CHRONIQUES
DIG IT # 43

SONNY VINCENT

    Chaque album du troubadour punk ricain fait souffler un vent violent sur le quartier général de Dig It !. La tempête s'est même sensiblement renforcée sur la dernière livraison, Switchblade Summer, et comme d'habitude, la formation ressemble à un who's who du one-two-three-four supersonique : Scott Asheton tient la batterie sur la moitié des dix titres, Captain Sensible est à la basse sur deux morceaux, quelques invités sont passés (Jimmy James des Hangmen, Texas Terri, Simon Chainsaw, etc...) et les vieux potes Jamie Garner (guitare & basse, ex-Shotgun Rationale), Johnny Rio (guitare), Billy The Kid (basse) et Bishop (drums) font une solide ossature sur la plus grande partie de l'album.

    Si vous estimez que Sonny ne peut plus vous surprendre après toutes ces années et autant d'albums, détrompez-vous et jetez donc une oreille sur le ravageur "Lost Culture", avec son refrain bulldozer et ses guitares à lézarder le plus armé des bétons. Les 2'30" du morceau sont plus explicites que trois pages de discours laudateur. Si Sonny se met à écrire des hits maintenant...

    Les membres du S V fan club vont pouvoir casser leur tirelire puisqu'au moment même où tombait cet album (chez les Bretons de Nest Of Vipers Rds), le label allemand Incognito mettait sur le marché un LP des désormais mythiques Testors regroupant quelques titres inédits (il en restait donc encore !) enregistrés entre 76 et 79 dans plusieurs clubs new yorkais (Max's, CBGB, Ritz).
   
    Sonny était en virée en Italie récemment, et sur son site internet la mention "This could be the last time, baby the last time" laisse penser qu'il envisage un break.

Nest Of Vipers, 5 Rue Du Port,
Le Vivier Sur Mer. 35960 France
(viperrecords@club-internet.fr)

ALIEN SNATCH

    La livraison printanière de vinyle du label allemand propose cette fois trois expériences bien différentes. Et chaque album, du plus original au plus classique, mérite davantage qu'un coup d'oreille distrait.

    Voyez les Suédois Henry Fiat's Open Sore par exemple. Voilà un groupe qui en est à quatre albums (celui-ci, Mondo Blotto, est le premier depuis cinq ans) un peu boudés jusqu'ici par les fans habituels de rock scandinave parce que difficile à placer dans une case précise : ni sixties ni heavy, un peu trop dispersés et pince-sans-rire pour les punks, démesurément speed loufoques pour les garagistes, bref, ils n'ont pas choisi la voie royale. Et comme en plus ils sont cagoulés en permanence, il y a peu de chances que les lycéennes affichent cette année des posters d'Henry Fiat dans leur chambrette près de ceux des Hives.
    Le groupe existe depuis une douzaine d'années et on dirait bien que les cinq ans de break depuis l'album précédent ont été mis à profit pour affiner la stratégie : "On est content de la façon dont les choses ont evolué depuis le dernier disque, on a monté d'un cran et fait des morceaux qui sonnent mieux, plus nets. Certains diront qu'on joue moins vite maintenant, mais c'est pas vrai, en fait on joue encore plus vite. C'est juste que les mélodies sont plus évidentes qu'avant...".
    Et c'est vrai que les mélodies sont accrocheuses et punks, comme on sait les trousser chez les Dickies, les Briefs ou les Dwarves, avec belles envolées vocales à la Didjits/Gaza Strippers. Quelques clins d'oeil rapides à Devo par ci, des refrains à mourir de rire par là (pensez aux Rezillos), des slogans sortis du grimoire de Turbonegro ("Death To False Mongos"), des fausses fins, des éruptions de guitares incongrues, bref, un vrai feu d'artifice et des fusées qui vous partent dans les pieds en permanence. Et tout ça à vitesse plus qu'élevée donc, sans temps morts ni trompettes, d'ailleurs les titres (une vingtaine !) sont quasiment tous enchaînés. Quelle santé !
    Ceux qui aiment déguster leurs tranche de rock pied au plancher et sourire aux lèvres ont déjà compris qu'il y avait là une occase à ne pas laisser passer...

