CHRONIQUES
DIG IT # 42

MISTER BONZ

    Voilà un garçon qui n'a pas son pareil pour passer les fondamentaux 50's à la moulinette trash-fun et au calibreur rockab'-punk. Alors one man band certes, mais aux multiples ressources : chant, guitare, grosse caisse et caisse claire, kazoo et harmonica. Ex-guitariste chez les Wangs et ancien batteur des Terribles, Mr Bonz sort un premier album qui réveille quelques fantômes jamais tout-à-fait assoupis. "Dynamite" secoue comme du Link Wray des cavernes carbonisant un hit surf, "Wooo Wiii Waaa" fait un hommage bien senti à Hasil Adkins, "Gimme A Woman" semble sorti du Gravest Hits des Cramps et la cover du "She's My Baby Doll" de Terry Clement & The Tune Tones souligne la captation d'héritage des grandes compilations initiatiques (Sin Alley ici). L'album (The Man Without Bones) est paru en vinyle sur le propre label de Mr Bonz, Bamboo Rds, et la magnifique pochette est signée Cat, comme c'était déjà le cas sur le 45t précédent. Voilà un disque qui confirme qu'aux Jeux Olympiques des one man bands, ce gaillard-là n'est pas prêt à se contenter d'une médaille de bonz. Hum, pardon...

(www.myspace.com/mrbonzonemanband)

THE HIGHER STATE

    Aucune indication, pas de pochette ni notice biographique... Le groupe joue le mystère, et les deux disques reçus ici, un single et un CD trois titres (des reprises), n'offrent en guise d'indices que les crédits sous les titres des morceaux, et encore, sur les cinq, trois sont des covers, deux de Love (dont un "7 & 7 Is" assaisonné à la fuzz-vibrato dévastatrice) et une du West Coast Pop Art Experimental Band). Restent les deux originaux du single, de belles envolées garage psychédéliques signées par un certain Mr Lambert... Hum... Attendez une seconde... Garage + psyché + Lambert... Y'a un truc qui clignote...
   
    Ok, j'y suis, ressortez n'importe quel album des Embrooks (groupe garage psyché s'il en fut) et constatez vous-mêmes : un bon tiers des compos est signé Lambert. C'est le vrai nom du bassiste, plus connu sous le pseudo de Mole depuis ses débuts avec les Mystreated. Il était batteur à l'époque, un poste qu'il tint aussi par la suite chez le trio d'inspiration motor city Stewed. C'est plus tard qu'il se mit à la basse (et au chant parfois) avec The Lyds et enfin The Embrooks, jusqu'au split en 2005. Et donc ça y est, Mole est reparti pour de nouvelles aventures avec The Higher State. Il a repris le siège de batteur et par la même occasion retrouvé son copain Marty Ratcliffe (chant-guit.) des Mystreated. Le groupe a déjà sorti un album l'an dernier en Italie (From 'Round Here sur Teen Sound Rds) et figurait récemment au menu du Cavestomp Fest 2007 à New York (les têtes d'affiche étaient les Sonics tout spécialement reformés).
   
    L'atmosphère du nouveau single fleure bon la tension qui imprégnait les murs des garages texans sixties (The Golden Dawn, Zakary Thaks, 13th Floor Elevator) et la coloration psychédélique provient logiquement tout droit de la Côte Ouest du pays (la liste est trop longue...). La fuzz et les choeurs byrdsiens sont en ordre de bataille et la production est assez proche de celle des premiers singles des Embrooks, soit compacte et légèrement lo-fi.
   
    A l'heure où une vaguelette psychédélique semble faire doucement vibrer les clubs et bars rock de nos contrées, ne vous trompez pas et privilégiez d'authentiques passionnés et des fondus magnifiques. The Higher State en font définitivement partie.

(myspace.com/thehigherstategaragepsych)

GET HIP !

    Si vous persistez à attendre un successeur à Rock'n'Roll, le chef-d'oeuvre des Cynics, autant vous prévenir d'entrée, ce n'est pas pour cette fois. Ce nouvel album du groupe de Pittsburgh (Here We Are) ressemble plutôt à un collage de démos enregistrées pendant des vacances en Espagne (au studio Circo Perroti de Gijon en l'occurence, chez Jorge Explosion). Ça n'en fait pas forcément un disque faiblard d'ailleurs, disons juste moins percutant. Greg et Michael, les deux piliers historiques du groupe, sont accompagnés par les gars de Doctor Explosion et quelques autres musiciens espagnols (dont une section cuivres).
   
    Il y a évidemment des moments forts, comme la ballade qui ouvre l'album et lui donne son titre, sensuellement illuminée par les arpèges en diamant coupant de Gregg K et nappée d'une belle couche d'orgue (c'est Parsley The Lion, alias Dutronc, qui tient les claviers, il connaît bien le studio CP pour y avoir enregistré plusieurs fois avec son groupe Dee Rangers). Et bien sûr la voix bien spéciale de Michael K reste touchante dans tous les cas de figures, même si les morceaux les plus réussis sont aussi les plus rapides ("What She Said" avec hypnotiques guitares "ligne claire" à la Subsonics-Velvet) ou les plus groove ("All About You" et ses cuivres chauffés au rouge). D'autres chansons s'étirent un peu mollement, plus psychédéliques ou mélancoliques, et le gros son auquel nous avait habitué le groupe n'est plus vraiment d'actualité. Une histoire de maturité sans doute, d'émotions et de sentiments posés tels quels sur la table, sans les décibels de camouflage... Les vieux fans s'en délecteront sans doute mais les amateurs de sensations fortes iront chercher ailleurs leur dose de riffs saignants.

The Breakup Society : Deuxième effort du groupe emmené par le maître expert es power pop Ed Measley, ce Nobody Likes A Winner (c'est ainsi qu'Ed justifie son côté looser revendiqué et assumé depuis le premier album James At 35) regorge de voix et choeurs magnifiques, de mélodies sublimes et de grattes plus ou moins nerveuses. Get Hip n'hésite pas à évoquer les ombres de Costello, des DB's ou de Cheap Trick (avant qu'ils ne virent stadium rock) pour situer l'affaire. Deux invités de marque ont participé à l'enregistrement : Scott McCaughey (YFF, Minus 5, REM) et Ward Dotson (Pontiac Brothers, Charlie Pickett, Gun Club, Liquor Giants, etc...). Un album lumineux et intelligent avec des textes mélancoliques et marrants à la fois, ils sont imprimés à l'intérieur, ça tombe bien. Mention au désopilant et cynique "By A Thread", l'histoire d'un gars plutôt âgé qui regarde tous les jours les avis d'obsèques dans le journal local pour voir si les brutes qui le martyrisaient dans la cour de récré sont enfin morts...

    Pour parler du quatrième album des Resonars (Nonetheless Blue), il convient de faire donner la cavalerie de mots habituellement utilisés pour qualifier les bons albums de garage pop : carillonnant, tintinnabulant, débordant d'harmonies ciselées et de guitares aiguisées, et, bien sûr, piaffant de juvénile énergie. Le groupe est natif d'Arizona et magnifie les Grands Anciens (Byrds, Hollies, Beatles) avec un mordant garage (remember The Insomniacs ?) des plus jouissifs. Par contre, si les mélodies des Beatles vous ont toujours agacés, n'insistez pas.

(www.gethip.com)

RUDI PROTRUDI
& THE MIDNIGHT  PLOWBOYS


    Le label Twist Rds (basé à Guernesey) vient d'éditer en double CD les deux albums country de Rudi Protrudi (It's Just A White Trash Thing et Lady Killer) sous le titre global de Lady Killer (avec la photo de pochette de White Trash Thing). Rudi avait monté le groupe en 92, après le split des Fuzztones et sorti It's Just A White Trash Thing l'année suivante. Le deuxième album, bien qu'enregistré en 99, ne verra le jour qu'en 2003.
   
    Country à tous les étages donc : "Je crois qu'avoir grandi en Pennsylvanie m'a beaucoup inspiré" nous expliquait Rudi il y a quelques mois, "j'ai été exposé très jeune à pas mal d'excellente country music, c'était les 60's et les meilleurs trucs sont sortis à cette époque-là. J'ai toujours aimé le genre...".
   
    Les deux disques font la part belle aux reprises et égrènent des histoires de meurtres ("I'm Gonna Kill You", "One Dead Man Ago"), de cowboys défoncés ("LSD Made A Wreck Of Me", "Eight Days Clean") et de serial killers ("Psycho", "Before I Kill Again"). On devine Protrudi jubilant de pouvoir chanter des horreurs pareilles avec la voix caressante qu'on lui connaît habituellement sur les morceaux les plus soft des Fuzztones. Et derrière, les Midnight Plowboys assurent l'ambiance en bons pros country : "On a embauché un joueur de guitare steel (celui de Rosie Flores -nda) et un contrebassiste. On a utilisé des grattes acoustiques et électriques -des Gretsch bien sûr !- et la plupart du temps le batteur jouait avec des balais. J'ai écrit quatre ou cinq titres et le reste est constitué de reprises obscures que je trouvais plutôt représentatives du mode de vie en vigueur chez les rednecks et les greasers de Pennsylvanie pendant mon enfance et mon adolescence".
    Conseillé aux amateurs de country et à tous les apprentis serial killers et cowboys défoncés.

(www.rudiprotrudi.com)

HE PUT THE BOMP ! IN THE BOMP
Un Hommage à Greg Shaw

    Voilà une des compilations les plus marquantes du trimestre. Les Japonais de Vivid Sound Rds ont convoqué un aéropage de groupes (ils s'y sont mis à 23) pour saluer la mémoire de Greg Shaw et de son mythique label Bomp ! Records (multiples subdivisions incluses évidemment, de Voxx à Alive). La plupart des protagonistes ont d'ailleurs un jour ou l'autre sorti un disque sur le fameux label californien, et beaucoup ont décidé de reprendre un titre du catalogue maison. Les Konks reliftent "Beat Your Heart Out", Nikki Sudden & Captain Sensible font un sort à "Kill City" et les Barracudas (feat. C. Wilson, J. Gluck et R. Wills) charcutent le "Two Headed Dog" de Roky E. (Gluck, retenu ailleurs, n'était pas en studio ce jour-là, il a fait ses choeurs et aboiemements par téléphone, ça fonctionne étonnamment bien).

    Parmi les derniers arrivants dans l'écurie Bomp !, on remarque les belles prestations des Black Keys (le "Can't Find My Mind" des Cramps), de SSM ("Screwed Up" de Mick Farren & The Deviants), des Buffallo Killers ("Don't You Ever Think I Cry" de Rockin' Horse), Radio Moscow ("I Just Wanna Make Love To You") ou Brimstone Howl ("Slow Death"). Les garagistes (néo) sixties apprécieront en connaisseurs les contributions des Lyres (le "What's Wrong With You" des Outsiders, une perversion récurrente chez Conolly), des Fuzztones ("I Gotta Way With Girls" de The Lavender Hour) ou des Loons (reprenant les Crawdaddys - "I'm Dissatisfied" -, une histoire de famille), les plus punks esquisseront un pogo nostalgique sur la version de "Life Of Crime" par les imputrescibles Dwarves et les défoncés de tout poil léviteront avec profit sur le "Hey Man" de Spacemen 3 revu par Warlock ou la relecture, plus lysergique que l'original, de "The Trip" par les Morning After Girls.
   
    Encore quelques arguments pour vous décider à investir ? OK. Nikki Corvette (accompagnée par les tueuses de Hell On Heels plus Jack Endino à la gratte et à la prod) crache une version surchauffée du "What A Way To Die" des Pleasure Seekers (le groupe de Suzi Quatro dans les 60's), The Last a fourni une cover antédiluvienne de "Pablo Picasso" (enregistrée en 77), les Plimsouls offrent une nouvelle vie au "Good Times" des Easybeats, les Dukes Of Earl, un assortiment d'ex-Dead Boys / Stiv Bators Band (Jimmy Zero est dans le coup) rectifient le "Him Or Me (What's Gonna Be)" de Paul Revere & The Raiders (oui, les Groovies aussi...). Ajoutons-y les Briefs, Outrageous Cherry, Stalkers, Coffin Lids et vous conviendrez que l'ensemble est suffisammement relevé et éclectique pour satisfaire large non ?

(www.vividsound.co.jp)
(www.bomp.com)

MUNSTER DVD's

    Après les Demolition Doll Rods, Black Lips, Beasts Of Bourbon et The Drones, Munster ajoute deux bruyants chapitres à son intéressante série de concerts filmés (avec quatre caméras à chaque fois).

