CHRONIQUES
DIG IT # 33

THE PAYBACKS
     Après un fort honnête Knock Loud, les Paybacks de Detroit reviennent plus remontés que jamais avec un nouvel album, Harder And Harder. Et "durs", c’est vrai qu’ils le sont, et de plus en plus. Ce second effort fait presque figure d’hommage à AC/DC si on en juge par les solos furieux du nouveau guitariste Danny Methric (il remplace Marco Delicato, l’ancien Rocket 455 qui co-signe quand même deux morceaux) et la frappe minimale mais réellement mammouthes-que du sieur La Tulipe (bien loin ici de ses Hentchmen !). Quant à leur "Me", une sorte de relecture de "Let There Be Rock", et je ne vous parle même pas (enfin si, un peu quand même) du furieusement boogie "Jumpy", introduit par une pédal-steel maniée façon virtuoso. Classic Rock ! Et dans le meilleur sens du terme... Les mélodies pop (la frange Cheap Trick & co, du solide) sont au rendez-vous ("Today and Everyday") et l'inévitable cover -de bon goût- aussi (le "Celebrate Summer" de T-Rex). Le tout est craché avec un son plus proche d'un groupe garage que de l'oeuvre d'Aerosmith. Et puis quelle sincérité, quelle conviction dans le chant ultra-barbelé de miss Wendy Case... Ne vous avisez pas de raconter à la dame que le Rock & Roll est mort, il vous en cuirait sans doute... Entre le dernier Texas Terri et le prochain Nashville Pussy, voilà un album qui vous fera patienter.
Get Hip Rds : Po. Box 666, Cannonsburg. PA 15317. USA (www.gethip.com)
 
THE STILETTOS
    Sous l'impulsion de Stardumb Rds, la Hollande se fait une place de plus en plus importante sur la scène rock'n'roll planétaire. Nos clients d'aujourd'hui, les Stilettos, pratiquent un garage punk'n'roll brutal et sans bassiste. Dommage d'ailleurs, parce qu'à mon goût leur son manque d'impact sans ces grosses vibrations, vous savez, boom boom... Comprenez moi, j’admets que le style des Oblivians ou des Gories soit parfaitement adapté à l'absence des fameuses quatre cordes, mais pour ces deux exemples on a affaire à du garage rock'n'roll avec une touche de groove (non ?), et souvent une des guitares a un son plus grave, ça compense... Enfin bon, on se fout des fiches techniques, ça manque de basse, un point c'est tout ! Ceci posé, ce Making History By Repeating It n'est pas un mauvais disque (foutez les basses à 5, ça changera tout), et un morceau comme "Nothing To Show For", avec son riff à la Mistreaters, pourrait même devenir un hit dans votre immeuble (tout comme l’excellent et poppy "What to do With My Time" ou le stupide "Grandmother is a Total Stranger Since She Caught Her Nose in the Record Changer"... rien que ça !). Et dans le genre on fait les cons et on maltraîte les anciens, signalons une reprise plein pot de la vieille scie de Peter Frampton, "I Want You". Sans la talking guitar tout de même...
Stardumb Rds : Po. Box 21145, 3001 AC Rotterdam, Hollande.  (www.stardumbrecords.com)

HIDDEN CHARMS
    Ce furieux combo allemand débarque avec un premier single plein de foutre et de flammes (sic !). Du lo-fi garage-punk de première bourre, tout dans le rouge, un peu dans le même esprit que nos mortels Fatals. Ils déboulent avec un "Right Now" survitaminé et boosté par un orgue de bon goût puis enchaînent sur le tube du 45t, "Two Ain’t a Couple", un mid tempo imparable à la Supercharger. Et rassurez vous, les quatre autres titres c’est pas du pâté non plus. Y’a qu’à écouter "Don’t Hide Your Charms" ou leur cover de "Roadrunner" pour comprendre que le groupe a encore beaucoup à nous dévoiler.
Kleingeld, Junger-Willemin-Stiege 1, 48143 Münster, Allemagne (www.kleingeld.net)

NASTY PRODUCT
    "Perpignan 's not dead !". Et on vous le fait remarquer depuis quelque temps. Cette fois ce sont leurs potes de Toulouse (Nasty Product Rds) qui remettent ces fadas à l’honneur.
 Tout d’abord avec le deuxième 45t des Mighty GoGo Players, If You Wanna Play. Entre garage 60’s avec orgue et héritage des locaux Beach Bitches. On regrettera peut-être le son un peu touffu, mais tel que je connais le Piero, l’a fait exprès l’animal... Crédiou !

 Et puis, excellente découverte, le Sonic Chicken 4, drivé par Nico, ex-première lame chez les Bitch B. Quatre morceaux originaux et inspirés qui donnent un aperçu de l’étendue de l’univers du goupe. Garage virant sur le psyché pour "(I Had) Too Much To Drink (Last Night)" ; country enjouée un peu à la DM Bob sur "Right Side of Women" ; bizarrerie "punk meet Suicide" pour "Love by the Riverside" et ballade oblivianesque, entrecoupée de choeurs débiles à la D. Johnston sur "Sweet Little Thing". Un de mes disques du trimestre. Et si vous avez l’occasion de voir le groupe sur scène, ne vous en privez pas... Surtout pour leur batteur iconoclaste armé de ses baguettes à boules !

