DVD EN VRAC


DEAD MOON

    Unknown Passage ! Un passage inconnu... C’est un peu ce qui s’ouvre devant les néophytes découvrant Dead Moon. Un passage vers un univers soumis aux lois qui définissent la musique qu’on défend ici : intégrité, indépendance, émotion, énergie pure... C’est aussi le titre de ce DVD sorti en 2006 qui expose avec classe et générosité l’incroyable parcours des époux Cole.
    Sous une forme très classique alternant interviews et témoignages (non sous-titrés, faut s’accrocher), extraits de concert, images d’archives, photos et vidéos familiales, le docu remonte la piste de Fred Cole, de ses débuts adolescents des early sixties, avec Deep Soul Cole (il était alors surnommé le “Stevie Wonder blanc”), en passant par les Weeds, les Lords, le succès de “You Must Be A Witch” avec Lollipop Shoppe, la période hardos avec Zipper, punk avec les Rats, country avec les Range Rats ou Western Front jusqu’à Dead Moon, formé en 87 et dissous fin 2006.
    Sa rencontre avec Toody est déjà tout un poème ! Vers 66, alors qu’ils remontaient vers le Canada pour fuir la conscription, ils tombèrent en panne d’essence et de fric dans un bled de l’Oregon. Fred demanda à une jeune fille qui passait dans la rue où ils pourraient jouer et se faire un peu de monnaie. Ils ne se sont plus quittés ! On visite leur maison perdue dans la forêt, construite de leurs mains (ils ont vécu sous une tente en attendant la fin du chantier, un vrai western !). On les voit élever leur trois enfants (dont le cadet, manager de supermarchés, en chemise et cravate qui reconnaît en rigolant : “Je suis le mouton noir de la famille !”), tout en se forgeant une indépendance totale, sortant à la pelle des albums enregistrés à la maison, gravés sur le fameux Presto 88 Mono de 1954 offert à Fred par Toody, édités sur leur propre label, Tombstone Rds. Un modèle ! Et une musique radicale, urgente et incroyablement intense... L’essence même du garage...
    Il y a encore plus d’une heure et demi de bonus, de morceaux inédits, d’épisodes hilarants comme l’interview de Fred par deux journalistes en herbe largués, ou de vidéos jouissives pour les fans (les Boy Wonders, le groupe punk de leur batteur Andrew Loomis en 1984, ou la reformation de Zipper pour une fiesta entre potes). On en ressort convaincus qu’il n’y a jamais eu de groupe comme Dead Moon, et qu’il n’y en aura jamais d’autres... A part peut-être Pierced Arrows, le nouveau projet de Fred et Toody, accompagnés d’un nouveau batteur, Kelly Alliburton. Quand on ferme les yeux c’est kif kif ! Leur premier CD/LP Straight To The Heart est sorti aux Etats-Unis fin mars (sur Tombstone bien sûr), et ils ont écumé l’Europe en avril/mai. Le temps n’est pas encore venu où Fred se remettra à la country. Profitons-en encore un peu !
www.magicumbrella.com
www.piercedarrows.com

THE WHITE STRIPES

Under Blackpool Lights

    C’était un des DVD stars dans les rayons des supermarchés à Noël dernier. Filmé avec une certaine sobriété (et trente-six caméras quand même), en super-8 et en 16 mm, d’où des couleurs et des contrastes saisissants, Under Blackpool Lights présente l’intégralité de leur concert dans la petite ville britannique de Blackpool en janvier 2004, sans le moindre bonus. Vingt-six morceaux qui recouvrent les quatre albums et rappellent à ceux qui en douteraient qu’ils n’ont pas volé leur succès. Meg, la batteuse aux pieds nus, n’est pas très démonstrative mais Jack tient la scène comme un lutin shooté au speed polonais, maltraitant sa gratte, bondissant sur un piano, la voix toujours aussi envoûtante. Les ambiances s’enchaînent : riffs et beat pachydermiques ("Astro"), arpèges cristallins ("Truth Does’nt Make A Noise"), garage rugueux (le "Outlaw Blues" de Dylan qui se mue en "Jack The Ripper"), retour aux sources (adaptations de Leadbelly et de Son House)... Des hits à la pelle et de vrais moments de grâce comme la rengaine seventies de Dolly Parton, "Jolene", reprise en coeur par le public. Ce titre - à l’origine en face B d’un picture-disc paru en 2000 - est d’ailleurs sorti sur un single accompagné d’un autre extrait du concert, "Do", un morceau du premier album qu’ils avaient joué ce soir-là à la demande du groupe de première partie, Blanche, leurs compères de Detroit.
www.whitestripes.com
XL Recordings Ltd, 1a Codrington Mews, London, W11 2EH - www.xlrecordings.com
 
 

