CHRONIQUES
DIG IT # 20

 

Nashville Pussy High As HellNASHVILLE PUSSY
High As Hell
TVT Rds

    Quand Tommy Boy s’est pointé dans les locaux de Canal Sud en agitant fièrement le nouvel album de Nashville Pussy, High As Hell, on a poussé force glapissements joyeux, avant de passer un bon moment à décrypter la somptueuse pochette de ce gatefold luxueux, comme on n’en fait plus beaucoup depuis les seventies.
     Et d’ailleurs tout y est dit. Au recto, nos quatre outlaws exhibent systèmes pileux, attributs mammaires, casquette sudiste, stetson, et un énorme fusil, dont l’embout vous vient droit sur le nez, comme sur le premier disque des brutes sudistes seventies Point Blank. Les photos intérieures nous montrent Corey presque nue prête à assouvir les dernières volontés d’un clone de Lemmy condamné à la chaise électrique, Ruyter en figure de proue d’un navire dénommé Angus, Jeremy en créature des marais atomique, et Blaine en Jesus débonnaire, joint au bec, portant sa croix et une glacière de bières autour d’un circuit de course automobile. Au verso, sur un lit rose et rouge en forme de coeur, genre bordel de luxe, les deux filles Corey et Ruyter se livrent à une voluptueuse soufflette, entourées des accessoires domestiques : boîte d’herbe, sous-vêtements en peau de bête, Jack Daniels, flingue... Au mur, une plaque Ass Kickin’ Southern Rock.
     Caricaturalement primaire, ironiquement redneck, leur musique est de plus en plus à leur image. Reprise de Rose Tattoo (“Rock’n’Roll Outlaw”, ralentie et enrobée de handclaps pachydermiques !), hommage aux duels de guitares de Lynyrd Skynyrd (“Drive” -  les Quadrajets les avaient précédés sur ce terrain), boogie épais à la AC/DC (“Wrong Side Of A Gun”, “Struttin Cock”), ballade venimeuse (“Go To Hell”) et quelques giclées plus rapides et plus punks (“Blowjob From A Rattlesnake”, ou “Piece Of Ass” signée Rick Sims) composent un album plus lourd et lent que le précédent. C’est dire que leur mixture hard punk a le goût de plus en plus hard, ceux qui ont peur de se coincer un bout de gras dans les molaires sont prévenus. Par une perversion tout à fait prévisible, je la trouve encore plus juteuse, et les morceaux me paraissent individuellement plus marquants que ceux de Let Them Eat Pussy, un disque qui s’avalait d’un seul trait brûlant.
     On peut ajouter que Kurt Bloch est une nouvelle fois à la production (Kurt Bloch = son carton), qu’ils apparaissent au générique d’un film dont j’ai bêtement oublié le titre, et qu’après avoir été virés de Mercury, ils ont atterri sur un label mystérieux, TVT Rds, responsable des compilations Television’s Greatest Hits et qui semble abriter une flopée de groupes dont Brian Jonestown Massacre, Nine Inch Nails (!) et XTC (!?).
 (TVT Rds, 23 E. 4th St. NY NY 10003, USA)
 
 

SATOR
Droppin' Out
Safety Pin

    Le nouveau 25cm des Suédois de Sator est un petit chef-d'œuvre de power-pop-rock nerveuse et survitaminée. Vous connaissez peut-être déjà le tube rock'n'roll "Dance To The Rocket from the Crypt" (Riot On The Rocks Vol 1), c'est le moment d'écraser une larme de bonheur sur la splendide reprise de "How Are Things In California ?" (Nancy Sinatra) avec ses chœurs et mélodies sculptées dans le diamant (un mariage réussi Byrds/Mamas & Papas), de vibrer aux accents velvetiens de "Friction" et d'apprécier le coup de patte de Bill Bartell (alias Pat Fear de White Flag) et Javier Escovedo (Zeros), co-auteurs de "This Side Of Nowhere". Les sept titres proviennent de diverses sessions et la production est sublime, faut dire que Chips K, le guitariste et chanteur, connaît bien le boulot, il a produit quelques bons albums des Nomads par exemple. Le disque surprend et détonne parmi l'abondance de galettes heavy-punk venues du froid. Amateurs de power-pop racée et pas endormie, laissez traîner une oreille par ici d'urgence...
(Safety Pin Rds : PO Box 51241 28080 Madrid. Espagne)
safetypin@arrakis.es
 