 Le premier single du Kung Fu Escalator, vient de tomber. Emanation bruyante des Fatals, puisqu’on y retrouve Flat (batterie) et Marco (guit) accompagnés pour l’occasion par un chanteur-guitariste habité, Eric, qui avait jadis sévit dans le trio polymorphe, the Rippers (ceux de Perp’... Les premiers ! cf. #14). L’ambiance est tendue et noire, quasi dépressive sans pour autant être déprimante. Les guitares ferraillent, toutes fuzz dehors, sur un beat minimal et métro-nomique. On pense à Blacktop, aux Oblivians... Peut-être aux Country Teasers aussi... Enfin tout ça passé au mixer GoGo Man, le spécialiste des Produits Méchants !
(nasty.prod@wanadoo.fr)

THE ULCERS
    Après un premier 45t sur Oddball Rds l’été dernier, le groupe anglais sort son album sur le réputé label Damaged Goods (Pop Rivets, Armitage Shanks, etc). Même programme que pour leur première réalisation : guitare Fender barbelée, rythmes frénétiques et chant déterminé au service de morceaux punk-garage dans la lignée Rip Off Rds. Pas forcément très fin, mais une bonne tarte dans la tronche. Signalons une reprise lo-fi du "Attacking The Beat" des excellents Suicide Commandos.
Damaged Goods, PO Box 45854, London E111YX, Grande-Bretagne  (www.damagedgoods.co.uk)

GUITAR WOLF
    Retour aux affaires pour le Loup et ses acolytes... Et que ça fait du bien ! Après le très décevant UFO Romantics on se demandait quel tour allait prendre la musique du trio nippon. Et bien, le bon... Le demi-tour. On revient aux guitares qui ferraillent, aux solos sursaturés, aux grosses cylindrées alimentées au nitrométhane et armées de bazooka à plasma prêts à dégommer les Vengeurs de l’espace venus venger les morts vivants de Vénus... Ouh je m’emporte un peu là, non ? Hé bé écoutez le furieux "Jet 13" ou le strident "Moonlight Boy" et vous comprendrez... Et que dire de "Demon Card" avec son mix débile, voix et grosse-caisse d’un côté et tout le reste de l’autre. La CLASSE ! Le seul truc, c’est qu’au bout de dix-sept salves de ce calibre, vous risquez la surdité définitive ou pire, la zom-bification ! Loverock est pour l’instant disponible sur Narnack Rds, mais mon petit doigt me dit qu’un label français pourrait bien s’intéresser à la chose (Arnack Rds ?).
Narnack Rds, 381 Broadway, 4th Floor, Suite 3 New York City, NY 10013, USA (www.narnackrecords.com)

DETONATIONS
    Malgré un passé glorieux, il faut bien avouer que New-Orleans n’est pas la ville la plus réputée pour ses groupes punk-rock’n’roll. Alors, quoi de neuf au pays du gumbo et des sauvages Tchoupitchoulas ? Une explosion ! Des Detona-tions qui vont remettre en gras la Louisiane sur la carte mondiale du r’n’r. Suite au premier single (Rhinestone Rds) qui nous avait déjà fortement endommagé le cortex, Alive Rds a eu la bonne idée de sortir l’album du trio, Static Vision. Au menu, un garage punk tendu qui doit autant au blues ("Ray Man") qu’à Crime pour son côté froid et obsessionnel ("Static Vision", "I May Care"), avec une approche qui rappelle parfois les Reatards. Pas de basse ici non plus mais deux guitares Fender dont l’une montée avec deux cordes-basse. Un son impressionnant... A la limite du stoner, parfois. Et à la batterie, l’ancien frappeur des Drags. Une valeur sûre pour qui a pu voir le groupe d'Albuquerque sur scène. Recommandé.
Alive Rds, PO Box 7112, Burbank,  CA 91510, USA (www.alive-totalenergy.com)

SOCIAL DISTORTION
    La musique de Social Distortion est simple... Peu de notes, peu de breaks, des chorus dépouillés... Et par dessus, un gars qui nous raconte des histoires avec une voix de chat de gouttière écorché. Et ça fonctionne ! Comme toujours d’ailleurs. On avait quitté le gang d’Orange County il y a près de huit ans avec White Light, White Heat, White Trash, puis il y eut la disparition du guitariste originel qui laissa Mike Ness dans l’expectative. Aujourd’hui il a digéré et nous recrache Sex, Love and Rock’n’Roll (je vous le disais, avec eux, pas de détours), un disque tout en mid-tempos avec grosses guitares et chansons de cow boys modernes, urbains et libérés... Un peu dans le style de ses albums solo. C’est d’ailleurs un peu le "Mike Ness Band" depuis qu’il s’est entouré de fines gachettes issues des US Bombs, Rancid ou Plugz entr'autres. Intemporel et excellent ! Si vous préférez le groupe à ses débuts, essayez de mettre la main sur le dvd Another State of Mind qui capture le groupe en tournée en 82.
Kung Fu Rds, Martinus Nijhofflaan 2, 2624 Es Delft, Pays-Bas (www.kungfurecords.com)

PITSHARK RDS
    Vous voulez du lourd, du tatoué, du barbu, du musclé... Et bien le label parisien est là pour vous. Dernier arrivage très costaud avec tout d’abord un maxi 45 (le retour du maxi... Au moment où l’industrie du disque est soi-disant en crise, bien joué !) des Supersuckers. Trois morceaux dont la version de "Hey Ya !" (un lifting marrant et poilu du tube r&b commercial des ignobles Outkast) et une excellente version live de "Rock Your Ass". Dépêchez vous, y'en aura pas pour tout le monde.

