CHRONIQUES
DIG IT # 45

KEPI & GROOVIE GHOULIES

    “Saying Goodbye Again”... C’était le morceau qui ouvrait le neuvième album des Groovie Ghoulies, 99 Lives, paru en 2007. Un adieu en fait : le groupe a splitté “pour raisons personnelles” dixit leur site. Tous les fans des Ramones, les freaks et les monstres de la galaxie ont essuyé une larme.
    Après un premier album en 1989, c’est avec le fantastique Born In The Basement, cinq ans plus tard, qu’on a découvert l’univers garage-punk poético-macabre, ramonesque et fendard en diable de ce gang de Sacramento emmené par le couple Roach (mur de guitare) et Kepi (chant, basse, parfois batterie, occasionnellement les trois à la fois !). Suivront une charretée de disques sur Lookout ou Stardumb (dont les mémorables Reanimation Festival et Go Stories!), et des tournées incessantes, durant lesquelles ils peaufinèrent un show rock’n’roll speedé, fun et interactif, distribuant au passage des tonnes de petits aliens en plastique phosphorescent. En fervents militants du “1234 Go! Trois accords sans solo”, ils ont su ressusciter le son primitif et mélodique des early Ramones. Ils en étaient de dignes héritiers, cultivant le même sens de la dérision, de la mélodie raclée jusqu’à l’os et des textes entre absurde et poésie naïve, tout en créant leur propre monde peuplé des créatures hantant les comix et autres B-Movies horrifiques.
    On les a connus plus en verve, mais ce dernier album contient son lot de ritournelles à chanter sous la pleine Lune (“You’ll Come Around” ou “I’ve Got Love To Give” et son riff à la “Gloria”), quelques reprises nostalgiques de leurs premiers tubes (“Back To The Garage” ou “I Wanna Have Fun”) et des chansons plus amères. Il était sûrement temps pour eux de regagner leur crypte.

    La nouvelle a ébranlé les fans : deux tribute ont débarqué illico. Let’s Go Ghoulie, sur Knowhere Rds, rassemble quelques vieilles connaissances de la famille pop punk (Apers, Parasites, Vapids) et des nouveaux-venus à surveiller de près (20 Belows, Viernes 13, Prozacs, Flamingo Nosebleed, Deans, Bricktops ou les étonnants canadiens Le Volume Etait Au Maximum). Dans la foulée le label allemand Kamikaze Rds a publié When The Kids Go Go Go Crazy, une compil prometteuse et plus hétérogène de trente et un groupes, dont les McRackins, Electric Frankenstein, Jancee Pornick Casino (voir plus loin), Nikki Corvette, Sonic Dolls, Zombina, et les omniprésents Apers et 20 Belows.

    Heureusement, le lutin électrique Kepi a rapidement resurgi, sortant coup sur coup deux galettes en 2008 sur Asian Man, label des Queers et des Riverdales (dont le nouveau disque, le premier depuis six ans, est annoncé en 2009 !). American Gothic, attribué à Kepi & Friends, est une belle collection de chansons plus calmes, un peu dans l’esprit des Haints, alter-egos acoustiques des GG (deux albums à pister, Hurt And Alone, Springman, 2004 et Battle Of Wounded Heart, Green Door, 2007). Entre country folk enjoué, ballades avec piano et accordéon, reprises de Donovan (“To Sing For You”) et Daniel Johnston (“True Love...”), ou duo romantique avec Kim Shattuck des Muffs, c’est un beau voyage mélancolique et émouvant.
    Kepi et ses potes Jazz (Groovie Ghoulies / Helper Monkeys), Danny (Groovie Ghoulies / Secretions), Dino (Kepi And The Cavebats / Little Medusas) et Lys (Isonomy) ont formé sur le champ une mouture rock’n’roll, Kepi : The Band, une réincarnation inespérée des regrettés GG ! Cette voix d’éternel ado, les airs addictifs, les mantras ramonesques... Avec un son plus musclé, des choeurs vigoureux, une “brain song” hilarante et une cover des Cramps en prime (“The Natives Are Restless”), Hanging Out est un des meilleurs disques de l’année. Cette fois le morceau d’intro s’intitule “Kepi Let’s Go !”.

myspace.com/kepighoulie
www.asianmanrecords.com


HAMBURG RAMÖNES

    Ils viennent de Lourdes et rendent hommage aux Osmond Brothers... A part ça, vous avez remarqué le tréma ? Sans doute une ruse pour éviter tout procès en usurpation, et un indice sur l’identité de leur deuxième ombre tutélaire. Mais c’est bien une poupée de Joey Ramone (sans les aiguilles) qui orne la pochette de Long Black Hair, le deuxième forfait des Hamburg Ramönes (le premier s’intitulait Free Phil Spector !). Entre vénération sincère et parodie, les “Ham Ram” atteignent par moment des sommets de Ramonesitude. “I’m Dumb” ! Quelle claque ! Ah certes, ça flirte avec le bourrin parfois, surtout quand ils se transforment en Hamburg Motörhead sur un “Bomber In Your Heart” qui sent le napalm. Des marrants au bout du compte, ils ont même sacrifié au traditionnel single de Noël qui arrive un poil en retard (“Merry Christmas !”). On en reparlera. En attendant : Hey hö, let’s gö !

nicotinerecords.com - myspace.com/hamburgramnes


SEGER LIBERATION ARMY

    On a déjà évoqué les deux singles de ce super groupe éphémère, enregistrés en une après-midi alcoolisée sous la houlette de Jim “Magic Fingers” Diamond (Dirtbombs etc.) dans son studio Ghetto Recorders à Detroit. Prenant l’orgue et la guitare, il avait rassemblé le SLA Mach 1 : Thomas Potter (Bantam Rooster) aux vocaux, Frederick Beldin (Clutters / El Smasho) à la guitare, Patrick Pantano (Dirtbombs / Come Ons) à la batterie, et Jim Weber, guitariste des New Bomb Turks, venu en voisin de l’Ohio, qui tenait la basse. Avec l’aide de Marcie et Jason Von Bondie aux choeurs, tout ce beau monde avait pour mission de réhabiliter le Bob Seger d’avant la gloire et les ballades molles, en reliftant quatre de ses vieux titres dont les brûlots “Heavy Music” (transmuté en un hymne à Detroit littéralement volcanique) et “2+2=?” (l’ultime morceau-anti-guerre-du-Vietnam-qui-fout-les-poils !).
    On les retrouve sur le CD Down Home, paru sur Big Neck Records, accompagnés de quatre autres covers dues au SLA Mach 2 : Nick Lloyd (Buzzards) prenant la place de Pat et Michael Walker (Bogue / Detroit City Council) suppléant Jim Weber. Ils s’attaquent à deux autres merveilles des débuts de Bob Seger, “Down Home” et “Ramblin’ Gamblin’ Man”, plus le méconnu “Get Down On Your Knees”, écrit pour les Underdogs au milieu des sixties (l’original apparaît sur la compil Friday At The Hideout de Norton), et l’irrésistible “Florida Time”, un surf sorti en face B d’un single de 66 sous le nom de The Beach Bums (patronyme réutilisé plus tard dans la bande son de Phantom Of The Paradise !). Un hommage virulent, qui rappelle aux amateurs du Detroit Sound qu’il serait judicieux de se pencher sur les singles de Bob Seger & The Last Heards, ou les trois albums du Bob Seger System, Ramblin’ Gamblin’ Man (un must !), Noah et Mongrel.

www.bigneckrecords.com


THE FOUR SLICKS

    Go Go Baby ! C’est parti pour une rasade de Sha Na Na dopé aux amphéts et à l’huile de vidange reprenant “Rockaway Beach” les potards à onze dans un garage enfumé. Le gang de Jon Von a survécu à une traversée ouest/est des Etats-Unis en seize jours et autant de concerts, huit mille cinq cent kilomètres de Los Angeles à New York en passant chez les mormons pour la photo de couverture, le tout dans un antique break Ford V8 de 1963. Auto-produit et distribué par Born Bad, leur deuxième album, In Bonneville, est une nouvelle virée rock’n’roll à fond les manettes vers le soleil levant dans un nuage de caoutchouc brûlé et de bouteilles vides giclant par les vitres, ponctuée de covers jouissives d’Hasil Adkins, Bo Diddley, The Sabres, Terry & The Teenbeats ou Tony Casanova. Primitif, sauvage, fendard et lardé de solos tranchants comme une scie sauteuse rouillée. Irrésistible !

http://fourslicks.free.fr


JANCEE PORNICK CASINO / MARLONES

    Hound Dog Rds est un label lorrain qui se spécialise dans le split 25 cm (Les Johnny’s/ King Automatic, c’était eux). Un beau format, surtout quand il est orné d’une flashante pochette cartoonesque signée Jampur Fraize. The Jancee Pornick Casino ouvre leur face par une cover d’Iron Maiden façon rockab’ débridée. Faut oser ! Se revendiquant de la “Russian American Surf Generation”, ce trio russo-américain basé en Allemagne n’a pas peur de mixer rockab’, surf et breaks débiles, avant de basculer dans du lounge hanté se concluant par un massacre au kazoo du standard de Joe Dassin, “Aux Champs Elysées”. Des branques ! (www.janceewarnick.com)
    Bien que ferraillant comme des furieux, les Marlones de Metz sonnent un poil plus académiques à côté, rayon garage punk riffu, élevé à la bière et au Detroit Sound. A noter un délicieux accent qui les lie au punk français millésime 78, et une déclaration finale explicite “Detroit My Love”, dédiée aux Stooges et au MC5. (www.myspace.com/themarlones)

myspace.com/hounddogrecords


KEITH GRAVE & FRIENDS

    L’anthologie que tout le monde attendait ! Snaps Music, dans sa série Sin Of Your Fathers dédiée aux rééditions, exhume quatorze extraits des premiers disques des redoutables Sanity Assassins. Bien qu’uniquement labélisés “hardcore” sur la pochette, le trio du Connecticut y injectait à l’époque, fin 80-début 90, de sérieuses doses psyché, garage et heavy. Parus sur TPOS, Recoreds, Dagger (drivé par le bassiste Keith Grave), Dionysus, pilier du revival garage, ou Tombstone, label de Fred Cole, ils contenaient des perles allumées mélant une énorme basse fuzz, des déchirades de wah-wah cosmiques et des vocaux décalés, un rien planant. Un torride cocktail punk-hardcore-garage-psyché-protostoner, et quelques giclées teigneuses pour contrer le voisin bricoleur qui vous les brise menu à coups de marteau.

    Toujours dans la même série, et en collaboration avec Dagger, vous pouvez essayer de dénicher le EP des Free Love Society, issus du même nid d’allumés. Leur unique single paru en Suède en 87 y est accompagné de deux titres parus sur des compils dont une cover velue de “Cherry Bomb” tirée de la cassette What’s All The Fuzz About des français New Wave Rds. Portés par des vocaux féminins à la Siouxsie, leurs originaux sont un mélange punk / new wave encore bien teinté de psychédélisme. Daté, mais pas désagréable.