    Ceux qui ont un jour assisté à un show des Supersuckers retrouveront ici (Live at Helldorado, à Vittoria au Pays Basque espagnol) avec plaisir les grands moments habituels des prestations d'Eddie Spaghetti et ses troupes : équarrissage sans pitié des racines country et blues, hits à la pelle (ceux du dernier album explosent l'applaudimètre : "Rock'n'Roll Records", "Pretty Fucked Up", "Rock Your Ass", "Sleepy Vampire", "Goodbye"...), faux rappel ("on va faire semblant de partir et vous allez faire semblant de nous rappeler ok ?") et présentation de l'équipe avec une basse qui circule de musicien en musicien jusqu'au batteur qui entreprend un solo en taquinant les quatre cordes avec... ses baguettes. Ce sera aussi le quart d'heure de gloire pour un p'tit gars du public autorisé à venir faire un solo de basse tambien. Bizarrement, cette séquence "présentation des musicos" se cache dans un des bonus du DVD, peut-être parce que le son lâche pendant une trentaine de secondes au début de l'action. Autre bonus : une bonne partie du concert que le groupe avait donné une semaine plus tôt en Serbie. Voilà donc, tout compris, 160 minutes de supersucking intense parfumé au Jack Daniels et peigné à la dynamite, à déguster en attendant le prochain album.

    Il y a presque un quart de siècle, ma quinte flush garage se composait des Cramps, Fleshtones, Lyres, Fuzztones et Nomads. Pour  ce qui est de la longévité, j'avais apparemment fait le bon choix vu qu'ils sont toujours là aujourd'hui. Je les ai même tous rencontrés un jour ou l'autre (j'fais pas le malin, ça veut juste dire que je suis devenu un vieux radoteur !). Bon, tous sauf les Nomads, que je n'ai même jamais vus sur scène. Question de circonstances. Je me suis donc rattrapé avec ce DVD Live in Madrid qui présente le groupe en action sur la scène du Gruta 77. Alors certes, le groupe n'est plus de prime jeunesse... 25 ans... Mais ça a au moins l'avantage de garantir une set-list patinée et bourrée de pépites sélectionnées dans la dizaine d'albums du groupe, de la reprise toxique du Third Bardo "Five Years Ahead Of My Time" jusqu'au tout récent "Ain't No King Of Rock'n'Roll" co-signé par le vieux pote Scott Mc Caughey des Young Fresh Fellows.

    Sans être très spectaculaire (même si le guitariste Hans Ostlund "fait le show" parfois et que le batteur Joaquin Ericksson escalade sa batterie et en descend pour venir improviser un beat sur le micro du chanteur Nick Vahlberg), le groupe déroule un tapis d'accords rouillés juste ce qu'il faut sur des mélodies depuis le temps familières : "Knowledge Comes With Death Release" (chanté par Hans O), "Where The Wolfbane Blooms", "Call Of Your Dogs" (écrit par Peter Case), etc... jusqu'au final en forme de "Two-Headed Dog" supersonique. En bonus, des extraits de concerts de 1985 en Suisse, 94 à Seattle et 99 en Suède et à Bellingham (au Garage Shock Festival), plus deux clips et une présentation en règle par notre camarade Lindsay Hutton (avec un magnifique t-shirt vintage She Devils On Wheels) qui fait également les notes de pochettes de cette magnifique collection de DVD's Munster.

(www.munster-records.com)

VINDICATED !
A Tribute To The Fleshtones

    Ils sont venus, ils sont tous là : Les Nomads, avec Handsome Dick Manitoba aux vocaux, pour une joyeuse révision des vingt-cinq mille d'"American Beat", les increvables Slickee Boys (ils se reforment au moins une fois tous les ans) avec un superbe et sensible "Headlock On My Heart" pêché sur Do You Swing ? (l'original rappelle d'ailleurs étonnamment les... Slickee Boys), les Woggles s'attaquant au fameux "Vindicators Theme", hymne tonitruant (ouais lui est là aussi, voir plus loin) et fondateur qui en appela d'autres, Dr Explosion avec un titre pioché sur More Than Skin Deep ("Better Days"), les Hoodoo Gurus pour un "Pickin' Pickin'" sorti de Beautiful Light (94)... Génial casting et sacrée collection de tubes pour juke box idéal non ? Et je ne vous parle même pas de "The Girl From Baltimore" transformé en brûlot punk garage par les badboys suédois The Turpentines et repris aussi, en français, par Tony Truant ("La Fille du Noctambule"), un titre qu'on trouvait déjà sur le 25cm de TT enregistré avec les Fleshtones justement.
   
    Et comme l'Internationale Garage ne renonce jamais, c'est bien connu, les Primevals repiquent au truc avec "Screaming Skull" en salve annonciatrice d'un comeback prometteur. Il voisine avec le très enlevé "I Am What I Am", un des hits du dernier album Beachead, propulsé ici par les Suédois Maggots. Ajoutez-y encore les Swingin' Neckbreakers ("3 Fevers" poignée dans le coin), les Slow Slushy Boys (un "I've Gotta Change My Life" à grimper sur la table), les Insomniacs ("I Wanna Feel Something Now"), Subway Surfers, Hate Bombs, Richard Mazda (qui produisit les 'Tones), The Havox, Four Shames ("Way Down South"), Playboys ("En Balade avec Les Playboys"), etc..., et vous voilà devant une playlist efficace s'il en fut, même si tous les titres présentés ne sont pas exclusifs a cette compile.
   
    Voilà donc un double LP (Vindicated !) gatefold édité par Larsen Rds (version CD sur Dirty Water Rds) et bourré de pépites qui retrouvent une vie agitée, même si à vrai dire elles ne l'avaient jamais vraiment perdue, vu que les Fleshtones grimpent toujours sur scène dès qu'ils en ont l'occasion, aussi fêtards et rock'n'roll qu'à leurs débuts il y a trente ans.
   
    Les Diggers se souviennent d'ailleurs avec un sourire rétrospectif de ce concert à Ségoufielle, en plein air dans la campagne gersoise il y a moins de deux ans, devant maire, curé et familles ébahies. Les Fleshtones y avaient fait une démonstration de fun rock déchaîné et spectaculaire, le genre de show où il se passe un truc toutes les trois secondes. Une vraie démonstration ! Devant la scène, les pochetrons et les garage-punkers pogotaient en rigolant tandis que derrière, l'édile, fort impressionné, caressait l'idée de remettre les clés du village à ses flamboyants hôtes d'un soir. La veille le groupe avait joué à Stockolm. C'était les deux seules dates de cette escapade d'un weekend ! Le rock'n'roll permet au moins de venir passer des weekends en Europe tous frais payés ! Et le bénèf', quand il y en a, sert à enregistrer l'album suivant... D'ailleurs le p'tit dernier vient de tomber sur Yep Roc Rds. Il s'appelle Take A Good Look ! (c'était l'expression favorite de Gordon Spaeth, leur défunt saxophoniste) et y'a pas tromperie sur la marchandise, c'est du pur et bon Fleshtones, excellemment produit par Jim Diamond à Detroit. On y remarque que Keith Streng se montre de plus en plus à l'aise dans le rôle de chanteur alter-ego de Zaremba. Les 150 premiers exemplaires de l'album sont (étaient !) accompagnés d'un single avec un titre inédit chanté en français, une adaptation du "Time Will Tell" de Polnareff qui se retrouve transformé en... : "Les Temps Dira".

(larsen.asso.fr)

BURN YOUR FINGERS ON THE SUN

    Comme ailleurs, le psychédélisme a le vent en poupe en Australie, et Off The Hip Rds sort a point nommé un double CD qui documente une bonne partie de la scène hallucinogène kangourou (Sidney, Melbourne et Adelaide). Le genre s'y décline sous plusieurs formes, les Anciens et les Modernes cohabitent en paix sous les volutes vertes et mauves, et les influences sont multiples (des Seeds aux Spacemen 3, le terrain est vaste). Le groupe en pointe là-bas semble être The Dolly Rocker Movement (plutôt Seeds eux), ils ont sorti deux albums (Off The Hip toujours) épuisés en quelques semaines. L'ambiance générale sur les 27 titres de la compil est davantage orientée vers le planant que vers l'énergique, logique sans doute, même si quelques éclats sauvages et salvateurs (The Unheard) viennent ponctuellement perturber la méditation. Parmi les meilleurs, outre les deux déjà cités, soulignons les prestations convaincantes des Gills, 3D TV, Starstream, Sand Pebbles, Green Circles, The Laurels, Belles Will Ring et The Sound Blindness.

(www.offthehip.com.au)

SCREAMING APPLE

    Avec sa métronomique livraison trimestrielle de vinyle, le label de Cologne fait figure d'ilôt de résistance au milieu d'un océan de MP3 et de CD-R déguisés en requins. Quant au côté défricheur du boss Ritchie, il y a longtemps qu'on est habitué, on sait que l'animal a du flair. Les quatre galettes au menu du jour permettent cette fois encore de faire quelques belles connaissances sous influences power-pop ou/et garage sixties :

    Les Canadiens Primordials ont pour leur premier album choisi l'option "covers only", ce qui devrait susciter quelques ricanements chez les tenants de l'originalité à tout prix. Pourtant les quatorze titres de ce Fourteen Prime Numbers ne sont pas si courus, à part peut-être le "Come On And Sing" des Rattles (dont ils reprennent aussi "Say Alright"), et le sérieux dynamitage dont bénéficient ces versions toutes fraîches devrait vite lever les réticences. Les Primordials sont fondus de sixties beat, de mod sound ou de frat rock (avec choeurs omniprésents et fêtards à la Untamed Youth) et s'y connaissent en subterfuges garage groove pour vous faire tricoter des gambettes sans répit. Ils reprennent également The Sorrows, The Eccentrics, The Attractions et, léger anachronisme, les Kravin A's ("You Know It Is"), d'éminents représentants 90's de la Medway Scene. Belle démonstration et impeccable exercice de style, on est curieux d'entendre leurs morceaux bien à eux maintenant...

    "Vibeke Saugestat est une star en Norvège". C'est comme ça que Morten Henriksen, des Yum Yums, présentait la jolie blonde en mini-robe psyché qui venait chaque soir rejoindre le groupe à l'orgue pour les rappels en tournée. Effectivement, la jeune femme a sorti quelques albums là-haut (au moins deux en solo) et participé à plusieurs autres (avec Weld, Thinkerbell ou Thelyblast). Vibeke assure aussi les vocaux chez les Twistaroos, le nouveau groupe de Morten, une sorte de version rythm'n'soul des Yum Yums (un album se prépare). Pour ce nouveau disque sous son propre nom (The World Famous Hat Trick), elle a donc logiquement recruté Morten (guit. & choeurs) et Tomas Dahl (batt. & choeurs) des Y. Y., plus divers musiciens issus de combos norvégiens dont la réputation n'a pas vraiment touché nos côtes (The Graves, Cinnamon, Radionettes). Vibeke compose tous les morceaux, chante d'une façon qui rappelle parfois Chrissie Hynde et tient le piano, la gratte acoustique et les percussions.
    Il en résulte un album de power pop à grosses guitares (pas moins de quatre gratteux y sont crédités !) qui n'aurait pas détoné chez Bomp Rds en 81, pas loin de l'univers de Nikki Corvette par exemple, pas révolutionnaire certes, mais raisonnablement chargé en énergie et truffé de mélodies sifflotables. Qu'est-ce que vous voulez de plus ? Un nouvel album des Yum Yums ? Hmm, on n'a pas encore ça en magasin, alors en attendant...

    Les Hollandais Mark & The Spies s'affirment d'entrée (c'est leur premier album après un 7" chez Butterfly Rds) d'une expertise peu commune dès qu'il sagit de torcher des hits garage pop sixties accrocheurs bien que d'une simplicité confondante. Z'ont dû mettre la main sur le fameux grimoire... C'est frais et remuant, mélodique et harmonique, sauvagement garage aussi parfois, avec des touches d'orgue façon piano électrique et un aiguisé duel saxo/guitare sur le tétanique "See Her Tonight" qui clôt l'album. Ils s'avouent influencés par les Zombies et les Beatles autant que par Link Wray et la Motown. Ce qui fait large et multiple les satisfactions. Un joli coup de maîtres pour des débutants.

    Garage toujours, mais beaucoup plus cryptique cette fois, comme il s'en fourbissait dans les garages US vers 1983. Vous savez, les Miracle Workers, Fuzztones, Plasticland, Yard Trauma et autres intoxiqués au monoxyde de carbone recensés sur les deux premiers volumes des Battle Of The Garages... Tous ceux-là étaient bien sûr, comme nos clients du jour The Urges, sous influences sixties un brin détraquées (d'Electric Prunes aux Seeds). Les Urges sont irlandais et semblent eux aussi vivre dans un monde ou les volutes vertes et mauves tourbillonnent en permanence au son de l'orgue Voxx, des belle doses de fuzz et des vocaux menaçants. C'est leur deuxième album (Psych Ward) et la recette, bien que connue, fait toujours son p'tit effet quand les ingrédients sont bien dosés et que le feeling se touille à la louche. Les Urges font partie de ces jeunes gangs qui font revivre le genre sans souci d'académisme même s'ils ne vont pas jusqu'à le réinventer (rares sont ceux...). Les Australiens de Off The Hip ne s'y sont pas trompés puisqu'une version CD doit sortir là-bas très rapidement.