    Autre univers et architecture plus tourmentée pour les Turpentine Brothers de Boston. Le duo, formé par Justin Hubbard (chant/guitare) des Kings of Nuthin' et Tara (batterie - Mr Airplane Man) pour assurer les entr'actes de leurs groupes respectifs et se faire offrir quelques verres en plus, s'est transformé en trio avec l'arrivée de Zack Brines, organiste chez les Kings Of Nuthin' lui aussi. Du coup, le son s'est étoffé et les influences primitives des tout débuts (Hasil Adkins principalement) se sont élargies pour englober la Soul (sur son premier album, le groupe reprenait Curtis Mayfield et le classique Motown "Love's Gone Bad") ou le garage psyché à la Black Lips. Et l'orgue très "Mr Quintron" de Zack rappelle une période précise des Oblivians... Dommage quand même que sur ce deuxième album (sans titre), les influences Soul soient moins discernables que précédemment.

    Après un 25cm il y a quelque temps, Alien Snatch sort le premier vrai album des Canadiennes Riff Randells (version CD sur Dirtnap Rds). Les filles de Vancouver font déjà un carton dans les garages où trônent au mur de vieilles photos de Nikki Corvette ou des Shangri-La's, sauf que les Riff Randells sont apparemment beaucoup plus déterminées à faire parler la poudre, elles ont la jeunesse pour elles et font moins shampouineuses que les Donnas. Sur des bases qui touillent sans complexes Chuck Berry et les Ramones, les donzelles réalisent avec ce Doublecross un joli coup d'expertes en mélodies catchy et riffs secouants. On est client de ce genre de traitement "power pop rock & punk" indémodable et éternel.

Alien Snatch Rds, Danziger Strasse 1,
10435 Berlin, Allemagne
(www.aliensnatch.com)

JELLYFUZZ

    Deuxième album du groupe brestois, ce A Barbecue With Elvis est une belle surprise tirée à quatre épingles regorgeant d'influences classieuses bien digérées et d'inventivité réjouissante. Du garage des origines (Sonics, Miracle Workers), le groupe a canalisé l'énergie sans s'interdire quelques incursions country/hillbilly, blues, pop ou psyché avec parfois une discrète touche Paysley Underground (Green On Red, Dream Syndicate). Le gang breton reprend les Ecossais Primevals façon Gun Club et je suis sûr que les fans des Cramps (checkez ce "Vampire Love" secoué à la fuzz qui craque) ou de Girl Trouble (la voix, les compos garage'n'roots) se sentiront en famille, les esthètes apprécieront les deux pochettes différentes (LP + CD avec fantôme d'Elvis en bonus track) autant que la production irréprochable, et tous conviendront que Jellyfuzz a fait à la fois oeuvre de "pros" et de "fans". Pas si courant, alors chapeau bas paotred ! (www.coop-breizh.com)

19 HELL

    Y'a un truc dans l'eau en ce moment en Bretagne ou quoi ? V'à plus de cinq ans que ces gaillards haute tension répètent d'arrache-oreille dans la campagne rennaise, potards à 17 et aiguilles dans le rouge, et une fois le jour de l'enregistrement venu... : "Bon les gars, on y va à fond, mais rappelez-vous, quoiqu'il arrive, on reste digne jusqu'au bout !". Et dignes ils restèrent, synthétisant le meilleur du rock hi-energy scandinave de ces dix dernières années, des Hellacopters à Baby Woodrose, de Dollhouse aux Sewergrooves (dont ils reprennent en orfèvres le génial "Ain't Comin' Home") ou de Gluecifer à Psychopunch. Les solos font des trous dans les murs et les refrains se laissent facilement reprendre à tue-tête, tout ça sans excès ni outrances, just rock'n'roll... Le groupe est composé d'ex-membres de Greenfish, TV Men et Spiritual Power Candle, un des guitaristes fabrique lui-même ses pédales d'effets (des oeuvres d'art supersoniques, on peut en voir au dos de la pochette de l'album), le disque, sorti sur Streetwise Rds, a été enregistré chez Johnny Cat à Annecy et on le recommande chaudement à nos lecteurs qui aiment méditer les deux doigts dans la prise. (myspace.com/19hell)

