne pouvais pas QUE rester dans le public et je me suis dit que j'en étais capable. Il fallait que je sois acteur de ça, j'avais vraiment envie de jouer. J'avais déjà commencé à organiser des soirées mais ce dont j'avais envie c'était d'être sur scène.
 Au début, j'ai commencé la guitare tout seul. C'est Youn qui m'a appris à jouer. Youn (Shoo Chain Brothers, Starshit -nda) est un pilier de la scène garage et un baroudeur qui a beaucoup voyagé. C'est quelqu'un de vraiment formidable que je tiens à remercier plus que tout. Parce qu'au-delà de me donner le goût simple de la guitare, il m'a appris plein de trucs à côté. Il m'a appris à faire sonner mon instrument à ma manière, que jouer de la guitare c'était toute une culture, un style de vie. Après c'est moi qui ai tracé, qui me suis délié les doigts.
 On voyait que ça bougeait pas mal au niveau de la scène Libertines et consorts. Tous ces groupes-là étaient la suite de ce que je pouvais aimer. Les guitares revenaient devant et ça ne sonnait pas typiquement anglais. C'était un mélange de toutes les cultures que je pouvais aimer, de tous les différents styles de Rock & Roll. C'était concentré et ça me plaisait. Mais celui qui m'a donné envie de jouer dans un groupe, c'est Johnny Thunders, et bien avant que les Libertines soient connus. On s'est dit qu'on pouvait participer à l'histoire même si on est qu'un énième groupe de la longue série. Pour ma part dans 40 ans je pourrai me regarder dans une glace sans être rongé par la honte ou le remords, et ça c'est le plus important !".


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