     On continue avec un 10" live des Hydromatics qui documente un peu toutes les époques du groupe, des débuts avec Nike 'Copter à la batterie jusqu’à la dernière tournée où officiait Laurent Ciron (Dogs connection). Le son tient plutôt bien la route et le groupe déborde d’énergie. Un complément bienvenu aux deux albums studio.

     Le guitariste des Hydromatics, Tony Slug, joue depuis toujours (1979 tout de même !) avec les Nitwitz. Le groupe hollandais a fait un comeback il y a quelques années sur Get Hip avec l'album The Dark Side of the Spoon. On retrouve d’ailleurs sur ce 25cm quelques morceaux de cette époque, vraisemblablement dans des versions différentes. Le tout est une compilation de divers enregistrements datant de 99 et 2000 dont les furieux "Rohypnol Lovedoll" (!!!) et "Totalitarian Rock’n’Roll" plus une cover du "Just Head" des Nervous Eaters.

     Hollande toujours, avec The Felchers. Ceux-là non plus n’amusent pas la galerie sur les deux faces de ce 45t, Getting All I Need. C’est justement le titre de leur compo, hi-energy rock’n’roll puissant drivé par deux guitaristes virtuoses, dont l’incroyable Jevin (ex-Nitwitz, Brezhnev...). Le morceau se termine en mantra sonique sur près de deux minutes... Et on en redemande. En face B, ils font un sort au "Are You Ready" de Grand Funk... Inutile d’en dire plus. (www.pitshark.records.com)

THE GHOULIES
    Deuxième album pour le quatuor suédois. Reclaim The World est la suite logique de Communication. Punk-core hi-energy, joué bien souvent au-delà de la vitesse de sécurité. Dommage d’ailleurs parce que leurs mid-tempos sont excellents ("John Walker" et surtout "Wage Slave" qui ouvre l’album, entre The Bones et Turbonegro). Seize titres envoyés en moins de trente minutes qui se veulent une chronique des petits "tracas" du monde moderne (inégalités, oppression, désinformation et... W !).
Rockstar Rds, Kurbrunnenstrasse 32-36, 52066 Aachen, Allemagne (rockstarrecords.de)

THE MANIKINS
    Alors qu’il est quasiment impossible de trouver les productions du combo suédois par chez nous, Screaming Apple a eu la bonne idée de sortir en cd les deux récents albums du groupe. Le premier, éponyme, sorti chez les Italiens de Rockin’ Bones, était une giclée primale de garage punk lo-fi assez proche dans l’esprit des Sons of Cyrus ou des perturbés Rodriguez. On retiendra le tube, "Leave Me Out" avec son riff stoogien et pléthore de tambourin ou "I Need to Get Around" qui n’est pas sans rappeler le "Hosebag" des Devil Dogs.
     Pour leur deuxième effort, Epileptic (P. Trash Rds), la connection avec les New Yorkais est encore plus évidente ("It’s Only Blood", "I Want You"), alors que dans le même temps ils renvoient aux Hives de Barely Legal ("Epileptic", "Is This 911 ?", "You’re Outta Love")... Et ils n’oublient pas de rendre hommage aux anciens avec des reprises de Radio Birdman ou des Fun Things et une relecture de "Kissin’ Cousins" très proche dans l’idée de celle des Saints. Très, très agréable !
Screaming Apple Rds, Düstermichstr. 14, 50939 Köln, Allemagne
(www.screaming-apple-records.de)

KNOCKOUT PILLS
    S’il en faut un, ce sera celui-là. Allez hop : ALBUM DU TRIMESTRE ! Leur précédent sur Dead Beat était déjà une belle mise en bouche, mais ce 1+1=Ate est une vraie pépite. Leur punk-rock ultra-dynamique et rythmé se pare de choeurs/cris féminins ("Summertown Run-down"), d’un piano énervé ("Not for Nothing" et son refrain à la Queen) ou de claquements de doigts "jazzy" ("Recognition Scene"). Avec forces trouvailles et arrangements subtils sur chaque morceau. Et quel enchaînement de tubes au milieu du disque (dont l’inévitable "Do the Skincrawl", vous verrez...) ! On a l’impression d’entendre un croisement entre les Stitches, les Didjits et les Dickies sans que jamais les p'tits gars de Tucson ne perdent leur personnalité. Et eux pour le coup, ne fricotent pas avec la new-wave... Mine de rien, ça fait du bien par les temps qui courent. (www.estrus.com)

