CHRONIQUES
DIG IT # 34

SALVO  OF  24  GUNSHOTS

     On dirait qu'il y a comme un retour d'affection pour le Gun Club ces jours-ci. Des Sailors aux Soledad Brothers, on a remarqué que les groupes de passage en ville avaient souvent une cover du groupe de Jeffrey Lee Pierce au programme. On a d'ailleurs aussi noté que ça opérait à tous les coups sur le public. Et la Piercemania continue : une compil hommage au Gun Club vient de tomber sur un label frenchy (Unrecording Rds de Lyon) et sous forme de double vinyle s'il vous plaît ! Quand on aime... Voilà donc un magnifique album rouge, dépliable et bien chargé en infos : photo de chaque groupe, formations détaillées, origines, dates et lieux d'enregistrements. Les participants ? Facile, prenez n'importe laquelle de nos play-lists radio, éliminez toute trace de groupes scandinaves (tiens ?) et vous y êtes presque : Dirtbombs, Cool Jerks, Demolition Doll Rods, DM Bob & The Deficits, Cowboys From Outerspace, The Come Ons, Les Fatals, Les Magnetix, Andy G & The Roller Kings, Girl Trouble, The Jakes, Mighty Go Go Players, Sonic Chicken 4, Dead Brothers, Lucas Trouble etc...
    Ils s'y sont mis à vingt-quatre (+2 sur un 45t bonus glissé à l'intérieur) pour relifter le GC et l'équilibre est respecté entre morceaux plutôt carrés ("Sex Beat" par Elvis Corpse Revisited, featuring le guitariste des Atomic Spuds et Fred le compilateur et boss d'Unrecording ; "Bad Indian" par les Roller Kings de l'ex-Devil Dogs Andy Gortler) et moments d'intense déjante trashy blues ("Ghost On The Highway" par les DD Rods avec au chant Miss Niagara, l'historique égérie du Detroit Sound ; "Cool Drink Of Water" par Speedball Baby avec Jon Spencer et Mike "Sharky" Edison en invités). Equilibre respecté aussi entre groupes à l'identité bien affirmée qui impriment leur marque sur les titres (Dirtbombs, Roller Kings, Les Fatals, The Bar Ass Minimums de l'harmoniciste fou et génial Walter Daniels, Blanche avec une sublime version de "Jack On Fire", les Suisses Dead Brothers, etc...) et ceux qui enfilent habilement le costume (les Jakes, les Cool Jerks, etc...) pour se mettre au service du morceau.
    Les titres choisis proviennent principalement (et logiquement) du premier album Fire Of Love (TOUS les morceaux du disque sont repris), quelques-uns de Miami (six), un seul de Las Vegas Story ("The Stranger In Our Town" par les Jakes), un autre de Mother Juno (fantastique "Lupita Screams" par les Dirtbombs) et d'autres n'ont existé qu'en single ou EP ("The House On Highland Ave", "Death Party"). Mention spéciale à Flytrap qui mélange un titre du premier LP et un autre du second (ça donne "Goodbye Watermelon Johnny"). Pas sûr cependant que ceux qui détestent les albums hommages (comment peut-on ?) y trouvent matière à réviser leurs radicales positions.
    Cette compil, une évidente "oeuvre de fan", devait être faite un jour. Elle l'est plutôt bien.

 Sur le même label, les Lyonnais Surfin' Matadors sortent un excellent EP de garage sixties énervé à base d'orgue acide et de guitares féroces portées par une rythmique qui passe de l'épileptique ("Drive Me Crazy") au mid-tempo élégant ("TV Set") sans sourciller. C'est excitant autant que secouant et ça me fait un peu penser au Perpignan Sound... Tiens, c'est la première fois qu'on parle ici d'un "Perpi Sound", serait-ce en train de devenir une référence ?
(www.unrecordingrecords.com)

NIKKI SUDDEN
    Ce Treasure Island est le vingt-deuxième album de notre troubadour électrique british préféré et le neuvième sous son propre nom. Nikki s'est entouré cette fois d'une équipe de choc dont l'énoncé tient du who's who du rock anglais à travers les âges : Mick Taylor (John Mayall's Bluesbreakers, Rolling Stones), Ian McLagan (organiste pianiste chez les Small Faces, Faces, Stones, Keith Richard's New Barbarians, etc...), Darrell Bath (Ian Hunter Band, UK Subs et Crybabys -avec le futur Boys Honest John Plain-, il a rejoint les Dogs D'Amour en 92), BJ Cole (le roi anglais incontesté de la pedal steel, il a accompagné Leo Sayer, Kiki Dee ou les rockers US de passage en Albion tels Chuck et Jerry Lee), Andrew Thistlethwaite (Waterboys) et bien sûr les complices de toujours, les Jacobites Dave Kusworth, Glenn Trantner et Carl Eugene Picôt. Les Last Bandits John Clifford Barry (basse) et (le Frenchy) Stéphane Doucerain à la batterie ont jeté avec Nikki les premières bases de cet album (sur Lain Rds), idéal pour se remettre en douceur d'une nuit d'excès, qui déroule ses influences Faces/Stones, fait claquer les guitares et pleurer la steel sur des ambiances qui vont du mid-tempo rock'n'roll aux ballades semi-désabusées mais lumineuses qui parsèment généralement les albums de Sudden. Le culte continue à rouler et on y prend plaisir à chaque fois. Nikki assure que c'est son meilleur album à ce jour.
www.lain-records.com - www.nikkisudden.com

TRANS  SOLAR  Rds
    Et vlam ! Fallait que ça tombe sur moi. J'aurais dû m'y attendre bien sûr, vu la récurrente pénurie de chroniqueurs ici dès qu'il s'agit de s'occuper d'Electro-rock. Sylvain appelle ça de la techno, Lo Spider baille en regardant ailleurs et Tommy Boy, qui aime jouer avec les mots, assure à qui veut l'entendre que de toutes façons, "Electro c'est trop !". Habituellement il fait mieux...
 Le Boy From Brazil, alias Mr Razi, est basé à Berlin et a cuisiné un album (Pointless Shoes) qui ne devrait pas rebuter les fans de Suicide et peut-être taper un peu plus large. Ça démarre par une sorte de collision (facile, c'est le titre du morceau) entre le groupe d'Alan Vega et... les Kinks, vu qu'on dirait bien des bouts de "You Really Got Me" ou "I Need You" disséminés ici et là. Plus loin c'est "Rocket in My Pocket" traité façon B-52/Ben Vaughn qui devient "Pocket Rocket Queen" (Pocket Rocket est aussi le nom d'un ancien groupe de Mr Razi). Et l'étrange cérémonie se poursuit, patronnée par les Cramps, Violent Femmes ou... Gainsbourg (la reprise du "Claqueur De Doigts" ne laisse planer aucun doute sur les origines du Boy From Brazil, ou donc plutôt from France). Bon, j'écouterais pas ça en boucle (le 1-2-3-4 basique avec VRAIE batterie me manque vite) mais je ne suis pas non plus saisi de douloureuses convulsions à l'écoute de cet album électrok'n'roll transgénique, et avouons-le, plutôt marrant. Razi a fait partie de Stereo Total, Golden Showers et Give Up (avec deux Cobra Killer).

     Par contre, la douleur est plus aiguë dès que démarre le skeud de Kid & Khan : Trop de synthés, trop cheap, une boîte à rythme ridicule, pas un poil d'humour et une ambiance branchouille, répétitive et ennuyeuse qui accumule les clichés disco et arty farty. Pourtant le "Kid" en question n'est autre que Kid Congo, celui des Cramps et du Gun Club. Ok, ça lui donne peut-être le droit de reprendre "Goo Goo Muck", mais tout de même pas celui de le massacrer comme ça ! S'il faut vraiment écouter des reprises décalées, je préfère encore Nouvelle Vague tiens (naaan, j'déconne). Précision : Le "Khan" du groupe n'est PAS King Khan.