    Après les Dispossessed et les Sanity Assassins, Keith Grave a oeuvré avec les cinglés Blastmat et Chicken McHead, avant d’épauler son idole Dennis Most, continuant à compiler pour divers labels des obscurités punks du Nord-Est des Etats-Unis, et à éditer des disques roulés sous les aisselles pour ses amis. Comme les lecteurs fidèles l’ont remarqué, il ne nous a jamais lâchés ! Derniers envois en date : Speed Of Death, des bandes hardcore des Assassins du milieu des années 90, et Kerosene Cocktail, le nouveau CD des impayables Found Dead In Trunk. Trouvé Mort Dans Le Coffre ! Avec un patronyme pareil, faut pas s’attendre à du Rimbaud. Ces vétérans pratiquent toujours le punk old school de leurs vingt ans avec une détermination d’airain et un goût immodéré de la bourrinade riffue. Produit par Dennis Most, “in glorious Lo-Fi”. Quand on les passe à la radio, on sort les boots et on lâche les chiens.

myspace.com/daggerpromotions


ROKY & THE EXPLOSIVES

    Il y a quelques années Norton avait édité un double album de raretés de Roky Erickson & The Aliens dédié aux ultra-fans de l’illuminé texan. Le label new-yorkais récidive avec Halloween, double album live, cette fois chaudement recommandé aux accros comme aux néophytes. La sélection, qui provient de bandes enregistrées lors de sept concerts au Texas et en Californie entre 79 et 81, ressemble à un best of de haute tenue. Le sorcier Roky était accompagné par trois kids d’Austin, The Explosives. Leurs versions sont tendues et flamboyantes, la voix envoûtante, le son parfait, en tout cas sur les trois premières faces. La dernière est plus bordélique et contient une des seules raretés, une version bancale mais pêchue de “I’ve Just Seen A Face” des Beatles. Elle est sortie en single couplée au “Wait For You” de Buddy Holly. Comme le raconte le batteur des Explosives Freddie Krc (me demandez pas comment ça se prononce), Roky n’hésitait pas à envoyer ses musicos au charbon : “Alors qu’on montait sur scène Roky nous a demandé si on savait jouer “Heroin” de Lou Reed. On lui a dit “Non.” et ensuite on a juste commencé à la jouer.” Il a dû leur faire le même coup pour les Fab Four !
    Sa collaboration avec les Explosives se poursuivra, comme en témoigne l’excellent pirate live de 87, Casting The Runes. Mais c’est bien sur Halloween que vous dénicherez certaines des versions les plus possédées jamais gravées de “Two Headed Dog”, “The Wind And More”, “I Walked With A Zombie”, “Stand For The Fire Demon” ou “You’re Gonna Miss Me”. Merci Norton !

www.rokyerickson.net - www.nortonrecords.com


T(I)NC Live au Kleo

    Grandeur et décadence ! Il y a quelques années, le gang suédois se produisait dans la banlieue toulousaine devant des centaines de kids en délire. Ils étaient prévus au même endroit, le Foyer Roger Panouse de Tournefeuille, salle des fêtes parfaite pour le loto des écoles mais beaucoup moins pour le rock’n’roll, avant d’être programmés au Ramier, grande salle célèbre pour son immense boule disco et ses thés dansants, pour atterrir finalement dans le petit club attenant. On arrive à l’heure pour ne pas louper les locaux Blew Up! avec l’ami Lo Spider en première partie. C’est déjà fini. Ils ont dû démarrer une bonne demi-heure en avance, car le concert est suivi d’une fête étudiante et fallait pas que le rocker s’attarde trop. Avec le prix de la place, et les canettes de Kro du Prisunic local vendues quatre euros, les organisateurs ont les oreilles qui sifflent.
    Nos cinq suédois déboulent dans des costards assortis en velours pourpre, le chanteur Dennis Lyxzen arbore une cape incroyablement kitch ! Ils ressemblent à une caricature de gang garage des sixties, à part le guitariste dont la moustache et les longs cheveux rappellent plutôt Ted Nugent. En tout cas, leur mot d’ordre est toujours de ne jamais rester immobile plus de deux secondes. Ça tricote, ça sautille, ça se démène... Les vieux tubes sont toujours aussi efficaces, les nouveaux moins. Dennis envoie quelques commentaires mi-figue mi-raisin : “On va ralentir le tempo maintenant. Vous, gardez le même, vous avez déjà ralenti.” Mais l’ambiance se réchauffe, il effectue quelques lancers de micros et des chorégraphies spectaculaires, malgré l’espace réduit, et parle du club gay d’à côté et de la Champions League (?). Il finit par sauter dans le public, toujours un bon signe. Finalement, ils emportent le morceau, à l’énergie, fonçant encore toutes voiles dehors, même si le vent du succès a tourné, sortant de scène sous les acclamations, accompagnés par “I Bet You” de Funkadelic. Quelques jours plus tard, ils feront un passage torride à Limoges. Ils avaient la rage, leur van s’était fait piller en Espagne et la recette de la tournée s’était envolée.
    Notre fric avec, vu qu’on a juste eu le temps d’acheter le nouvel album, The Cross Of My Calling, avant d’être priés de dégager. Pas vraiment envie de s’attarder de toute façon. Le disque ? Produit par Rick Rubin, comme le précédent. Enregistré en Californie. Vinyle gris souris. Belle pochette gatefold psychédélico-ésotérique, grise et blanche, à colorier aux feutres fluos. Et des morceaux de plus en plus pop et gentillets, lorgnant vers le groove, ou le psychédélisme. Pas de quoi crucifier un chat, mais pas honteux non plus. Parmi leurs gourous cités sur la pochette intérieure, outre Ravachol, Marx, les Diggers ou Guy Debord, on note l’apparition de Creedence, Iggy Pop et... Aleister Crowley ! Du situationnisme à la sorcellerie... La dernière chance !?

www.internationalnoise.com


MAMA ROSIN Live à l’Autan

    Accordéon et banjo dans l’antre toulousaine du Punk’s Not Dead, on se doutait que ce serait chaud ! On se pointe à la bourre cette fois... Le trio genévois a déjà le public dans sa poche. Faut dire que sur scène ça castagne ! Jonglant avec les instruments (guitare, banjo, triangle, washboard et melodéon, l’accordéon diatonique typique de la Louisianne), les deux chanteurs entrent en transe tandis que la batteuse Vanina fait claquer caisses et cymbales comme des machoires d’alligator. Il y a quelques incartades plus acoustiques, blues ou même calypso, et ça repart de plus belle. La musique cajun, c’est la fiesta assurée ! Sous perfu de Moonshine depuis l’apéro, les habitués se lancent dans quelques gigues endiablées. Les cris d’enthousiasme fusent : “Enculés ! Enculés !”. Ben ouais, c’est l’Autan quoi. Ils concluent en annonçant une reprise des Movie Star Junkies. Quelqu’un braille : “On préférerait les Dead Kennedys !”. “On peut aussi.” répond Robin, impavide, et ils enchaînent avec “I Fought The Law”. Bien joué ! “Exploited ! Les Toy Dolls !” Bon, faut pas pousser.
    Tombés dans le gumbo dans leur jeunesse, ils ont commencé leur trip cajun dans leur coin, allant deux fois en pélerinage en Louisianne (“On habite près d’un lac, le bayou ça nous connaît !” affirme Cyril), avant d’être découvert par Beat-Man. Ils avaient emmené avec eux deux pleines valises de disques Voodoo Rythm, dont leur tout nouveau 25 cm, La Pistache A Tante Anna. Moins percutant et immédiat que le premier album, on y retrouve quelques ballades étranges, une adaptation très personnelle de “La Paloma” (dans une ambiance à la Dead Brothers), l’envoûtant “Bon Temps Roulet” et une version courte de “Les Zaricots Est Pas Salés”, une scie débile et hypnotique a cappella qu’ils ont fait tourner sur scène à une, deux puis trois voix jusqu’à lévitation totale. Des phénomènes !

myspace.com/mamarosin - www.voodoorhythm.com


BACHELOR RECORDS

    Ceux-là n’ont pas dû pleurer la mort de Jorg Haider. Héraut du Rocanrol TM, ce label autrichien nous a fait découvrir les cintrés Rock’n’roll Adventure Kids, les Clorox Girls ou The Yolks, et continue à défricher goulûment les terres garage pop punk lo-fi. Voilà leurs deux dernières trouvailles.

    The Hunx est le projet parallèle de Seth du combo electro-pop californien Gravy Train (dont les membres se font appeler Chunx, Funx, Hunx et Junx). Du rock de garçon coiffeur dirait Tatane, vu que le bonhomme est copropriétaire avec Tina “Boob Boom” Lucchesi de Down At Lulus, la bonne adresse pour se dégotter des fringues vintage ou se faire couper les tifs à San Francisco. “Mon chef du hair” comme le surnomme en franglish dans le texte le boss du label. De sa voix nasillarde, il entonne deux pop songs minimalistes et parfaites, enluminées de handclaps et de choeurs féminins irrésistibles. Une sorte de mix entre Jayne County et les Corvettes enregistré sur un magnéto une piste et demie dans la cave de la boutique !

    Difficile de deviner à quoi se dopent The Pharmacy... en tout cas l’auteur de la pochette de ce split 45 tours en a déjà vidé le contenu. Ce nouveau groupe de Seattle se lance dans une odyssée pop ambitieuse, avec piano et final héroïque, un brin handicapée par une voix et un son cheapos. De l’autre côté, Japanther, un duo de Brooklyn, envoie une intro hip hop trash inquiétante avant de virer vers une espèce de pop punk mutant bizarroïde pulsé par une rythmique massive. Ils ont cinq ou six albums sous le bonnet, et une grosse réputation. Allez sur www.japanther.com, vous y verrez notamment les étranges micros-combinés téléphoniques qu’ils utilisent sur scène !

Bachelor, 5421 Adnet 186, Autriche
www.bachelorrecords.com


LARSEN & CO

    Costards-cravates, instruments vintage, jeu millimétré, son parfait, belle pochette signée Johnny Bartlett des Phantom Surfers : la classe Larsen ! Avec ce premier album, Beat Block Club Sessions!, les Nantais The Other Guys font une entrée remarquée dans l’écurie savoyarde. Ils balancent du sixties beat à la Beatles période Star Club mâtiné de surf aérien et de ritournelles pop limpides. Efficace et carton. Les fans des Kaisers n’ont pas besoin de chercher plus loin un digne équivalent frenchie. (myspace.com/theotherguysnantes)

    C’est dans l’étable que le boss Denis a réuni une partie de la tribu pour y enregistrer Country Girl, le deuxième album du groupe maison, les B-Soul All Stars. Z’ont pas dû s’envoyer que du Beaufort pour mettre en boîte ces treize morceaux, sept originaux et six reprises (dont “For The Love Of You” des Isley Brothers) qui fleurent bon les vapeurs mauves et la Jamaïque. Pour les accros au rock-steady, tendance lounge soul.