DOLLHOUSE
    Vous savez déjà combien les Suédois aiment les grosses guitares... Et bien ces quatre jeunes vikings (à peine plus de vingt ans de moyenne d’âge) en abusent joyeusement. Point ici de heavy-metal aux accents poppy, mais un marécage 70’s hanté par les spectres d’Hendrix, Led Zep' (le meilleur quand même !) et surtout du MC5. D’ailleurs Michael Davis (le bassiste du Five) ne s’y est pas trompé et il produit ce Rock And Soul Circus. C’est par l’intermédiaire de sa femme, Angela (ça ne s’invente pas), qui tient une agence de management, qu’il a fait connaissance du groupe -ainsi que de Tokyo Sex Destruction d’ailleurs-. Sur ce premier long player, le combo reprend... Le MC5 ! "The Human Being Lawnmower" et nous gratifie de deux reprises que le gang d’Ann Arbor a eu un jour sur sa set list : "Born Under A Bad Sign" sur lequel la Kekaula pointe sa voix et "I Got the Feelin’" de Jaaaaaaaaames Brown. Un bel hommage... Et bien plus encore.
Dim Mak, PO Box 348, Hollywood,
 CA 90078, USA. (www.dimmak.com)

BLACK KEYS
    Troisième album pour le duo d’Akron et certainement leur meilleur. Le son est toujours excellent, avec la frappe organique pleine de feeling de Patrick Carney et la guitare rugueuse de Dan Auerbach. Les morceaux sont peut-être plus variés que sur les précédents : Blues, évidemment, du "velvet blues" de "When the Light Goes Out" au folk-blues stonien ("The Lengths") en passant par le plus traditionnel (mais néamoins excellent !) "Keep Me" ; du groove aussi avec "The Desperate Man" et même une approche garage sur "Girl Is On My Mind" avec son intro à la "Shot Down" des Sonics ou ce "Till I Get My Way" gorgé de Fuzz. (lp/cd Rubber Factory). (www.fatpossum.com)

LES BELLAS
    Pendant que leurs anciens camarades de jeux s’éclatent chez les Fatals, Kung Fu Escalator ou Sonic Chicken 4, la paire de Beach Bitches restantes, soit Shaggy L. et Giom ont monté les Bellas en compagnie de leurs douces. Sur les trois titres de leur démo, Electrified, on navigue entre garage et pop sixties, avec toujours ce sens immédiat du refrain-qui-tue. Mention spéciale à "She’s On My Track", une ballade que Kinks ou Beatles n'auraient pas reniée. Le label perpignanais Profêt Rds aurait sorti un single du groupe avec deux morceaux de cette démo. A pister... (Dernière minute : c'est fait, le 45t est sorti, la ballade y est couplée avec un "Hey, I'm Going Down" très freakbeat/garage qui fait taper du pied et rappelle les débuts des Cynics mis en couleurs vives par les Headcoatees).
(www.profetrecord.com)

 JOHNNY CASINO'S EASY ACTION
    Vous vous souvenez de Johnny Casino, celui qui officiait dans Asteroid B-612 et qui tient aujourd’hui la guitare chez les Egos. Et bien notre killer australien s’est acoquiné avec une partie de la frange américaine de la Confederacy of Scum (les frères McCarthy de Limecell et le Cosmic Commander, qui s’était déjà occupé de la tournée Asteroid aux States). "Oulahlah aux abris !" hurlez vous peut-être déjà ! Vous allez me dire. Et bien non, c’est pas si dur et lourd que ça. Accompagné du frère de Johnny à la guitare, Grahame, le Johnny Casino’s Easy Action pratique un rock’n’roll intemporel qui doit autant à Chuck Berry qu’à AC/DC, Creedence, Ted Nugent ou tiens, aux B-Movie Rats, avec des reprises très personnelles de "Expresseway to your Heart" (ouais, le vieux standard soul), "Midnight to Six" des Pretty Things et "Black to Comm" du MC5. Onze titres au son impeccable qui n’attendent plus qu’un label. (démo, We’ve Forgotten More Than you’ll Ever Know) (johnnycasino@bigpond.com.au) (cosmicommander@msn.com)

OX
    57ème numéro pour le luxueux fanzine allemand Ox qui tient toujours le cap. 146 pages gavées jusqu’à la gueule de chroniques, colonnes et articles : Social Distortion, Dead Moon, Spittin’ Vicars, Holly Golightly, etc... Le tout en allemand. Le zine est accompagné d’un cd 28 titres (Jello Biafra & The Melvins, Viva l’American Death Ray Music, American Heartbreak...).
(www.ox-fanzine.de)

LARSEN
    Le zine de Chambéry continue son bonhomme de chemin et sort son numéro 21. On retrouve les rubriques habituelles (notamment celle sur les vins régionaux), des chroniques ciblées et un tour d’horizon de la planète qui groove, avec des articles sur des groupes connus (Sirens, Tokyo Sex Destruction, Sharon Jones), mais aussi plus inédits (Uptight, Mibs ou Monocaines). A noter aussi un long papier sur la scène montpellieraine et un retour sur le Ultraglide in Black des Dirtbombs à travers les morceaux originaux. Du bel ouvrage donc avec comme d’habitude une superbe couverture (signée Marcel Bontempi) et l’indispensable 45t six titres (Not of this Earth & the Booboos, Sheetah & les Weissmuller, etc.)
(Larsen, 116 rue du Crey, 73230 St Alban Leysse - larsen.asso.fr)