    Le label rattrape le coup avec un album du groupe de Memphis au nom à rallonge, Viva L'American Death Ray Music. Entre Subsonics en plus luxuriant et Velvet U moins dépressif, le groupe à la formation fluctuante (même le nom change -légèrement- au fil des albums) drivé par Nick Diablo ('68 Comeback, etc...) sort A New Commotion A Different Tension, un troisième album où le gang prétend enterrer la New Wave pour mieux la ressusciter en... Next Wave. Du délire de doux dingues sans doute, mais il en résulte tout de même un album prenant et original, secoué par une guitare façonnée dans le même bois que celles de J. Richman ou L. Reed. Le groupe a même parfois des allures de Flaming Stars US, le côté suave voyez ?
 Au cours des années, la formation a vu passer dans ses rangs bon nombre de fines gachettes de Memphis, des membres des Compulsive Gamblers ou Reatards, Lost Sounds, Panther Burns, Andre Williams' Band, etc... Cette fois, le groupe officie en trio.
 Avertissement : Cet album contient un ou deux morceaux synthétiques, condition sin aqua non pour être édité par Trans Solar Rds sans doute...
 Trans Solar Rds : Sorauerstr. 3, 10997 Berlin, Allemagne
(www.transsolarrecords.de)

ROCK'N'ROLL SOLDIERS
    Vous cherchez un nouveau groupe favori ? Les fantastiques Rock'n'Roll Soldiers d'Eugene en Oregon pourraient faire l'affaire. On dirait des New Bomb Turks charcutant sans pitié le répertoire des Hives (ou le contraire !), drivés par un chanteur hyper-tendu aux variations de tons incroyables... Pas souvenir d'avoir entendu un zigotto pareil depuis une éternité. Le tout est pilonné par des guitares dont la puissance n'a d'égale que la monstrueuse abrasivité. Et ils sont capables de tout : garage tribal violent et possédé, ambiances Stones/Glam avec saxo fouisseur ou envolées country venimeuses à la Violent Femmes/Beasts Of Bourbon...
     On les avait découverts chez Gearhead en deux étapes. D'abord sur la compil Greaseball Melodrama concoctée par Eric Davidson des New Bomb Turks justement, et ensuite sur le sampler maison Thingmaker. On avait également remarqué que les deux titres dataient d'il y a cinq ans. Les Rock'n'Roll Soldiers étaient au lycée et avaient alors entre seize et dix-huit ans ! Gearhead Rds a sorti récemment un mini-lp (The High School Sessions) reprenant ces deux morceaux plus quatre autres datant des mêmes sessions, et vient tout juste d'en éditer un second présentant des titres récents du groupe (The Weak Blame The Strong, six titres encore) dont le gargantuesque "Funny Little Feeling", incontesté tube du printemps chez les Diggers.
     Les deux mini-lp's viennent d'être regroupés sur un même Cd, Screaming Apple annonce une sortie européenne du deuxième mini-lp... et Atlantic Rds vient de signer le groupe. Damned, ça devait arriver, s'en sortiront-ils du haut de leurs vingt-et-un ans ? Le Cd déjà prévu sur Atlantic (So Many Musicians To Kill) comprendra "Funny Little Thing", alors tout peut arriver...
(http://www.rnrsoldiers.com/)

THE POWERKNOBS
    Voici un groupe (de Chicago) recommandé d'une part aux amateurs de garage sixties groove et énergique facon Woggles ou Fourty-Fives et de l'autre aux accros du Detroit Sound à guitares tronçonneuses. Mais contrairement aux gangs qui sont votre pain quotidien et utilisent le procédé habituel consistant à mélanger les influences, les Powerknobs les alternent sans complexes, un coup sixties et un coup Détroit. Ca déroute et ça intrigue au premier abord puis finalement ça marche, pour peu évidemment qu'on n'ait rien contre les deux approches. Par contre, les tenants du "chacun chez soi et les moutons seront bien gardés" (on en connaît tous) n'y trouveront sans doute pas leur compte. Tant pis pour ces mécréants, ils passeront à côté d'une des belles réussites du trimestre. L'album (Turn On) a été mis en boîte chez Jim D. à Détroit et le label texan Wildebeest Rds a fait preuve d'un flair aiguisé en signant le groupe.
(wildebeestrecords.com)

THE SLURS
    Jim "The Kooch" Kuezkowski, leader guitariste des Slurs, était surtout connu jusqu'ici comme responsable du son sur les albums des Infections, Problematics et quelques autres pur-sang piaffants de l'écurie Rip Off Rds. Le voici, désormais armé d'une solide expérience, aux commandes d'un gang de farouches punk rockers qui évoquent autant l'école Rip Off que des formations plus typiquement rock'n'roll tels les Humpers, Dictators ou Heartbrakers. Les Million Dollar Marxists pratiquent aussi parfois le même sport. Simples, efficaces et venimeux, les treize titres de The Problem With Rock'N'Roll ont des arguments qui devraient leur permettre de squatter les platines gourmandes de punk rock éternel. Pour celles du Dig It ! Radio Show, c'est déjà fait.
(www.theslurs.com)

A TRIBUTE TO THE PEBBLES
    Hé hé, rien que pour la pochette et les multiples gags au verso, cet hommage à la mythique série compilatoire Pebbles, et plus précisément aux dix premiers volumes (pas qu'ils soient forcément les meilleurs mais surtout parce qu'à l'origine la série devait s'arrêter là), mérite l'investissement. Plus d'une quinzaine de groupes US et frenchy rivalisent d'originalité (et c'est rien de le dire, ça va de l'électro au psyché en passant par le punk) pour reprendre (et parfois pulvériser !) des incunables des Moving Sidewalks, Litter, Third Bardo, Live Wires, Gentlemen, Fe-Fi-Four Plus 2, Calico Wall, Starfires, The Choir, The Plague, etc... Mais attention, ceux qui viendraient chercher ici leur dose de 60's garage risquent de se gratter la tête avec perplexité devant le traitement infligé à certains titres... Disons que le fond y est et que la forme varie. On y va pour l'identité des soniques contrefacteurs : The Flakes, Checkers, Four Slicks, Sea Monkeys, Sonic Love Affair, Scope (ex-Bang), Magnetix, Hecklers, Lili Z, Merzakt (du calme Blam-Blam !), Defenestrors, Anteenagers MC, etc... Les Diggers accordent l'avantage aux Ricains.
 Le tout est intitulé A Tribute To The Original Pebbles Series Vol 1 to 10. Pas d'adresse de label à part un fictif mais ô combien référentiel not-BFD Rds. Si vous êtes intéressés (vous devriez), expédiez-nous un message, on essaiera de faire suivre.

DRUNKABILLY Rds
    Le nouvel album des Hot Boogie Chillun est une des bonnes surprises du trimestre. Le groupe existe depuis une douzaine d'années et ce 15 Reasons To Rock'n'Roll doit être leur troisième méfait. Ils sont allemands et, malgré un nom qui évoque des tâcherons du blues écumant les bars du Tarn et Garonne le samedi soir, ils se posent en touche-à-tout rock'n'roll de génie (non, y'a PAS d'électro) capables de marier, au hasard ou presque, Hives et Supersuckers dans le même morceau, et partant, de procurer double dose de plaisir pur ! Heavy Country contre New Rock teigneux ! Et ce n'est qu'un exemple, il y a d'autres mariages (d)étonnants. C'est magnifiquement réalisé, avec un bon son, clair et puissant jamais gonflé aux excès cache-misère. Et les choeurs de Martine Van Hoof (Sin Alley) illuminent magnifiquement quelques titres.
 Les émotions varient sans cesse : frissons rythm'n'blues (émouvante cover du "Widow Wimberly" de Tony Joe White, un morceau également au sommaire du récent album de The Solution) ou purement blues (le magnifique "Oh Well" de Peter Green/Fleetwood Mac), vibrations instrumentales (le "Penetration" des Pyramids, ou "Love And A 45", un saignant duel orgue contre guitare qui tient du combat de rues)... plus d'autres (15 en tout) Bonnes Raisons de Rocker & Rouler... On confirme. Les Hot Boogie Chillun n'attendent qu'un geste de votre part (et une douzaine d'euros, ok) pour vous mettre le coeur à l'envers. Faites vous donc une surprise.
(www.hot-boogie-chillun.com)

 Les Belges Hètten Dès font de parfaits complices pour leurs collègues chroniqués juste au-dessus. Le chanteur a le même Stetson, un contrebassiste officie dans chaque groupe et Martine de Sin Alley est passée dans le studio au bon moment. Par contre, les Belges sont un peu plus spécialisés et ne jurent que par le cocktail Country + Rockab'. C'est donc à cette sauce qu'ils accommodent entr'autres le... "Ace Of Spades" de Motorhead (sorti aussi en single) ou "The Devil in Miss Jones" de Mike Ness. Ils appellent ça du Power-Country. C'est marrant, un peu anecdotique, mais fait avec une telle détermination soignée que ça fonctionne à plein au premier et deuxième degré. Quant à la voix chaude et profonde du gars au Stetson, elle fera inévitablement fondre les fans de Johnny Cash. (CD 12 titres, Cowboys Con Cojones).
(www.drunkabilly.com)

DEAD BEAT Rds
    Deuxième livraison des Black Jetts de Las Vegas, ce Right On Sound dispense quelques secousses électriques sous influences Rolling Stones/Hellacopters/MC5, la routine quoi... Dans le genre ils font sans doute partie du peloton de tête, même si l'urgence rock'n'soul organique (leur côté Dirtbombs meet Blue Cheer) de leur 45t intermédiaire n'est pas tout-à-fait au rendez-vous. D'ailleurs les deux morceaux du single en question (chroniqué dans notre numéro précédent) apparaissent ici en version différente et moins excitante. Reste un album correct et punchy, déchiré à la wah wah, à l'usage des fans des groupes précités. Ça fait quand même du monde.