(www.screamingapple.de)

VOODOO RHYTHM

    Allez hop, rasade de Blues pour tout le monde ! C'est vrai que cette rubrique fourre-tout en manquait un peu jusque-là. Nos dealers s'appellent aujourd'hui Stinky Lou And The Goon Mat With Lord Bernardo... Rien que ça. Ils sont belges et c'est leur deuxième album (12 Roots & Boogie Blues Hits). Leurs prestations sont torrides, l'harmoniciste se déchaîne au milieu du public, le contre-bassiniste s'acharne sur son drôle d'instrument comme s'il voulait en faire du petit bois et le chanteur-guitariste, assis, maltraite également la grosse caisse et la charley. Musicalement, on croirait un groupe de vieux briscards noirs virés de chez Fat Possum Rds pour avoir un peu trop forcé sur le speed et la gnôle. Voilà du primitif qui dépote, du féroce qui ramone le pot, du supersonique qui pétrifie les alligators du bayou ! "Boogie and Roots for ever !" comme dit Mr Beat-Man, le boss du label, qui a craqué velu. Mais n'allez pas croire, on sent bien que ces gars-là ont du respect pour les anciens (Burnside, Kimbrough, T-Model Ford) et qu'ils ont volontairement plongé dans la marmite en abandonnant tout espoir d'en ressortir un jour. Bien fait pour nous !

    A propos de Mr Beat-Man, le revoici dans son meilleur rôle, celui de prêcheur détraqué carburant au gospel trash. Le Reverend Beat-Man est de retour pour un Volume 2 et une litanie de ritournelles souvent terrifiantes et toujours possédées. Du Surreal Folk Blues Gospel Trash comme il dit. D'invocations divines (ou diaboliques) désespérées ("I See The Light") en détournement de gigues avec violon (géniale cover de "Blue Moon Of Kentucky" où Beat-man est soutenu par la bande de Zeno Tornado), le Révérend suisse poursuit son entreprise d'auto-exorcisme, en solo ou avec l'aide de l'Américain Robert Butler et de Delany Davidson, le batteur des Dead Brothers. On attend d'ici peu un DVD qui risque de faire, date tant l'univers de ce Révérend-là peut s'avérer incroyablement prenant et flippant à la fois... Dépressifs chroniques s'abstenir.

(www.voodoorhythm.com)

HOUND DOG Rds
   
    Ce nouveau label de Nancy sort un split 25cm, sous une très belle pochette signée Baru (remember Quéquette Blues ou L'Autoroute Du Soleil ?), qui permet de retrouver le King Automatic avec trois nouveaux titres (dont une cover joliment assénée de "Not Fade Away") bourrés d'orgue acide à s'en brûler les oreilles, de guitare qui mord la bidoche et de grosse caisse hypnotique. Le King a sorti deux albums sur le label du Révérend évoqué juste au-dessus, ce n'est pas un hasard : même feeling de bluesman trash baptisé au Jack Daniels, intonations 50's et influences garage punk bien digérées sont quelques-uns des ingrédients de la recette. Et le menu est épicé par les choeurs du pote londonien Rich Deluxe (Bang Bang Rds), un axe Londres-Nancy d'ailleurs célébré par le morceau qui ouvre la face, "London NCY 54".
   
    Sur l'autre face de ce split, les Johnny's célèbrent en français les joies conjuguées de la mobylette et du rock'n'roll. "Rock & Mob" est donc logiquement leur mot d'ordre (m'ouais... de désordre plutôt) et des titres comme "Anarchie en Mobylette ("pas en scooter"), "Kébab" ou "Le Mobeur Fou" devraient suffire à vous donner une petite idée... Marrant.

(www.hound-dog-records.com)

EN VRAC
mais pas n'importe comment

Bruxelles (CD - My Life and Yours) : S'il y avait chez nous un réseau de college radios identique à celui qui irrigue les facs américaines, ce combo clermontois serait sans doute à l'honneur dans les charts. Leur power pop balance entre indie brit et Costello, les compos sont chiadées et les mélodies délicates et ensoleillées juste ce qu'il faut. Bon, maintenant, le côté maniéré "petit doigt en l'air / thé au jasmin" de cet album ne fera sans doute pas le ménage dans les garages où on aime déguster sa power pop sur fond de riffs un peu plus consistants, comme celle des Condors juste au-dessous tiens...
(www.myspace.com/bruxellesband)

The Condors (CD - Wait For It) : Sorti sur Rank Outsider Rds, le label de Pat Todd (des Lazy Cowgirls), ce deuxième CD des Condors confirme qu'on tient là un groupe complet qui sait concocter des mini-bombes power pop à grosses guitares punk sur immortel tempo rock'nroll. Les Condors sont chaudement recommandés part Tony Fate des Bellrays qui avait sorti le premier album du groupe, Tony vient d'ailleurs cracher un p'tit solo ici, histoire de dire... On pense aux Replacements ou aux Plimsouls pour les mélodies finaudes, aux Saints pour les morceaux avec cuivres et aux punks en général pour la puissance de frappe sur les titres les plus "power" (la majorité). Quant à la prod, c'est du Big Sound de première bourre, so... on dirait bien que tout est réuni pour que ce Wait For It fasse un carton chez les amateurs de power pop remuante. Le boss du groupe, le chanteur guitariste Pat "Pooch" DiPuccio, a longtemps fait partie du staff du 'zine Flipside.
(www.RankoutsiderRecords.com)

Citadelle Deluxe (CD - War Beer) : Du hard punk amiènois sans complexes qui plaira aux fans de Lemmy, aux amateurs de hard 70's avec du poil partout et aux clients de la chaîne hard discount Le Mutant dont la bière Citadelle De Luxe est un des produits d'appel ! Et comme le groupe n'est pas non plus insensible aux sirènes punk les plus rentre-dans-le-chou, ils reprennent les Minutemen sur scène. Contondant !
(http://citadelle.deluxe.free.fr)

The Cryptones (Shake Shake With...) : Il est toujours agréable de retrouver un groupe qu'on croyait disparu depuis belle burette, ça donne l'impression que le temps accorde un répit spécial aux rockers... Et c'est encore mieux quand le groupe en question est en grande forme. C'est justement le cas des Cryptones, gang Toulonnais à géométrie variable (plus d'une trentaine de musiciens s'y sont succédés en un peu moins de vingt ans) qui prouve avec ce Shake Shake With... (CD Digipack - 12 titres) que la passion du garage sixties punk conserve bien mieux qu'une vulgaire cryogénie. Quinze ans après un premier album remarqué (le Vol. 1 de la série Teen Trash sur Music Maniac Rds), les Cryptones refont donc parler la poudre avec une détermination intacte. La guitare griffe, mord et crisse dans les virages, les giclées d'orgue lubrifient une machine garage beat sans cesse relancée par les rafales d'Alex Bernardini, ex-cogneur chez les Greedy Guts (et chez les Trash Boys, comme le chanteur et le bassiste), plusieurs titres se prêtent plutôt bien aux déhanchements effrénés et une touche d'harmonica épice discrètement la fiesta millésimée 60's (j'ai même cru deviner un sitar quelque part, une hallu sûrement...). Le groupe revisite les Pretty Things ("You'll Never Do It Baby" repris en d'autres temps par les Lyres) et Ray Charles (un p'tit bout de "Unchain My Heart"). L'album est édité par Brutal Beach Rds et on dirait bien c'est reparti pour quinze ans de fuzz treatment.
(www.thecryptones.com)

Jellyfuzz : Un 45t quatre titres enregistrés live au Bus Palladium en avril dernier par le groupe brestois dont le passe-temps favori semble être de passer les Nuggets à la moulinette Cramps/Fuzztones, y'a pire comme perversion, d'autant qu'ils le font bien. Ils aiment aussi les Miracle Workers (dont ils reprennent ici le "Already Gone") et le garage hanté en général (ils ont fait la première partie des Seeds il n'y a pas si longtemps). Cet EP-document (le son ne leur rend pas tout-à-fait justice) a été tiré à 500 exemplaires, on le conseille en attendant un deuxième album (LP et CD) prévu pour le printemps.
(www.jellyfuzz.com)

The Maharajas (LP/CD - In Pure Spite) : Excellent groupe de garagistes suédois qui, sur des bases sixties bien rodées (le groupe est constitué de vieux routards du genre, ex-Crimson Shadows, Maggots, Strollers, Roadrunners, etc...), troussent un troisième album qui fait la différence grâce au "petit quelque chose en plus" (voix tous terrains de Jens Lindberg, guitares alternativement au scalpel ou à la truelle, panneau clignotant "ici on peut danser"). Les Maharajas explorent un territoire qui va du psyché finement ouvragé aux bombes de speed relevées à la Hives ("Suckerpunch") ou Who ("Can't Take It Anymore"). Et au petit jeu des ressemblances, vous remarquerez vite que certains classiques inusables comme "Going All The Way" ou "Night Of The Phantom" font depuis longtemps partie du panthéon perso des Maharajas.
(www.lowimpact.nu)

Mother Of Pearl (CD-R) : Du stoner rock bordelais où les influences 70's teintées de psychédélisme (Cream, Hendrix) cotoient les plus "modernes" Kyuss ou Nebula. Rien à dire, ils le font bien et le son est particulièrement réussi pour du 8 pistes, mais au bout de trois morceaux, le stoner m'a toujours fait le même effet que douze tarpés de marocain coupé au henné... "Mother Of Pearl" est aussi un titre qui figure sur l'album Stranded de Roxy Music, et c'est vrai que par moments...
(www.myspace.com/motherof pearl)

Rem & The Courbarians (CD - The Ride Of Death) : Dans l'immortelle tradition des bikers sous speed (lignée Motorhead / Zeke / Puffball), les Orléanais R & C's expédient leur salve de 18 titres en 23 minutes. Tout est dans le rouge bien sûr, des aiguilles du vu-mètre au pot d'échappement (l'éthylo-test aussi sans doute), et les brefs solos qui charclent font gicler le sang sur le Perf' du pilote. Mamma mia ! Du speed punk sans foi ni loi comme au bon vieux temps, quand Mad Max règnait sur l'univers. Allez donc vous faire décaliminer le pot en beauté quand ils passeront près de chez vous.
(http:rnc.propaganda.org)

The Slow Slushy Boys : Et un nouveau single dans la série B-Soul pour les groovers des alpages : En face A, c'est "Don't Look Back", un titre des Temptations qui fit aussi une belle carrière en version reggae (Wailers, Tosh...), la relecture chaude et suave des SSB tape impeccablement entre les deux. En B-side, "Move Your Hand" (Lonnie Smith) est un festin rhythm 'n' soul où la voix de Benny se pose délicatement entre cuivres et orgue, soutenue par une rythmique funky en diable. Le genre de 45t qui tourne régulièrement sur les platines du Dig It ! Radio Show quand vient l'heure de la rubrique groove.
(larsen.asso.fr)

Whyskey Daredevils (CD - Old Favorites) : Vous vous souvenez peut-être des Cowslingers, ce groupe de country-punk rock qui a éparpillé plusieurs albums et 45t sur des labels comme Sympathy, Estrus, Bloodshot ou Shake It ! Rds tout au long des années 90 et un peu au-delà. Hé bien trois d'entre eux sont de retour, ils se font désormais appeler les Whiskey Daredevils, un hommage au mythique cascadeur à moto Evil Knievel (et à Johnny Cash, admirez le doigt !) si on en juge par la pochette du disque. C'est leur troisième album en moins de trois ans, il s'intitule Old Favorites et, vous l'avez deviné, c'est un disque de reprises. Le groupe passe à la moulinette roots'n'roll (country, flamenco, surf, boogie, truck drivin songs, etc...) le répertoire "classique" punk rock ou hardcore : Pistols, Minor Threat, Ramones, Motorhead, Misfits, Black Flag, Dead Kennedy's, Circle Jerks et autres pervers fondateurs du 1-2-3-4 sonique. C'est assez marrant bien sûr, mais ça décevra sans doute ceux qui attendaient un digne successeur à l'impeccable album "country subversive" (bien sûr que ça existe, c'est bourré de booze & pils et de white trash bargeots) sorti par les Cowslingers il y a quelques années (Americana-A-Gogo !). Considérez ça comme un entr'acte et décidez vous-mêmes si le fait de convoquer Led Zeppelin (anachronisme !) et les Bad Brains sur un même morceau (un mix de "Immigrant Song" et de "Pay To Cum") constitue un cas d'excommunication...
(www.knock-out.de)