THE MEDIUMS

    Ca démarre sur une voix sépulcrale qui flotte au-dessus de nappes d'orgue acide, une guitare crache de brèves giclées western, des choeurs de succubes sous champignon montent au créneau et la rythmique a visiblement gobé un métronome... Mesdames-messieurs revoici les Mediums de Lucas Trouble, Charly Markarian, Caligula Gibus et Eric Lenoir. L'épique équipe enchaîne sur le "Delilah" de Tom Jones épicé à la vibrato, avec toujours cet orgue qui irradie les oreilles. Sacré trip. Et ce n'est qu'un début, tout au long de ce Psychic Circus und Spiritismus vous en passerez encore par "Torso Man Running" et son ambiance Link Wray contre les fantômes, par le "Folsom Prison Blues" de Johnny Cash relifté fuzz plein pot et lardé d'un solo épileptique, vous danserez avec une "Woodoo Doll" qui ressemble étonnamment à Jayne County, vous vivrez une séance de "Spiritismus" au fond du Garage, vous absorberez une grande rasade de "Love Potion N°9" (Leiber-Stoller) en version démantibulée et raclée jusqu'à l'os, etc... On vous laisse découvrir le reste, et y'a de quoi faire.

Nova Express, 21 chemin des Carrières
71150 Chagny (www.novaexpressrecords.com)

THE PEAWEES

    Ces Italiens de La Spezia (y'a un nid de rockers par là-bas) en sont à leur quatrième album. Le précédent, Dead End City sur Stardumb Rds en 2001, avait attiré l'attention de plusieurs labels et magazines par le monde (les 'zines Metallic KO, Under The Volcano et Bam ! ont sorti, sur compilations CD ou en 45t, plusieurs titres des Peawees), bénéficiant d'une réédition en 2003 sur Ammonia Rds avec quelques bonus tracks, et les tournées s'enchaînèrent un peu partout, voyant les Peawees partager les planches avec quelques pointures : Radio Birdman, Damned, Cramps, Dwarves... Bel adoubement. Jusqu'à cet éditeur de jeux vidéos qui plaça deux morceaux du gang rital sur The Hockey Game pour X-Box !
   
    Et voici donc le p'tit nouveau, Walking The Walk, une première fois paru en CD sur Wynona Rds puis quelques mois plus tard, c'est-à-dire aujourd'hui, en vinyle chez Alive Rds et Radiation Rds. Hervé Peroncini, le chanteur/guitariste des Peawees, est un de ces personnages définitivement tombés dans la marmite du grand cirque Rock'n'Roll il y a longtemps et qui n'en ressortira évidemment que les pieds devant. Le groupe évoque un croisement Devil Dogs / Distortions avec solos au scalpel, voix rauque'n'roll, mélodies qui titillent l'oreille et attaques rythmiques frénétiques et permanentes. Une frénésie non dépourvue de groove juteux d'ailleurs, puisqu'ils s'en prennent ainsi à Otis Redding en dynamitant joyeusement et à deux cents à l'heure le "I'm Depending On You" du Big O. On résume : un tiers de punk, un tiers de garage, un dernier tiers de groove à filer des fourmis et voilà... Faites mijoter en saupoudrant le tout de guitares griffues à souhait, respectez le quota de ballades (comme les Devil Dogs encore, c'est pas pour rien que les Peawees figurent sur le Tribute To The DD) et vous y êtes. Bon disque donc, assez classique dans la forme certes, mais garanti réchauffer n'importe quelle fiesta qui a un peu de mal à décoller. Parfois on n'en demande pas davantage. (www.thepeawees.com)