 

SendersTHE SENDERS
Goodbye Cruel World
Action Records

     Les Senders sont de retour, Phil Marcade est plus en voix que jamais, Wild Bill Thomson a laissé tremper les cordes de sa gratte dans du whisky depuis le dernier enregistrement, le R'n'B urbain du gang de New York se nourrit de soul food et les riffs brillent comme des lames de couteaux se reflétant sur le bitume mouillé des derniers quartiers louches de Big Apple. Avec vingt ans de rock'n'roll au compteur et la caution fantomatique (et dangereuse) de Thunders en sautoir, le groupe carbonise quelques reprises/hommages (onze covers sur treize morceaux, de Willie Dixon aux Crazy Teens en passant par les Stones) d'où suinte un excitant feeling électrique propre à titiller le plus endurci des punks et à le faire virer illico fan de Howlin' Wolf et James Brown. Les duels harmonica-guitares, les déchirures de sax infectieux et la voix "râpe à fromage" de Phil (entretenue par les établissements Jack Daniels ?) sont produits par Freddy Lynxx qui joue aussi de la guitare sur plusieurs morceaux. Inquiétude, l'album s'appelle Goodbye Cruel World.Un adieu ?
(Action Rds : 16 Rue Guy de Maupassant,74600 Seynod -- http : //ActionRecords.online.fr)
 
 

The Neckbones  GentlemenTHE NECKBONES
Gentlemen
Misprint Rds
 
    Nom de nom, ce gang d’Oxford, Mississippi commence à squatter avec autorité le haut de mes piles de disques. Gentlemen, un 25cm huit titres sorti par Misprint Rds, enfonce bruyamment le clou, et tourne en boucle sur la platine. Leurs secrets ? Avant toute chose un bon coup de gnôle; puis un son live percutant, tendu, et bordélique (“J’aime bien avoir un certain manque de rigueur dans la musique”, affirme Tyler Keith, guitariste / chanteur); une lichette de tord-boyaux; un sens imprévisible du mixage qui vous fait gicler les solos et striduler les tambourins; trois chanteurs à la voix prenante (“On a essayé de faire chanter Robbie, mais il boit des bières pendant les morceaux et c’est difficile pour lui de chanter, boire et jouer de la basse”); une lampée d’eau de feu; des incursions dans des territoires multiples (punk rock déglingué, R&B garage rugueux, blues rapeux, mid-tempo pop ou rampant...); et un pack de douze pour la route (“Pour nous, l’alcool apporte une qualité organique à la musique. Tu ne peux vraiment pas être trop précis quand tu t’en tiens une bonne.”). Vous pouvez aussi vous procurer les yeux fermés leur précédent album, The Lights Are Getting Dim, sur leur label habituel Fat Possum.
 (Misprint Rds, P.O Box 8189, Murfreesboro, TN, 37133, USA - www.misprintrecords.com)
 
 

Screamin' Jay Hawkins Best Of Bizarre SessionsSCREAMIN' JAY HAWKINS
Best Of The Bizarre Sessions
Manifesto Rds