ZINES

Résistance A Go-Go (#1) : Les duettistes punks Antoine Zero et Cherry Boy, qui sévissent chez nous de temps en temps, interviewent trois de leurs favoris dans la meute des gangs contemporains qui crachent du one-two-three-four basique, et néanmoins contondant : The Creteens, Guitar Wolf et Live Fast Die. Ajoutez-y une demi-douzaine de pages de chroniques du même tonneau (des Heartattacks aux Magnetix en passant par les Intellectuals ou The Hex Dispensers) et vous y êtes. Le tout est un peu court certes (18 pages), mais comme c'est un premier numéro...
(zooed_out@hotmail.com)

OX (#75) : 130 pages et de la couleur partout pour ce n° de début d'année qui propose (en allemand) un panorama étendu du rock tendance punk, hardcore, metal et parfois (trop rarement à mon goût) garage ou garage-punk : Die Ärzte, Bloodlights (le nouveau groupe du Captain Poon, l'ex-guitariste tatoué de Gluecifer), New York Dolls, Agnostic Front, King Khan, Detroit 442, Tim Kerr, Dean Dirg, Undertones, etc... plus des brouettes de chroniques en tous genres, recettes de cuisine incluses, et des mini-interviews de quelques boss de labels qu'on aime bien (Alien Snatch, Bachelor, P-Trash). Je ne comprends pas grand-chose à la langue de Kraftwerk mais j'ai quand même remarqué un petit article sur le tout récent "Musée Ramones" à Berlin ! Sur le CD glissé à l'intérieur, quelques extraits de récentes sorties : B. Childish, Sham 69 (sans J. Pursey), Peter Pan Speedrock, Asiatics, Francine, The Dukes, etc... (4,50€ + port)
(www.ox-fanzine.de)

Gildas Cospérec

BANG !

    Le label basque tire à vue et fait mouche à chaque cartouche. Quatre nouvelles salves ce trimestre et du gros calibre.

    The Butcher Shop, c’est le projet parallèle monté à l’origine par Tex Perkins, Spencer P. Jones et Kid Congo, en marge des Beasts of Bourbon . Ces trois là s’étaient croisés dès 83, lors d’une tournée australienne du Gun Club (ou Spencer tenait la guitare) et avaient émis l’idée de faire un truc ensemble. Quelques temps plus tard Tex se retrouve à Londres dans Fur Bible, mais le climat ne lui convient guère et il faudra attendre 88 et une tournée des Bad Seeds, pour que le trio se réunisse à nouveau et grave en une nuit trois des titres présents sur cette intégrale, dont “Hard For You” des BoB (un titre qui a la côte en ce moment)... Par la suite Tex Perkins reformera le groupe avec deux de ses potes de squat pour un album (Pump Action sur Black Eye Rds) et quelques tournées. De quoi découvrir les prémices de la bête !

    On part maintenant en Tasmanie. Ouais cette petite île au sud de l’Australie, célèbre pour sa flore et sa faune, notamment son Diable... Mais assurément moins pour ses groupes de rock. Et pourtant une perle pousse au milieu de l’océan Indien. Son nom, the Green Mist. Un projet semi instrumental, avec des nappes acoustiques d’une beauté à couper le souffle et des morceaux plus tendus à la Spencer P. Jones... Pas étonnant ils est un des invités de marque de ce Next Stop Antartica, tout comme Charlie Owen (New Christs et dorénavant Beasts of Bourbon à part entière) ou le génial bassiste des Violent Femmes, Brian Ritchie. Et croyez moi, quand tous ceux là se mettent en action, c’est d’un feeling incomparable. Une véritable révélation pour moi même si d’autres auraient tôt fait de classer ce disque dans le bac “musique du monde”.
(myspace.com/themysteriousgreenmist)
 
    On reste sur le continent océanien avec Stu Thomas, plus connu en tant que bassiste des Surrealists de Kim Salmon, et son premier album solo Devil and Daughter. Un disque intimiste bricolé à la maison, plutôt acoustique et sur lequel on retrouve du Bowie (“Treble & Bass”), du Syd Barett (“Breakdown”), du Saumon, du réalisme brechtien (“0 Enemy” d’ailleurs enregistré dans la capitale allemande) et une reprise lysergique de “Folsom Prison Blues”. C’est plutôt bien fait mais ça reste un cran en dessous de toutes ses influences...

    Un petit mot enfin sur la réédition en LP et CD du dernier album en date de Dimi Dero Inc., Sisyphus, Window Cleaning (sorti à l’origine chez Off the Hip), le premier artiste non australien du catalogue Bang! Bravo !.. Et en bonus track, leur version du “Sleep alone” de Roland Howard (déjà présente sur l’hommage édité il y a quelques semaines par Stagger Rds).
(www.dimideroinc.com)

Bang! Rds, Posta Kutxa 166, Santurtzi, 48980 Bizkaia, Espagne
(www.bang-records.net)

GALLON DRUNK

    Le groupe anglais mené par James Johnston (Bad Seeds) est de retour avec un sixième album, The Rotten mile (sans compter les deux compilations Tonite... The Singles Bar de 91 et le double Bear Me Away de 2003, ainsi que leur Peel Session). Retour fracassant ! Retour à la quintessence de leurs racines, le blues malsain et rampant, les Stooges, Beefheart, etc. ça hurle à la lune, le sax gémit free jazz et la rythmique pose l’histoire entre la basse énorme de Simon Wring (quelquefois à la contrebasse) et la batterie survoltée de Ian White. Des ambiances différentes aussi, avec notamment une nouvelle approche des rythmes brésiliens (“Night Panic Bossa.”), des grooves imparrables (“Some Fool’s Mess” ou “Grand Union Canal”), du jazz mutant... Et l’énorme et noisy “All Hands Lost at Sea” habillé par les Monks, les Chrome Cranks, Steve McKay et Sonic Youth (!). L’une des toutes meilleures galettes du trimestre, si ce n’est...

    Signalons que le concert qu’ils ont donné pour l’occasion au Fairfield Café à Toulouse était dans la même veine, avec un groupe complètement soudé autour du génial J.Johnston et uniquement tourné vers la musique... Avec une énergie retrouvée et un charisme flamboyant.
(www.gallondrunk.com)

Fred [Label], 45 Vyner St,
London E2 9DQ, Angleterre
(www.fred-label.com)

MARK STEINER

    C’est après la parution du double album hommage à Roland Howard, la nouvelle sortie du label français Stagger Rds. Et c’est pas du foutage de gueule ! Un maxi quatre titres emballé comme une mariée dans une superbe pochette gatefold... Mark Steiner vient de New York mais vit maintenant dans la banlieue d’Oslo... Enfin il voyage beaucoup l’animal ce qui l’a emmené à rencontrer les musiciens qui donne vie à ce disque, Little Fallen Birds, Dimi Dero (aux tambours), Delphine Ellis (la compagne de Warren Ellis, des Bad Seeds), Lisa Barel au Piano et Amelia S. Deva au chant (toutes deux parisiennes), Tex Napalm (“grosse saucisse” de Dortmund), et les cordes de Susan Mitchell et Eivind Schou. Un casting international, à l’image de l’enregistrement sur deux continents. Un line-up qui pose aussi déjà l’ambiance, petit matin brumeux, la gueule de bois et les voisins qui passent la tondeuse... Non je déconne. On pense beaucoup beaucoup à Nick Cave, avec une approche jazzy-cabaret et... un gros moment de mélancolie (mon morceau préféré accessoirement), le sombre terminal “Beijos”. Bel exercice de style, mais je reste quand même un peu sur ma faim.
    Stagger annonce prochainement la sortie d’un album du grand Tex Napalm et est en contact avec Gallon Drunk pour une éventuelle édition vinyle limitée de leur dernier album. On en reparle.

(www.staggerhome.com)
(www.staggerrecords.com)

BEAST RECORDS

    Le label rennais creuse son sillon et sort ses productions à la pelle. Belle brouette pour ce numéro avec les australiens 6fthick et Digger & the Pussycats ainsi que les locaux Betty Ford Clinic et Stout Bros.

    Le deuxième album de Sixfthick, On the Rocks fait suite au tout récent maxi sorti par les bretons et garde la même intensité. Les deux frangins Corbett sont remontés comme des coucous (vous vous rappelez de leur concept à deux chanteurs survoltés ?!) et derrière les trois musiciens assurent une assise incroyable. Au top de leur forme donc et même si ça commence en douceur avec un chant de sirène, ça s’énerve dès le deuxième morceau, “White Light, Wet Heat”, dans une veine RFTC / Hot Snakes qu’ils affectionnent tout particulièrement. On retrouve leurs racines australiennes (Beasts of Bourbon, Bad Seeds) sur nombre de titres, notamment “Live Girls” (et sa ligne de voix à la Tex Perkins) ou le calme et ambiant “Ruin” (avec sa fin à la “Gimme Danger”)... On a aussi des morceaux plus rentre-dedans, “Subject to Change”, scandé à la Danko Jones, “Nothing” qui rappelle Social Distortion et l’explication de texte “The Floor’s the Limit” (Ben l’un des deux frangins la dépasse souvent !) où ils convient Mike Ness et Jello Biafra dans leur danse de st-Guy. Tout cela se terminant sur la superbe ballade “Sirens Part Two”, tendue et maîtrisée... Magistrale !
(www.myspace.com/sixfthick)

    Betty Ford Clinic sont rennais et existe depuis quelques années. Ils ont déjà gravé trois singles (dont le dernier déjà sur Beast) et un maxi ... Plus ou moins convaincants. On les retrouve avec un premier album Conspiracies, Cover-Up & Crimes où ils laissent libre-court à leurs influences dissolues, la pop, Fugazi, les Lords of the New Church (surtout la voix sur “Cow-boys, Queers and Junkies”), le post-punk, Buzzcocks & Blondie... Tout ça fermenté dans un jus indy, qui a quand même du mal à me séduire. Pour autant le disque est loin d’être inintéressant et contient son lot de tubes (deux au moins !) comme le clonage d’International Noise Conspiracy, “Socialist Watches Factory”, ou le pop-punk “Debbie”.
(www.myspace.com/bettyfclinic)

    Depuis qu’il nous a quitté, la planète n’a de cesse de rendre un hommage (mérité il faut bien le dire !) à St Johnny Cash. C’est cette fois les australiens Digger & the Pussycats et les bretons Stout Brothers qui s’y collent sur un 45t intitulé The Man is Back (ça a tout d’une série ça , non ?). Bien leur en a pris en tout cas tant les versions sont bandantes ! Dans l’hémisphère sud, on retrouve un “San Quentin” plombé, gorgé de fuzz et de feedback avec un piano à un doigt (et une touche... V.U.), comme une relecture irrévérencieuse à la Jesus & the Mary Chain.
    Sur l’autre face, les consanguins rennais s’en donnent à coeur joie sur un “Folsom Prison Blues” rugueux et alcoolisé... comme une vieille descente de lambic. ‘de Dieu !
(www.diggerandthepussycats.com)
(www.myspace.com/stoutbrothers)
(www.myspace.com/trashmondainrecords)

Beast Records, 7 rue de la Motte Fablet, 35000 Rennes
(beastrecords.free.fr)

STRAIGHT ARROWS

    Des égouts de Sidney émergent crotteux et dépeignés les quatre jeunes délinquents des Straight Arrows... Avec ce premier single, on est bien loin du garage folk classieux de Holy Soul (le précédent groupe du leader Owen) tant dans le style (les Monkees passés à la moulinette garage punk) que dans l’attitude (je m’en foutisme et postes à cassette). Une décharge primale de garage trash juvénile qui manque quand même un peu de consistance.
    C’est le tout nouveau label, le bien nommé Juvenile Rds qui sort cette galette et qui vient aussi d’éditer un 45t des Black Lips pour leur tournée australienne (“Katrina” / “Italian Sexual Frustration” “Slime & Oxygen”).

 (www.myspace.com/thestraightarrows)
(www.myspace.com/juvenilerecord)

NASTY PRODUCT

    Les chercheurs de tornades de chez Nasty ont une fois de plus bien oeuvré et c’est du sud de la France qu’ils nous ramènent cette fois deux des plus belles manifestations.