OFF THE HIP Rds

    Sur les cinq titres de ce CD-EP (Cowboys And Indians) de Johnny Casino And The Secrets, trois sont inédits et deux sortent de l'album New Clothes Old Shoes ("Country Mile" est toutefois présenté ici en version différente). Le grand moment est la relecture nerveuse (deux minutes chrono) de "The Letter" avec Kent Steedman (C. Rifles) et Johnny Casino aux guitares, Ben Fox et Scott Nash (Asteroid B-612) en rythmique contondante et Bill Gibson (Eastern Dark) aux choeurs. Les autres titres (dont un prenant "Drunk & Tired" signé James "Drones" McCann) sont dans la veine country-bluesy (des Groovies à The Band) qui illuminait déjà l'album.

    Dans sa série de magnifiques rétrospectives en deux CD's (Asteroid B-612, Brother Brick, Bo-Weevils, Shindiggers), Off The Hip s'intéresse cette fois au cas des Philisteins. Le groupe a sévi de 86 à 92 et sorti deux mini-LP's et un album (Lifestyles Of The Wretched And Forgettable sur Dog Meat Rds en 91). Dès le début (mini-LP Bloody Convicts sur SFTRI en 88), les influences oscillent des Celibate Rifles à Radio Birdman en passant par le Garage Sixties Punk ou Psyché (ils reprennent "You Must Be A Witch" de Lollipop Shoppe) puis le groupe évolue progressivement vers une ambiance mur du son stoogien déchiré de rafales de wah-wah qui intègre toujours une partie des influences précédentes. Le label a eu la bonne idée d'exhumer en plus une petite dizaine de titres épars sur diverses compilations dont certaines n'ont que très peu circulé par chez nous. On y trouve de belles versions de "Wimp" (Zeros), "From Home" (Troggs), "Teenage Dreamer" (Scientists), "Bermuda" (Roky), "Time Machine" (Satori), etc... Et le tout est évidemment accompagné d'un livret très complet (20 pages) avec histoire détaillée, extraits de presse de l'époque, photos, etc... Le leader des Philisteins, Guy Lucas, est mort en 98, les notes de pochettes sont signées par son frère Adam. Cette rétrospective (A Savage Affection) lui fait un bel hommage.

    Off The Hip a également sorti la version CD de l'album Psych Ward des Irlandais The Urges déjà chroniqué ici dans sa version vinyle (Screaming Apple). Les fans de garage sixties revu et corrigé par des gamins teigneux amateurs de fuzz, d'orgue et de vapeurs mauves y trouveront aisément leur compte.
(www.offthehip.com.au)

MUNSTER Rds

    Les collectionneurs/spéculateurs vont faire la gueule mais les fans qui avaient raté le début de l'histoire apprécieront l'attention. Munster Rds réédite les trois premiers 45t des Detroit Cobras sortis au milieu des 90's sur Black Mamba Rds, Human Fly Rds et Scooch Pooch et agrémente le cadeau d'une dizaine de titres (inédits et versions différentes) pour en faire un album de quinze titres en LP gatefold, CD digipack et luxueux coffret de six 45t ! Inutile de vous faire l'article je suppose... Tout était déjà là dès 1995, des reprises futées ("Village Of Love", "Down In Louisiana", "Ain't It A Shame"...) aux vocaux délicieux de Rachel Nagy et laissait deviner que la carrière du groupe s'annonçait fructueuse et bien remplie... jusqu'à aujourd'hui, même si le dernier album n'est pas vraiment chamboulant. Boucle bouclée et fin de l'histoire peut-être. Ce Original Recordings 1995-1997 fournit en tout cas une belle occasion de remonter aux sources.