SPACECHIPS
    C’est un tout nouveau zine gratos qui nous vient de Nancy. A ses commandes, Fifi, un p’tit gars qui écume les concerts dans la France entière. L’aventure avait commencé avec un site internet (spacechips.free.fr) et se poursuit maintenant avec ce fanzine format A5 photocopié sans prétention, mais débordant de passion. Au sommaire, des interviews des Briefs et des Hatepinks, un compte-rendu du festival Lollipop’s Burning, plus quelques chroniques de disques. On souhaite bonne chance et longue vie à notre jeune confrère (hé hé, si ça fait pas vieux pro ça...). (SpaceChips c/o Philippe Goguely, 13 rue de Metz, 54000 Nancy)

LITTLE PINK MEDICINE
    L’ami Bart (alias Cherry Boy) et sa clique sortent le numéro trois de leur zine. Au programme, un compte-rendu de la tournée de Flying Over (le groupe du Boy), des articles sur Crime et les Kill-A-Watts, une interview des Dwarves de 1990, initialement sortie dans Maximum Rock and Roll, une autre des zignobles Zoomen, ainsi qu’une tripotée de chroniques diverses (fims, disques, démos) et de news en tous genres. (Little Pink Medicine, BP 84277, 17012 La-Rochelle cedex 1)
 Et puis comme le boy s’emmerde vu qu’il branle rien à la fac, lui et ses amis ont monté Upsetter All Star, label spécialisé dans les "enregistrements faits maison". Cette fois, on découvre les Tommy Guns avec un enregistrement live à Radio Collège (comme c’est mignon !). Le son est plutôt sympa, les titres des morceaux me font hurler de rire ("I Want Cunt", "Sex Drugs Rock & Roll", "Invasion of the Saucer Men"...) et en plus on entend Bart ouvrir sa gueule pour fustiger les groupies. Du punk’n’roll rigolo et débraillé avec un très bon chanteur qui rappelle un peu Mimos des TV Killers et un bassiste qui doit avoir dix doigts par main... Soit quatre de trop !). (Upsetter All Star, 31 rue A. Barine, 17000 La-Rochelle)Lo' Spider 


THE EGOS    Planquez les bouteilles et sortez les bouchons, voilà un super-groupe punk australien plus terrifiant que les motards de Mad Max. Rassemblant Mad Mack (des ONYAS), sa copine Delene, Johnny Casino (Asteroid B-612) et Link (Meanies), les Egos tronçonnent du punk rock implacable qui déboule comme une Vel Satis sur l’autoroute avec un son aussi organique et pétaradant que le dernier ONYAS (celui enregistré live dans un hangar à fond les potards). “Powerpopplay”, “Erratic Eviction”, “Fast Swimming”, “One 4 Me”, autant de bourre-pifs jouissifs dans les roues des Fun Things / Bored! / Cosmic Psychos. Ajoutez quelques mid tempos pachydermiques et une pochetronnade dégoulinante de slide en conclusion. Dix titres pliés en vingt minutes, des textes qui tournent autour des “anti-psychotiques, anti-dépresseurs, sédatifs, guitares, natation et Marijuana” selon leur label Dropkick, et une couverture débile : Mad Macka en maître-nageur bedonnant admonestant chronomètre en main ses complices indisciplinés. Ça prend tout son sel quand on sait que c’est effectivement son job l’été. Les requins n’ont qu’à bien se tenir.
Dropkick Rds, PO Box 1072, North Fitzroy, Victoria, 3068, Australia-www.dropkick.com.au

FABIENNE DELSOL
    Après avoir participé à l’étonnante téléportation d’une partie de la scène garage de Limoges vers Londres dans les années 90, elle s’est imposée avec les Sires puis les Bristols de Liam Watson. C’est chez ce dernier, dans les Toe Rag Studios, qu’elle a peaufiné pendant près de trois ans No Time For Sorrows, son premier album solo paru sur Damaged Goods. Un délicieux trip psyché pop sixties, mélancolique ou terriblement Wizzzz ! Fabienne susurre ses textes, entre voix de velours des girl groups US et trouble innocence des chanteuses frenchy des années soixante, entourée de ses potes des Bristols et de quelques pointures locales, soutenue par une production sobre et inventive. N’allez pas chercher plus loin les prochains hits de vos surprises parties : “I’m Gonna Haunt You”, “When My Mind Is Not Live” (des early Status Quo), la cover ultra-swingante du “Laisse Tomber Les Filles” de Gainsbourg, le prenant “Chills And Fever”, le planant “My Love Is Like A Spaceship”, et parmi les autres reprises, “Never Learn To Cry” (de Simon Napier-Bell, adapté au début des années 70 par Françoise Hardy) ou “I’ll Wait For You” de Gerry And The Pacemakers.
Damaged Goods, PO Box 45854, London, E111YX -- www.damagedgoods.co.uk