    La première nous vient de Bordeaux, un nouveau single des Magnetix, autant dire une F5 ! Le précédent chez Nasty, Time After Time était  sans contexte l’un des tous meilleurs disques du duo, ils enfoncent le clou avec celui-là qui reprend “New Dance”, issu des mêmes sessions (la version est différente... Et bien plus tranchante que celle sortie sur le maxi Born Bad), et qui sur l’autre face voit le monstre à deux têtes s’attaquer à un nouveau genre, le psychédélisme primitif ! Orgue, guitare à l’envers, percussions, fuzz à l’abus, “Something About You” a de quoi déstabiliser, mais tant de spontanéité, d’inventivité et de conviction auront tôt fait de vous chavirer...
(www.myspace.com/themagnetix)

    L’axe Poitiers - Toulouse est merdique à souhait pourtant le King Custer McCarthy n’a pas hésité une seconde à monter son fier destrier et à se taper la route jusqu’au repère du Nasty team dans les faubourgs de la cité cathare (!). Une semaine d’élaboration, quelques 1500 bières et trois palettes de saucisse plus loin, quatre morceaux exclusifs sont gravés sur la bande et sortent aujourd’hui en 45t. On navigue entre Memphis, le delta du Mississippi et les bouges malfamés d’un New-York Pussy Galore... Avec l’empreinte du Kung-Fu Escalator, normal Wlad et Rico en sont les maîtres shaolin.
    Nasty compte bien réitérer ce genre d’expériences, d’ailleurs une session avec les zombies d’El Vicio est déjà dans la boîte... Aarghhhhhhhhhhhhh !

(www.nastyprod.com)

THE CRETEENS

    Comment qu’il se débrouille ce Benji pour être continuellement fourré aux Etats ? Et puis faut savoir qu’il voyage le bougre, la Floride, le Texas, Memphis et maintenant le Nebraska. La nouvelle Mecque du garage cryptique (on en reparle plus loin avec les sorties Dead Beat)... Putain pourtant faut y aller au Nebraska ! C’est le label local Boom Chick (Terminals, Live Fast Die, Brimstone Howl, M.O.T.O... Rien que ça !) qui sort ce troisième 45 (après le split sur Florida’s Dying et le single Contaminated) et c’est certainement le meilleur du groupe protéiforme... Ouais faut dire que les Creteens, c’est un peu comme les Reatards, c’est Benji et un personnel tournant. Cette fois il a débauché les gars des Terminals et ça charcle sévère. “Cocksucker” en entrée, punk trash de première bourre, puis “Kill the Teacher” (ah, l’adolescence !), et enfin “We Need a Change” en face B, blues punk plus classique avec un orgue sournois. Et c’est Brook Hitts, le Feel Spector des grandes plaines qui a mis tout ça en ordre.
(the.creteens.are.free.fr)

Boom Chick Rds, 6405 Morrill Av., Lincoln, NE 68507, USA
(www.boomchickrecords.com)

SOUL GESTAPO

    Troisième album pour le trio de Santander en Espagne qui a quitté le label de ses débuts, No Tomorrow pour une structure locale Oidos Sordos. Musth reprend les influences des précédents, le rock austral (New Christs, Radio Birdman) et une ambiance plus seventies tirant vers un boogie fiévreux. On pense aussi au Sewergrooves (“By your Side”, “Need”)  pour les mélodie ciselée, ou au Sons of Cyrus, notamment sur leur reprise du “Gunslinger Man” des Long Ryders, une des autres facettes du groupe. Six titres au savoir faire indéniable qui préfigurent des prestations live torrides.
(www.soulgestapo.com)
(www.oisos-sordos.com)

DEAD BEAT RECORDS

    Encore une livraison fournie du label de Cleveland avec un retour en deux albums sur la fin des Fuctionnal Blackouts, l’émergence du nouveau groupe de ces derniers, the Daily Void et les débuts garage-noise des Dead Hookers.

    Mais on commence avec le disque le plus fun du colis (et éventuellement mon favori),  Magnetic Problems des Forbidden Tigers. Ils font partie, tout comme les Terminals et Brimstone Howl (Alive rds) de l’ultra dynamique scène du Nebraska. D’ailleurs c’est Brooks Hitt (des Terminals) qui a enregistré le disque et on compte rien moins que trois membres sur quatre issus des B. Howl. Au programme du garage trash furieux et mal lé ché, entre les Reatards/Angry Angles, les Black Lips (“Can of Beans”) et les Magnetix, batterie monolithique et explosions de guitares incontrolées... Un peu moins marquants que leur compatriotes, mais sacrémént cooools !
(www.myspace.com/theforbiddentigers)

    Attention ces gars là sont dangereux ! Les Functionnal Blackouts déboulent des rues venteuses de Chicago pour éructer un mix de screamo punk et de garage tordu, tout dans les aigus, comme joué sur un petit poste d’appoint... Un collage plutôt spécial (à l’image de leurs pochettes) et un brin arty (mais pas forcément très cérébral... ça reste quand même du garage punk !). Et figurez-vous qu’avec des ritournelles comme “Kamikaze!”, le débile “In my Vacuum” (un mot qui revient beaucoup dans leurs textes... Quand on sait q’il peut signifier aspirateur et dépression...) ou le nihiliste et violent “Stab Your Back”, ils m’ont eu ! A l’écoute des quatorze morceaux de cet ultime opus The Severed Tongue Speaks for Everyone on peut être complètement anéanti (surtout si vous vous endormez sur la plage finale de 45mn, noisy et suffocante à souhait !), mais découpé en tranche, le gars de Dead Beat avait raison, ces mecs là sont géniaux !
    Outre cet album, le label américain édite aussi une collection de singles et de raretés, The Very Best of the Monkees, qui retrace les cinq ans de carrière du groupe. Dix huit morceaux dont trois inédits + tous les 7”, splits et leurs participations à différentes compilations (hormis Criminal IQ, leur label attitré, ils ont été hebergé chez Big Neck, Electrorock, Goodbye Boozy, Wrench et Florida’s Dying). Une belle idée qui nous permet de juger de l’évolution du groupe des débuts à la Germs jusqu’à un garage noise plus “fin”.
(www.myspace.com/thefunctionnalblackouts)

    The Daily Void, c’est donc le nouveau projet de quelques-uns des membres des Functionnal Blackouts. On reste sur les même bases post-garage-punk dérangé, avec un mix et un son plus marquants (c’est encore Brooks Hitt qui s’en est chargé !). L’imagerie du groupe est à l’identique de la musique, collage froid en noir et blanc... The daily void.
(www.myspace.com/dailyvoid)

    Les Dead Hookers viennent de Wausau, Winsconsin et ne font pas retomber la mayonaise arty-zarbi avec un premier album concept, The Burial, The Rebirth (l’enterrement, la renaissance) Le  disque commence avec des guitares noise saturées, un chant souvent hurlé et puis tout d’un coup ça se calme et ça évoque les Hunches ou les Horrors jusqu’à cette plage psychédélique de trois mn (“Hypothalmic Black Magic”)... Le reste de l’album est excellent même si part moment (“Nocturnal”) on se demande encore où l’on crèche... Et ça finit comme ça a commencé avec “the Rebirth”. Déstabilisant mais au combien séduisant.
(www.myspace.com/thedeadhookerslive)

Dead Beat Records, PO Box 361392,
Cleveland, OH 44136, USA
(www.dead-beat-records.com)

THE HIGH HATS

    Imaginez les Queers et les Beach Boys tapant le boeuf au CBGB et vous aurez une assez bonne description de ce que peuvent donner les High Hats. Ce jeune groupe Suédois de l’écurie Alley Cat, envoie un pop punk à la Ramones, gavé de choeurs haut perchés et de refrains stupides (“I Love Drugs and I Love You”, certainement le meilleur morceau de leur album Too Much is Never Enough ; “Fun in the Sun” ou “Pissdrunk”). Leur chanteur, une main continuellement posée sur la hanche, bouge dans tous les sens et rappelle par moment Howlin’ Pelle (et pas uniquement à cause de la blondeur de ses cheveux !)... Energisant et frais comme un bon vieux Ricqless.
(www.myspace.com/highhats)
(www.alleycatrecords.se)

THE HATEPINKS

    Ben, ça ne s’arrange pas du côté de Marseille avec les deux nouvelles productions des HainesRoses, et notamment ce 45t, Hate!-Oupupo Songs, dont l’épique enregistrement vous était relaté dans le numéro précédent. En résumé Oupupo, c’est les principes oulipiens adaptés au punk (éh, éh, c’est guère plus clair, hein ?)... En gros se donner des contrainte pour créer une “oeuvre”. Ici, enregistrer 16 titres inédits de 30 secondes (c’est ce qui rentre sur un 7”) en  1 nuit avec 5g de speed ! Et le résultat est plutôt saisissant, avec carrément de grands morceaux (“Black Pest”, “Bourgeois Nations”, “How to Make Speed”), trois reprises (un dégraissage de “Satisfaction” des Stones + “Weapon Factory” de The Wards + “Rock it to the Moon” des Stranglers) et une palette allant du fast punk à la new-wave... Dément ! Un volume 2 est annoncé avec des morceaux uniquement joués sur des... Jouets ! C’est le label autrichien Squoodge rds qui s’est chargé de l’édition.
(www.squoodge.de)

    Et c’est pas tout, et c’est pas tout ! Relax-o-Matic Vibrator Rds vient lui aussi de produire un Objet Violent Non Identifié, un maxi des Marseillais (Auto-ejected!) avec cinq nouveaux morceaux, dont la version longue de “How To Make Speed” et une reprise sacrément arrangé du “Kamikaze Twist” des punkers australiens Rocks... Et de l’autre côté une version de 12’17” de “Rocket to USA” (un morceau de leur 45t), mais à l’envers !!! Et en bonus tracks les seize titres d’Oupupo Songs ! Du grand n’importe-quoi !
(hatepinks.free.fr)

Relax-o-Matic Vibrator Rds,
13 rue Terrusse, 13005 Marseille
(relaxomatic.free.fr)

A FISTFUL OF ROCK’N’ ROLL #13

    Enfin le volume 13 (l’ultime) de la série A Fistful of Rock’n’ Roll produite depuis 1999 par Sal Canzioneri des Electric Frankenstein voit le jour sous la forme d’un triple album. La part. 1 est ainsi distribuée avec le zine de Philadelphie Carbon 14... Et ça débute fort avec les excellents On Parole (de fiers vikings suédois à ce qu’il semblerait), suivi des féroces Clams et leur hommage barbelé à “Robert Johnson”. On retrouve des noms connus, Marvels, Rickshaw, Ironhead, Boss Martians et pour les meilleurs, Onyas, Demons, les canadiens Million Dollar Marxists et les excellents Saigon Sluts... Du velu, du tatoué, du qui sent sous les bras, et ça se vérifie sur les part. 2 & 3, sorties elles en double CD sur Steel Cage Records... Soixante-Trois titres de hi-energy punk rock’n’roll en provenance du monde entier, des anglais de Sonic Boom Boys, très influencés par les Dead Boys jusqu’au japonais Michele Gun Elephant en passant par l’Espagne, l’Italie, le portugal (les redoutables No-Counts), la Hollande, l’Australie, un sérieux contingent Suèdois... La quasi totalité des états américains sont aussi représentés et même Israel avec l’ultra-tubesque “Horatio” des Genders... La compil comporte aussi son lot de “têtes d’affiche” comme Danko Jones, les Makers, Therapy ?, Dollhouse ou les Sewergrooves. Un poil trop de metal punk à mon goût mais y a toujours moyen de trouver son bonheur pour une somme modique.