    Los Yorks étaient le groupe péruvien garage sixties le plus connu, plus encore que ses compatriotes Los Saicos ou Los Chains. Ils existèrent de 66 à 70, sortirent trois albums et se reformèrent brièvement en 74 le temps d'un 45t. La compilation sortie par Munster (El Viaje : 1966-1974) documente toute la période et permet entr'autres d'apprécier leurs adaptations en espagnol de "Sunshine Of Your Love" ("La Alegria De Tu Amor"), "Hanky Panky", "Susie Q" ou "Foxy Lady" ("Facil Baby"). Cette somme (21 titres en double LP et CD) séduira autant les fans de garage sixties R'n'B (ou de "rhythm sickness" comme se définissait le groupe) que les amateurs de curiosités historico-exotiques.

(www.munster-records.com)

THE JONESES

    Full Breach Kicks Rds n'en est pas à son coup d'essai avec The Joneses. Le label de Chicago a déjà réédité (en vinyle) le mini-LP Tits & Champagne il y a deux ans, puis l'album Keepin' Up With The Joneses l'année dernière et s'apprête à ressortir un autre excellent mini-LP (Criminals, en vinyle toujours) du meilleur groupe sleaze 'n' roll des eighties à Los Angeles. Et voici aujourd'hui réunis sur un même CD, les deux mini-LP' (on suit ?) sous le titre global de Criminals & Tits and Champagne. Si vous ne connaissez pas encore ces enfants illégitimes des New York Dolls, c'est le moment de plonger. Glam-Punk et Pub Rock trashy sont dans le même bateau et la mer est sacrément démontée. Les solos de guitares sont approuvées par la Johnny Thunders Appreciation Society, les vocaux fiévreux risquent à tout moment de foutre le feu au studio pendant que le pianiste fou massacre joyeusement ses touches. Avec de belles covers de "Route 66", "Your Cheatin' Heart" et "Crocodile Rock" en prime, il y a là de quoi réjouir n'importe quel amateur de wock'n'roll toutes grattes dehors, même les plus intransigeants sur le quota de good vibes et de feeling barbelé. Indémodable quoi.

(www.fullbreach77.com)

HELLACOPTERS

    Le nouvel album des Hellacopters (Head Off sur Wild Kingdom Rds) est aussi le dernier, le groupe ayant annoncé sa séparation il y a plus de six mois. Il est toutefois question d'un disque live prochainement. L'opus d'adieu est une collection de reprises. On y retrouve des morceaux des New Bomb Turks ("Veronica Lake"), Dead Moon ("Rescue"), Humpers ("I'm Waching You"), Peepshows, Turpentines, Robots, Asteroid B-612, Powder Monkeys, Yesmen, "Demons", etc... Soit quinze titres au total dont quand même un original ("Same Lame Story"). Le plus étonnant de l'affaire est la façon dont le groupe de Nicke Royale s'est véritablement approprié les morceaux, ils les ont en quelque sorte hellacopterisés. Même le titre des BellRays ("Making Up For Lost Time") ou celui des Maharajas ("Another Turn") sonnent comme du pur et classique 'Copters. Bon, cela dit, ça ne suffit pas à en faire un album complètement renversant, mais l'exercice de style est intéressant (difficile de se tromper avec une telle set-list) et force le respect. Bel adieu. (www.hellacopters.com)

THE WOGGLES

    Ceux-là on les suit avec bienveillance depuis une bonne quinzaine d'années. S'il n'en reste qu'un à perpétuer la tradition garage contre vents heavy et marées électro, ce sera sûrement cet increvable gang d'Atlanta. Leur petit dernier, Rock'n'Roll Backlash est sorti l'an dernier sur Wicked Cool Rds et on en attend toujours une d'édition française (Benny ?). Le disque a été enregistré chez Rick Miller, le chanteur-guitariste de Southern Culture on The Skids, dans son studio (Kudzu) de Caroline du Nord (dont la devise semble s'écrire "de l'âme, des racines et de la gnole") et produit par le vieux copain Jeff "Guadalcanal Diary" Walls.
   