GUITAR WOLF
Red Idol
 
Gaffe au double effet Guitar Wolf : leur DVD Red Idol tue les tympans et les yeux. C’est une compil d’une quinzaine d’extraits de concerts et de vidéos signées de leur réalisateur attitré, le cintré Tetsuo Takeuchi. Images trafiquées, montage stroboscopique et rythme frénétique, le tout allié au rock’n’roll primitif et sauvage du trio japonais : c’est un vrai déluge sensoriel. On souffle un peu avec des bouts d’interviews et des messages parfois fendards de quelques fans de renom (Eric Oblivian, Jon Spencer, Tim Kerr, Manfred Jones des Woggles ou Michael Lucas des Phantom Surfers). Plus d’une heure d’attitude maximum, de potards à onze et d’images inénarrables : l’entrée sur scène, recoiffage de bananes et poses héroïques ; la bande-annonce de Wild Zero, nanar gore où les têtes de zombies éclatent à tout va ; ou la vidéo sur la plage du slow “I Love You OK”. Comme dit le bluesman Boogie Boy Ikuto : “Guitall Woulf ? Lock’n’Loll !” (www.guitarwolf.net -- www.narnackrecords.com)
 
 
 

NASHVILLE PUSSY
Keep On Fuckin' In Paris !

Keep On Fuckin' In Paris ! présente l’intégralité du concert donné par Nashville Pussy au Trabendo à Paris fin 2002. Un très bon son et une tripotée de caméras, ils ont mis le paquet. Un montage un peu speedé quand même... quelques plans larges qui durent plus d’une demi-seconde, c’est pas mal aussi. Le groupe est en grande forme et délivre son message heavy, lubrique et mal peigné avec sa foi habituelle. Riffs applatissants, headbanging effréné, guitares débridées, danses de cowboys, et la “guitar-héroïne” Ruyter qui finit par se rouler par terre en petite culotte. En bonus on a droit à un diaporama et à un reportage anecdotique en coulisses qui la montre dans la même tenue, bouteille de rouge à la main, faire le tour des loges en versant des coups à tous ceux qui traînent. Du p’tit lait pour les fans. (www.nashvillepussy.com)
 
 

HELLACOPTERS
Goodnight To Cleveland

    Merde, je me suis fait avoir comme un bleu. Ces DVD, ça coûte la peau des fesses et en plus faut surveiller les zones et les formats. "La nécessaire segmentation des marchés" vous répondrait sans doute un ponte de l’industrie musicale. Arnaque ouais ! Bref, j’ai bondi sur Goodnight To Cleveland un docu sur les dix dernières dates de la tournée US 2002 des Hellacopters. Il est “All Region” mais format NTSC. Et bien sûr il ne passe pas sur mon lecteur. Et je suis obligé de le mater coincé devant l’ordi. En plus, je m’ennuie. C’est un road movie mollasson qui nous promène de Cleveland à New York. Paysages pluvieux filmés par la vitre du bus, soundcheck, lessive à l’hôtel, rencontres avec les fans, interviews, séance photo durant laquelle Nicke confie en souriant d’un air gêné : “Je me demande si j’ai démarré le rock’n’roll pour ça...”. Quelques moments de rigolade mais rien de marquant. Et surtout de misérables extraits de concerts de trente secondes pour chaque ville. Frustration totale. Heureusement les bonus présentent quelques morceaux live en entier : “Baby Borderline” et “No Song Unheard” à Hoboken, six titres à New York dont “Search & Destroy” à quatre guitares avec l’appui des Gaza Strippers, le même lors d’un festival en Suède filmé de derrière la batterie sur fond de fumigènes et de soleil couchant, avec Howlin’ Pelle des Hives au chant, qu’on n’entend et ne voit qu’à peine, et des vidéos au son désastreux de leurs tout débuts (le furieux “Another Place” dans les backstage du festival Hutsfeld en 1996, et surtout l’impayable “Killing Alan” tiré d’un show de 95 en Suède pour lequel ils s’étaient habillés en robes à fleurs et arboraient des couettes du plus bel effet !). (www.hellacopters.com)
 
 

THE BEST OF FLIPSIDE VIDEO VOL 1

    Le fanzine Flipside commence à rééditer sa série de vidéos live. The Best Of Flipside Video Vol 1 rassemble les VHS numéro 1 et 6 initiales. Une plongée brutale dans le punk californien du milieu des années 80 avec les Dickies, les Weirdos, Bad Religion et Circle Jerks. Les couleurs bavent pas mal et le son est moyen, mais le show clownesque et fulgurant des Dickies, ou l’ambiance surchauffée du concert des Circle Jerks valent largement le coup d’oeil. Deux extraits live de D.O.A. et des Dead Kennedys en bonus. (Flipside, PO Box 60790, Pasadena CA 91116, Etats-Unis)
 

Sylvain Coulon
DIG IT ! # 31/34/43
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