Steel Cage Rds, PO Box 29247,
Philadelphie, PA 19125, USA
(www.steelcagerecords.com)
(www.c14.com)

MARVEL

    Nos super-héros suédois (Vocalo, Animalizer et the Ambassador) sont de retour avec un deuxième album, Thunderblood Heart qui fait suite à leur maxi de reprises diverses (Unleashed). Revendiquant des influences allant de KISS aux Stooges en passant par Parliament ou les Nerves, le trio envoie un hi-energy rock’n’roll teinté de pop avec d’excellents morceaux comme “I Wanna Know You” (dont ils ont tiré un clip), le très ‘coptérien “Thunderblood Heart”, l’ultra-énergique “Willful Non Participation” (très Sewergrooves celui-là, pour le coup). Un album plus que recommandable donc, et avec une super production (putain quel son de basse !)... Même si on l’impression d’avoir déjà entendu ça par ailleurs.
(www.marvel.nu)

 
Killer Cobra rds, ösgötagatan 7, 58225 Linköping, Suède
(www.killercobras.com)

FLYING OVER

    Le groupe bordelais sous perfusion TV Killers (de la pochette aux covers comme par exemple “Do you Love the Nazis ?” des Kids, jusqu’au titre de leur premier album de 2004, Rockin’ Frenchies) revient sur le front avec un tout nouveau line-up autour du couple Jet Boy - Jet Girl,  Gun Boy à la batterie, Lichen Boy (ex-Jakes, Hero-X) à la basse et Law Boy (Heartbeeps et dernier guiatriste en date  des TV’s). Evidemment vous vous doutez bien qu’ils tapent pas dans la cold-wave, mais dans un punk rock tendu et nerveux. Les trois titres de ce 45t édité par le label d’Annecy Shit In Can, explore l’univers sale du groupe avec notamment un “Fier de Déplaire” en français et un excellent mid-tempo en face B, “I Wanna Destroy You”... Pas celui des Soft Boys)... Un bel envol même s’ils ont un peu de mal à se démarquer de leur(s) influence(s).
(www.myspace.com/flyingover)
(www.achierpointcom.com)

THE MEAN THINGS

    Et c’est un ancien Flying Over et actuel Pneumonias qu’on retrouve à la guitare chez les Mean Things, Cherry Boy, alias Bart the brat et Mean B pour la circonstance. Le credo du groupe c’est le garage sixties avec orgue, les Back from the Graves et tous les poncifs du genre... L’album, Out Come the Freaks a été enregistré par Captain Y de Star & Key of the Indian Ocean et est sorti chez les grecs de Lost in Tyme avec une belle pochette signée Merinuk. Pour le reste on a un garage assez conventionnel (lignée Cynics, Miracle Workers, etc.), bien envoyé mais avec un son un peu trop plat pour rendre l’expérience vraiment  inoubliable. On attend la suite...
(www.myspace.com/themeanthings)
(www.myspace.com/lostintymerecords)

MAIS AUSSI...

    Le Whiskey Flower des Golden Boys est à coup sûr l’un des meilleurs album du trimestre. Un disque country garage psychédélique complètement imprévisible, un peu à l’image du Like Flies on Sherbert d’Alex Chilton... On pense parfois aux Oblivians, parfois à Neil Young (“Remember Georgia”), John Lennon ou aux Deadly Snakes (“Yeah I Wanna Know”). Excellent ! (www.myspace.com/thegoldenboys)

    CPC Gangbangs viennent de Montreal et ont pondu avec leur premier album Mutilation Nation un de mes top-hit du trimestre. D’ailleurs c’est Swami qui a édité le disque, un label qui se trompe rarement. Pas étonnant quand on sait que le groupe est constitué d’ex-Daylight Lovers, Spaceshits et Sexareenos. Les Québécois ont mis un peu d’eau dans leur cocktail punk trash pour nous servir des morceaux entre glam’punk et garage noise du meilleur effet. A consommer sans modération. (www.myspace/cpcganbangs)

    Comme il n’est jamais trop tard pour présenter les bons disques (vieil adage procrastien), je vous conseille de jeter une oreille sur la compil anthologique I’ve Always Been Here Before de Roky Erickson sorti en 2005. 43 morceaux sur deux CD couvrant la carrière entière du loup texan (Spades, 13th Floor Elevators, Aliens, etc.) avec notamment les enregistrements de son come-back post psychiatrique du milieu des seventies et des versions incroyables de “Two Headed Dog”, “Mine Mine Mind” ou “Click your Fingers Applauding the Play”.

    Les Sonic Chicken 4 sur In The Red, c’est fait ! Premier album du gang perpignanais qui reste fidéle à son garage country trash lorgnant vers le Velvet ou les Subsonics. On retient particulièrement leur morceau d’ouverture “Sexiest” et son clavier à trois francs, le sixties “Stupid & Crying”, la nouvelle version de “(I had) too much to drink (last night)” déjà présente sur un 45t Nasty et le tube interplanétaire du disque, “I Only Lose”. (www.myspace.com/sonicchicken4)

    Prenez trois Marked Men, un Reds et le chanteur des Riverboat Gamblers et vous obtenez les High Tension Wires, un combo texan qui mélange power-pop et punk avec quelques très légers effets garage-wave. Leur album Midnight Cashier tourne beaucoup sur ma platine ces derniers-temps, je vous conseille de tenter l’expérience.(www.myspace.com/hightensionwires)

ET ENCORE...

    C’est la deuxième fois que la marque Sailor Jerry propose une compil plutôt intéressante, celle-là coordonnée par Justin Rosenthal et masterisée par Alicja Trout. Sailor Jerry c’était avant tout un des plus célèbre tatoueur old school et c’est devenu une marque de fringues et d’accessoires (et de rhum !!!) reprenant les dessins du maître... mais aussi un site internet très complet avec notamment un onglet “music” plutôt intéressant pour qui se passione de rock & roll sauvage.
    Et donc sur ce sampler Music to......... to, on retrouve Tokyo Electron, les marseillais Hatepinks et Neurotic Swingers, les charmantes new yorkaises Baby Shakes, l’excellent rockab’ des Faraway Boys (“Sailor Jerry Rum”), the Thanes, les Eagles of Death Metal, les River City Tanlines, les parisiens Frustration, Little Killers, Heavy Trash, jusqu’aux Stiff Little Fingers (en live) et Radio Birdman... La plupart des morceaux sont sortis par ailleurs, mais ça reste une très bonnes compil pour tracer la route.
(www.sailorjerry.com)

    On part en Australie, avec le premier sampler du label Merenoise, monté en 2001 pour promouvoir la scène locale de Melbourne. Et y a de quoi faire entre le garage country des Standing & Counts (et leur éthylique “Judgement Day”), la furia oblivianesque des Vegas Kings (avec une petite touche Digger & the Pussycats aussi), qui préparent un deuxième album produit par le gratteux des Immortal Lee County Killers et une tournée européenne, le hilbilly up-tempo d’El Borracho (rien à rajouter !), le garage punk inspiré des Dangermen, celui des Shrewms ou des exhubérants the Money... Et puis aussi les riot-grrls des Butcher Birds (un peu moins mon truc), les furieux Hymnies entre Hard-Ons et Exploding White Mice ou Violent Soho, dans la  lignée des Drones... Une scène qui s’influence et se renouvelle continuellement et dix-neuf titres qui tiennent plus que bien la route.
 (www.merenoise.net)

    Première sortie du label parisien Jojo Records avec un split single entre les marseillais Elektrolux et les vétérans parisiens  Subtle Turnhips. Les premiers pratiquent le soviet twist, une sorte de blues noise-core dominée par une voix au charisme prenant. Les Turnhips de l’autre côté accentuent encore le côté noise avec leur approche DIY théatrale (et une reprise méconnaissable d’ “Antisocial” de Trust !). (jojorecords.free.fr)

    Un quart de siècle pour le fanzine Rock Hardi, ça se fête, alors, CHAMPAGNE ! Numéro 36 fourni avec les films préférés des Cramps (ou des fans des Cramps), des articles sur les Mean Things, Ashtones, Pravda, Sonic Angels, etc. Une itw des Fleshtones, une autre du batteur de Strychnine et un papier sur JP Gratias, traducteur (entre autre) de James Ellroy. Plus de nombreuses chroniques et un nouveau CD 16 titres  avec notamment une belle version du classique “You Burn Me Up & Down” par les Dirteez. (www.rockhardi.com)

    2007, Nasty Samy est toujours sur le front... Il a arrété de boire et s’est mis à la fonte mais continue de charcuter guitares et basses, notamment avec Black Zombie Procession et son mix heavy punk 80’s (putain je vais encore ramasser avec des raccourcis comme ça !)... Ils partagent un split single sur Kicking Rds avec Billy Gaz Station, réunion d’ex-Second Rate et Headcases (ça tape un peu partout, mais là non plus c’est pas de la bluette). (www.kickingrecords.com)
    En marge de ses groupes, l’ami Samy s’occupe aussi d’un zine internet, Everyday’s Like Sunday dont il a exhumé les archives 2006/2007 sous format papier. Regard caustique, un poil cynique parfois sur le... Monde qui tourne (!). Mais, putain, pourquoi cet amour immodéré pour le hard-rock ??? (www.likesunday.com)

    A Marseille Ich Bin Dead (avec des membres des Neurotic Swingers et Aggravation) a quitté le créneau PJ Harvey / Boss Hog pour du yéyé punk francophone. Dommage, je trouve le concept beaucoup moins intéressant et le résultat un peu faiblard. (ichbindead.free.fr)

    Après un premier 45t sur Ultimo Auto Shop, les clermontois Las Vegas Dead Brides remettent ça avec un 10” cette fois. Bel exercice garage punk blues avec certaines reminiscence RFTC, Cramps et un oeil qui lorgne vers le R’n’B le plus dansant. (www.myspace.com/lasvegasdeadbrides)

    Dans la série French Connection, Larsen nous propose un vol. 7 avec les allemands Leopold Kraus Wellenkapelle et leur surf de la Forêt Noire pour un original super dansant, “La Fille Electrique” et un instru. qui ne l’est pas moins, “James”.(www.larsen.asso.fr)

    Troisième album pour le groupe Stoner Hi-energy de Auch, Junkyard Birds. Rien de nouveau sous le foie gras, mais une belle paire de cojones, ne serait-ce que pour appeler son disque The Fuck Album (hi, hi !). (junkyardbirds.free.fr)

    Du local, toujours du local avec le premier Cd de Telezed... Ouais je sais, le nom est à chier. La musique l’est un peu moins avec dans les meilleurs moments un mélange détonnant, The Bronx / Raunch Hands / No Means No. (telezed.net)

    Semi Playback c’est les rois du math-rock... Enfin c’est comme ça qu’on définit leur style par ici. Duo minimal et instrumental, guitare batterie avec samples et synthés... Evidemment dans ce contexte la musique exige une maîtrise parfaite (c’est le cas) et une inventivité de tous les moments. On n’est pas loin du but mais malheureusement on s’embarque par moment dans des structures ultra-tarabiscotées ou des options d’arrangements discutables. Plutôt réussi  quand même bien que je ne sois pas du tout client de post-punk émo... Et... La pochette signée Rica est super réussie les gars !
(www.myspace.com/semiplayback)


Lo' Spider

THE BOSS MARTIANS

    Des Martiens à l’Autre Monde ! Logique ! D’ailleurs les habitués de ce petit troquet toulousain regardent les rockers de la ville débarquer tel des aliens. Un brin ironiques, ils chambrent la balance à l’arrach’ des Boss Martians : “Et je coupe le son !” Mais il en faut plus pour déstabiliser le gang de Seattle, en transit à Toulouse pour un plan dépannage après avoir écumé l’Espagne et avant de s’attaquer à huit dates consécutives en Allemagne.
    Dès le premier accord, tout le monde est collé aux murs. Supersonique ! L’énorme tube “I Wanna Be Your Addiction” d’entrée. Ouch ! Un coup d’oeil sur les autochtones. Doivent pleurer leur mère ! Tu parles, ils dansent comme des forcenés ! Le pouvoir de la musique... Evan Foster, l’ombrageux guitariste-chanteur-leader a l’air de bonne humeur. Il grimace, mouline sur sa Gibson, bondit, s’agite sans rien renverser ni se casser la gueule, un exploit, et fait un petit tour dans le public... Avec son micro sans fil, le nouveau bassiste fend la foule, une cinquantaine de personnes amassée dans le petit bar, en headbangant comme un malade, le manche au ras des oreilles. Gros son, solos héroïques, une set-list entre power pop musclée et riffs velus, du stadium rock dans un petit rade ! Depuis leurs débuts surf-garage du côté de Tacoma, Washington, en passant par le chef d’oeuvre The Set Up, farci de tubes mélodiques et tendus, ils ont sérieusement musclé le son. La pop fragile de “Oh Angela” calme les débats. Mais ça repart de plus belle, le bassiste monte sur le zinc, passe de l’autre côté du bar, se fait rincer la glotte à la tirette tout en agrippant sa gratte. “This Is Rock’n’roll” des Kids (avec Lo Spider aux choeurs !) enfonce définitivement le clou. C’est bien le seul gang du moment à savoir mixer les Sonics et AC/DC, Elvis Costello et Cheap Trick... La classe ! Assurer un show pareil de retour d’Espagne, faut une énergie extra-terrestre ! Ravi, Evan remercie chaleureusement le public et l’ami Pecci qui a organisé la soirée, tout en promettant de revenir.