CRIME
    Le fugitif extrait du concert de ce gang californien dans la prison de Saint Quentin à la fin des seventies qui apparaît parmi les bonus d’un DVD des Cramps (le live à l’hopital psychiatrique de Napa) est un moment d’anthologie ! Nos quatre punks gominés déguisés en flics, surveillés du haut des miradors par les vrais matons armés jusqu’au dents, et les tronches patibulaires et rigolardes des détenus brandissant à l’unisson l’affiche où apparaît en grosses lettres le nom du groupe : CRIME ! Autoproclamé “Le premier et unique groupe Rock’n’Roll de San Francisco”, Crime a sorti un premier single meurtrier en 76 et semé la terreur (et la confusion chez les vrais keufs du SFPD) jusqu’au début des années 80. La compilation San Francisco’s Still Doomed, lifting d’une précédente compil’ sortie en 1990, propose deux des trois 45 tours officiels, leur seule discographie, et deux sessions datant de 78 et 79. Du punk teigneux, cryptique, sombre et intense, quelque part entre les Stooges période Williamson, les Dead Boys, les Heartbreakers et les early Angry Samoans. Un must.
Swami Rds, PO Box 620428, San Diego Ca 92162 -- www.swamirecords.com

THE ULTRA 5
    Formés en 86 à New-York, ils symbolisent une large frange de la deuxième génération du revival garage sixties, des gangs excellents mais noyés dans la masse, et qui eurent bien du mal à s’imposer. Pourtant, avec leur line-up mixte, les dégaines sexy, les Vox en bandoulière, les colliers d’os... Euh, oui, les Fuzztones l’avaient déjà fait. En tout cas, jusqu’au début des années 90, ils se forgèrent un solide réseau de fans surtout en Grèce et au Mexique (!). Et c’est d’ailleurs le label grec Green Cookie Rds qui vient de rééditer leurs deux albums studio, Reincarnation et The House Of Fun, sur le CD Denizens Of Dementia, avec en bonus un inédit et deux vidéos. Vingt-quatre titres pour redécouvrir la bande de Bob Uhr et sa vision éclectique des sixties : du psyché punk et du garage hanté à la Fuzztones, mais aussi des influences plus pop ou punk rock, voire glam, une incartade soul, des hommages aux Stones (“Off The Hook”) et à Davie Allan (“The Last Ride”), quelques titres avec des vocaux féminins (“City Of Fire” qui évoque les early Slickee Boys), et des tubes qui ne doivent rien à personne (“Bones Walk”, “Rock’N’Roll Doll”, “So High” ou “Gotta Be A Better Way”). Bob Uhr poursuivit par la suite une carrière discrète avec notamment The Zero Child et The Bare Bones.
Green Cookie, PO Box 50501, 540 13 Thessaloniki, Grèce -- www.colorcookies.moonfruit.com

DIRTBOMBS V/S KING KHAN
    On est d’abord tombé sur cette pochette d’un blanc immaculé, ornée d’un simple sticker indiquant The Dirtbombs, “Live : North Of 8 Mile”, et un label mystérieux (MFIC Records) à l’improbable logo... Après une analyse minutieuse durant un Dig It! Radio Show, aidés d’une Kro et d’un pack de joints, on a conclu avec Lo’ Spider qu’il devait s’agir des Peel Sessions enregistrées il y a quelque temps par le gang de Mick Collins, inédites jusqu’à présent mais circulant sur le web. Le line-up à deux guitares (avec Tom Potter à la fuzz), neuf titres couvrant les trois albums (de “Granny’s Little Chicken” à “Motor City Baby”, en passant par “Chains Of Love” ou “Kung Fu”), un son énorme et plus cru encore qu’en studio (rarement la double batterie a été aussi aplatissante), une coulée de lave groove et vicieuse. Un peu court et un peu cher, mais une vraie bombe.
    Puis on s’est jeté sur le split album Billards At Nine Thirty (avec King Khan & His Shrines, sur Sounds Of Subterrania!). La face Dirtbombs inaugure le nouveau line-up avec Troy Gregory (The Alphabet) à la deuxième basse, qui chante un de ses titres et en co-écrit trois autres. Déception ! Ambiance tièdement groove, vaguement psychédélico-hypnotique, et un morceau teigneux qui réveille l’auditeur assoupi mais s’achève avant même d’avoir vraiment démarré.
 Par contre la face King Khan est tonitruante. Six brûlots revenant vers le Rythm’n’blues virulent des débuts, dont une nouvelle version ultra-carton de “Burnin’ Inside” qui clôturait le dernier album. Ceux qui ont trouvé celui-ci trop funky ou pas assez pêchu pourront rattraper le coup aveccette dernière livraison. On y reconnaît aussi quelques morceaux qu’ils jouaient sur scène lors de la dernière tournée. Le concert toulousain fut magistral, un groove d’enfer, des cuivres juteux, un big band qui roule de mieux en mieux, un jeu de scène fendard, culminant avec l’irruption au rappel du King déguisé en Mr Supernatural : collant ringardos, casque en plastique et serviette éponge en guise de cape !
 Petit retour justement sur ce deuxième LP, Mr Supernatural, déjà chroniqué en version “CD roulé sous les aisselles” dans le dernier numéro, ne serait-ce que pour coller dans ces pages sa superbe couverture, et signaler qu’il est sorti sur Hazlewood Rds (en tout petit, le logo d’un gros label honni traîne aussi au verso). En plus, c’est un wired vinyl... De quoi ? Après avoir vainement tenté de l’insérer dans mon unité centrale, j’ai compris qu’il fallait aller sur le site du label et qu’avec le mot de passe donné sur le disque, on pouvait accéder à quelques titres gratuits de l’écurie Hazelwood. Un nouveau gadget pour contrer les pirates, sans doute...
www.thedirtbombs.net - www.king-khan.com - www.soundsofsubterrania.com