    Ce label de Los Angeles a eu la bonne idée de sortir un best of de Screamin' Jay Hawkins compilant en CD ses trois albums parus sur Bizarre Rds entre 90 et 94 en ajoutant quatre inédits pour arriver à un total respectable de dix-huit morceaux en plus d'une heure et quart. Le défunt roi du R'n'B possédé hurle et gronde comme un prêtre vaudou mal luné, alterne rock'n'roll, blues, talkin' blues ou soul/funk cuivrée, éructe encore comme au temps de "Constipation Blues" ("You Make Me Sick") et reprend Tom Waits (c'est Jarmush qui les a présentés ?) et Buddy Blue (le génial guitariste des Beat Farmers). D'ailleurs quand Jay aime il ne compte pas et aligne pas moins de trois morceaux de Buddy Blue et deux de Tom Waits ! L'album est intitulé Best Of The Bizarre Sessions, et l'ex-boxeur pro soutenu par une dizaine de musiciens (dont Bo Diddley Jr sur quelques morceaux), y est irrésistible d'entrain, d'humour frimeur ("J'suis tellement bien habillé que Calvin Klein garde toujours un œil sur moi", dans "I'm The Cool") et de swing à réchauffer n'importe quel igloo. Indémodable et conseillé sans restriction.
(Manifesto Rds : 740 North La Brea Ave, 2nd floor, Los Angeles, CA 90038-3339, USA.)
www.manifesto.com
 
 

The Phantom Surfers XXX PartyTHE PHANTOM SURFERS
XXX Party
Lookout

    Retour dans l’univers coloré et sémillant du label californien Lookout!. Ces farceurs de Phantom Surfers n’y sont pas allés de main morte avec ce nouvel album thématique (on n’ose dire concept), consacré aux joies du sexe et intitulé XXX Party. Il comporte une bonne vingtaine de morceaux gaguesques, de collages allumés entrecoupés de bla-gues cochonnes, et de détournements hilarants (“Let’s Twist Again” en “Let’s Fist Again” - ouch ! - “Paranoid” de Black Sabbath en “Hemorroids” - aie ! - ou “Runaround Sue” transformé en “Necro Sue” avec l’aide de Donny Denim, le découvreur des Donnas). Tipper Gore, la “Moral Majority” incarnée, en prend pour son grade, et finit par succomber aux accents lubriques du surf de nos cinq potaches, égrenant joyeusement leur alphabet obs-cène et poilant, de A : It’s time to fuck ! à Z : Zombie pussy !
 Ils ont bénéficié pour l’occasion du parrainage de Rudy Ray Moore, héros du R&B graisseux des sixties devenu star de la blaxploitation après avoir tenu le premier rôle du film Dolemite (une compil luxueuse lui est consacrée par Norton). Cet autre “baaad mozerfeucker” balance d’entrée un monologue bien senti dont l’argument principal est que le surf est une putain de musique sexy. Le vieux Blowfly en personne, légende oubliée du funk, catégorie porno, et inventeur auto-proclamé du rap, réapparu dans le circuit il y a quelques années lors d’une mémorable tournée en compagnie des Street Walkin’ Cheetahs, surgit au début de la face B, vitupérant en substance : “Bande de salauds, vous m’avez piqué mon truc, la moindre des choses c’est que je fasse une de mes putain de chansons !!!”. Et le voilà qui se lance dans un rap vigoureux sur fond de surf languide. Bourré de bonnes surprises, d’affreuses grossièretés, et de plaisanteries parfois incompréhensibles à vrai dire, c’est un disque à écouter un dico Harraps Slang sous la main pour égayer les réunions de famille.
 (Lookout ! Records, P.o Box 11374, Berkeley CA, 94712-2374, USA - www.lookoutrecords.com)
 
 

The Strollers Fallin' Right DownTHE STROLLERS
Falling Right Down
Low Impact

    Celui-là aussi est tombé il y a un moment et a été otage des Postes pendant quelques semaines. Et s'ils avaient su sur quoi ils pique-niquaient tous les midis, les postiers auraient apporté la platine Cd au boulot histoire de motiver les troupes (le disque existe aussi en vinyle mais ça aurait été moins pratique pour eux entre la boîte de pâté et le litron de Corbières). Plus produits que ceux des Maggots, les onze titres de leurs compatriotes Strollers sont tout aussi sixties et remuants. Ils évoquent en vrac les Miracle Workers, Sinners ou Seeds, Music Machine et Sonics ancestraux. Tiré au cordeau, gravé par un orfèvre, propulsé par des maniaques déterminés et enregistré sur du matos d'époque, ce Falling Right Down est une des pierres angulaires du renouveau "60's garage-punk". Et comme d'hab', les Suédois sont les premiers sur le coup, ou les plus excitants (les Allemands aussi sont bien placés, le dernier Satelliters est encore dans toutes les têtes non ?). Le deuxième album des Strollers est en route.
(Low Impact : Box 475, 701 49 Örebro, Suède)
http://drink.to/lowimpact
 