    L’autre “home band” n’est pas en reste puisque les Slow Slushy Boys nous invitent à nouveau à grimper sur la table, après avoir roulé dessous. Ils revisitent deux danses animalières sixties pas piquées des hannetons : le vigoureux “The Duck”, cuivres et choeurs percutants, et le sinueux “The Worm” de Bill Doggett, drivé par l’orgue et des chorus de guitare gorgés de reverb’. On peut préférer la première, c’est sûrement plus facile à danser ! (Butterfly Rds, PO Box 31225, 08080 Barcelona - www.butterfly-records.com)

Larsen/B-Soul, 73230 La Fougère, France
www.larsen.asso.fr


POUR LA ROUTE

    Signalons l’apparition d’un nouveau label à Périgueux, Some Produkt, émanation d’une asso organisant des concerts dans le coin depuis deux décennies, qui remercie la mairie, le conseil général et le conseil régional, y’a du sponsoring dans l’air ! Leur premier split 45 tours associe les Turtle Ramblers (des ex Sheriff / Mega Sonic Boom Blast / Kochise / Debil Dogs (!) etc., qui envoient une sorte de  garage grunge arty, quatre albums dont le dernier enregistré chez le Kaiser) et les locaux Red Eye Ball (une belle ballade acoustique où l’on retrouve Jean Jean des Thomson Rollets)
(some-produkt.fr.st - turtleramblers.com - myspace.com/thereaflers)

    Les Dragontears sont le side band psychédélico-patchouli de Lorenzo Woodrose et ses compères, un groupe qui ne fait jamais de concerts, dont il n’existe pas de photos, et qui n’a rien avalé de plus excitant qu’un petit déca depuis belle lurette. Après un premier opus hypnotique à souhait, ils récidivent avec Tambourine Freak Machine, six morceaux, dont “Masters Of War” de Dylan, pour près de cinquante minutes d’apesanteur et d’expérimentations à base de boîtes à rythme lysergiques et de zigouigouis éthérés. A ranger au rayon new age, entre Musique du Cosmos des Etoiles et Chemins Du Nirvana Zen. Délicieusement planant ou totalement gonflant selon les goûts. (myspace.com/dragontears2000)

    Livré avec une plaquette plastique rigide et décorée à leur effigie pour laquelle certains diggers ont imaginé un usage étonnant voire stupéfiant, ce CD des Hellbilly Boys (de Stockholm, Texas) recèle quelques perles de rockab’ clinquant et classe, à la suédoise : plus roots que nature, un poil académique mais brillamment éxécuté. Ça devient vraiment affriolant quand ils se laissent aller à leurs penchants country comme sur le prenant “Me And The Devil” et ses diaboliques choeurs féminins, ou le velu et débridé “Tennessee Whiskey”. (www.hellbillyboys.com)

    Permettez un adieu ému aux Hellacopters, qui après l’album de reprises Head Off ont conclu leur tournée finale chez eux à Stockholm fin octobre. Au cours d’un des shows, une bière jetée sur la table de contrôle des éclairages a fait sauter les plombs, puis déclenché l’alarme incendie et fait cramer l’ampli basse avant que Nick ne se prenne le jus par le micro ! Ils devaient jouer “Electrocute” des “Demons” ! Un petit single est tombé sur Psychout, “Darling Darling”, extrait de Head Off et l’inédit “Baby, Come” des Insomniacs, deux reprises anecdotiques emballées dans une belle pochette. Un live est en préparation, ainsi qu’un film, ce n’est donc qu’un au revoir ! (www.hellacopters.com)

    Au mois d’août dernier, Turbonegro était en tête d’affiche avec les Sonics reformés du Oyafestivalen d’Oslo. Un concert empreint de nostalgie, puisqu’ils fêtaient les dix ans de leur chef d’oeuvre Apocalypse Dudes en jouant l’intégrale du disque, et qui n’a pas tardé à se retrouver sur la toile. Bien sûr, le concept révèle qu’ils sont conscients de n’avoir pas fait mieux depuis, mais la ferveur du public est plus intense que jamais, il suffit d’entendre la foule entonner l’intro de l’album.
    Déboulent ensuite les treize morceaux du disque, dans l’ordre. Les vikings sont dans une forme walhallesque. Enfin, sachant que le guitar hero Euroboy était en plein traitement pour un cancer. Aux dernières nouvelles, il va mieux. Les versions sont fidèles, à part un “Prince Of The Rodeo” d’anthologie agrémenté d’un break inédit, “Rendez Vous With Anus” braillé par Ebbot Lundgren des Soundtrack Of Your Lives, qui n’avait pas dû sucer que des glaçons, et “Back To Dungaree High” où intervient le second invité, Nick Oliveri des Queens Of The Stoneage, dans une belle démonstration de screamer enragé. C’est quand même l’occasion d’entendre pour la première fois en live “Humiliation Street”, leur remake de “Gimme Danger” des Stooges. Après l’apothéose finale de “Good Head” et ses jouissifs Wowowowo Wowowo Wowowo, ils offrent en bonus “Suffragette City” de Bowie et une cover de Black Flag, “Nervous Breakdown”, qui s’achève en un freakout apocalyptique... Apocalypse Dudes... Putain, dix ans ! Franchement, rayon heavy punk flamboyant, vous avez entendu mieux depuis ?
    Signalons pour les fans traînant sur internet le EP Boys From Nowhere Collector’s Edition (2000 exemplaires quand même), six titres sans raretés mais avec un extrait de leurs quatre premiers albums, une sorte de mini-compil donc. Et pour les ultra-fans, la version CD de Small Feces et ses onze titres bonus, presque tous datant de leurs débuts death punk fracassants et extrémistes. Terroristes va !


Sylvain Coulon

VOODOO RHYTHM

   Magnifique premier album pour les turinois Movie Star Junkies. Après une paire de singles et un split 25cm en compagnie du Feeling of Love, ces adeptes de la Grande Triple Alliance Internationale de l’Est échouent chez Voodoo Rhythm pour un concept album en hommage à Herman Melville, l’auteur de Moby Dick (et accessoirement un oncle éloigné de l’autre crétin chauve à lunettes !). On évolue toujours en territoire schizophrénique à cheval entre blues et noise, en grand écart entre les Deadly Snakes (“Lucky Horse”) et the Birthday Party (“the Curse”, “Melville”), en pleine hésitation entre cowboys (“Dead Love Rags”) et marins (“This is not a light” récemment repris en live par les cajuns suisse Mama Rosin...), mais sans équivoque complètement bourré dans les bars à putes de Valparaiso (“I’d rather not”)... Magnifique, oui et formidablement bien enregistré entre la maison et les studios Outside Inside, l’une des nouvelles mecques du garage européen. Alleluia ! (www.myspace.com/moviestarjunkies)

    Il a suffit à Beatman d’atterrir à l’un de leur concert en Norvège pour signer sur le champ Pirate Love, jeune groupe d’Oslo aux attributs plus que conséquents ! L’explication de texte est dans le titre, Black Vodoun Space Blues... Black = côté dark presque gothique (ouais enfin dans le sens Cramps meet Lords of the New Church) / Vodoun = n’importe quoi, peut-être le vaudou du Nord, une croyance ancestrale en de multiples esprits tapageurs ! / Space = Hawkwind / Blues = Muddy Waters, les Stones, etc.
    Ils font un peu penser aux 80’s Matchbox B-Line Disaster, mais en plus garage et moins boys band (on évoque aussi beaucoup un croisement Beach Bitches et Silver par ici !), une sorte de fourre-tout rock’n’roll, mis en ordre par la voix rugueuse et habitée et une énergie sexuelle aveuglante (euhhhh bon je vais pas développer là...). Allez... Bientôt sur scène dans toute l’Europe. (www.myspace.com/thepiratelove)

www.voodoorhythm.com

BORN BAD

    Il en va des millésimes comme des “oeuvres” des Magnetix, jamais elles n’ont le même goût!. C’est encore une fois le cas avec cet album, leur troisième, Positively Negative. L’intention était un disque moderne basé sur des influences diverses (le garage, le psychédélisme, l’espace, une certaine idée du post-punk...) et un son plus léché. Bingo ! On retrouve le duo au meilleur de sa forme avec des morceaux instantanément reconnaissables, mais assurément différents de tout ce qu’ils ont fait auparavant. Certes la multiplication des pistes a permis à Looch Vibrato de laisser libre court à ses envies dissolues (des couches de fuzz, de l’harmo, de l’orgue, des choeurs, etc.), mais au delà de cet aspect purement technique on sent une certaine mélancolie, une noirceur... Dur à expliquer, mais les Magnetix sont adultes, dans un monde compliqué, c’est tout ! Quoiqu’il en soit ne loupez pas celui-là, entre autre chose pour la superbe pochette signée Elzo. (www.myspace.com/themagnetix)

    Les surfeurs parisiens The Cavaliers passent au format long (board ?!) et sortent un premier album impeccable. Du surf donc, uniquement, mais du surf virtuose et avec suffisamment de second degré pour que l’expérience reste plaisante. Suffit d’ailleurs de mater les titres, “Les Cavaliers de l’Apocalypse sont des surfeurs”, “La vague de la soif”, “Bateau-mouche Twist” ou “Le Ride du Jugement Dernier”. Quelques plages chantées aussi avec la participation du Born Bad All Stars, soit les Magnetix sur le yéyé “Bourreau des coeurs” et les filles de Tu Seras Terriblement Gentille pour un “Attache Moi” carrément engageant... Du solide donc et en prime une nouvelle pochette très réussie signée Olivier Chaos... Go baby go ! (www.myspace.com/calaverascaballeros)

www.myspace.com/bornbadrecords

THE ROCK’N’ROLL ADVENTURE KIDS

    Ils viennent de Berkeley en Californie et on les avait découvert par l’intermédiaire d’un single chahuteur (produit par John Dwyer des Coachwhips, on en reparle plus loin...) sur le label autrichien Bachelor Rds. Je me souviens entre autre de leur morceau “Hot Dog”, un country rock’n’roll débile et mantraique, plutôt plaisant, mais INTERMINABLE ! Enfin c’est ce qu’il m’avait semblé. Bref... Depuis il a neigé sur Yesterday et le groupe est venu nous visiter en plein milieu d’une tournée européenne de deux mois. Ils en ont profité pour enregistrer deux nouveaux titres (dont une reprise du “Off the hooks” des Stones), accompagnés à la basse par Satu de Wau y los Aarghhhs!. Ils ont aussi fait un concert dans la cave surchauffée des Pavillons Sauvages à Toulouse, ambiance bon-enfant mais frénétique et quelques reprises largement improvisées (“Boss Hoss” et “Strychnine” des Sonics, “Wild Man” des Tamrons, “Rumble” de Link Wray, etc.) pour un moment plein de fun et de testostérone.
    C’est un peu le cas aussi sur leurs deux dernières sorties, le 45t “Boobies R’n’R” / “”Teenage Caveman”, une nouvelle fois chez Bachelor et l’album Hilbilly Psychosis chez Soul Not Style Rds (leur propre label), sur lequel on retrouve les deux titres du single et 9 autres brûlots dans la même veine cajun-country-rock frappadingue. Hasil Adkins percutant 9 Pound Hammer sur une autoroute mexicaine (!). (www.myspace.com/woohoo)