     Les Feelers (de Columbus, Ohio) font partie de ces gangs trash-punk sans foi ni loi qui ne respectent rien et font grincer des dents autant que saigner les tympans. Quand ils ont fondé un (petit) label pour sortir leur premier 45t, ils l'ont baptisé d'un nom piqué chez Crime (Death By Noise), ça devrait vous donner une idée. Speed et infectieux, punks dissonants, nihilistes et mal élevés, les Feelers (feat. l'ex Reatards Sean Sensation et l'ex-Nurses Aleks Red Menace... rien que les noms !) vont sûrement faire un tabac chez les fans de punk déjanté à la Germs/Lewd. Les autres appliqueront le titre à la lettre (Learn To Hate The Feelers).

     Sorti seulement en vinyle, l'album d'Aluminium Knot Eye (du Winsconsin) fait la paire avec celui des Feelers pour ce qui est de l'option sans foi ni loi. Coloré new wave et punky jusqu'au bout des ongles, ce Trunk Lunker mélange rythmes hachés, guitares minimales et vocaux menaçants trafiqués au porte-voix. Comme si les Pagans s'étaient acoquinés avec les Residents pour relifter le premier album de Devo. J'en vois qui pâlissent.
(www.dead-beat-records.com)

LES GITANES
    Après les Vietnam Veterans puis les Late Veterans, l'auto-proclamé "duo lysergique le plus complémentaire de tous les temps" (Mark Enbatta & Lucas Trouble) est de retour sous un nom qui offre quelques possibilités de calembours au chroniqueur fainéant (ça va faire un tabac, ils sont bien allumés, un disque fumant, etc...). Lancé en éclaireur devant l'album Cloudy Craw, ce Cd 3 titres propose DEUX versions vibrato-fuzz-piano du hit de Sonny Bono "Bang Bang", écrit pour Cher puis repris par Nancy Sinatra (la version choisie par Tarantino) et... Sheila ("Et ce bruit-là bang bang, je ne l'oublierai paaaaas..."). Le lifting réalisé par Les Gitanes est sans doute par définition anecdotique, mais pas pour autant dénué de charme vénéneux grâce à quelques atouts (la voix de Mark, le piano de Lucas). Sur l'autre morceau, "Welcome to Oblivian", le tempo grimpe, l'orgue se fait plus présent et on dirait une version charcutée et amphétaminée de... "Bang Bang". Quand on aime...
Nova Express Rds : 21 Chemin des Carrières, 71150 Chagny (kaisernova@aol.com)

TIJUANA HERCULES
    Ce trio de Chigago (dont un des membres est préposé aux bruitages bricolos à base de planche à laver et boîtes de conserve vides) fait songer à un cocktail que personne n'avait encore osé : Captain Beefheart + Tom Waits + Mojo Nixon, excusez du peu. Leur CD sans titre (sur Black Pisces Rds) comblera ceux dont le blues est la perversion ultime et l'humour la planche de salut. Les Tijuana Hercules assaisonnent leurs racines made in Mississippi de giclées de trombone (le bruitiste fou encore) genre procession à La Nouvelle Orléans et se placent volontairement sous la tutelle d'un Robert Johnson épileptique avec la dérision et le douzième degré du subversif Mojo Nixon. Il ne nous en faut pas plus pour y cloquer le "recommandé" d'usage.
(www.tijuanahercules.com)

EDISON ROCKET TRAIN
    Blues toujours, le deuxième album de Mike "Sharky" Edison vient de tomber, en vinyle, sur le label brestois Human Bretzel. On en connaissait déjà quelques titres (dont le magnifique "This Train" paru en single chez Sentenza Rds), voici la suite de ces sessions auxquelles ont participé, outre les habituels collègues du Train, quelques potes de bitures du Shark dont Jon Spencer (prod et guit), Matt Verta-Ray (guit) et les filles de Mr Airplane Man (choeurs à pleurer). Le Edison Rocket Train crache un blues urbain noirci aux tuyaux d'échappement de New York, s'en va puiser aux racines R'n'B ("Ride Your Pony"), amortit les cours d'espagnol pris à Madrid pendant deux ans ("Beep !Beep !"), tricote un funky blues torride ("Strut"), fait hurler la guitare à une corde ou le stylophone, sorte de thérémin(imal) de poche, et finit par convoquer les fantômes de toutes ses vieilles idoles (de Big Joe Turner à Elmore James, JL Hooker ou Howlin' Wolf) pour une fiesta qui fait de ce East River Delta un album à la fois brûlant, rootsy et rigolo. Mike Edison est en tournée ces jours-ci, s'il passe près de chez vous, payez lui un canon de notre part, on s'arrangera plus tard.
(www.rockettrain.com)

KNIGHTS OF THE NEW CRUSADE
    Ces gars-là ont adopté un look assez peu pratique pour les nuits de beuverie dans les clubs rocks : cottes de mailles, hauts de chausse et heaumes (en fait de heaumes, il s'agit de seaux où ont été découpées à la scie électrique des emplacements pour les yeux, le nez et la bouche). Voilà... j'vous entends déjà... encore un groupe de cinglés... C'est vrai, et c'est même sans doute encore loin du compte puisque ces Chevaliers/Templiers jouent la carte du... Rock Chrétien, logique ! Mais du calme, c'est un gag, une parodie tellement réussie que plusieurs mags se sont fait avoir en beauté (Maximum Rock'n'Roll par exemple). Pas étonnant. Qu'ils célèbrent façon Dead Boys le signe du poisson, le fameux "Secret Sign", emblème fédérateur des premiers chrétiens persécutés, ou maudissent Darwin sur fond de country red neck enjouée ("Ain't No Monkeys In My Family Tree"), les Knights Of The New Crusade le font avec un humour douzième degré jamais pris en défaut. Ecoutez-les dénoncer la pilule de l'enfer (l'extasy) dans "E Is For Evil", crier leur "Sympathy For Jesus", mettre en garde les filles contre les périls du flirt ("Dangers Of Dating") ou souhaiter instaurer une théocratie plutôt qu'une démocratie... tout ça sur fond de garage-sound touffu mâtiné de Bo Diddley Beat et de riffs hendrixiens en diable (oops, l'excommunication me guette)... Tordant et remuant.
    Le groupe sort de San Francisco, un nid de groupes masqués, encagoulés, momifiés et il se murmure que nos Chevaliers ont plus qu'un air de famille avec les Phantom Surfers et autres Mummies... Leur album My God Is Alive ! Sorry About Yours est paru sur... Gabriel’s Trumpet Records, ben voyons, et existe aussi en vinyle sur Screaming Apple.
(www.screamingapple.de) - (www.crusadenow.com)

OX
    La dernière livraison d'Ox (#59, avril-mai 05) déroule sur 132 pages un sommaire (en allemand à une ou deux exceptions près comme la rubrique de Lindsay NBT Hutton) dont au moins une partie ne devrait pas trop vous dépayser : Flaming Stars, Billy Childish (longue interview), Neurotic Swingers, Zeno Tornado, The Spits, Kevin K, The Rapiers, plus les usuelles chroniques et rubriques détaillées ou les disques sont notés de 1 à 10 (le dernier Boss Martians a par exemple récolté un 10/10, du quasi-jamais vu qui confirme que les Ox-Men ont du goût). Le CD qui accompagne traditionnellement le magazine propose des extraits d'albums récents ou imminents de Turbo AC's, Juliette & The Licks (entre Joan Jett et Texas Terri, c'est le groupe de la turbulente actrice Juliette Lewis vue dans Natural Born Killers, Romeo Is Bleeding, Kalifornia, mais aussi, hum, dans Starsky & Hutch ou Blueberry...), The Doits, The Generators, A-Frames, etc... Attention, la représentation de groupes hard-core-metal est cette fois sensiblement supérieure à la moyenne.
(www.ox-fanzine.de)

DEAD BUDDIES
    Ces Bordelais multi-cartes (membres de Shunatao, Bud, Summer Factory, etc...) se sont mis en tête de relifter à leur sauce et en deux jours (de la formation au split) quelques classiques : "Blitzkrieg Bop", "New Rose", "The Israelites" et "Love Will Tear Us Appart". Il faut entendre cette inénarrable version country-yoddle ("Hey ho ya la la hee ho let's go !") du classique des Ramones pour le croire ! Une réussite rare et tordante. Le hit des Damned est tout aussi habillé pour l'hiver, quoique de façon moins excitante (ou immédiate), celui de Desmond Dekker prend une coloration Velvet hooligan sans doute pas prévue par son créateur et le mythique "tube" de Joy Division a des allures de comptine white reggae bardée de guitares vrillantes avec refrain power pop chiadé. Cet EP se déniche chez La Petite Souris. Débrouillez vous avec ça et ce numéro : 05 56 79 32 49.