 

New Bomb Turks Nightmare ScenarioTHE NEW BOMB TURKS
Nightmare Scenario
Epitaph

    Houla, pas de doute, voici l’un des disques les plus explosifs de ces derniers mois. Le meilleur album du gang de Columbus depuis, ouf, au moins leur premier sur Crypt. “Et le troisième alors !” me corrige Gildas. Bon, d’accord, en tout cas celui-ci est un grand disque, c’est sûr, et si les Dirtys existaient encore, ils rangeraient leurs commentaires sarcastiques et s’inclineraient humblement devant leurs maîtres. Les New Bomb Turks n’ont plus rien à prouver, et le moindre de leurs enregistrements est de toute façon recommandable, mais les entendre retrouver le son féroce de leurs débuts (qu’ils n’avaient plus tout à fait sur les deux précédents albums Epitaph) me réjouit particulièrement.
     Nightmare Scenario (le terme employé par la CIA pour désigner un éventuel holocauste nucléaire) a été enregistré à Detroit sous la houlette du sorcier local, Jim Diamond, dans ses Ghetto Recorders Studios, où ont déjà traîné les Dirtbombs, Bantam Roosters, Compulsive Gamblers (voir plus loin) ou les Dirtys justement. Tandis que Megadeth donnait un concert au coin de la rue et que les hordes metal venaient régler leurs comp-tes sous les fenêtres du studio, nos quatre lascars ont craché toutes leurs tripes dans les micros. Cet album recèle une intensité fulgurante, alliée à un potentiel mélodique parfaitement illustré par le dernier morceau, “Quarter To Four”, et ravira tout autant ceux qui avaient apprécié le côté stonien, plus mûr et moins radical des derniers albums. Les NBT ne sont peut être plus les “Ravachol du punk”, mais ils viennent de balancer la plus grosse bombe de l’année. “Spanish Fly By Night” est aussi sorti en 45t sur Safety Pin couplé à l’inédit “Chip Away The Stone”.
 (Epitaph, 2798 Sunset Blvd, Los Angeles, CA 90026, USA)
 
 

DUMBELL
Don't Messs With Cupid
Radio Blast

    Ça y est, après deux albums (et un mini-lp) confidentiels (une confidentialité principalement due aux labels avec lesquels ils travaillaient jusqu'à présent), Dumbell attaque de front le "marché" garage/heavy-punk européen. Et ça va faire mal ! Ils ont la puissance de feu de Nashville Pussy et un song-writer qui sait trousser des brûlots punks de 2'30 qui combinent le meilleur de Sonny Vincent (en moins touche-à-tout) et des Dead Boys. D'ailleurs même s'il n'aime pas beaucoup en parler, Paul, le leader américain du groupe, a joué avec Sonny dans Shotgun Rationale (interview de Dumbell dans Dig It ! #17). Le line-up a changé, ils sont maintenant trois guitaristes ! Des vrais killers. La production est taillée sur mesure par Christoph Rath (des Cellophane Suckers), l'expert en garage/punk sound pour une bonne partie des groupes Radio Blast. L'album (lp/cd) est intitulé Don't Messs With Cupid (Déconnez Pas Avec Cupidon) et vous allez pouvoir juger sur pièce ce groupe allemand qui nous surprend chaque fois depuis sa première venue en ville dans les bagages de Wanda Chrome il y a quatre ou cinq ans. Pour amateurs de plaisirs à "grosses guitares" sonnantes et pas trébuchantes. Les Français apprécieront sûrement "Last Train To Vaudeville"...
(Radio Blast Rds : PO Box 160308, 40566 Dusseldorf. Allemagne)
radioblast@t-online.de
 
 