www.bachelorrecords.com

YUSSUF JERUSALEM

    C’est peut-être le disque du trimestre ce Heart Full of Sorrow. Plus je l’écoute et plus il me fend le coeur, peuchère ! Et pourtant ça commence avec un morceau des plus bizarres intitulé “Gilles de Rais” (plus connu en tant que Barbe Bleue), avec un côté métal noise expérimental (?). Bon enfin passons... Le reste est tout à fait fréquentable entre power-pop, folk sixties et psychédélisme (“multicolor”). Et pourtant, tout n’est que boîte à rythme, handclaps électronique et voix trafiquées... Guitares et basse aussi, mais l’important est ailleurs. Dans les morceaux ! Pas si souvent que j’entend des trucs de la classe de “Greetings from Novi Sad”, ou l’énorme “We ain’t coming back” (dont la voix me rappelle pourtant ce trouduc de Morrissey)... Et que dire de la superbe cover du “With you in my mind” de Marianne Faithfull ou des vibrations moyenâgeuses (ou  plutôt de l’ultra rétrofuturisme ?) de “The end of Tomorrow”.
    Est-ce à moi de vous dévoiler qui se cache derrière cette appellation ? Je ne le crois pas. Laissons plutôt planer le mystère et regardons si le grand occident lance ses chiens contre Yussuf... C’est le premier LP du label américain Florida’s Dying après une brouette de 45. (www.myspace.com/ridersofallah)

www.floridasdiying.com

AGGRAVATION

    On vous parlait il y a peu de leur 45t sur Jojo Rds (le Runaway EP), tout noir tant au niveau de la pochette que de la musique. Leur face post-punk/cold wave. Pour faire pendant à ce single, P.Trash vient d’éditer le Pressure EP, forcément tout blanc et avec quatre morceaux plus énervés, plus punk quoi ! C’est toujours très réussi, une habitude chez les marseillais. On attend le nouvel album avec impatience. (theaggravation.free.fr)

www.ptrashrecords.com


KING AUTOMATIC vs BUD MC MUFFIN

    C’est un tout nouveau label nantais, Kizmiaz rds, qui sort ce split single entre deux one man bands, j’ai nommé King Automatic de Nancy, déjà bien connu de nos service et Bud McMuffin de Niort. Deux morceaux pour chacun et on va pas se la raconter les deux titres du King éclipsent quelque peu la country-punk minimaliste de Mr. Muffin (faut dire aussi que la différence de son n’est pas vraiment en sa faveur) ; Deux nouvelles bombes dont “Black Magic”, Chatham style et Joe Meek et “Road crash fascinating” plus sixties . En ce qui concerne Bud McM., il nous livre un delta blues hanté (“Do anything but do it yourself”) et un country-rock’n’roll déglingué, “Black Mamba”. Attention, en concert l’homme ne dédaigne pas non plus un petit yodle !!!

www.myspace.com/kizmiazrds

OFF THE HIP

    Toujours aussi prolifique et éclectique le label de Melbourne...

    ça attaque fort avec Molten Universe (un hommage à Kyuss ?) de Sidney et son mini-album 6 titres, No Love Around. Un groupe dans lequel on retrouve plusieurs anciens Lime Spiders (Tony Bambach, Ged Corben et Richard Jakimyszyn, ce-dernier ayant aussi effectué un court passage chez les New-Christs) et le premier batteur des Celibate Rifles, Phil Jacquet. Du lourd, du très lourd, et ça s’entend... Une sorte de mix entre les deux groupes pré-cités avec un côté plus pop (quelquefois grungy) dans la voix et quelques passages à la Meanies. Deux morceaux emportent particulièrement mes suffrages, l’énervé “Bass witch”, mais surtout le terminal “Freedom of choice” et son refrain sixties imparable. (www.myspace.com/moltenrockuniverse)

    En avant-première du nouvel album de Johnny Casino & the Secrets (John Spittles et un groupe qui change en fonction des villes où il joue) le label nous a fait parvenir un CD/EP cinq titres, Take me down to your river. Outre le titre éponyme (dans une veine Saints période Prehistoric Sounds), on a droit à un autre morceau du futur disque et trois inédits, trois reprises de choix, “Outcast” des Animals pour le côté groove, “Try a little Kindness” pour la face country folk (un morceau interprété à l’origine par le très mielleux Glen Campbell) et le beatlesque “Spicks and specks” que l’on doit aux Bee Gees... Pour les morceaux plus enlevés reportez-vous à l’album, mais ce single est déjà un must ! (www.myspace.com/therealjohnnycasino)

    Troisième album déjà pour le sextet du Wisconsin Goodnight Loving. Après un premier disque de cowboys en 2006 produit par Greg Cartwright et un autre plus garage l’année d’après, ils nous donne leur facette pop en 2008... Enfin pop... Pop folk garage de cowboys! Le son est exceptionnel, les mélodies ciselées et pourtant j’ai un peu de mal à rentrer dedans, trop propre peut-être ! Bon enfin ne vous fiez pas trop à mon jugement perverti, si vous kiffez les Sadies, Black lips, Replacements, Young Fresh Fellows, Chilton ou le Reigning Sound, ce disque devrait être en bonne place sur vos étagères. (www.dustymedical.com/goodnightloving)

    Les Screwtop Detonators sont issus de Perth en Australie et pratiquent une power-pop très eighties qui rappelle Elvis Costello (mon pote me souffle Hot Water Music) avec des guitares acérées à la Sator. On pense aussi à leurs voisins Sixfthick, notamment sur “In the first place” et “On the Run” ou le meilleur des groupes Closer (ce mélange entre pop et gros son australiens), voir les Moving Targets, MC4 ou Wipers, comme sur les excellents “Anvil” et “Be Around”... Le tout se terminant sur deux hits à la scandinave (TRBNGR pour la fougue, Hellacopters pour les mélodies) dont un “Transparent” lardé de chorus barbelés. Le son est calibré “radio” ce qui peut surprendre au début mais fait de ce 3, 2, 1... I’m done, un disque pour le moins séduisant. (www.myspace.com/screwtopdetonators)

    Troisième album déjà pour les méconnus Midnight Woolf deMelbourne et leur mix garage country crampsien. Ouais les Cramps...  C’est forcément à eux qu’on pense d’emblée, mais on se laisse bien vite emporter par la tornade fétarde de ce Tropical Disease. dès le deuxième morceau, “My Libido” et son refrain à la Hoodoo Gurus... On pense aussi aux vieux Bamboos, ou a Screamin’ Lord Sutch qui aurait bouffé les Crawdaddys. Mais ce qu’on retient en premier de cet album ce sont ces quatre covers impeccables dont une adaptation jouissive du “Motor Psycho Nightmare” de Dylan, une interprétation éthylique de “La Ballade de Frankie & Johnny” de Jimmy Rodgers,”Turn me loose” signé Pomus-Shuman façon Raunch Hands et une version plus académique de “Lost Highway” de Leon Payne (gravé en 48 à Nashville et longtemps attribué à Hank Williams)... ça sent la bière, la sueur et le poulet grillé et c’est totalement approprié pour ambiancer vos barbecues hivernaux, hmmmmm ! (www.myspace.com/midnightwoolf)

www.offthehip.com.au

SHIT IN CAN

    Le label d’Annecy continue son petit bonhomme de chemin avec trois productions décalées.

    Split single entre les californiens Christmas Island et Le Jonathan Reilly de Valence en Espagne. Les gars de San Diego pratiquent un psychédélisme folk neurasthénique, velvet et Beach Boys défoncés dans le bac à sable autour du piano de Brian Wilson... Ils font notamment une reprise envapée de “Morning Sunshine” des britons Idle Race. In The Red annonce un album pour bientôt. (www.myspace.com/xmasisland)
     Sur la Costa Blanca on est plus dans un rythme garage new-wave, Devo qui percute les Hot Snakes avec Dick Dale au volant (putain chais plus quoi écrire moi !). Le groupe après un split avec les Tyrades et un split avec Black Sunday... A splitté lui aussi. Paf ! (www.myspace.com/lejonathanreilly)

    Made For Chickens By Robots c’est un one-man-band australien qui se différencie des autres par son costume de poulet et un mégaphone en guise de micro ! Ben ouais savent plus quoi inventer !.. Bon je suis un peu dur là car pour le coup il a un son vraiment personnel. Le son du vieux blues mélangé à Doo Rag et le tout joué sur un gramophone. Incongru et totalement prenant ! (www.madeforchickensbyrobots.co.nr)

    Encore un groupe du Nebraska, ceux-là s’appellent Ric Rhythm & The Revengers,. Un des musiciens a joué dans les Brimstone Howl et c’est Brooks Hitt (Terminals, DNA studio...) qui s’est chargé de l’enregistrement. Tout ce qu’il faut pour faire un joli petit 45tours garage-punk’n’roll. Et c’est exactement ce que c’est, Kool mais pas renversant. (www.virb.com/ricrhythmandtherevengers)

www.achierpointcom.com

BORDEAUX ROCK CITY

    Récemment l’asso Bordeaux Rock parlait d’une vague sans précédent en évoquant la scène teenage douteuse, ce qui m’avait fait doucètement rire. Car outre ces quelques groupes fantomes, le real rock’n’roll bordelais existe bel etbien... Retranché dans les locaux insalubres (désolé Seb’...) du Boogaloo ou dans les clubs suintants de la ville. C’est même plus une vague, mais un raz-de-marée, avec pas moins de six sorties notables dans le trimestre passé (sans parler du dernier Magnetix !).