THE MAKERS
    Après les deux albums ramollos pleins de violoncelles et de ballades dépressives sortis chez Sub Pop, beaucoup considéraient les Makers comme perdus corps et biens pour le garage rock. Pourtant, après avoir une nouvelle fois changé de label (Kill Rock Stars Rds désormais), le gang de Spokane semble revenu à de meilleurs sentiments et aux origines par la même occasion puisqu'ils revisitent sur ce Stripped une quinzaine de titres exhumés de leur période Estrus avec l'expérience et la maîtrise du son acquises en chemin (c'est leur neuvième album !). Certains vieux fans préfèreront les versions originales (plus sauvages certes) et d'autres célèbreront le retour énergique des coqs de villages mal élevés et nourris aux Milkshakes et aux Sonics. Cet album semble un disque de transition spécialement concocté pour fêter le nouveau deal avec KRS puisqu'un prochain est annoncé pour très bientôt. Bon point : les Makers ont toujours choisi des labels qui sortent aussi des versions en vinyle de leurs disques.
(www.killrockstars.com)
 

Gildas Cospérec


SEWERGROOVES
    On n’a pas encore aperçu en ville le quatrième LP des Sewergrooves (le deuxième avec le line-up à deux guitares, et le premier sur le label suédois Wild Kingdom) mais une version CD "roulée sous les aisselles" suffira pour clamer tout le bien qu’on pense de Constant Reminder. Les vieux fans regretteront toujours l’époque power-trio avec Robert, le batteur des Hellacopters, qui massacrait sa batterie sur chaque morceau. Comme chez leurs cousins suédois, le son s’est assagi, les influences sixties sont moins présentes, mais leur leader Kurt a mis la main sur une mine à tubes. "Down On You", "Son Of God", "Look Again" ou "On Fire" sont carrément irrésistibles : du rock’n’roll brut et intense, des arrangements sobres, des choeurs aériens et des mélodies qui s’agrippent aux neurones. Un split avec Señor No est aussi disponible sur GP Records.
www.sewergrooves.com - www.wildkingdom.se

SWEATMASTER
    Après un 25 cm de transition presque entièrement constitué de reprises, le trio finlandais vient de livrer le successeur de Sharp Cut, un premier album détonnant paru en 2002 sur Bad Afro qui a fait un carton au pays du Père Noël. Tom Tom Bullet démarre en trombe avec deux tubes (dont "Maggots", le premier single) qui lorgnent vers les Hives. Des influences croisées d'ailleurs, puisque le dernier Hives emprunte parfois le minimalisme radical de Sweatmaster. Et virage similaire chez les deux gangs scandinaves vers un son plus policé, voire synthétique. Pas étonnant que "Dirty Rabbit" cite le riff de "Mongoloïd" de Devo. Le reste recycle allègrement le early punk ("Good Looks, Big Deal"), la power-pop ("The Kid", "No Accident") ou le bon vieux boogie rock ("Evolution..."), façon riffs saccadés, piano sautillant, groove robotique, solos sur trois notes, handclaps chirurgicaux et vocaux soul et distanciés. Et un improbable banjo country en conclusion ("North East Again"). Ils ont recasé les deux excellents originaux du 25 cm, "Dirty Little Things" et "Song With No Words". La version CD de Bad Afro contient en bonus une vidéo de ce dernier. L’album sort aussi en CD accompagné d’un EP six titres (les six covers du 25 cm ?) chez les Bordelais Vicious Circle. Forcément moins stupéfiant que le premier album, c’est quand même une nouvelle dose salutaire de rock’n’roll cru et sans fioritures.
www.badafro.dk - www.sweatmaster.net

FELCHERS / ZOOMEN
    Planquez la marmaille, ça va saigner. Le label toulousain Zerocontrol vient de lâcher un des disques les plus hargneux du trimestre. The Felchers attaquent à la gorge avec deux covers virulentes, "54/40 Or Fight" de Dead Moon et "This Is Rock’n’Roll" des Kids. Suivent une décharge punk graisseuse à la Oslo Motherfuckers, deux extraits de leur disque sur H-Records et trois titres live tranchants comme un silex. De dignes héritiers des Nitwitz (par le line up aussi). Les Zoomen, les héros locaux adeptes du punk terroriste, répliquent avec huit autres morceaux speedés et venimeux. Une production estampillée "Fucked-up and Destroyed à la maison par Lo’ Spider", une basse mammouthesque caractéristique, des guitares tronçonneuses voire tronçonneuses de l’espace, un tempo apoplectique et les vocaux plus street punk que jamais de leur screamer en kilt. Douce atmosphère à la Moorat Fingers / Dwarves / Pistols... Ils balancent aussi sur scène quelques mid-tempos plus punk’n’roll, mais le mot d’ordre de ce split CD devait être du genre "Banzaï et pas de quartier !". C’est gagné.
Zerocontrol, 6 rue Casteret, 31300 Toulouse
http://zerocontrol/propagande.org

KEVIN K
    Pas de doute, ce Kevin est un cas (on a déjà dû la faire celle-là...). Un punk, un vrai, efflanqué et tatoué à souhait, qui enquille les disques et les tournées avec la niaque d’un clébard affamé. Pour ce Mr. Bones, il a délaissé son backing band frenchy, les Real Kool Cats, pour enregistrer à New York avec son vieux complice Patrick Klein (ex-Fuzzbox et actuel Lizards). Et du punk éternel sous perfusion Heartbreakers, il dévie vers un son plus froid et plus métal. Riffs minimalistes et lancinants, refrains hypnotiques, voix claire et désenchantée... "Mr Bones", "Steel Rain", "White Trash", "If Only Love" restent gravés au fin fond du cortex. Attention à l’infarctus, amis punks puristes : il reprend même une vieille scie d’AC/DC, "Up To My Neck", tirée de l’album Powerage. Le K débarque en mai pour une nouvelle tournée avec les Real Kool Cats. Deux albums (Manbat et Perfect Sin) et un DVD (Live At Subsonic) sont aussi annoncés.
http://kevin.k.realkoolkats.free.fr

RED BEANS AND BISCUITS
    Haricots rouges et biscuits (j’aurais bien ajouté un peu de "Greasy Chicken") au menu de cette nouvelle compil’ dédiée à Andre Williams, douze titres rares ou inédits enregistrés entre 66 et 70, exhumés par Soul Tay Shus Rds, déjà sur le coup avec Rib Tips & Pig Snoots, et Whip Your Booty consacrée au Andre Williams’ Velvet Hammer. Cette fois, ça commence à sentir les fonds de tiroir. On y retrouve une moitié d’instrumentaux pas franchement indispensables (dont l’allumé "Red Beans/Bo Hog Stomp" et une version de "Pass The Biscuits"). Par contre les morceaux chantés cartonnent : le torride "Can You Deal With That" de Jo Ann Garrett (avec qui il avait enregistré un single pour Chess en 69), "I’m A Rock" du Velvet Hammer (un groove d’enfer, une basse en fusion, et une guitare solo incandescente... qui disparaît soudainement au mixage et se cache au fond des baffles), et surtout l’hypnotique "I Miss You So" d’Andre Williams & The Green Beret. Une sélection inégale sur laquelle on n’entend le père Andre que le temps de quelques choeurs de sa plus belle voix de basse, le tout bizarrement attribué sur la pochette à Andre Williams & The Out Of Sighters.
Soul-Tay-Shus Rds, Tuff City Rds 250 W 49th St, Suite 705, New York, NY 10019 -- www.tuffcity.com

NOT THE SAME OLD BLUES CRAP 3
    Malgré ses déboires avec son ancien distributeur Epitaph, le label du Mississippi Fat Possum poursuit sa route et cet éventail de leurs dernières productions comblera les fans de blues rapeux comme un coup de brutal au réveil. On a droit bien sûr à une pelletée de blues sudiste lancinant, avec les vénérables Charles Caldwell, Robert Belfour, T-Model Ford, Little Freddie King ("Crack Head Joe" qui adapte le riff de "Who Knows" d’Hendrix), Nathaniel Mayer, légende allumée de la soul et nouvelle recrue de l’écurie Fat Possum, ou encore RL Burnside, un des piliers du label, qui depuis quelques disques enrobe son blues antique de sonorités électro... Etrange et ensorcelant... On découvre aussi quel-ques vieilles bandes du même RL Burnside, de Fred McDowell, Joe Callicott ou Furry Lewis, tirées de la Collection George Mitchell - un historien du blues qui a multiplié les enregistrements et les interviews dans tout le pays des années 60 à 80 - dont Fat Possum a racheté le catalogue (du moins les titres qui n’ont pas déjà été réédités par Arhoolie).
 Rayon p'tits blancs qu’ont le bleu : The Black Keys, le duo d’Akron, avec un extrait du deuxième album ; un autre gang de l’Ohio, Thee Shams, cocktail garage/white soul sixties sur les traces de The Go! de Detroit (surveillez leur album Please Yourself) ; et le one man band casqué Bob Log III qui rajoute un peu de déjante avec son "Boob Scotch" (relecture alcoolisée de "Booby Trap"). Glaçon dans le Jack Daniels, une reprise vicieuse de Junior Kimbrough par les Stooges en personne (tirée d’un tribute au vieux Junior). Ils sont aussi interviewés dans le DVD You See Me Laughin’ (RL Burnside, Cedell Davis, T-Model Ford et Jr Kimbrough en concert) annoncé par le label d’Oxford.
Fat Possum Rds, PO Box 1923, Oxford MS 38655 -- www.fatpossum.com

