CHRONIQUES
DIG IT # 26

 
GROOVIE GHOULIES
Go! Stories
Stardumb Rds

 Quand ils ne sont pas en tournée, les Ghoulies sont en studio. De vrais stakhanovistes du rock. Entre deux nouveaux périples ils sont revenus chez Mass Giorgini pour y enregistrer leur septième album, Go! Stories, une merveille que Stardumb vient de livrer dans la foulée du mini-album Freaks On Parade. Leur vie sur la route épuise les batteurs apparemment. Après le sémillant Matt, voici Scampi, 20 ans, mignonne comme un coeur mais redoutable cogneuse. Leurs morceaux sont aussi stylisés, épurés, vifs et efficaces qu’une mandale de Bruce Lee. Un son de guitare redoutable, des mélodies parfois niaises mais toujours irrésistibles, une pêche roborative, un format court et des paroles marrantes, ça paraît simple mais il y en a peu qui leur arrive aux chevilles. Pop punk peut-être, Rock’n’Roll pour sûr ! Les fans retrouveront une nouvelle version de “Groovie Family” et “I’m Doin’ Fine” paru à l’origine sur cette compil qui rassemblait une centaine de morceaux de trente secondes maximum. Pour éviter des bafouillages embarrassants, on vous livre le refrain du tube de l’été, “Chupacabras”, une reprise des Super Furry Animals (rien à voir donc avec le morceau presque homonyme de leur dernier album). Tous en choeur : “Soy super bien, soy super super bien, soy bien, bien, super bien, bien, bien, super, super”. C’est idiot mais ça fait du bien.
Groovie Ghoulies, PO Box 2847, Sacramento, Ca. 95812, USA -- www.groovie-ghoulies.com
Stardumb, PO Box 21145, 3001 AC Rotterdam, Pays-Bas -- www.stardumbrecords.com
 
 

THE ROYAL BEAT CONSPIRACY
Dig It!
Bad Afro

Tout juste tombé en plein bouclage de ce numéro, le deuxième album des Royal Beat Conspiracy opte délibérément pour une mise en valeur de la facette Soul Music de ces Suédois de Gothenborg. Du coup, ce Dig It ! semble d'emblée un peu moins éclectique que son prédécesseur Gala Galore. Sauf que quand ces gars-là s'attaquent à un genre, ils en capturent la substantifique moelle et y injectent quelques éléments bien à eux (en l'occurence, l'ajout massif d'orgue et une psychedelic touch assez amusante). Alors question éclectisme, on est finalement servi. Le morceau choisi pour sortir en single ("Good All Over") fait songer à une acid party organisée chez Sly Stone pour l'anniversaire du premier clavier de Booker T avec Tom Jones en invité d'honneur. Sans doute un futur hit flamboyant sur les radios scandinaves, comme "Disco Boy" le fut en 2000. Pour le reste, vous verrez comment on peut finement recycler le riff de "Summertime Blues", trousser des ballades hantées qui collent aux os ou enflammer de vieilles mêches garage 60's qui se transforment en brûlots swinging rock. Signalons quand même à tous ceux chez qui un accord d'orgue provoque une poussée d'anti-cléricalisme virulent (la messe du dimanche...) qu'ils peuvent passer leur chemin. Le groupe sera en tournée en Décembre, il doit y avoir une ou deux étapes françaises. (CD/LP sur Bad Afro )
 
 

NEW CHRISTS
We Got This !
Laughing Outlaw

Le nouvel album (We Got This ! CD ou double LP) des New Christs est... comment dire ? Très beau... Vraiment. Ensorcelant, prenant, séduisant... Bref, réussi. Mais c'est aussi le genre de disque qui se mérite : pas d'attaques frontales d'entrée, pas de hooks ou autres effets accrocheurs, rien qui force l'attention immédiate, juste un autre de ces bons albums qui distillent leurs charmes petit à petit. Et des charmes, il en a quelques-uns, de l'impeccable voix de Rob Younger aux envolées de choeurs ou  aux caresses ponctuelles de violons. Tout est dans l'ambiance et les climats, mélancoliques ou apaisés, illuminés par la guitare d'Al Creed et balisés par la basse du Havrais Christian Houllemare (Happy Hate Me Nots, Someloves, etc....). Parmi leurs compatriotes, je ne vois guère que Died Pretty (RIP) pour soutenir la comparaison sur ce terrain-là.
Laughing Outlaw Rds : 36 Phillip Street,
Chester CH2 3BY, Angleterre.
www.laughingoutlaw.com.au
 
 