    Les Weakends déjà auteurs d’un 45t chez Rob’s House d’Atlanta, réitèrent pour un album sur le même label. Leur truc à eu c’est le garage folk minimaliste à la croisée des Stones et Black Lips et c’est super réussi. Un des tout meilleur disque du trimestre. (www.myspace.com/theweakends)

    Les Meatards c’est l’autre groupe de David, bassiste des Weakends qui tient ici guitare et chant accompagné par deux Polar Strong (basse et guitare-synthé... MAIS OUI!) et Nico (ex-Complications, Victor Müller). On pourrait qualifier leur truc de garage hardcore experimental (MAIS OUI !). C’est le label Les Disques Steak qui vient d’éditer leur 45 avec certainement la plus belle pochette depuis longtemps. (www.myspace.com/themeatards)

    On en parlait justement, Polar Strong sort aussi son premier single sur le label néerlandais Fistful of Records... Le deal s’est un peu fait sur un quiproquo, par l’intermédiaire de Don Howland des Bassholes, mais il n’empêche que l’objet et là, dans sa jolie pochette sérigraphiée. 4 jeunes hobos pleins de fougues et de sèves et remplis d’un talent rare par chez nous. C’est à dire que non seulement ils savent écrire de bons morceaux qui ne ressemblent à rien d’autre (peut-être les Soft Boys par moment quand même !), mais en plus ils savent les jouer ! (www.myspace.com/polarstrong)

    Les Heartbeeps ce sont deux anciens TV Killers (Baboosh le batteur originel et Laurent le dernier guitariste en date), Olivier le bassiste des Hurly Burlies, Sentimentals, Sheer Aches et la charismatique Delly, réplique de  Flying V en bandoulière... Et ça tatane sévère, façon parpaing dans ta gueule ; les vieilles influences punk-rock agrémentées d’un esprit sixties avec par moment le son des Plasmatics (!). Trois morceaux sur ce single dont une reprise fort réussie de “My flash on you” de Love et deux originaux dont le suffisamment éloquent “A boring life with no guitar”... Rien à rajouter. (www.myspace.com/heartbeepsonmyspace)

    On reste un peu dans la même famille avec les Wild Zeros de notre collègue chroniqueur Cherry Boy (et accessoirement sont 38ème projet musical !). Premier 45t sur le label Frantic City et un bel hommage au son de Boston (Real Kids, Monoman et toute sa descendance) avec notamment une reprise du “Boys from nowhere” de DMZ. Les autres morceaux sont dans la même lignée (ajoutez-y les Zeros, Teenage Head et les Boys si vous voulez) avec la participation notable de Looch Vibrato, à l’orgue sur “Something to do”, une cover des Pneumonias... Aïe, Bart se mord la queue ! (franticcity.free.fr)

    Kiss Kiss Karate Passion c’est le projet du dessinateur Jean-Louis Marco, complet autiste de la musique (mais non dénué de talents) et frère de Victor Marco (lui aussi dessinateur et guitariste du groupe... Et membre éminent de Shunatao et de Victor Müller et des Sentimentals)... Et donc ces potes musiciens (Olivier Bernet et Lichen boy qui jouent chacun dans 5 ou 6 groupes dont Shunatao encore, les Wild Buds, Sentimentals encore, Complications, Hero X, Nocturians quand ils font pas la musique de Persepolis... pffffffff !) ont habillé ces morceaux acoustiques et ça donne ce single entre Violent Femmes et Canned Heat, Soeur Sourire et les Beach Boys dans un bain d’acide... Euh de LSD je veux dire, pardon ! (www.myspace.com/karatepassion)

COSMIC PSYCHOS

    C’est encore le label français Pitshark qui s’occupe de la destinée des Cosmic Psychos par chez nous. Premier album sans la participation de Robbie Watts le guitariste historique décédé en 2006 mais avec deux remplaçants de luxe dont John “Mad Macca / the Renovator” McKeering, l’excité derrière les Onyas ou autres Egos. Tout nouveau line-up donc (le batteur s’était déjà fait lourder pour le précédent), mais rien ne change au niveau du son, du style et des influences. Les australiens continuent tout au long de ce Dung Australia d’enfoncer le même clou rouillé. Basse fuzz énorme, wah wah en extase, rythmiques mamouthesques... Rien de surprenant (hormis peut-être le dynamitage d’ “I’m a skirtlifter” des vieux hardos Buffalo), c’est peut-être là le seul bémol, quoique ! (www.myspace.com/thecosmicpsychos)

www.pitshark.com

NICOTINE RDS

    Le label préféré des bronchitiques en tous genres se rappelle à nos bon souvenirs avec deux exhumations en direct.

    Walter Lure tout d’abord avec ce live in Berlin de 2007. Bon témoignage au son gonflé avec un groupe rompu à l’exercice, mais qui n’apporte au final pas grand chose à l’édifice de l’ex-collègue de J. Thunders... Homis peut-être le fait de redécouvrir les morceaux des Waldos, son groupe des années 90 et un hommage à Ray Charles (“Busted”). Anecdotique aux vues des dizaines de pirates des Heartbreakers lachés sans colliers dans la nature ! (www.myspace.com/lurewalter)

    Et ça continue à coup de tractopelle avec les gloires australiennes des 80’s, j’ai nommé les Lime Spiders. Un live enregistré l’année dernière à Melbourne, et là pour le coup le son est carrément monstrueux. Ils sont bien revenus pour faire hurler les guitares et réveiller les morts, et avec des arguments comme “Slave Girl” ou “Out of Control”, personne ne devrait leur résister. Si vous voulez une idée de l’ambiance y a cas jeter un oeil sur les reprises de ce Live at the Esplanade : “Ain’t nothing to do” des Dead Boys, “You burn me up and down” de Wee The People, “Career of evil” du Blue Oyster Cult, et “He’s waiting” des Sonics... et je ne vous parle là que des reprises qu’ils n’avaient jamais enregistrées. Leur truc à eux c’est le garage avec de grosses guitares bien grasses et la voix eraillée de Mick Blood... Et pour le coup elle l’est presque trop ! On peut même dire qu’il la perd dès le deuxième morceau... Forcément je trouve assez bizarre de sortir cet enregistrement qui ne met qu’à moitiè en exergue la qualité du groupe.
    Deux choses à noter tout de même, une paire d’inédits sur ce disque (“the dead boys” et “Society of soul”), et leur venue en Europe pour l’été... (www.limespidersmusic.com)

nicotinerecords.com

BRIAN HENRY HOOPER

    ça fait quelques albums maintenant que Brian Henry Hooper, le bassiste des Surrealists de Kim Salmon et des Beasts of Bourbon, assoit sa collaboration avec le label basque Bang!. Cette fois l’album s’appelle The Thing About Women et c’est sûrement ce que l’on a entendu de mieux de sa part en tant qu’artiste solo. (solo mais bien accompagné quand même, Mick Harvey des Bad Seeds, ses compères de Bourbon Spencer P. Jones et Tony Polla, Dan Luscomb des Drones, le piano de Steve Boyle du Roland Howard band, etc). ça commence sur une reprise magnifique de son album précédent “Oh Brother” et on continue dans une veine Bowie meet Iggy meet the Drones (Lou Reed aussi sur “Drug Day”), toujours posé mais avec des frissons le long del’épine dorsale... C’est beau ! Calme mais beau ! (www.briansway.com)

www.bang-records.net


ROCK HARDI #37

    37ème numéro pour le zine de Clermont-Ferrand qui tient fort la barre. Un cru plutôt alléchant avec une itw à la volée des Hives, une autre plus fouillée des Primevals et des articles détaillés sur deux groupes majeurs (séniors ?) de la scène française, les Dum Dum Boys toujours aussi verts et les Gorgons de retour.13 ans après... Plus deux dossiers sur sur une partie de la scène finlandaise et le rock à La-Rochelle... Et en sus les habituelles rubriques (ciné, bd, polar...) et un CD gavé jusqu’à la gueule d’inédits et de goodies (DDB, Gorgons, Sonic Assassin, Wild Zeros, Flying Over, Primevals, Knucklebone Oscar, etc.). (rockhardi.site.voila.fr)

GORGONS

    Et justement nous avons reçu l’album, Ultra Vivid !, des parisiens édité par Hog Maw rds. Rien de neuf, mais les meilleurs morceaux de leur session Toe Rag de 1994 où ils avaient enregistrés 32 titres en une après-midi (!) et dont ont été tirés divers singles (dont le cultissime Shaftmen) et participations à des compils variées... Putain y a notamment les deux titres qui devaient apparaitrent sur un split single avec les toulousaines SandWitches sur Make Face Rdz... Tout a été imprimé, pressé et c’est jamais arrivé jusqu’à la maison faute de thunes (sniff !). Pour le reste on retrouve un des tous meilleurs groupes français avec un son et une énergie incroyable et de putains d’hymnes fifties garage ultra-sauvage. A redécouvrir. (gorgons.free.fr)

Hog Maw Rds,
48 rue Grange Champion, 21340 Nolay

ET ENCORE...

    Rotor Jambreks, le one-man band breton qu’on dirait pas qu’il joue tout seul ! C’est un peu l’impression que ça donne à l’écoute de ce 45trs hyper chiadé chez Last Exit. Première face assez zarbi avec un morceau powerpop gentillet, mais dès qu’on retourne le vinyl tout rentre dans l’ordre sur les trépidations d’un  “Born in a motor”, digne d’Hound Dog Taylor suivi du hi-energy “My soul in my song”. Mais comment fait-il une batterie aussi crédible avec ses seuls deux pieds ? (www.rotorjambreks.com)

    A Nantes on n’a de cesse de parler d’eux, W.A.W. pour We Are Wonderful... ‘se la péterait pas un peu ceux-là ? Anciens Pantsuckers et Psycho Witches le trio évolue entre post-punk et garage mental (pas trop cérébral quand même... Pas du style en tout cas à faire des mots croisés en tournée !). Premier single autoproduit et une univers à découvrir... La pochette à elle seule est un sacré concept ! (www.myspace.com/wawwearewonderful)

    Il est enfin sorti ce premier album, Milner Hotel, des Jettators de Jarnac. On vous en parlait dans le n° précédent, ils sont allés enregistrer à Detroit chez Jim Diamond, et outre l’ambiance blues musclé à la Black Keys, on retouve un côté early 90’s américaines (Ils parlent de Posies, Sugar, Dinosaur Jr... On pourrait y rajouter Mudhoney et les Screaming Trees) + Swervedriver + Hellacopters (le morceau 8 s’intitule “Hell-a-cop’ song”). Beau boulot ! (www.myspace.com/jettatorsbrothers)

    Nouvelle démo pour les lyonnais Flasfalcon et tout est dit dans le premier titre, “Hard Rock City”... Un chanteur amoureux de Bon Scott et des musiciens qui nous refont l’enfer Gluecifer. Le son manque encore un peu de couilles mais le prochain album pourrait être un must dans le genre. (www.myspace.com/flashfalcon)

    Leurs potes de Lads In Vertigo font eux aussi brûler la gomme avec ce premier CD/EP Hot Fuel and Burning Wheels, entre Boogie hi-energy et heavy punk. Là aussi ça promet ! (www.myspace.com/ladsinvertigo)

    A Madrid les Bultacos perpétuent l’esprit punk à grosse guitare avec un premier album Matches chez Rock is Pain. (www.bultacos.es)

    On passe un peu plus rapidement sur Mike Zero et son album Zeroism. Un plan glam’punk pop un peu carricatural. (www.wolverine-records.de) / A Nantes El Royce sort son album What You See is What You Get, du heavy-metal-emo-punk avec un très gros son... mais définitivement trop pour moi (www.el-royce.com) / Que dire sur les Marie Salope ? que je trouve ça à chier ! Y a même du slap à la basse et des textes en français sans finesse... En finira-t’on un jour avec ce putain d’alternatif franchouillard?! (www.myspace.com/lesmariesalope) / The Vermin viennent de Las Vegas et se font appeler le “Punk Rock Rat Pack”. Du punk rock à l’ancienne lignée Adolescents, Dead Kennedys avec des plans plus hard-core. Bien fait mais pas ma tasse de thé ! (www.myspace.com/thevermin) / Euroshima c’est le nouveau projet de Lisa (Darling Genocide), Yann (Sales Majesté) et Vérole (Cadavres). Un enième plan electro-punk bisexué sans réelle nouveauté, hormis des textes alarmistes,nihilistes, anti-consuméristes, apocalyptisteuhhhhh! (euroshimaaa.free.fr) / A Toulouse, the Shaking Heads préparent leur premier album How to entertain people in a paranoid city aux Studio de la Trappe. Grosse production en perspective pour leur mix garage/indy. (www.myspace.com/the shalingheads)

MAIS AUSSI...