FRENCHY BUT CHIC
    Sur leur nouvel opus, Back From The Gooch (CD sur Mass Prod, LP sur Turborock Rds), les furieux Weak de La Rochelle ont ralenti le tempo et ça leur va plutôt bien. "Motherfucker" fleure bon d’entrée le heavy punk scandinave tendance Turbonegro (qu’ils ont sur leur set-list depuis belle lurette). Plusieurs autres plages envoient grave ("Wasted Time", "Dope Taking Girl", "Get Outta My Way", "Blow Myself Away"), les refrains accrochent et ils maîtrisent leur son. Le cintré "Nasty Nympho" qui débourre à toute bombe clouera les survivants au mur. (www.weakmusic.com)

 Gaffe les caves, rev’la Les Volfonis... Les tontons flingueurs, Raoul Blier Volfoni et son frangin Paul... "J’vous préviens qu’on a la puissance de feu d’un croiseur et des flingues de concours !"... Ah, le bon vieux temps... Teddy de Montréal, le fondu qui travaillait qu’à la dynamite... Bref, les Volfonis ont rangé leurs pétards et se sont lancés dans le rock’n’roll en revendiquant un certain dilettantisme. En gros ils sortent un truc tous les six ans : deux morceaux publiés en 92, trois autres sur une compil’ Nova Express en 98, et l’an dernier le premier CD, Nervous Breakdown, sept titres placés sous le patronage des Who, Small Faces, Gun Club ("Jeffrey Lee Pierce") ou Dream Syndicate (le très bon "Blood & Roses"), dont une reprise réjouissante du "Zig Zag Wanderer" de Captain Beefheart. Rendez-vous en 2010 ! (volfonis@club-internet.fr)

 Fondés du côté d’Annecy sur les cendres des Gangbangers, les Teenage Romeos proposent un premier album séduisant. Into The Wild Blue Yonder scotche d’entrée avec une cover du "Bad, Bad, Bad" des Supersuckers, suivie d’une paire de tubes power pop musclés ("I Don’t Like", "Hurry Up") et d’une version speedée du classique "Do The Pop" de Radio Birdman. De solides influences australiennes, de bons morceaux (dix en tout), un gros son bichonné par Johnny Cat... Un disque à pister. (Action Rds, 16 Rue De Maupassant, 74600 Seynod -- www.action-recordz.com)

 On avait repéré leur démo, voici le premier album de The Fingertips, un redoutable gang tourangeau (avec des ex-Young Punks) dont le batteur officie aussi chez les Vibrafingers. Ramshackle!!! filera le tournis à tous les fans de garage punk lo-fi qui dépote. Douze titres speedés, tendus voire épileptiques, qui piétinent avec impertinence l’héritage du punk sur les traces des Rip Offs, Supercharger, Locomotions ou Spaceshits. Une reprise des Scarabées (hé, hé) en prime. Comme ils le proclament eux-même : "Les Fingertips ça blagotte pas !" (www.thefingertips.fr.st)

NOVA EXPRESS
    Trois autres combos français ont réussi à échapper aux sangliers enragés qui gardent les Kaiser Studios de Lucas Trouble (tout sur l’animal dans le Dig It! # 31) et tous trois s’en tirent avec un nouveau CD sur son label Nova Express. (Dernière minute : le Spider Gang revient tout juste des studios du Kaiser, ils ont bouffé les sangliers.)

 Les Sétois Little Green Fairy s’imposent avec Burn Witch Burn comme l’un des gangs les plus originaux du moment. Un son atypique, à la fois rugueux, intense et planant, des giclées de wah wah incandescentes, des influences australiennes (autant Radio Birdman que power pop punk à la Eastern Dark), des allers-retours entre l’urgence froide des Stooges et les mélodies fragiles à la Hüsker Dü, une cover très personnelle de Pink Floyd ("Wish You Were Here")... Un album prenant qui se révèle à la longue. Guettez-les la prochaine fois qu’ils seront dans votre quartier, c’est encore mieux sur scène.

 Jaillis des garages dijonnais, voici les tonitruants Vibromaniacs, avec d’anciens Psychotic Reactions, une sorte d’hybride Fuzztones/Beach Bitches/Yard Trauma. Une louche de garage sixties avec orgue hanté, une dose de groove, un fumet psychédélique allumé et des giclées de punk speedé, voilà en gros la recette de leur Sweet Smell Of Hell, aussi teigneux et marrant qu’une bonne série B d’horreur.

 Même atmosphère démoniaque pour le Hellish Noise des Voodoo Devils. Ceux-là font plutôt dans le psycho vaudou. Vu que c’est pas trop ma tasse d’acide, je dirai juste qu’ils m’ont l’air d’assurer comme des bêtes et que leur chanteur est affectueusement surnommé "l’Eventreur Prussien". Des poètes ! (www.voodoodevils.com)
Nova Express Rds, Demeure du Levant, 21, Chemin des Carrières, 71150 Chagny
kaisernova@aol.com

OFF THE HIP
    En attendant le premier album des Intercontinental Playboys (Sonic Seducers) ou la réédition CD des deux premiers LP d’Asteroid B 612 (Two Fisted Rock’n’roll), le label australien délivre une nouvelle perle power pop : Fibrotones, le troisième album solo de Danny McDonald, (ex-chanteur/guit des Stoneage Hearts, récemment remplacé par Dom Mariani). Il a réuni un gang de fines lames (Paul Thomas des Wedding Parties Anything, Tim Mills de P76, et Mickster des Stoneage Hearts/Crusaders, le boss d’Off The Hip) pour une douzaine de morceaux qui nous immergent dans un univers à la Big Star/Paul Collins Beat, teinté de surf. Des mélodies ciselées parfois pêchues, des refrains efficaces à chanter sous la douche... L’idéal pour démarrer la journée avec un peu de ciel bleu et de brise marine dans le ciboulot.

 Plus brutal, Johnny Casino’s Easy Action est un conglomérat de gros durs tatoués mené par Johnny Casino, ex-Asteroid B 612/Egos, et le Cosmic Commander, chanteur du gang de Philadelphie Rancid Vat (plus des anciens Limecell ou Officer Roseland, et le frère de Johnny, Brother Grahame Deluxe). L’alliance de la Confederacy Of Scum et du punk velu australien. Ouch ! De quoi frémir... Mais Lo’ Spider vous a déjà tout dit sur leur démo We’ve Forgotten More Than You’ll ever know qui vient donc de se trouver un label... Velu certes, mais éclectique, un hommage au gros son seventies qui maraude du côté du groove ("Expressway To Your Heart" des Soul Survivors), des Easybeats, Pretty Things et autres MC5, avec tantôt la voix-d’ogre-qui-dégueule du Cosmic Commander, tantôt celles moins braillardes de Johnny et son frangin.
Off The Hip Rds  PO Box 1211, Carlton Vic 3053, Australie  - www.offthehip.com.au

BAD ATTITUDE !
    Bomber était le side-band de deux Mutants (le guitariste El Toro et le batteur Don Hesus) et des deux gratteux des early Flaming Sideburns (Ski Williamson, ici à la basse, et Jeffrey Lee Burns à la guitare et aux vocaux). Jusqu’à ce que ce dernier émigre en Caroline du Nord pour y poursuivre ses études, ils ont réchauffé la Finlande avec leur exotique mixture psyché-country-lounge-mariachi. Le CD Booze, Dope And Fever rassemble un morceau live bien barré, justement titré "Psykodelico", et dix titres studios enregistrés à Lahti en 99 (dont une reprise d’Eddy Dixon, "Relentless"). Burns raconte qu’il faisait bien - 20°C dehors ce jour là, tandis qu’ils brûlaient tous de fièvre dans le studio. Gnôle, dope et fièvre, ingrédients idéaux pour des tribulations variées : chevauchée dans la plaine, dégustation de peyotl, fin de fiesta à l’hacienda, et larmes qui gouttent dans la bière.