DEMONICS
Demons On Wheels
Screaming Apple

    Sur leur deuxième album, les Californiens Demonics déclinent à tous les temps leur amour du B-movie ("She Devils On Wheels") et leur récurrente passion pour les ronflements de pots d'échappements ("Motorgeddon", une suite de pétarades de motos et de flingues). Ce qui ne les empêche pas de tricoter des mélodies dignes des Young Fresh Fellows ou de reprendre frénétiquement le "Little Honda" des Beach Boys avec un son parfait, énorme mais pas heavy. Une sorte de croisement YFF/Humpers si vous voulez... C'est particulièrement évident sur le dévastateur "Fuel-Injected Suicide Machine". Ils ont intitulé leur disque Demons On Wheels, la version CD a dû sortir sur un label US. Leur gimmick c'est les cornes de diable sur le crâne, les yeux phosphorescents et la peau cramoisie par les flammes de l'enfer, leur habituelle résidence. Real hot rock'n'roll !
(Screaming Apple : Dustemichstr. 14, 50939 Koln. Allemagne)
Screamapp@aol.com
 
 

RAMONETURES
Ramonetures
Munster Rds

    Quand le vénérable maître de la six (et douze) cordes Davie Allan et le Phantom Surfer Mel Bergman unissent leurs guitares et leurs efforts pour rendre un hommage instrumental aux Ramones, l'album qui en résulte n'a logiquement aucun mal à se faire une place dans les discothèques les plus diverses. Ramonetures (c'est le nom du groupe et du disque) à rapidement conquis les inconditionnels de surf-rock instrumental, les fans des Ramones, les adeptes de, hem, l'easy listening, les fondus de la mélodie imparable (les Ramones en connaissaient un rayon) sur fond de 1.2.3.4 basique ou tout bêtement ceux qui savent reconnaître un bon disque quand ils marchent dessus. La basse et la batterie sont tenues par deux membres des Tiki Tones, le travail est sérieux et le résultat lumineux, difficile de ne pas afficher un sourire admiratif à l'écoute des seize titres de ce LP/CD, de "Glad To See You Go" à "Pet Semetary" ou autres "Blitzkrieg Bop", "Rockaway Beach" et "Oh Oh I Love her So". Certes, on est en registre plutôt léger, on sifflote les mélodies, on replace les "Gabba gabba hey" à tue-tête là où il faut, rien de bien intello-conceptuel là-dessous, mais ça suffit largement à vous éclairer une journée maussade. Dans un monde parfait, ce disque serait remboursé par la sécu. Ça mérite largement un deuxième volume.
 
 

KIM FOWLEY
Animal God Of The Streets
Munster Rds

    S'il y en a un dont le nom mérite de scintiller au panthéon des agités du wock'n'woll, c'est bien l'étrange Kim Fowley. Le gus a récolté au travers de ses multiples collaborations, des Byrds aux Runaways en passant par Zappa, de quoi tapisser son sweet home de Beverly Hills en disques d'or, une cinquantaine au total. L'album Animal God Of The Streets (déja paru chez Skydog) a été enregistré entre 69 et 71, Fowley chante et joue de tous les instruments, produit, mixe, fait les arrangements, prend les photos, se fait cow-boy ou rat des bayous et convoque Tony Joe White et les Stooges au bal des dérangés en injectant des shoots généreux de soul brûlante à son R'n'R menaçant. Dommage que la bande à Iggy n'ait jamais repris le "Ain't Got No Transportation" écrit spécialement pour eux en 69, ce monument de swamp rock électrique et vénéneux aurait eu belle allure entre "No Fun" et "Real Cool Time"... "Long Live Rock'n'Roll" est dédié à Vince Taylor, "Werewolf Dynamite" est un hommage à l'inquiétant et multiforme Lon Chaney, "Night Of The Hunter" s'inscrit dans la virile tradition des morceaux pour bikers, le "Rumble" de Link Wray n'avait pas dû être souvent repris avant ça (je rappelle qu'on est en 69) et il y a inévitablement un morceau... euh, disons difficile et déglingué ("Is America Dead ?") histoire de marquer la différence. L'album tourne régulièrement sur les platines des Diggers sans éveiller le moindre signe de lassitude. C'est un signe.
 



 
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