    Deuxième album pour les texans Black Angels, Directions to see a Ghost. Triple album pour seulement 11 morceaux mais que voulez-vous que je vous dise, ils ont la Classe !. C’est visuellement très réussi, musicalement aussi mais pas franchement nouveau, entre psychédélisme mid-sixties et Spiritualized... QUOI ? Je viens de voir sur leur site qu’ils prévoient d’accompagner Roky Erickson ! Faut absolument que je vois ça ! (www.theblackangels.com)

    Cheap Time c’est le nouveau groupe de Jeffrey Novak, qui faisait précedemment l’enfer punk à lui tout seul. Là ils sont trois et c’est In The Red qui vient d’éditer leur premier album. garage-punk lo-budget (mais pas lofi, la prod’ est même plutôt très réussie) avec quelques plans proto-punk... C’est du tout bon ! (www.myspace.com/cheaptime)

    In The Red encore avec l’attendu album des portoricains Davila 666. Ils savent tout faire ! Les plans Velvet, les morceaux à la Humpers, des ballades comme Dylan, des envolées Stoogiennes... Et surtout des putains de mélodies qui restent ancrées dans le cortex. Oui c’est sûr, c’est  un des albums du trimestre. (www.davila666.com)

    Je vous recommande le Best of the Best des Messer Chups de St Petersbourg, car non seulement c’est un excellent groupe d’electro-surf délirante, mais en plus c’est la première fois qu’ils apparaissent en vinyle, après pas moins de  8 CD édités chez eux en Russie. (www.libo.ru/f5148.html)

    On en parlait en début de chroniques, le nouveau groupe de John Dwyer des Coachwhips s’appelle The Oh Sees. Avec leur nouvel album The Master’s Bedroom Is Worth Spending A Night In ils viennent de sortir un putain de disque. Un son incroyable, très organique avec notamment des décollages de reverb’ qui me laissent à chaque fois sur le cul et des influences allant du pur rock’n’roll, aux Pink Floyd de Syd Barrett (“Graveyard drug party”) jusqu’à des trucs plus barrés (mais pas trop quand même !). Indispensable ! (www.myspace.com/ohsees)

    Le nouvel album des australiens Eddy Current Suppression Ring, Primary Colors, sur Goner a été plébiscité par la plupart des fanzines underground de la planète. Je vous avoue que j’ai pas craqué sur le truc. Ambiance Swell Maps, Snivelling Shits mais sans la magie des anciens. Bof ! (www.escr.com.au)


Lo’Spider

THE YUM YUMS

    Shazam ! Voilà un album de Power Pop brillantissime comme on en voit passer un tous les cinq ans. C'est-à-dire chaque fois que les Yum Yums se décident à en pondre un p'tit nouveau... Whatever Rhymes With Baby est leur troisième attaque en quinze ans (ajoutez-y le 10" Funzone et la compil de raretés Singles 'n' Stuff), ce qui ne fait certes pas énorme mais s'explique sans doute par les fréquentes digressions extra-Yum Yums des membres du groupe norvégien.
    Le line up a bougé, Morten Henriksen (ex-Cosmic Dropouts et Vikings), le boss chanteur-guitariste, joue aussi avec les Tip Toppers (après Packed To The Rafters, premier album remarqué, ils ont repris de A à Z le Subterranean Jungle des Ramones et placé une excellente reprise de Radio Birdman sur le Vol 3 de la série Flattery). André Dahlmann (guitare, ex-Trashcan Darlings) et Otto Gamst (batterie, ex-Kwyet Kings) jouent tous les deux par ailleurs avec The Graves. Et pour compliquer un peu, sachez que deux Yum Yums (Morten et le bassiste Egil Stemkens) accompagnent Miss Vibeke Saugestad (ici à l'orgue et aux choeurs) sur son récent album solo paru chez Screaming Apple. Une solide histoire de potes quoi... Et on ne vous parle même pas des Twistaroos, le nouveau groupe de Morten, Vibeke et André, une sorte de version rythm'n'soul sixties des Yum Yums dont on est d'ailleurs plus que curieux d'entendre l'album qui s'annonce.
    Voilà pour les présentations, quant au menu, c'est une sorte de reconnaissance de dette envers tout ce que le rock compte de guitaristes qui râpent les tympans et de trousseurs de mélodies qui font mouche avec une précision diabolique. Citons en vrac les Ramones, Devil Dogs, Barracudas, Real Kids, Les Dogs, Boys, Paul Collins ou Ohio Express (la touche bubblegum) et vous voilà avec une petite idée du tableau. Chaque titre est garanti provoquer une addiction express et le tempo hot rod pop ne descend jamais au-dessous du seuil requis pour réellement mériter l'estampille "power" trop souvent accordée à tort et à travers. Notons que le groupe s'est attiré les faveurs d'une alliée inattendue puisque Tina "Boom Boom" Lucchesi (Trashwomen, Bobbyteens, etc...) fait les choeurs sur "Rock And Roll Tonight".
    Whatever Rhymes With Baby est paru en Espagne sur Wild Punk Rds (en CD) et en Allemagne chez Screaming Apple (LP).
(www.screaming-apple-records.de)

FEEL PRESENTS Rds

    Ce double CD (The Collection) retrace l'histoire d'un groupe australien, The Moffs,  qui a moins abimé les tympans que ses potes d'écurie (Citadel Rds) de la même période. Faut dire que les Moffs étaient nettement moins enclins à faire hurler les guitares tronçonneuses (80-88).
    Le premier des deux disques baigne dans une atmosphère psychédélique, un no man's land cotonneux quelque part entre un Syd Barett médiéval et Died Pretty sous downers : voix éthérées ou incantatoires, guitares entrelacées, nappes d'orgue aériennes et tempo globalement mou du genou. La recette tire parfois même vers le rock progressif. Le deuxième CD confirme l'impression poussive malgré quelques légères accélérations. Trop propre, trop retenu, ils ne se lâchent jamais. Dommage, ici on préfère notre psyché généreusement servi par des gangs de speed freaks sous acide.

FUZZTONES

    Le nouveau Fuzztones (Horny As Hell) est composé à 80% d'anciens morceaux. Ça commence mal... Pourtant, les nouveaux arrangement, les choeurs (quatre filles) et la section cuivre (embauchée il y a deux ans) rattrapent un peu le coup et on n'a pas trop l'impression d'être floué, c'est déjà ça. Et comme Rudi Protrudi n'a eu que l'embarras du choix pour dénicher de bons titres dans sa discographie (reprises incluses), on se retrouve avec une sorte de Best Of en forme de révision des 100 000, une mise à jour garage soul d'un répertoire familier et confortable.
    Du souffle violent de "Bad News Travels Fast" au garage psychédélique de "Black Lightning Light", du sublime "99th Floor" des Moving Sidewalks au "Girl, You Captivate Me" de Question Mark and The Mysterians, l'affaire tient plutôt bien la route (qui emprunte un tronçon de la "Highway 69"). Et il y a donc deux morceaux plus récents, des reprises : "Alexander" des Pretty Things (chanté ici par Wally Waller, bassiste des Pretty Things justement) et le "Garden Of My Mind" de Mickey Finn and The Blue Men (un morceau de 67, Jimmy Page tenait la seconde guitare sur l'original). Tous les deux sont excellemment repris et attisent les regrets... Seulement deux nouveaux...
    Signalons encore le lifting royal accordé à "Ward 81" où les cuivres s'en donnent à coeur joie sans trop en faire, le costar de fête genre "big band sous acide" taillé à "She's Wicked" et les chaudes ripailles orgue v/s cuivres sur le remuant "Third Times's The Charm". Petit bémol : il faut sur certains titres bien tendre l'oreille pour déceler les cuivres et apprécier les choeurs. Un comble quand on sait que Rudi en a fait le principal argument du disque.
    Mr Protrudi laisse entendre depuis quelques mois que cet album pourrait bien être le dernier des Fuzztones. Si c'est le cas, disons alors que l'adieu est réussi.
(www.fuzztones.net)

The Jetty Boys
 
    Là où les Leghounds reprenaient à leur compte la formule garage/punk des Devil Dogs en l'améliorant ("plus-vite-plus-fort !"), les Jetty Boys appliquent un traîtement identique ("plus-fort-plus-vite !") à la recette power/pop'n'roll qui illuminait une bonne partie des albums des mêmes Devil Dogs. Logique puisque les Jetty Boys, de Sheboygan dans le Wisconsin, ne sont autres que les Leghounds moins le batteur (remplacé par un autre énervé). Il n'en faut pas davantage pour obtenir un disque secouant et taillé dans le plus pur et le plus coupant des diamants. Une sorte de Youkounkoun du real rock'n'roll ! D'autant que le trio dérape vite en mode garage punk speedé, un petit jeu où ils confirment l'élégance turbulente et affûtée qui fit des Leghounds le plus crédible des rejetons enfantés par Steve, Andy et Mighty Joe. Ne tardez pas trop, y'a déjà eu deux pressages. Trois étoiles !
(www.rallyrecords.com)

LOVE BOAT

    V'là un trio italien (Cagliari) qui balance des missiles accrocheurs pop-trash-shimmy en mode légèrement lo-fi et débraillé, pas très éloigné des premiers pas de leurs compatriotes et amis The Mojomatics. Après un 45t sur Shake Your Ass Rds, Love Boat (feat. deux ex-Rippers) signe une douzaine de titres turbulents et marrants qui devraient faire remuer dans les garages. L'album (Imaginary Beatings Of Love sur Alien Snatch Rds) a été mis en boîte au Studio Outside Inside sous la houlette de Matteo Bordin (alias Mojomatt des... Mojomatics) et Emanuele Baratto des Movie Star Junkies. La configuration est peu commune (une gratte acoustique, un drum-kit minimal et une guitare tout ce qu'il y a d'électrique, les trois se partageant le micro) et le tempo donne dans l'overdrive permanent. On dirait BBQ croisant le fer avec un Mickey Hampshire rigolard sur un répertoire country et rhythm'n'blues mutant, le tout enluminé de mélodies garage-pop qui impactent l'oreille dès la première écoute. Un coup d'essai qui sent le coup de maître.
(www.aliensnatch.com)

BANG Rds

    Ce Bang ! Records là n'a rien à voir avec le label basque espagnol du même nom, il s'agit ici d'une équipe toulousaine (des membres de divers groupes de la ville) bien décidée à faire partager ses coups de coeur, dès fois que certains ne sauraient plus reconnaître un bon groupe quand ils marchent dessus...