 Toujours sur le label finlandais en CD et  sur Scarey Rds en Italie pour le vinyle, voici le premier effort de The Chuck Norris Experiment. Un nom totalement naze au passage, The Bruce Lee Experiment ça sonne déjà mieux... Nos cinq faux Chuck proviennent de différents groupes suédois musclés : Rickshaw, Tiamat et Taurus. Evidemment ils font dans la manchette virile et le bourre pif poids-lourds. De bons moments heavy-punk ("Senorita (Lookout)"), des riffs stoogiens hypnotiques ("RadioShadow") et pas mal de gros hard rock poilu (dont un titre co-écrit par Jake Starr d’Adam West). De la pâture à Bébés Dinosaures, comme on dit sur Canal Sud. Dans le même registre, Ride Of The Rides du quintet Garage 13 démontre au moins que la relève rayon heavy punk scandinave est inépuisable (www.chucknorrisexperiment.com).
Bad Attitude! Rds, Metsakylankatu 22, 33300 Tampere, Finland
www.bad-attitude-records.com

VOODOO RHYTHM
    "Je suis presque en faillite mais ces deux galettes DEVAIENT sortir !" dit en substance Beat Man dans son dernier message. Faudrait demander à Hipbone Slim d’embaucher un gang de blousons noirs et de les larguer sur une banque du coin pour sauver le label suisse. C’est bel et bien l’ambiance de Have Knees Will Tremble, le dernier Hipbone Slim & The Knee Trembles, trio britannique composé de Sir Bald Diddley, John Gibbs (ex-Kaisers) et Bruce Brand (ex Milkshakes/Headcoats). Chaînes de vélo, crans d’arrêt, rébellion teenager, rockab’, blues, 60’s beat et instru à la Link Wray sont à l’affiche. Participation de Mickey Hampshire (un autre ex-Milkshakes), d’Holly Golightly (ex-Headcoatees) et d’Eli Hussock au piano. Un son millésimé peaufiné dans les Toe Rag Studios. En deux mots : la classe.
(alopeciarecords@hotmail.com)

 L’ancien guitariste des Revelators et des Hard Feelings est de retour avec un nouvel album solo avec lui même, euh... enfin sous le nom de John Schooley And His One Man Band. Après un EP 4 titres déjà sur Voodoo Rhythm, ce premier album est un nouveau trip trash blues respectueux des ancêtres : la voix en intro qui craque comme sur un antique 78 tours et un paquet de reprises (Jimmy Reed, Billy Boy Arnold, Rufus Thomas, Lazy Lester, Howlin’ Wolf et deux covers de Doctor Ross, célèbre one man band de Detroit). Avec une nette prédilection pour le boogie fiévreux et hypnotique, il martyrise de concert harmonica, guitare, et percussions. Quelques moments d’accalmie, et d’autres de déjante possédée à la Mike Edison. Recommandé aux fans de vieux blues et de son rapeux.
 (www.johnschooley.com) - (www.voodoorhythm.com)

THE PUNKLES
    Yeah, Yeah, Yeah ! Bitzcore vient de rééditer le premier opus des Punkles, le quatuor de St Pauli à Hambourg, qui s’est fait une réputation avec ses covers punks des Fab Four. Le titre parodiait celui du premier album des Beatles, la couverture celle de Hard Days Night, et d’entrée Sid McCartney (!) et sa bande revendiquait leur double filiation en citant "Blitzkrieg Bop" des Ramones. Beat The Punkles ! contient quatorze reprises pétaradantes, exécutées avec humour et respect, parmi lesquelles l’inénarrable "All You Need Is Love" dont le refrain devient "All You Need Is Punk". Ils ont exploité le concept sur au moins trois autres albums, parcourant la planète sous le sobriquet de Fast Four ! Vaut peut-être mieux être fan des Scarabées pour apprécier l’hommage. (www.punkles.com)
 

Sylvain Coulon


THE DEVIL MAKES THREE
    Vous avez peut-être croisé ce combo de Santa-Cruz durant une de leurs récentes tournées françaises et pu apprécié son Swing-Country-Folk hérité des jug bands du Mississippi : une guitare, un banjo, une contrebasse et trois voix qui harmonisent sur les thèmes classiques du blues profond, l’alcool, les inégalités sociales, la rédemption, etc... Leur deuxième CD, LongJohns, Boots, and a Belt vient de sortir sur leur propre label et c'est du tout bon, comme le précédent, avec ouverture vers les folklores européens sur "Black Irish" et une magnifique ballade, "River Deep", avec scie musicale en prime. On ne s’éloigne jamais vraiment des racines, même sur un "Bangor Mash" à la structure quasi-punk ou un "North Carolina" qui semble tout droit sorti d’O’Brother. Un label toulousain devrait prochainement sortir un enregistrement studio réalisé à la fin de leur tournée de l'an dernier (avec notamment une excellente version de "St. James Infirmary")
PO BOX 1413, Santa Cruz,  CA 95061, USA
(www.thedevilmakesthree.com)

THEE PSYCHO DELMATICS
    Le label australien Off The Hip se fait plus méchant que d'habitude (et y prend goût, voir dans ces pages avec Johnny Casino) sur ce premier album des Psycho Delmatics de St Kilda. On pense aux Cramps qui auraient opéré un dangereux virage vers le hard-rock... Une sorte de rockab’ mutant où le chanteur se prend pour Lux Interior et le guitariste mouline comme Angus Young, le tout sur un beat surf avec choeurs à la Lime Spiders. Un peu trop fourre-tout pour moi, même si le son est irréprochable et la conviction inflexible.
Off The Hip, PO Box 1211,  Carlton Vic 3053, Australie (www.offthehip.com.au)

MORE TO ENJOY #2
    Tout est indiqué sur la pochette : " International surf & garage beats sensations". Cette excellente compil a été concoctée à Nantes par les gars d’Unfair Rds, un label qui semble avoir des accointances avec les surfers de Star & Key Of The Indian Ocean. C’est d’ailleurs le style qui prédomine (plus que le garage beat), avec les fantastiques (désolé...) Fantastic 3, les Bisontins Hawaii Samurai, les Bordelais Antena Tres qui sortent un effrayant "Soy Un Zombie" (avec la guitare virtuose d’Arno de Cea), le frat des Challengers Of The Unknown et les rigolos Surfin’ Barmaids qui donnent envie de réécouter les Wavy Gravy. Côté garage, on retrouve les Monsters de Beat-Man, les Magnetix et Curlee Wurlee. Remarquable prestation également de Vegomatic avec un "Lonely Space Surfer" électro-surf qui fleure bon son Morricone.
(www.zone51.com/ultra-milkmaids/theunfairrecords/index.htm)

THE WANGS
    Le groupe n’existe plus depuis deux ans et la déferlante Wangs ne cesse pourtant de venir lécher nos côtes (oh oui !). Ce coup-ci ce sont les Montbéliardais des Productions de l’Impossible (Hawaii Samurai, Hellbats, etc...) qui s’y collent et sortent une compil CD (In Surf We Trust) des surfeurs parisiens. On y retrouve donc leur 25cm Pour Surfeur Seulement, sorti précédemment sur Wild Wild Rds et le plus récent 45t édité par le label brestois Human Bretzel. Le tout est agrémenté de trois plages vidéo, cagoulées et live au Mutant Show. Essentiel pour avoir l’air moins con à la plage...
Productions de l’Impossible
6 rue de Belfort, 25200 Montbéliard
(www.productions-impossible.com)

GREEN COOKIE RDS
    Surf toujours avec notre label grec préféré. Après les Nantais Star & Key of the Indian Ocean, Green Cookie s'intéresse maintenant aux Italiens I Fantomatici et propose une poignée d'instrus assez classiques sur les thèmes habituels du genre (espionnage, science fiction, western...). Agréable, mais pas indispensable. (CD Giustizia Sommaria)
    Par contre, vous pouvez jeter une oreille plus attentive sur le CD des Insect Surfers. Ces Américains du Maryland pratiquent depuis 79. Armés à leur début d’un synthé, ils avaient baptisé leur truc "techno-surf". Par la suite ils se sont fait plus classiques et ont pondu une flopée de disques au cours des années 80 et 90, jusqu’à leur dernier Mojave Reef, enregistré en 2003 dans la maison de... Ray Bradbury (Surf-Fiction !?!). Pour ce Satellite Beach, Green Cookie a compilé divers enregistrements (albums, raretés, etc...) qui illustrent parfaitement la carrière du "plus vieux groupe de surf instru en activité".
Green Cookie Rds, PO Box 50501, 54013 Thessaloniki, Grèce
(www.colorcookies.moonfruit.com).