MEET ME IN THE TIME TUNNEL
    La nouvelle compil’ montée par Keith Grave vient de tomber. C’est lui qui explore le punk du Connecticut et du Massachusets pour Dionysus. Cette fois il se penche sur des obscurités powerpop période 78-85 pour les Japonais de Wizzard In Vinyl. Enfin, le powerpop vu par l’animal flirte avec la new wave, le punk mélodique - voire furieux (The Matcheads déjà pistés sur un Killed By Death) - ou carrément le heavy garage psychédélique (avec l’énorme “You Go Home” des Foreign Objects). Beaucoup de gangs du Nord-Est là encore (dont l’inévitable Dennis Most et le combo de son frangin, Butch Minds The Baby), beaucoup de véritables pépites (The Reducers, The Silencers, The Reactors, T.V. Neats...), et quelques détours par l’Ecosse (The Zips), l’Australie ou le Japon (The Shamrock). Vingt titres percutants livrés avec des notes de pochettes parfois marrantes signées par les groupes eux-mêmes. (www.wizzard-in-vinyl.com)

LES TRIOMPHES DU RYTHM AND BLUES
    Après le Blues et la Country (gaffe, y’a aussi l’accordéon ou la musique classique), un nouveau coffret de vingt CD à quinze euros a envahi par palettes entières les hypers dont le nom résonne du coup, et bien involontairement, comme un hommage au “Crossroads” de Robert Johnson. Des coffrets bien foutus, une sélection soignée, un livret apportant quelques infos biographiques et un prix ridicule, le secret étant de choisir des morceaux dont le copyright date d’au moins cinquante ans, tombant ainsi dans le domaine public ou quelque chose comme ça.
 Avec Les Triomphes du Rythm And Blues, on plonge dans le chaudron fertile qui a donné naissance au Rock’n’Roll. Faut quand même surmonter le choc initial dû à l’irruption de rumbas et autres sambas en lieu et place de Louis Jordan sur le premier CD. Un érudit latin soul de la liste Panikorama a reconnu Edmundo Ros, un héros de la zique cubaine. Ce planton laisse supposer que le prochain épisode sera exotique. Pour le reste, qu’il soit consacré à un instrument particulier, un artiste (Ray Charles, Johnny Otis), une ville (Memphis, New Orleans) ou un genre (Orchestres, Doo-Wop, Roots Of Rock’n’roll...), chaque disque fourmille de pépites plus ou moins classiques, et souvent difficiles à dénicher. Près de vingt-trois heures de bonheur à ce prix là, inutile de barguigner. C’est aussi la bande-son rêvée pour les lecteurs de Nick Toshes, une quinzaine de ses “Héros oubliés du Rock’n’Roll” y apparaissent.

SCREAMING APPLE
    De la même génération que les Ultra 5, The Projectiles ont jailli des cryptes de Rochester, New York - home des Chesterfield Kings - au milieu des années 80. Une maigre discographie (deux singles) et la rude concurrence du secteur garage 60’s de l’époque les ont plongés dans l’oubli (certains réapparurent avec 1313 Mockingbird Lane ou Susan & The Surftones). Qui sait ce qui serait advenu si leur album mis en boîte dans les réputés Saxon Recording Studios avait bien vu le jour sur Voxx comme prévu. Vieux fans fidèles (les Projectiles apparaissent sur leur premier EP compilation), les tauliers du label de Cologne ont décidé d’exhumer cet album perdu. Bien joué : Hanging Out est une jouissive giclée de teen punk virulent, de rythm’n’blues débridé et de garage à orgue classieux. Quatorze titres déterminés et stylés, et dix reprises en tout, dont “Last Time Around” des Del-Vetts (relifté quelque temps plus tard par les Cynics), “That’s Your Problem” des Outsiders, et un “Whole Lotta Shakin’ Goin’ On” bien secoué, enregistré live en studio dans une ambiance frénétique. Une injustice est réparée.