    Après l'album des Garçons Sauvages il y a quelques mois, c'est au tour de Guttercat And The Milkmen de bénéficier du coup de projo. Ça démarre sur un titre très New York Dolls - Rolling Stones avec une touche garage sixties ("Waiting For An Angel"), ça se poursuit par des ballades épiques à la Nikki Sudden, des passages acoustiques ciselés, des déchirades de guitares en haute tension propulsées par un souffle sombre et brûlant à l'Australienne (Johnny Casino...), des envolées glam-rock à la T-Rex, des vocaux tirés à quatre épingles (Dogs...) et bien d'autres perversions trop nombreuses pour être toutes listées ici. On suppose que ce Pandora's Box va faire un carton chez les félés de glam-trash-pop classieux et immortel. Ce ne sera que justice tant il a déjà des allures de classique. Le groupe a partagé la scène avec une de ses influences majeures, Dave "Jacobite" Kusworth, il y a quelques jours à Santander.

    Les Zodiacs ont gravé au silex quatre titres explosifs qui condensent en moins de dix minutes ce que les fifties ont pû produire de tarés magnifiques prêts à faire les pitres géniaux pour une bouteille de gnôle. Un régal. Les fans des Novas, du Phantom et d'Hasil Adkins n'en reviendront pas et ceux des Cramps et Link Wray y retrouveront l'Esprit et les Racines de la bad music for bad people. Le chanteur, servi par un groupe compétent, est un sacré phénomène, totalement démoniaque, hurlant en vrai possédé invoquant les mânes du Rock'n'Roll qui n'en demandaient pas temps. C'est marrant, sauvage et en vinyle.

    Dau Al Set fut un groupe toulousain du milieu des 80's. Pas étonnant alors d'y retrouver les influences qui imprégnaient encore le rock français de l'époque : punk (Buzzcocks), post-punk (PIL, Devo), new wave (early Cure) ou reggae. Certains titres étaient chantés en français. Les inspirations furent bien digérées et Dau Al Set en conçut un cocktail malin qui pervertit la Ville Rose pendant quelques années (83-87 à la louche). Bang ! Records a compilé un Cd rétrospectif (Saving Steel From Rust - 23 titres, pas mal d'inédits) et sort même un 45t avec LE hit du groupe, "Autonomy". Beau travail et pointe de nostalgie.
(www.myspace.com/frenchbangrecords)

    LITTLE SEARCHERS
   
    On craque sur ces orfèvres nantais à chaque fois qu'ils chantent en anglais, c'est-à-dire de moins en moins souvent... Fatalitas ! Heureusement, avec ces deux covers millésimées, les Little Searchers nous consentent un p'tit plaisir de début d'année présenté sous une pochette cartonnée avec gros trou central, genre 45t de jukebox. Le disque est sorti sur le propre label du groupe, Insect Eyes Rds. Ils exhument et parfument à la sauce garage délicatement charnue un incunable de T. Rex de 1970 ("Is It Love ?") et une pépite des early Zombies  ("I Can't Make Up My Mind"). Achetez-le single et signez la pétition "on veut un single garage en anglais tous les ans !".
(www.littlesearchers.com)

THE KNEEJERK REACTIONS

    Ces mecs-là sont de vrais experts forts de CV long comme mon bras, visez un peu : Sir Bald (alias Bald Diddley ou Hipbone Slim, ex-boss d'Alopecia Rds), Bruce Brand (Milkshakes, Headcoats, Masonics...), Nasser Bouzida (Big Boss Man, The Bongolian) et Gez Gerrard (lui on ne connait pas trop ses états de service, mais c'est un sacré bassiste doublé d'un harmoniciste fou). L'album est produit par Ed Deegan (Toe Rag Studio, ex-Bristols, Sexton Ming...). Si un line-up brillant ne garantit pas toujours un album du même tonneau, ici pas de doutes, on est chez des fourbisseurs de hits, des polisseurs de perles, des peaufineurs de british beat millésimé ! Des Pretty Things aux Headcoats, de la Downliner Sect aux Wildebeests, du Diddley Beat au Medway Beat, les Kneejerk Reactions condensent le meilleur du garage british et enfilent les hits comme à la parade, "Throw A Stone, Hide Your Hand" est devenu un pilier du Dig It ! Radio Show ces derniers temps. La batterie de Bruce Brand emplit le moindre recoin. Pas de quartier. Ce gars-là doit être un cousin de Shiva. Sir Bald chante et griffe ses cordes en vieux routier perfectionniste et l'orgue répond discrètement aux subtiles trouées d'harmonica. Le disque (The Electrifying Sounds Of) est sorti en vynile et CD chez Screaming Apple Rds.
(www.screaming-apple-records.de)

THE ASTOUNDING FREAK PARTY
Dance With The Werewolf


    Excellente compil garage/punk internationale éditée par le p'tit label nantais Rigolboch' Rds. Apparemment que de l'inédit : Hipshakes, Haunted George, King Diablo, Chewbacca All Stars (reprenant les Beach Bitches), The Satelliters, The Attention !, The Guilty Hearts, The Branded, The Wildebeests, The Heretics, Lumberjack, etc... Le CD est vendu dans une boîte ronde métallique et le livret est joliment soigné (line-up de chaque groupe, paroles des chansons, etc...). Le label annonce d'autres compils du même genre et quelques 45t pour faire bonne mesure.
(www.myspace.com/rigolbochricordz)

CECILIA UND DIE SAUERKRAUTS

    En attendant le prochain album d'Opération S, Cécilia s'amuse et, comme au temps des Ennuis, se prend pour Jacqueline Taïeb, Stella et Charlotte Leslie réunies. Le charme frivole opère facilement grâce au choix des reprises minutieusement adaptées en français. Le "Know Your Product" des Saints devient "J'achète des Produits", un hit sixties avec orgue et fuzz au taquet, le "Midnight To Six" des Pretty Things est relifté " en "Minuit à l'Aube" et il ne vous échappera pas que "Tous Ces Garçons" et le "All Kinds Girls" des Real Kids n'ont de différence que le point de vue de l'interprète. Il y en a d'autres comme ça (Nino Ferrer, Misfits, etc...), plus quelques originaux bien mis qui complètent le tableau. Outre Cécilia, le groupe, impeccable avec orgue et fuzz bille en tête, se compose de Fred (Terribles), Russel Quan (Mummies, Flakes, etc...), Fredovitch (King Khan) et Ryan des Epoxies. L'album est paru chez Soundflat Rds (LP/CD).
(www.soundflat.de)

MAGS & ZINES

OX Fanzine #81 : Avec une magnifique photo de International Noise Conspiracy en couverture (costar mauve, chapeau blanc et barbe fleurie !), ce nouveau numéro du luxueux mag allemand accroche l'oeil. Le sommaire est comme à chaque fois très (trop ?) éclectique, mais vu le nombre de pages (132), il est toujours possible d'y trouver quelques articles et interviews (en allemand hein...) informatives : INC donc, mais également le Reverend Beat-Man, le Mardi Gras BB, X-Ray Spex, Sloppy Seconds, etc... et des dizaines de pages de chroniques. Plus l'indispensable rubrique (en anglais, c'est la seule) de Lindsay NBT Hutton. Le tout est accompagné d'un CD de 25 titres extraits de sorties récentes (Batlord, Zombina & The Skeletones, Carburetors, Troublekid, Francine, etc...).
(www.ox-fanzine.de)

Rock Hardi #37 : Ils sont increvables (à Michelin City c'est bien le minimum). Un 'zine nécessaire, complet, touffu et de bon goût. Au sommaire, des interviews des Hives (pas facile de les coincer backstage apparemment), des Gorgons, Sonic Assassins, Primevals, Red Eye Ball, Dum Dum Boys (deux nouveaux singles sous le bras), Larcenet (le génial bédéïste), les filles des Micragirls et deux autres groupes finlandais, un coup de projo sur trois groupes de La Rochelle (Pneumonias, Wild Zeros, Flying Over), des tonnes de chroniques (bouquins, disques), etc... Et comme chez Ox (mais en mieux), Rock Hardi joint à chaque numéro un CD avec des extraits de sorties récentes et quelques inédits. Cette fois : Dum Dum Boys,  Wild Zeros, Primevals, Gorgons, Sonic Assassins, Patsy Walkers, etc... (64 pages - A5 - 7€ + port).
(www.rockhardi.com)

Pigeon Electrique (#7) : Tiens, un autre fanzine de la région clermontoise... En format 20X20, ce 'zine élégant et pointu traite cette fois (après un spécial Detroit dans le #5) du rock anglais ("...a-t-il la gueule de bois ?") sur 20 pages qui font un un solide dossier : Graham Day, Arctic Monkeys, Morrissey, Control (le film), Terry Reid, etc... mais sort parfois du champ pour s'attaquer aux Sailors, Briefs, Sonny Vincent, Heavy Trash et rendre compte de quelques concerts (Fuzztones, Mustang). 44 pages - 4€.
(www.myspace.com/pigeonelectrique)

POUR  L'AMOUR  D'IVY

    Autant vous prévenir tout de suite : quand vous aurez ce bouquin en mains, vous serez probablement déjà foutus. Les démons qui hantent l'arrière-cour du Rock'n'Roll ne vous lâcheront pas d'ici le point final. Tout en élégance punky et pointilleuse érudition, Alain Feydri, après s'être brillamment attaqué aux très british Kinks, retrace avec humour le parcours de deux icônes trash US qui firent découvrir les Sonics, Link Wray et les Trashmen à plusieurs générations d'accros au beat toxique.
   
    Début des années 60 : La jeune Kristy, future Poison Ivy, explose ses poupées Barbie à coup de pétards sans attendre l'âge légal pour virer bad girl tandis qu'Erik Lee, pas encore Interiorisé, dévore les films avec Boris Karloff et Bela Lugosi dans sa banlieue d'Akron entre deux radio shows épileptiques du Mad Daddy. Logiquement, quand ces deux-là se rencontreront, le Rock'n'Roll ne sera plus jamais tout-à-fait le même.
   
    En 300 pages colorées de green fuzz et bourrées d'anecdotes de première main (Miriam Linna, protagoniste de l'aventure dès les origines, a participé au bouquin), "Pour L'Amour D'Ivy" traque la substantifique moelle d'un univers unique dans l'histoire du R'n'R, un territoire vénéneux où Man Ray et Duchamp cohabitent avec Alex Chilton et Link Wray sans plus de manières.
   