    Le stand de merchandising est dévalisé mais on arrive à choper le vinyle de leur nouvel album, Pressure In The SODO (peut-être une référence à SOuth DOwntown, un quartier de Seattle, leur ville d’adoption, mais il existe sûrement d’autres interprétations plus pénétrantes). La galette démarre à donf’ avec “Power Of Doubt”, un condensé de patate et d’efficacité digne des Wonderfools ou du Turbonegro de la grande époque. Suivent de gros riffs hardos (“Mars Is For Martians” avec des paroles signées Iggy Pop, qui paraît-il participe aux vocaux, faut tendre l’oreille), du garage musclé (“If You Only Knew”, remember “Learn To Lose” des Cynics ?), du stadium rock avec choeurs virils et solo à la Angus Young (“Hey Hey Yeah Yeah”), d’autres chorus héroïques de Satriani sous cocaïne (ce qui leur vaut cette appréciation sans concession de la part d’un de nos potes : “On dirait Europe !”), plus quelques tentatives pour décrocher la mélodie ultime et le tube radio, en passant par un autre hit énorme, “You’ve Taken Everything”, son intro garage velue et ses refrains pop lumineux. Plus inégal que The Set Up, mais un bon cru quand même.

www.musickrecords.com
www.bossmartians.com

BILLY CHILDISH

    Histoire de solder les aventures de Wild Billy Childish & The Buff Medways (quatre albums en cinq ans, petite moyenne pour Billy), Damaged Goods vient d’éditer XFM Sessions, des bandes enregistrées pour l’émision X-Posure, sur la radio indie londonienne XFM, sept titres en public au Barfly de Londres et huit autres live en studio. Une compilation de versions rugueuses et brutes, parfois bancales, des grands moments des Buff Medways (“Troubled Mind”, “John The Revelator” à cappella, “Punk Rock Is Nicht Tot”, ou le “Fire” d’Hendrix). A réserver aux fans.

    Depuis Billy a remplacé Graham Day par sa copine Julie à la basse et formé Wild Billy Childish & The Musicians Of The British Empire qui, après leur premier opus Punk Rock At The British Legion Hall, viennent de pondre un single et un album entier de Noël, toujours pour Damaged Goods. Le grand manitou du légendaire label garage punk britannique, Ian Damaged, en avait parlé à Billy en juin, début août l’album était prêt. C’est déjà un bel exercice de recyclage : on y retrouve de nouvelles versions de “Merry Christmas Fritz” des Buff Medways, “Santa Claus” des Headcoatees, lui même inspiré de “Farmer John”, “Comanche” devenant “Link Wray Christmas”, la partie finale du mini-opéra farfelu “A Quick One” des Who retitré “Pete Townsend Christmas” ou le “Wild Man” des Tamrons transformé en “Knick Knack Paddy Wack (Chuck It In The Bin)” ! Mais il contient aussi quelques originaux marquants comme le ramonesque “Mistletoe” et l’entêtant “Christmas 1979”, qui conte une histoire dramatique et auto-biographique. Un morceau grandiose qui figure sur le single, couplé à l’inédit “Ho Ho”, du garage blues roboratif, édité en mille exemplaires verts et mille rouges.
    A noter que Damaged Goods fête cette année son vingtième anniversaire et promet des merveilles : la réédition des quatre albums des Headcoatees parus sur Vinyl Japan, le deuxième opus de Pete Molinari, des Peel Sessions des Rezillos, une anthologie de Sexton Ming, et encore une fournée de Billy Childish ! (www.billychildish.com)

www.damagedgoods.co.uk

THE JET BOYS

    Fanatiques de punk karaté et de rock hara-kiri, Demolition Derby vous a gâté en rééditant en vinyle le premier album des Jet Boys, Teenage Thunder, paru en 1992 uniquement en CD chez les japonais Gong. Ce sont bien les regrettés Jet Boys nippons, ceux qui bradassaient allègrement le minimalisme des Ramones, les descentes de manche de Johnny Thunders, la déglingue arrache-tympan de Guitar Wolf, la poésie (?) de GG Allin et l’explosive énergie de Bruce Lee. Teenage Thunder Revisited offre en prime les deux titres du single Get Out My Girl paru à l’origine en 1993 sur Sympathy, et deux inédits qui castagnent, dont le sloganesque “Fuck Forever” ! Tempos speedés, son qui craque, grattes qui ramonent, screamer furax, énergie jouissive... BANZAÏ !!!
demderby.com

THE ASPHALT TUAREG

    Damned ! On venait juste d'en passer un extrait dans l’émission Dig It! quand le CD s’est retrouvé coincé dans le lecteur de Radio Canal Sud ! Avalé ! Un vrai mange-disque pour le coup !  Du bien-nommé Swunk Alone In The Trouble Zone, restent en mémoire ces giclées de guitares en roue libre, la batterie minimaliste, l’ambiance sombre et menaçante et la voix habitée. De “Survivors” à “Last Woman Standing”, l’album déboule tel un gros cube fendant les dunes (euh... ça fait un peu rallye dans le désert, mais c’est plus évocateur qu’un dromadaire lâché sur l’autoroute...). Avec sa dégaine de méchant de Mad Max, le mystérieux Touareg de l’asphalte n’est autre que François Lebas (Fixed Up / Backsliders etc.), qui en attendant la sortie du deuxième single de son autre projet, Double Shot, s’est amusé tout seul en studio. Yeah ! Francesco is back ! Ça fait déjà fumer les platines !
myspace.com/2xshot

ELECTRIC SIX

    Leur premier album Fire était une bombe et leur avait collé une étiquette disco punk qu’ils ont toujours reniée. Les deux suivants étaient plus inégaux mais contenaient des tubes irrésistibles. Dans la même lignée, leur quatrième opus s’intitule sobrement I Shall Exterminate Everything Around Me That Restricts Me From Being The Master (ouf ! Eux le désignent comme The Album). Même les allergiques aux synthés doivent reconnaître qu’ils ne manquent pas d’arguments : un humour absurde et disjoncté, des musiciens ébouriffants, un chanteur charismatique, des paroles saignantes (voir electricsixlyrics.co.uk) plus une créativité exubérante et débridée, et la maîtrise de ceux qui passent la moitié de l’année sur la route.
    Préparez-vous à un savant cocktail à base de grosses guitares, de zigouigouis spatiaux, de beat dansant, de new wave musclée et de solos intersidéraux avec en point d’orgue les riffs heavy et la clarinette jazzy de “It’s Show Time”, la voix de castrat et le piano sautillant de “Down At McDonellzzz”, l’ode à la cocaïne “Feed My Fucking Habit” (encore un qui ne passera pas sur les radios US !), l’épique et planant “When I Got To The Green Building”, ou le psychédélico-folk “Kukuxumushu”. Bon signe pour les royalties, “I Don't Like You” apparaît dans la bande son d’un jeu vidéo, et l’album a fait son entrée dans les charts américains. It’s show time !
electricsix.com  -  metropolis-records.com

NATHANIEL @ LENNON

    Grosse affiche à la salle John Lennon de Limoges ce samedi 8 décembre. Les Barcelonais agités Tokyo Sex Destruction ouvrent la soirée... de façon curieuse par un morceau lent, psychédélique et envapé... avant de lâcher les watts pour un set ultra-tendu alternant des passages survoltés un brin déstructurés, et des moments de transe groove totalement lysergiques quand le chanteur empoigne son deuxième micro aux effets spatiaux. Vu qu’ils jouent comme des bêtes en s’agitant comme des forcenés, le spectacle est au rendez-vous. Le son un peu moins. La salle se remplit doucement et commence à s’agiter. Ils concluent genre tornade soul sur la ville, sans provoquer d’émeute, mais devant une salle bien réchauffée.

    Une bonne partie du public attend visiblement les héros locaux BDK & The Roller Coaster, décidés à fêter dignement la sortie de leur troisième album (voir plus loin). Leur potion garage-rockab-exotica est toujours aussi énergétique. BDK alias Blue Devil King n’en rajoute pas trop ce soir. Repeignages de banane, bouffages de micro à la Lux Interior, imitations convaincantes du chimpanzé dérangé en plein repas et du psychopathe possédé par le démon, quelques sauts dans le public, et quelques tours de magie (pas mal le coup du peigne !). Le gang drivé par l’increvable saxophoniste, en vacances des Shrines de King Khan, garde la frite jusqu’au final, et l’habituel gimmick tout-le-monde-s’assoit-pour-mieux-bondir-ensuite. Grosse fiesta, et un public cette fois chauffé à blanc pour accueillir la légende de Detroit.

    On s’interrogeait encore sur le line-up qui entourait Nathaniel Mayer quand on vit se pointer sur scène des moustaches de druide familières, celles de Matthew Smith, un autre de ces petits génies de Motor City, un multi-instrumentiste-chanteur-compositeur-arrangeur-producteur, qui a joué avec Kim Fowley et Kevin Ayers, et animé une floppée de projets, du psyché pop brillant d’Outrageous Cherry à la country roots des Volebeats. Il tient la guitare aux côtés de son complice bassiste Chad Gilchrist (qu’on avait aussi rencontré à Detroit, c’est lui qui avait filmé l’hilarant reportage sur la Dream Cruise, voir Dig It! 34), et du batteur Bob Mulrooney alias Bootsy X en personne, une autre légende, qui vient de reformer les Ramrods, son gang punk des seventies après avoir sévi avec Dark Carnival, Rocket 455 ou les Lovemasters.
    Le trio lance le groove et le père Mayer apparaît, sa mince silhouette enveloppée d’une superbe chemise blanche à paillettes, un béret noir vissé sur la tête. Il avance à petits pas, s’appuyant sur une canne... Pas de gigue infernale et de sauts périlleux en prévision ! C’est un rescapé... Dans les années 70, il traînait avec les Errol Flynns, un des gangs de rue les plus célèbres et redoutés de Detroit. Trois décennies à rôder dans les bas-fonds de Motor City ont de quoi laisser des traces. Sans compter son attaque cérébrale de l’été 2005... En tout cas, il a l’air heureux d’être là.
    Son filet de voix éraillé et attrape tripes s’élève... Wow ! Le son est clair et pêchu, le groove basique, le feeling éclatant. Le vieux grigou est toujours prompt à dédier ses ballades aux jolies filles des premiers rangs. Matthew Smith ne le quitte pas des yeux tandis qu’il oscille, chuinte, gémit, supplie, déverse sa frustration et sa solitude, tape dans ses mains et lève le bras pour donner le signal de fin, même quand le morceau n’est pas encore fini... Fred, le sax des Roller Coaster vient prêter la main sur un titre. Le public ondule, et la salle est logiquement conquise quand Nathaniel entame “I Found Out” de Lennon. De “White Dress” extrait du tout nouvel album à “Village Of Love”, son plus gros tube en 1962, la set-list déroule une floppée de perles soul immédiates et irrésistibles. Après en avoir dédiée une à tous ceux qui aiment se bourrer la gueule, il promet de venir s’en jeter quelques uns avec le public après le show, et quitte la scène sous les ovations.
    Effectivement le vieil homme s’extirpe des loges en boitant bas et rejoint le stand de merchandising entouré de fans aux anges. Il montre son genou bandé qui a l’air de le faire souffrir, mais il a toujours la gnaque. Aux Barcelonais Tokyo Sex Destruction qui se pressent autour de lui pour une photo souvenir, il déclare impertubable : “Je suis peut-être vieux, mais je vous enterrerai tous !”
    On discute cinq minutes avec notre pote Jostone, le tourneur toujours dans les bons coups, puis Matthew, Chad et Bootsy X qui nous refile le tout nouveau single des Ramrods reformés pour leur trentième anniversaire avec l’aide à la basse de Dan Kroha (Gories/Rocket 455/Demolition Doll Rods), sur le label de Detroit Cass Rds. Les Ramrods ! Ceux qui ont ranimé la flamme du Detroit Sound, et repris le flambeau des Stooges à la fin des seventies avec leur hymne “I’m A Ramrod” (revisité depuis par les Cellophane Suckers ou nos héros locaux du Jerry Spider Gang). Trente ans plus tard, ils balancent deux tranches de punk mal peigné, le saignant “Downtown Stories” qui monte inexorablement en intensité et en déjante, et le rampant “Blood Dues”, un mid-tempo au groove venimeux. L’ombre d’Iggy plane sans doute, mais ces deux morceaux suffiraient à rendre un éventuel album mille fois plus intéressant que le dernier Stooges ! A voir aussi : la vidéo du tonique “Here It Comes” filmée par le célèbre producteur de Detroit Don Was pour le site My Damn Channel. (cassrecords.com - mydamnchannel.com - ramrodsdetroit.com)

    Bob en profite pour nous passer le dernier Nathaniel Mayer, Why Don’t You Give It To Me ?, dont un fan local vient d’embarquer les deux derniers exemplaires vinyles sous notre nez. Fuck ! Rien que pour sa superbe pochette entre Art Déco et Art Nouveau, le vinyle est un must... A condition d’aimer la soul arrosée de psychédélisme. Faut dire que Matthew Smith était déjà dans le coup, avec Dan Auerbach (Black Keys) à la guitare, le batteur Dave Shettler (un des S de SSM) et l’allumé Troy Gregory (Witches/ Dirtbombs) à la basse. Dès le premier titre, l’ambiance est posée : une longue plage hypnotique, basse et voix en avant, des guitares pleines de feedback qui tricotent en arrière plan. Le tubesque “White Dress” avec ses handclaps et son beat pêchu a le même son cryptique, tout droit jailli de la cave de Fortune Records où Mayer a enregistré ses standards au début des sixties. Avec les percus tribales de “Lonely Man” et le chant lancinant de “Please Drop The Bomb”, les remontées acides culminent sur “Doin’It”, jam bien barrée qui contient quelques freak-outs dantesques et des bruitages spatiaux à la Funkadelic. Et ces gémissements possédés du père Mayer, dont on entend le moindre claquement de langue, qui essore ses cordes vocales fatiguées pour en tirer les dernières gouttes d’émotion. Autre grand moment, le prenant “Why Dontcha Show Me” enregistré aux Ghetto Recorders de Jim Diamond, avec son intro au piano et son riff obsédant. On atterrit en douceur avec une cover de Delroy Wilson, le chaloupé “Dancing Mood” qui fleure bon la Jamaïque. Un beau trip !