SPEEDOMETERS / HOT FLOWERS
    "L’Univers (sale) du disque est en crise ! Vous, masses besogneuses du rock & roll, regroupez-vous et faites de l’autoproduction la logique de demain !". C’est vrai qu’on a déjà essayé, et ça ne fonctionnait pas si mal. Jusqu’au jour où on nous a dit qu’on devait passer par un label, un distributeur, être chroniqué dans des journaux de merde... Mais non, rien ne nous obligeait à tant de compromissions ! Ha ha ! Les Bordelais Hot Flowers et leurs camarades toulousains Speedometers l’ont bien compris qui sortent leur premier split EP. Deux styles différents, duo garage-blues déjanté, dans la lignée JSBX pour les premiers et power-pop-mod-punk pour les seconds (avec un tube immédiat, "Change The World"). Les deux groupes ont été habilement enregistrés par Stef "Duck", le batteur énervé des défunts Stef & Arno (ou guitariste des Jellybears, ou tout récent Fatals...). Précipitez-vous et soutenez le vrai R’n’R, que diable !
(http://hotflowers.free.fr) - (www.speedometers.fr.st)

THE SERMON
    Excellent premier album pour ces Californiens (ex-Fells, Mount McKinleys et Dukes of Hamburg) sur le label de Jello B, Alternative Tentacles. Volume oscille entre pur garage ("Surprise" qui lorgne vers les Loons ou les Tell Tale Hearts) et des trucs plus punks à la New Bomb Turks (le détonnant "Luzerne County"). La basse vrombit comme un V8 au démarrage, la voix rugit, se fait plus féline dès que le tempo baisse et les guitares giclent toute fuzz dehors. Russel Quan pointe son harmo ("No Beast So Fierce") et y’a même un théréministe fou sur "491" qui s'approche des délires des Clone Defects. Tout ça se termine par l’ultra sauvage "Hand to Hand", entre Sickidz et Gaunt. Très recommandable !
Alternative Tentacles Rds, PO Box 419092, San Francisco, CA 94141, USA
(www.alternativetentacles.com)

ZAXXON VIRILE ACTION
    L’excellentissime label de Québec déverse  son flot mensuel de garage-rock. Tout d’abord ce single, "I’m Back", des Midnight Tramp de Chicoutimi. si vous avez lu attentivement notre n° précédent, vous savez ce que je pense de leur CD. Et bien ce 45t me fait quelque peu changer d’avis. L’ambiance est toujours à la power-pop sixties et au pub-rock, mais le son plus rocailleux et surtout plus compact donne véritablement vie aux morceaux.

     Quand à la deuxième sortie du trimestre, il s’agit des Reatards. Aaah les Reatards ! Certainement un des meilleurs groupes du moment. Depuis 97, ils distillent généreusement leur punk-garage lo-fi aux quatre coins de la planète. Toujours la même recette, un riff mitraillette aux accents bluesy, un beat métronomique et la voix "au delay" de Jay. Ajoutez-y de courts solos 70’s du meilleur effet et un sens immédiat du refrain qui tue... Que voulez vous de plus ? Bon il faut quand même mettre en garde les oreilles les plus sensibles qui auront peut-être du mal à supporter le déluge de décibels. (Monster Child 7")
Zaxxon Virile Action, CP 1218, Sorel-Tracy, Québec, Canada J3P7L5
(www.zaxxonvirileaction.com)

LOVE KILLED MY BRAIN #1
    Le label toulousain Nasty Product continue de sortir des 45t à un rythme effréné. Ce coup-ci il s’agit d’une compilation regroupant la crème du label. Le thème ? L’Amour ! Les Fatals, Kung Fu Escalator, Sonic Chicken 4 et Mighty Gogo Players se livrent au difficile exercice de la ballade ; barbelée pour les Fatals ("My Darling & The Wind", de leur première session d’enregistrement), extra-terrestre pour le Sonic C4 (un mix garage/country psyché, toujours plus étonnant), envoûtante et minimaliste pour Mr Gogo (en quasi solo pour un "It’s You Baby" à la Vietnam Veterans/Seeds) et venimeuse pour les fous du Kung. Paraphrasons Coluche : "jusqu’où s'arrêteront-ils ?!?"
 Dernières nouvelles du front Nasty : les Fatals jouent maintenant avec Stef (Stef & Arno) et s’apprêtent à partir pour les States en mai. Le Kung Fu Escalator s’est adjoint les services d’un nouveau guitariste et le label annonce la sortie prochaine de l’album de King Custer McCarthy & The Magnetix (soit Moulinex, l'auto-proclamé "artiste pute", accompagné par le duo bordelais).
(www.nastyprod.com)

THE VOYEURS
    Mais qui se cache sous ce pseudo lubrique et mystérieux ? Un groupe australien, signé par un label basque. Les pistes se croisent, ma vision se brouille... En fait il s’agit du groupe de Brian Hooper, bassiste des Surrealists (de Kim Salmon) et du late Beast Of Bourbon. Pour ce disque enregistré il y a déjà quatre ans, il s’était entouré d'un groupe de Melbourne, Luxedo, rebaptisé depuis Devastation (et chroniqué ici il n’y a pas si longtemps). Ils définissent leur musique comme du "swamp lounge" et c’est pas mal vu. Rythmes groovy, orgue omniprésent et Fender(s) épileptiques. On pense aussi au Blues Explosion, à Sour Jazz ou à l’Ig' des eighties, voire même à Curtis Mayfield. Et la voix de Brian n’a rien à envier à celle de son compère Salmon. Classe !
Bang ! Rds, APDO 166, Santurzi 48980, Pays Basque, Espagne
(www.bang-records.net)

THE WILD BUD
    Suite à un changement de personnel, le combo d’obédience country-folk-de-taré s’est transformé de Bud en Wild Bud. Et ça s’entend ! Beaucoup moins d’instruments acoustiques et de folklore pour plus de rock’n’roll ou de punk. Quand on visionne le casting, ça n'étonne qu’à moitié : Stef "Duck" à la batte et à la production (encore lui, hyperactif l’animal !), JFG (Summer Factory) à la basse, Licken Boy (Jakes, Hero X) à la guitare et le seul membre originel, Buddy Price à tout le reste (dont la voix). Un super-groupe bordelais... Encore un, ouais, l'inceste est pratique courante chez nos voisins.
 Ils sont capables de tout ! ça démarre fort par un fracassant instru aux accents surf, suivi du débilo-twist "Dead Town For A Twist", un peu comme si les Revillos s’acoquinaient avec les Violent Femmes et les Dead Milkmen... Imaginez... On poursuit de country en garage (riff à la Headcoats incroyable sur l’intro de "Lucky Bamboo" avant que le morceau ne vire psycho déjanté) en passant par le blues, pour finir sur une relecture de "Surfin’ Bird" ("Surfin’ Bud" pour le coup) à la Beast of Bourbon, harmonies vocales en plus.
 Deuxième sortie du label Flame On, après le premier album des Magnetix, ne vous laissez pas refroidir par la pochette hideuse d’Over The Top (c’est mon avis... Mais bon j’ai jamais bandé pour un chalet de montagne au milieu des alpages... Même peint par un obstétricien daltonien de Mulhouse !).
(www.flameonrecord.com) - (www.wild-bud.com)

HATEPINKS v/s SHAKIN’ NASTIES
    Première sortie du label marseillais Relax-O-matic Vibrator rds, ce split 45 est une véritable tuerie ! Les Hatepinks sont au meilleur de leur forme (pour les avoir croisés y’a pas longtemps je peux vous dire qu’il vaut mieux  les avoir bien accrochées pour grimper sur scène après ces oiseaux-là). Leur cocktail Pagans/Reatards fonctionne on ne peut mieux sur les deux titres de ce single : "Kissing Cops With My Ass" avec ses choeurs noyés d’écho, et la petite konnerie "Philippe Manoeuvre Is A Piece of Shit"... Je suis sûr qu’il appréciera l'hommage à sa juste mesure, à la différence d’un Bigenheimer qui en son temps avait essayé de griller les Angry Samoans par tous les moyens pour un simple "Get Off The Air"... Enfin on peut aussi souhaiter comme eux que la presse dite "rock" parle un peu plus de real rawk justement, au lieu de se focaliser sur les éternelles merdes convenues qui font bailler...
 En face B on retrouve les énervés teutons Shakin Nasties déjà auteurs d’un très bon album chez Radio Blast. Voix de merdeux sur rythmes robotiques pour punk-rock jouissif. "I’m In Love With The Modern World" rappelle un peu les Kids et l’énorme "Urban Sniper" illumine la face de ses choeurs débiles.
 Le label annonce un 25cm des ignobles Zoomen comme imminent. On en reparlera.
Relax-O-Matic Vibrator Rds, 13 rue Terrusse, 13005 Marseille (http://relaxomatic.free.fr)