     Très bonne nouvelle pour les nostalgiques des Untamed Youth, The Real Bad News de Sacramento s’imposent comme de dignes héritiers. C’est d’ailleurs Deke Dickerson, leader des légendaires surfers allumés qui les a découverts et embarqués aussi sec dans son studio pour y enregistrer ce premier opus, Black And White And Red All Over. Réjouissant de bout en bout, c’est un cocktail épicé de frat rock, de surf et de garage rythm’n’blues avec orgue et saxo, un sens certain de la dérision (mention à “Krispy Kreme”, variation de “Farmer John” dédiée à une marque de donuts), une énergie juvénile et des choeurs percutants malgré un son assez cheap, plus des covers de bon goût : “Leave My Woman Alone” de Ray Charles, “Hello Walls”, ritournelle country reliftée réverb’ et orgue sautillant, ou “Midnight Blues” dans une version plus enlevée que celle des Detroit Cobras.

 Curieusement, c’est après un premier album que les Quebécois The Chains (mené par Alex, l’ex-Spaceshits) sortent leur premier 45 tours. Ils ont ajouté une bonne louche de soul dans leur garage sixties et ces deux titres pourraient faire chavirer les fans des Slow Slushy Boys.

Screaming Apple : Düstemichstr.14, 50939, Köln, Allemagne - www.screamingapple.de

VOODOO RYTHM RECORDS
    La fanfare des Dead Brothers (feat. un ex-Maniacs) est de retour avec Flammend’ Herz, leur troisième album, bande originale d’un documentaire (premier prix à la Bienale de Berlin) sur le tatoueur allemand légendaire Herbert Hoffmann. Beat-Man, le boss de Voodoo Rythm, les a couronnés “meilleur orchestre funéraire au Monde”. Tuba lancinant, piano bastringue, banjo ou mandoline, une ambiance années 30/40, un morceau chanté pour dix-huit plages instrumentales qui naviguent du jazz manouche au blues, de la country à la java, du Western spaghetti aux vieux Fellini, sans oublier une petite pelletée de musique funéraire sicilienne (là c’est plutôt Le Parrain). Nostalgique et contemplatif, parfait pour une fin de soirée alcoolisée ou une après-midi pluvieuse.

     Retour au garage rock vintage avec un nouveau 45t des Hipbone Slim And The Knee Tremblers, alias Sir Bald Diddley, Bruce “Bash” Brand et John “Lard” Gibbs, qui reçoivent un coup de main de Mickey Hampshire (“I’m Gonna Give You Everything”), et de la délectable Holly Gollightly (sur “What Do You Look Like” extrait de leur deuxième LP, Have Knees, Will Tremble toujours sur Voodoo Rythm). La bande des potes de Billy Childish quoi... Ils ont dû virer le matos numérique du Toe Rag Studio à coup de boots. Ça sonne comme ça en tout cas. (www.voodoorythm.com)

DEAD BEAT RECORDS
    Marat agonisant dans sa baignoire sur fond de guillotines, la couverture flashe à mort. French Fries, Guillotine And Love est le titre de cette compilation des Marseillais Neurotic Swingers que vient d’éditer le plus européanophile des labels punk US, Dead Beat. Ce CD treize titres contient des extraits du EP What’s Your Definition Of Underground et de l’album Art Rats plus quatre inédits et une vidéo. Une bonne rasade de pastis punk speedé et musclé à la Briefs / Stitches allongé d’une lichette Dogs, et une belle carte de visite pour la tournée américaine qu’ils ont effectuée cet automne.

     Ils viennent de Munich mais sont suédois dans l’âme, The Lucky Punch déboulent un peu tard avec leur heavy punk pur jus scandinave. Au début des années 90, ils auraient déclenché une épidémie de torticolis chez les headbangers. Aujourd’hui la concurrence est rude. Mais Kick Up A Hullabaloo n’est pas ce qu’il y a de pire dans le genre : une petite touche Hives sur le premier titre, une combinaison gros riffs / mélodie addictive à la early Hellacopters / Sewergrooves par la suite, des références fendardes à AC/DC (“Back In The Days”, son riff mortel et son passage à la “Let There Be Rock”), et bien sûr le gros son des familles qui vous ramone le cortex et vous laisse sur les genoux. Punch, c’est sûr. Lucky ? On leur souhaite...

    Troisième combo européen à l’honneur dans la dernière livraison Dead Beat, les Italiens Taxi vous embarquent pour deux virées viriles sur fond de punk rock bien épais, dans la veine Weaklings, qui ont toutefois un peu de mal à décoller (“Who’s To Blame”/“Down By Love”). Essayez plutôt l’album Like A Dog toujours sur le label californien.
Dead Beat Rds, PO Box 238, Los Angeles, CA 90078 -- www.dead-beat-records.com

THE MUTANT PRESS
    A voir la couverture de son dernier CD on pressent que le Mutant Press doit maintenant souffrir d’un sévère syndrome de dépression post-électorale. Evil est un fourre-tout psychédélique pop /heavy / punk / new-wave agrémenté de rap moqueur et de gros groove militant. Hélas, le corrosif “Guantanimo Shuffle” n’a pas fait pas basculer l’élection, et le sympathique one-man-band de Detroit (de son vrai nom Jerome T. Youngman) propose en pochette intérieure une solution définitive au problème Bush. On vous laisse deviner... (www.geocities.com/mutantpress2002/)

Sylvain Coulon 
 Digitfanzine@chez.com
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