    Et pour replonger aux sources du mythe, sautez sur l’indispensable compilation I Want Love And Affection (Not The House Of Correction) que vient d’éditer Vampisoul. Un double album qui rassemble l’intégralité des vingt et un titres gravés par Nathaniel “Nay Dog” Mayer pour Fortune entre 1961 et 1966, plus un 45 tours de 1980. Tout y est : les ballades cristallines comme “My Last Dance With You” (son premier single à l’âge de seize ans) ou “Hurting Love” (avec le falsetto hanté de Nolan Strong en arrière plan), le groove sauvage de “I Had A dream” (avec les Impacts en backing band, futurs Black Merda, un titre repris par Holly Golightly et les Gibson Brothers), le R&B velu de “Leave Me Alone” (revu lui par les Hard Feelings), les choeurs doo wop déjantés de “King Of Paradise”, le swing irrésistible de son interprétation de “Summertime” de Gershwin, la flûte surnaturelle de “My Lonely Island”, le trombone de “I’m Not Gonna Cry” joué par McKinley Jackson futur Politicians et Funkadelic, les aiguilles dans le rouge de “A Place I Know”, le virage funky du dernier single Fortune avec le fameux “(I Want) Love And Affection (Not The House Of Correction)” - écrit alors qu’il était justement enfermé à la Detroit House Of Correction ! - et bien sûr le tube “Village Of Love”, relifté depuis par les Detroit Cobras, qui faillit lui valoir un deal avec United Artists, et sans doute un autre destin. Le tout magnifié par la voix aiguë, juvénile et magique de notre héros. Un must !

myspace.com/nathanielmayer
alive-totalenergy.com

SOUNDFLAT RECORDS

    Recoiffez vos bananes, c’est parti pour un tour de grand huit avec le tout nouveau BDK & The Roller Coaster, Lowdown And Dirty. Le train fantôme démarre à toute berzingue avec deux décharges garage groove vigoureuses, avant de s’aventurer dans un univers bariolé peuplé de démons et de chameaux volants, du lancinant et hanté “Soul Jerker” au furieux “Dances”, et ses réminiscences des Raunch Hands, en passant par le gros rock’n’roll de “Hip Shakin’ Mama”, le funky “Mighty Man” ou une paire d’instrus orientalisants. Revigorant !

    Au concert de Limoges, leur guitariste arborait un tee-shirt de The Titty Twisters Orchestra, leurs nouveaux compères de label, des Italiens qui chassent dans les mêmes jungles où Jane et Sheherazade font des strip tease sur fond de saxos grasseyants. Mais dans le registre big band : onze musiciens et quatre gogo girls ! Ce doit être un sacré Barnum sur scène ! Sûrement pas facile à enregistrer non plus. Ils sont allés aux studios Toe Rag pour mettre en boîte leur deuxième album, Deluxe Lingerie Only... please. Le son manque un peu de pêche, mais c’est une belle virée sur fond d’ambiances garage-exotico-surf-rockab’ et d’instrus lascifs à la Las Vegas Grind, le tout épicé par une cover de “Jaan Pelechaan Ho” du grand Mohamed Rafi, une légende de Bollywood (40 ans de carrière, près de 4000 chansons pour 650 films !). Ce morceau mythique écrit en 1962 figurait sur la bande son de Ghost World, le film fendard adapté du comics  de Daniel Clowes. Ils reprennent aussi “Little Latin Lupe Lu”. Choix parfait pour une bonne bringue ! (www.tittytwistersorchestra.com)

    En orbite autour de la planète Fuzz, les allemands Satelliters larguent un nouveau EP quatre titres dont une reprise fumante du torride “It Came To Me” des Hollandais Q65, déjà magnifiquement relifté par les Tell Tale Hearts et pas mal d'autres. Les trois originaux rôdent du côté des Cynics et des Miracle Workers, avec une nuance plus psyché sur “Cry, Cry, Cry” (rien à voir avec celui des Unrelated Segments). Du garage sixties très référentiel mais toujours classieux. (www.thesatelliters.de)

    Les Cool Jerks ont une mission : faire rock’n’rouler l’allemand. C’est pas gagné, mais leurs efforts sont méritoires. Pas besoin de maîtriser la langue d’Uli Roth pour deviner que “Hier Kommt Der Sommer” est une adaptation du tube des Undertones. Entrée en matière vitaminée, suivie de deux perles sixties beat pêchues et de “Surfin’ BRD”... Non, pas cet oiseau là, c’est un autre original, une ritournelle surf addictive qui se conclut par un clin d’oeil aux Beach Boys. Rafraîchissant !
(myspace.com/cooljerksbremen)

    Formés d’anciens membres des Tuna Tacos/Los Nitros/Golden Zombies, les Imperial Surfers envoient sur ce nouvel EP (Spaniard Instrumental Hünken Sound!) quatre instrus percutants et classe, enlevés par un saxophone plein de swing, aux titres évocateurs tel que “Twist ! Twist !” ou “Hunka ! Hunka !”. Le quatuor espagnol s’attaque aussi à un vieux classique de Pete Seeger dont la version française avait eu un grand succès : “Si Yo Tuviera Un Martillo”... Woh oooh ! Ce serait le bonheu-eur ! (theimperialsurfers.com)

    On retrouve ces trois derniers gangs sur la compilation Ballroom Bash ! qui rassemble les six groupes ayant mouillé la chemise au premier festival organisé par le label de Cologne en octobre dernier. Quatre morceaux chacun, dont quelques inédits, et un beau tour d’horizon du sixties beat maison.
    Les Autrichiens Staggers ouvrent le bal avec deux extraits de leur album Teenage Trash Insanity (dont “Out Of My Mind” et sa fuzz à la Davie Allan) et proposent en guise d’inédit leur vision assez wild du “Little Sister” d’Elvis. Voix passée au mixer, guitares jonglant entre fuzz et réverb, et quelques braillements sauvages. Un extrait fendard de la vidéo avait été diffusé par Arte cet été dans une de leurs émissions spéciales sur le King. Le début de la gloire !
    Les Montesas de Marcel Bontempi alternent deux tranches de country jazz blues bien roots, tirées de l’album Rockers... Shakers!, avec une perle à la Beatles période Star Club de Hambourg, “Girl, Du Machst Mich So An !”, et l’inédit “Do The Slide” au beat sixties groovy à souhait.
    Ce coup-ci, les Cool Jerks chantent en français ! Enfin, une sorte de patois local peut-être ? Malgré ses paroles quasi incompréhensibles, “Comme L’Agent Secret”, paru à l’origine sur un 45 tours Larsen, reste totalement irrésistible avec ses petits clins d’oeil à James Bond, de même que l’inédit live “Boozy Man”, sorte d’hommage virulent à la Medway Scene.
    Les Satelliters sont aussi au programme, avec deux originaux extraits du EP chroniqué plus haut, un slow inédit, “Allright, No No”, et une cover du classique des Brogues “Ain’t No Miracle Worker”. Tranchant et efficace.
    Les frenchies sont ensuite à l’honneur avec Curlee Wurlee, basés en Allemagne mais menés par l’organiste/chanteuse Cécile Pestounette. Ils avaient mis Toulouse en feu il y a quelques mois avec un set garage explosif et classieux. On adore toujours leurs titres en français comme “L’Essence Des Sens” (et cette mise au point en réponse à Charlotte Leslie : “Les filles c’est pas fait que pour faire l’amour !”), ou l’allumé “Lutin Au LSD”.
    Le final groove est assuré par les Slow Slushy Boys, toujours emmenés par le boss de Larsen Rds, le label frère de Soundflat, et son fiston à l’orgue, qui tenait la guitare avec   Curlee Wurlee lors de leur concert à la brasserie Chez Pierre. Une valeur sûre qu’on ne présente plus, apportant la touche soul qui parachève une compil hautement recommandable aux fans des sixties.

Soundflat Records, c/o Marco Traxel, Fischenicher Strasse 32, 40969 Köln, Allemagne
www.soundflat-records.de

POUR LA ROUTE

    Mike McCann, alias The Rathole Sheikh, et sa copine Disi ont fait chauffer leur nouveau studio portable deux pistes et demi pour livrer deux nouveaux CD roulés sous les aisselles.
    Disi And The Rathole Sheikh Sing Hillbilly plonge dans une ambiance Jug Band meets The Carter Family, à coups de gratte acoustique, d’harmonica, de kazoo et de yoddles endiablés sur des covers de Jimmy Rodgers et Jimmy Davis, le trad “John Hardy”, le déjanté “Ticklish Reuben” de Cal Stewart (“Hi Hi Hi Hi Hi Hi Hi Hi...”), le “Down The Dustpipe” de Carl Groszmann popularisé par Status Quo, la terrible interrogation métaphysique immortalisée par Bob Wills And His Texas Playboys, “Will There Be Any Yodelling In Heaven ?”, ou une version hallucinée de Hare Krishna rebaptisé “Harry Krishna”.
    Disi And Mike Sing Folk présente vingt perles essentiellement puisées dans le répertoire traditionnel britannique, chantées à deux voix, Disi jonglant entre violon, accordéon, harmonica ou ukulele. Du folk interprété sans ironie, avec le coeur et les tripes. Les fans de Pete Molinari en seraient tout retournés ! Mais Mike n’a toujours pas de label. Il nous a promis un nouveau CD sous peu, en annonçant que ce pourrait être le dernier. Déconne pas Mike, qui d’autre nous ferait écouter des trucs pareils ?
(ratholesheikh @yahoo.com)

    Red Limo est un trio de Charlotte en Caroline du Nord. Leur premier EP, Soulful Attack, paru sur Made On The Moon, contient quatre giclées de garage punk cryptique et tendu qui lorgnent sur les early Ramones, avec un gratteux qui mouline sans pitié et place des solos à deux doigts genre Johnny Ramone sous acide. Hirsute et marrant. (myspace.com/redlimo)

    Un beau vinyle vert translucide glissé dans une pochette montrant un Père Noël débonnaire offrant à un bambin radieux un énorme flingue, ce single Norton était le must de l’année pour les kids de la famille. En face A, les Black Lips chantent une ballade d’une ironie mordante sur un GI coincé en Irak (“Christmas In Baghdad”). Relents country blues déglingos, sifflotements enjoués et propos philosophiques (“C’est sûr, il ne risque pas de neiger”). Au verso, King Khan & BBQ balancent un instrumental chaloupé, leur son roots typique agrémenté de quelques clochettes... Pourraient peut-être commander un accordeur au Père Noël ! (Norton Rds, Box 646 Cooper Station, New York, NY 10276)

    Le 25 cm des Ashtones, A She-Devil Is My Dope Fiend, vient d’être édité en CD chez les Italiens de Nicotine Records, sous le titre Hellfire And... Paradise Falls, augmenté de six titres enregistrés live dans leur antre de La Malterie à Lille, dont un “Search And Destroy” rageur. Si vous n’avez pas eu votre ration de punk teigneux, laissez traîner une oreille. Gaffe, ils mordent ! (www.ashtones.com - http://nicotinerecords.com)

    Le CD Flyin’ High de Paul Collins (Lucinda Rds, 2005) vient lui d’être gravé sur du bon gros vinyle 180 g par Get Hip. Il n’avait pas sorti d’album depuis onze ans et il ne lui a fallu que trois jours pour le mettre en boîte ! Douze chansons enregistrées dans son salon à Madrid avec quelques amis, des ballades ciselées et émouvantes, un gros coup de nostalgie pour ceux qui se souviennent que le premier Paul Collins Beat est l’un des meilleurs disques de power pop jamais réalisé.

Sylvain Coulon

  Digitfanzine@chez.com
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