ALIEN SNATCH RDS
    Le label allemand continue de nous abreuver du meilleur rock’n’roll de la planète. Daniel Snatch nous a cette fois déniché un pur joyau italien, un duo vénitien du nom de Mojomatics. Quelle claque ! Groove, blues, country, ballade à pleurer dans son verre... Ils savent tout faire, avec le petit je-ne-sais-quoi en plus qui les place tout de suite en haut de la pile. Leur album, A Sweet Mama Gonna Hoodoo Me débute très fort avec "My Mojo Starts Workin’ Now"... et croyez le ou pas, il s’est bien mis en branle mon mojo ! puis vient "it’s Such A Shame" entre les Nomads et "Shape Of Things To Come", suit l’émouvant "Kiss Me When I’m Cold", pas très loin des Compulsive Gamblers puis un petit tour chez les hobos avec "Soul Dealings On The Railway"... Je vais pas tout éplucher, mais si les frissons ne vous gagnent pas sur le très garage-pop, "The Story That I Tell", moi y’en a trop cramé pour comprendre ! Indispensable !!!
(www.mojomatics.com)

     Le label reste fidèle aux Fevers et sort leur deuxième album. Vous vous souvenez, c’est ce trio américain où l’on retrouve Travis Ramin (celui des Short Fuses et Tina & The Total Babes) à la batterie. Power-pop à tous les étages, des Real Kids à The Knack en passant par les girls groups ("Don’t Tell Me It’s Wrong") ou Wreckless Eric ("My Ly Ly"). Z’ont des looks de potaches, bonnet de marin, écharpe en laine et pantalons blancs, un son "comme à la maison", avec approximations de rigueur, et un chanteur parfait avec sa voix nasale et haut-perchée. Ils font une reprise du "Let Me Rock" des Flamin’ Groovies un peu mollassonne à mon goût (réécoutez celle des Shoo Chain Bros sur le Tribute sorti il y a quelques années chez Safety Pin). Love Always Wins reste un très bon disque de power pop quoiqu'un poil trop classique.
Alien Snatch! Rds, Mörikeweg 1, 74199 Untergruppenbach, Allemagne
(www.aliensnatch.de)

ULTRACUERPOS
    Pour avoir croisé ce combo galicien (de La Corogne) alors qu’il se faisait appeler Virus, je me souviens d’un groupe compact aux guitares tueuses et à la prestance déjà bien affirmée. Depuis ils se sont rebaptisés Ultracuerpos et donnent libre-court à tous leurs penchants sur ce deuxième album, The Right Way. Au menu : Hi-energy rock’n’roll, Detroit soul à la Scott Morgan ("Can’t Stop The Pain"), grosse touche Rolling Stones, louchée de garage sixties et chaudron plein de MC5, un épique "I’m Going Out Of My Head", le pur rock’n’roll "Saturday Night" et l’inévitable reprise, "Sister Anne", exécutée de main de maître. Pas étonnant puisque le groupe s’est amusé à plusieurs occasions à se transformer en tribute band du Five. On pourra regretter les morceaux un peu longs et la production timide, mais ce disque reste une bonne alternative à l’invasion scandinave.
El Beasto Rds, PO Box 2023, 15001 La Corogne, Espagne (www.elbeasto.com)

THE CANDY SNATCHERS
    Alors que le groupe de Norfolk (Virginie) prépare un nouvel album, il était mérité qu’un label se penche à nouveau sur l'oeuvre de ces profonds malades. Depuis 1992, ils font suer leur punk rock’n’roll débridé, armés d’un guitariste saignant, Matt Odietus et d’un chanteur totalement hystérique et hors de contrôle, Larry May (par ailleurs compère de Steve Baise dans les Secrets). Au programme de cette compil concoctée par le label néerlandais Roulette’s Records, quatorze morceaux issus de singles ou de compilations, quelques reprises ("Picture My Face" de Teenage Head, "Murder City Nights" de Radio Birdman et un dynamitage du "Suffragette City" de Bowie) et des perles comme l’ultra nerveux "Moronic Pleasures", le quasi hardcore "Hooligan" pas si loin des Circle Jerks ou l’amphétaminé et stoogien "Party Girl/Cocaine County". Si vous ne vous rappelez plus pourquoi vous avez un jour craqué sur les Devil Dogs, New Bomb Turks ou Dwarves... Ah oui, z’ont aussi célébré la sortie du disque dans un resto routier qui sert habituellement du poisson-chat frit accompagné de haricots rouges et de riz. Hummmm !
(www.roulettesrecords.com)

ROCK HARDI #33
    Après avoir fêté ses vingt ans avec le numéro précédent, le zine de Clermont-Ferrand poursuit sa route, toujours sur la même ligne, rock-BD-bouquins. Au sommaire, de nombreuses chroniques et des interviews diverses et variées : l’ancienne garde incarnée par Métal Urbain, les Stranglers ou Bérus, les nouveaux venus (Ramonettes et Nervous Shakes) et les valeurs montantes, Hatepinks en tête. Le fanzine est accompagné d’un CD dix titres où l’on retrouve un inédit fracassant des Marseillais, un Lucas Trouble s’acoquinant avec les Cowboys From Outerspace pour deux délires psycho-déliques impayables et une collaboration Jean-Luc Le Ténia/Wangs, comme si Polnareff culbutait Davie Allan sur la banquette arrière d'une Impala !!! Quant à Parabellum reprenant les Pistols version country... Du délire !
Rock Hardi, 3 rue Beausoleil, 63100 Clermont-Ferrand (www.rockhardi.com)

A TRIBUTE TO Mr. ROCK
    On connaissait, le roi, la reine, le parrain, la vieille tante (hum)... On a maintenant Monsieur Rock ! Qui est-il ? Nul autre que Chuck Berry évidemment, un des artiste les plus repris au monde. C’est le label galicien Bronco Rds qui nous gratifie de ce superbe hommage en picture-disc vinyle avec magnifiques illustrations du Chuck sous une couverture cartonnée et percée, laissant apparaître différentes surprises lorsqu’on tourne le disque à l'intérieur (un peu compliqué à décrire, disons que ça fait penser aux livres animés de votre enfance). Et le contenu est à la hauteur : Sonny Vincent (avec Arthur Kane des Dolls, Clem Burke de Blondie et Rick Ballard de Dragbeat, pour une grande version de “Carol”), BellRays, Maggots (qui interprètent divinement “Club Nitty Gritty”), Gore Gore Girls, Cool Jerks (ceux de Memphis), Paybacks, Hentchmen, Speedball Baby, plus un contingent assez important de groupes espagnols (Sin City Six en tête, et une fracassante interprétation de “Oh Baby Doll” par les madrilènes Los Chicos). Plus les norvégiens Nulskattesnylterne, l’excellent groupe surf mexicain Lost Acapulco et “Come On” par le Jerry Spider Gang (à votre service...). Ne vous en privez pas et dépêchez-vous, il n’y en a que 500 !
(broncorecords@yahoo.es)

Lo' Spider

FULL STEAM RECORDS    Full Steam Records est un label finlandais qui édite des groupes nationaux, ou suédois, voire américains. On remarque tout de suite que leur maquettiste de couverture adore les teintes sépia, et, un peu après, que leurs goûts musicaux sont éclectiques mais quand même généralement orientés vers des tempos lents. On trouve dans le paquet des choses qui flirtent pourtant avec le hard core en finnois (Abduktio), mais aussi du light metal (Callisto, Deep Insight) ou de la country alternative (Koma, un groupe suédois dont le tout récent album s'appelle -ça tombe mal (ou bien ?) pour eux- Tsunami). Finalement rien de bien excitant dans tout ça. Plus rigolo, Flogging Molly est un groupe américain dont l'album (Within A Mile Of Home, sorti au départ sur le label Side One Dummy) reproduit fidèlement le son des Pogues de la grande époque. Avec la participation de Lucinda Williams sur un morceau, excusez du peu!

     L'album qui sort du lot est plutôt celui des Damn Seagulls, gang d'honnêtes finlandais aux aptitudes musicales très étendues. Leur disque (One Night At Sirdie's) commence comme du Wilco -j'étais inquiet- mais continue de façon beaucoup plus vigoureuse, avec des morceaux presque garage et d'autres qui recyclent le r'n'b de la grande époque à la façon d'Elvis Costello. Très amusant et un peu comparable à leurs collègues suédois The Chronics.
Fullsteam Rds : P.O. Box 206,
00101 Helsinki, Finlande
(www.fullsteamrecords. com)

RICHARD TAYLOR
     Richard Taylor ne révolutionnera sans doute pas le rock'n'roll mais... Blues électrique ("Swagger", long solo de guitare enregistré en public), reprises de Dylan ("Desolation Row", dynamisée) ou chansons qui y font penser ("Running from the Rain", "Audition Stage"), country musclée à la Steve Earle ("Alibi", "Beggin' for a Kiss"), rien que des choses qui font plaisir mais sans vraiment surprendre. J'ai gardé pour la fin une reprise explosive de "King of the Road" rebaptisée "King of the Road Redux" et enchaînée sur les talons d'une interprétation beaucoup plus respectueuse de ce classique du country. Si vous avez usé vos LPs de Clapton ou votre Exile on Main Street, Silhouette bouchera le trou dans votre discothèque.

Tommy Boy 
  Digitfanzine@chez.com
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