    Des livres sur les Cramps, on en a vu passer quelques-uns, sous toutes les formes et dans toutes les langues, "Pour L'Amour D'Ivy" s'avère de loin le plus abouti et le mieux documenté. Et la couv' (par Jack Leroy l'Hydropathe) est magnifique. Sortie officielle en Mars.
Julie Production : 4 Rue De l'Imprimerie,
34070 Montpellier
(http://julieprod.chez-alice.fr)

THE FLESHTONES

    Pour une fois qu'un album de Noël sort à l'heure, on ne va pas le bouder hein... Les New  Yorkais s'amusent sur un thème immortel en se prenant successivement pour Nathaniel Mayer ("Mr. Santa Claus", écrit par Devora Brown, la patronne de Fortune Rds, pour Nat) ou AC/DC (via une désopilante reprise du Charles Trénet australien Rolf Harris) et tout ce qu'on trouve entre les deux ! Ross The Boss est passé filé un coup de gratte déguisé en Angus Young, Steve Greenfield (un ex-Fleshtones aujourd'hui chez les Lost Crusaders) est au saxo fêtard et Ivan Julian s'est assis à l'orgue pour un titre. Inutile de vous faire l'article je suppose, les fans ont déjà usé l'objet (Yep Rock Rds) et les réfractaires ne perdront même plus de temps à s'en moquer. Quant aux 'Tones, ils s'en foutent, plus rien à prouver... Juste s'éclater sur toutes les scènes du monde... Tiens d'ailleurs, ils étaient encore en tournée européenne en janvier, et comme à chaque fois, le public est reparti le coeur joyeux, des étoiles plein la tête et les yeux comme des soucoupes volantes. Super Rock comme ils disent...
(www.yeproc.com)

EN VRAC
Mais pas n'importe comment

Fuzzy Seven (CD -No Rest) : Duo rouennais fille (voix, synthés) et garçon (guit, basse, drumbox, synthés). On pense à Kas Product et aux Dirteez, la chanteuse a une VRAIE voix et s'en sert bien, caressante ou inquiétante selon l'ambiance des morceaux. Du post-garage ? Il y eut bien le post-punk après tout... On préfère quand même les titres où les grattes (de filiation Cramps/Gun Club) prennent le dessus sur les machines. Ça tombe bien puisque Fuzzy Seven à décidé de dorénavant laisser tomber les synthés et de forcer sur les guitares. Les prochains concerts s'annoncent teigneux.
(www.myspace.com/fuzzyseven)

Gil Rose & Les Hydropathes (CD - La Surprise du Chef) : De la poésie subversive et rock'n'roll, improbable rencontre entre un Dutronc des garages et le fantôme acoustique  de Johnny Thunders. Les riffs  sont sculptés tout en douceur et l'harmonica réchauffe le coeur. Ces Hydropathes-là sont définitivement ailleurs et s'y sentent bien, même si pointent parfois la désillusion et le sarcasme salvateur ("Il faut liquider le président").
(http://gil.rose.hydropathes.free.fr)

Jungle Fever (CD - S/t) : Du psycho rigolo en français dont les meilleurs titres rappellent les Wampas du premier Ep. Et un hommage surprenant en fin d'album, le morceau "Syd Barett" ! Du psycho lysergique !?! Devil !
(www.novaexpressrecords.com)

Lazybones (CD - En Attendant l'Heure) : Punk rock majoritairement chanté en français avec guitares qui tabassent et chanteur qui fait grimper le mercure. Ils rappellent un peu les Italiens Peawees pour les meilleurs momentsmais n'évitent pas toujours les clichés "punks à roulettes" quand ils chantent en français. Pour fans de Rancid et Mike Ness.
(www.turborock.com)

Long Time To Lay A Track (CD - Mayday) : Ils existent depuis 2003, viennent de Normandie (l'Orne) et ce Mayday est leur deuxième album. La voix impeccablement survoltée et le rythme méchamment soutenu attirent l'oreille d'entrée. L'impression suivante, c'est l'impossibilité de les ranger dans une case très précise vu la liste des influences qui se bousculent au portillon : Rhythm'n'blues génétiquement modifié par une injection de "new rock" (des Hives à Tokyo Sex Destruction), punk, garage groove, power pop, big band de jive avec cuivres... C'en est presque trop, surtout qu'ils sont du genre à avoir trente idées/ minute et à tester leurs trouvailles à chaque détour de refrain. Avantage : pas le temps de s'ennuyer, il se passe toujours un truc. Inconvénient : on risque de vite s'y perdre. Parade : découper en tranches. Chapeau pour le boulot et le son en tout cas.
(www.longtimetolayatrack.com)

The Movements (7"- autoprod) : Entre deux albums magnifiquement produits par Björn Olsson de TSOOL (le prochain, The World, The Flesh & The Devil, doit tomber en mars) et parus chez Alleycat Rds, les Suédois ont décidé de goûter aux plaisirs du Do It Yourself. "The Battle Of Being In Love" est le premier d'une série annoncée de singles autoproduits (y'a même pas de nom de label sur le 45t, ils s'en tapent visiblement). Et le groupe a poussé la logique jusqu'au bout puisqu'ils viennent de terminer la construction de leur propre studio d'enregistrement. Analogique bien sûr. Et ce single en est la première réalisation. Du coup, l'accent est mis sur la facette la plus cryptique du groupe, avec duels orgue-guitares à foison et refrains freakbeat tournoyant au-dessus d'une sauvage mêlée garage sixties. Imaginez un combat entre le "By My Side" des Elois et le "Night Of The Sadist" de Larry & The Blue Notes et vous y êtes presque...
(www.themovements.com)

Mystic Ryders (666 Feet Under) : De la country sépulcrale, entre Johnny Cash et La Nuit Des Morts Vivants version spaghetti, par un trio (Lucas Trouble et deux Buckaroos) qui nage avec délices dans un marécage western dont l'existence n'est plus guère mentionnée que dans quelques grimoires à la couverture craquelée. Avertissement : une écoute intensive de cet album (666 Feet Under) sera inévitablement sanctionnée d'un séjour à l'Unité de Soins Psychiatriques la plus proche.
(www.novaexpressrecords.com)

Nitwits (CD - Le Marécage de La Mélancolie) : Marécage encore donc, avec un disque "à climats", plutôt sombre, violent et orienté indie-rock / noisy-grunge (des Pixies aux Melvins). Ils auraient sûrement été signés chez SubPop il y a vingt ans. Pas toujours notre tasse de thé, mais force est de leur reconnaître une puissance de feu et une détermination peu commune à faire trembler les murs. Ceux de la Machine A Coudre (Marseille) s'en souviennent encore il paraît...

Super Sexy Boy 1986 (CD- Royal Peacocks) : Du garage/punk foisonnant par un gang  italien qui ne lésine pas sur les riffs mahousses et les solos tueurs à peine tempérés par quelques nappes d'orgue. Leur champ d'action est balisée par le Detroit Sound moderne et le plus sauvage du garage 60's. L'effet est immédiat, le Dig It ! staff grimpe aux rideaux en ne s'embarrassant pas de considérations superflues sur une éventuelle notion de dignité. Royal Peacocks est ce genre de disque-là. Touffu et violemment électrisant. Le groupe existe depuis six ans et c'est son deuxième album. Il a été enregistré au désormais incontournable studio Outside Inside. Le label US Zodiac Killer Rds en a sorti une édition américaine avec des bonus tracks différentes de la version italienne (sur Tornado Ride Rds). Super Sexy Boy 1986 apparaîtra aussi bientôt sur un "Tribute To The Stooges", toujours chez Tornado Ride.
(tornadoriderecords@hotmail.it)

The Things (CD - Some Kind Of Kick) : Après des débuts (plusieurs singles et EP's) sous influences garage/punk sixties avec orgue et screamer fou, ce groupe irlandais surprend et élargit le champ en taquinant habilement les ombres des Cramps, Heavy Trash, Gun Club (ils reprennent "Sex Beat" en concert) et autres génies déjantés avec de l'âme à revendre par cageots entiers. L'orgue est toujours là, l'inspiration sixties aussi, le chanteur a renforcé la gamme de hurlements maboules et le cocktail se révèle dorénavant original, consistant et puissamment goûtu. Une des bonnes surprises de ce début d'année.
(www.nicotinerecords.eu)

Troublekid (LP/CD- Identity Crisis) : On dirait Betty Blowtorch sans les clichés hard rock, la voix de la chanteuse Susi Keil y est pour beaucoup. C'est globalement punk avec poignée dans le coin, son impeccable et touche "new rock" légèrement enfoncée. Du puissant et de l'efficace dans le genre cloue-au-mur mais jamais bourrin. Troublekid est un jeune trio allemand (deux filles, un garçon) et Identity Crisis est leur premier album. Les amateurs de power pop à gros son/grosse guitare pourront aussi y trouver leur compte.
(www.wandarecords.de)

Vibromaniacs (CD - Welcome To The Freaks House) : Un album de Garage 60's Punk où l'orgue et la fuzz se disputent les commandes. La palette du chanteur et plutôt large, de l'incation démoniaque aux hurlements cavernicoles, mais c'est en mode sauvagement et pûrement 60's Punk qu'il tient son meilleur rôle comme sur "Gloria's Nightmare", un beau moment à la early Makers. De belles trouées de wah-wah déchirent l'album et ils reprennent le "Searching" des Omens en prime.
(www.novaexpressrecords.com)

    Ils n'ont pas besoin de nous pour chanter leurs louanges, alors juste en passant, signalons que le dernier album des Wampas (Les Wampas Sont La Preuve que Dieu Existe) est très réussi, c'est même leur meilleur depuis longtemps, peut-être même depuis toujours. Le groupe a réussi à condenser tous ses points forts en un seul disque et le producteur des Hives a fait le reste...

    Shit, Voodoo Rhythm Rds va peut-être se voir contraint de fermer boutique parce que la Sacem locale (Suisa) lui fait des misères. La dette s'élève à 42500 Francs Suisses. On imagine mal voir disparaître du jour au lendemain un tel pourvoyeur régulier de petites merveilles. Des concerts de soutien sont organisés au pied levé à travers l'Europe pour lever des fonds et sauver les meubles, des appels au dons sont lancés, les messages de soutien affluent et les petits chèques commencent à tomber... Et on apprend en dernière minute que Suisa consent à accorder un délai supplémentaire (à l'origine, la date limite pour le paiement de la dette prétendue était fixée au 25 Février)... Suivez l'affaire sur :
(www.voodoorhythm.com)

    Voilà, c'est tout pour cette fois, on se retrouve bientôt, d'ici-là vous pouvez écouter la bande son de cette rubrique, c'est le Mighty Dig It ! Radio Show sur Canal Sud à Toulouse et sur le Web tous les jeudis à 21h30. Passez par notre site et cliquez sur un des liens vers l'émission, c'en est truffé :
 
(www.chez.com/digitfanzine)

Gildas Cospérec


digitfanzine@gmail.com  
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