THE FEVERS
Gaan Daar Waar de Meisjeis Zijn
 Alien Snatch

Les Fevers tirent une ligne directe entre Big Star (dont ils reprennent le "Girl After Girl") et les Real Kids (ils en ont la mélodique énergie). Chaque morceau sonne comme un classique, et ce n'est pas juste une façon de parler. A tel point qu'on se demande s'il n'est pas uniquement composé de reprises (aucun crédit sous les titres). Vérifications faites, on n'en trouve que deux, "Girl After Girl" donc, et le "All Or Nothing" des Small Faces. Le guitariste du trio, Brian Hermosillo, n'en est pas à son coup d'essai, il joue dans The Sweet Faces, c'est aussi lui qui tenait la guitare, la basse et les manettes de producteur sur le single de Donny Denim chez Radio X Rds et il est également impliqué dans l'aventure Tina & The Total Babes. Quand au batteur, Travis Ramin, il est habituellement guitar-hero chez les Short Fuses et sévit parfois en one-man band sous le pseudo de Smack Ramin (lui aussi est impliqué chez les Total Babes). Le chanteur/bassiste s'appelle Gavin May, et même s'il n'a pas (à notre connaissance) un cv aussi fourni que ses deux comparses, ses attaques mélodiques et la perfection du timbre font de lui l'argument le plus redoutable des Fevers pour une éventuelle invasion des charts indépendants (les colleges-radios US devraient être preneuses). En attendant, ce LP fera bonne figure sur vos platines. A propos des Short Fuses de Travis,  sachez que leur chanteuse Georgia fait ici de brèves et discrètes apparitions aux choeurs. Bien, il me reste à vous donner le titre de l'album, ce n'est pas le plus facile : Gaan Daar Waar de Meisjeis Zijn (c'est du hollandais et ça veut dire quelque chose comme ...Vont Où Sont Les Filles). Classez ça au rayon "power-pop rock'n'roll", catégorie hit-makers.
Alien Snatch Rds, Mörikeweg 1, 74199 Untegruppenbach, Allemagne -- www.aliensnatch.de
 
 

LIVE FROM THE MASQUE
Dionysus Rds

 Le Masque était un des clubs de L.A qui ont aidé à fédérer la frétillante scène punk locale de la fin des seventies. La boîte eut rapidement des démêlés avec les autorités et fut obligée de fermer après quelques mois de concerts épiques. Cet album paru sur Dionysus rassemble des titres enregistrés lors du concert de soutien qui eut lieu les 24 et 25 février 1978 (non pas au Masque d’ailleurs mais dans une salle bien plus grande de la ville). Le son est parfois limite mais ça n’enlève rien à l’énergie décoiffante des futurs gangs cultes : The Dickies, The Bags, F-Word (et leur “Hillside Strangler” différent des morceaux du même titre des Hollywood Squares et des Child Molesters - le tueur de l’été 77 a frappé les esprits à L.A), The Weirdos, The Germs ou The Zeros. Pas mal aussi le neurotique “Go Go Bee” de The Eyes, les filles de The Alleycats ou l’ultra-teigneux “Let’s Get Rid Of L.A.” de The Randoms. Une autre belle virée dans l’histoire du punk ricain.
Dionysus Records, P.O. Box 1975, Burbank CA 91507, USA -- www.dionysusrecords.com
 
 

THE SONG RAMONES THE SAME
White Jazz

 Des cinq ou six compilations hommages aux Ramones déjà sur le marché, on se souvient surtout de l’excellent double Gabba Gabba Hey de 1991. Le tribut de White Jazz se hisse au même niveau. Dix-neuf groupes, pour une bonne partie scandinaves, et peu de déchets. Parmi les grands moments, les Sahara Hotnights (“Rockaway Beach”), Cool Millions (“The KKK Took My Baby Away” et son petit riff d’orgue ironique), les Nomads accompagnés des Kissettes (“I Remember You”), Per Gessle (une version à pleurer de “I Wanna Be Your Boyfriend”), les Dictators (qui reprennent “I Just Wanna Have Something To Do” en y intercalant de temps en temps le riff très proche de leur propre morceau “The Next Big Thing”), Sator (“Mental Hell”), Wilmer X (“I Can’t Make It On Time”), et surtout la version magnifiée d’un titre un peu oublié de Subterranean Jungle, “What’DYa Do ?” par les Hellacopters. Parmi les surprises, le retour de D.A.D. le gang danois qui faisait du hard rock à la Gun’s And Roses à la fin des années 80. Ils revisitent “Havana Affair” avec un panache et un son ébouriffants. Même les Backyard Babies sortent une version correcte de “Pet Semetary”, leur meilleur enregistrement depuis belle lurette. Comme quoi, quand les morceaux sont bons... Un nouveau tribut intitulé We’re A Happy Family est en préparation, avec Johnny Ramone et Rob Zombie aux commandes. Motorhead, Red Hot Chili Peppers, Marilyn Manson, Offsprings, Green Day sont de la partie. Peu de chances que ce soit aussi chouette.
www.mnw.com -- www.officialramones.com
 
 

NEUROTIC SWINGERS
What's Your Definition Of Underground ?
Lollipop/ Myrmecoleo/Sharck Attack

Le super-groupe de "pastaga punk" marseillais a plus d'un point commun avec ses (presque) voisins italiens Peawees. Mi-garage/mi-punk, le gang de l'Estaque, comme celui de La Spezia, braconne sur des territoires énergiquement balisées par les Devil Dogs, les punk anglais 70's ou Social Distortion (voix chaude et presque rauque, à la Mike Ness). Simple, efficace et avec juste ce qu'il faut de mélodies aisément mémorisables, de solos équarisseurs et de caisse claire mitraillette, le punk-rock (quoi d'autre ?) des Neurotic Swingers doit s'avèrer fichtrement redoutable sur scène. Rappelons aux éventuels distraits que le groupe est composé de membres des Gasolheads, Sugarfix, Dollybird et du boss de Lollipop Rds. Les huit titres ce ce What's Your Definition Of Underground ? (fruits d'une collaboration Lollipop/ Myrmecoleo/Sharck Attack) sortent en CD et 10". Et comme Myrmecoleo est un label japonais, on souhaite à nos Marseillais d'aller bientôt faire swinguer les friponnes niponnes. (Lollipop : 7 Impasse Monségur, 13016 Marseille.)

 

 

 



 
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