    Le groupe du Professeur Jones touille donc une nouvelle fois son gumbo électrisant dont il s'échappe un chaleureux fumet 60's soul garage. Le guitariste, Mr Flesh Hammer, qui a un sacré coup de cisailles, y fait ses premiers pas en remplacement de George Montague Holton III (RIP). En plus des inspirations habituelles du groupe (des Sonics, Seeds, Standells, etc...), une cohorte d'influences anglaises tournoient au-dessus de cet album (des Who jusqu'à la Medway Scene) et le groupe fait rapidement grimper sur la table en utilisant quelques armes fatales (cover frénétique avec cuivres du "I Gotta Go Now Up On The Dance Floor" de Rex Garvin).

    Buzz Hagstrom et Dan Elektro, croisés ici il y a quelques mois en backing band de Graham Day, font une rythmique redoutable, précise et musclée qui fait merveille sur les brûlots garage/punk qui parsèment le disque. Quelques-uns ont même déjà fait une belle carrière sur le Underground Garage Radio Show de Little Steven. Bon, maintenant personnellement, leur "El Toro", sorte de bande-son de western mexicain avec trompette, ne m'aurait pas manqué s'ils avaient décidé de la garder pour leur soixante-douzième album... Par contre la reprise de "The Word is Falling" (des Lords, groupe sixties allemand) est réjouissante de débilité assumée, on dirait Bo Diddley accompagnant à la guitare les Ramones sur "Spiderman" !
(www.wickedcoolrecords.com)

GOD SAVE THE QUEERS !

    Même s'il n'y a pas que de l'inédit sur cet hommage aux Queers (vous connaissez sans doute déjà les excellentes versions de "Kicked Out Of The Webelos" par Teengenerate ou "This Party Sucks" par les New Bomb Turks), on vous recommande l'investissement. Pour peu évidemment que le one-ta-twa-fa à la sauce Ramones surboostés ne vous file pas de l'urticaire. L'album est paru sur Asian Man Rds et Joe King avoue humblement : "I'll be honest with you, most of the stuff on here is way better than our versions"... C'est loin d'être exact bien sûr, mais il faut avouer qu'on ne boude pas notre plaisir à retrouver des versions reliftées de "I Don't Wanna Work" (Black Tie Bombers), "I Only Drink Bud" (City Mouse), "You're Tripping (Hard-Ons) et autres ritournelles en trois accords sur mélodies addictives et parfois allègrement débiles ("Boobarella" par les Beer Bellies). Et ceux qui sortent du cadre (le one-man-band  bluesy punk Toothless George avec "Hi Mom It's Me" ou les Femurs accommodant "I Wanna Be Happy" façon Beach Boys acoustique) ne sont pas les moins interressants. Mention spéciale à l'hilarante contribution des Dwarves ("Love Me") avec un discours dont il ressort que Blag Dahlia aime bien Joe King même si on dirait qu'il "refait le même morceau encore et encore et encore.". Hé hé. Bon en même temps, les Queers s'inspirent ouvertement des Ramones, qui eux-mêmes...
    Au sommaire encore : Screeching Weasel, Nobodys, Parasites, Disgusteens, Teenage Rehab, Toys That Kill, etc... Ce Tribute To The Queers coïncide avec le vingt-cinquième anniversaire du groupe. Et pendant ce temps-là, Joe King sillonne les campagnes américaines avec Marky Ramone...
(www.asianmanrecords.com)

MAGS, ZINES & BOOKS

    Notre compère Cherry Boy vit dans un univers où les journées font de toute évidence 48h puisqu'en plus de présider aux destinées de plusieurs groupes (des Pneumonias aux Mean Things), il réalise régulièrement des interviews des groupes "les plus punks du monde", survivants magnifiques ou contemporains survoltés, qui paraissent ici même ou chez quelques-uns de nos confrères éclairés (Rock Hardi par exemple). Il participe également à la vie nocturne'n'roll de La Rochelle en organisant bon nombre de soirées où stupre, débauche et fornication font bon ménage avec décibels rouillés et one-two-three-four basique. Frantic City #2 propose un recueil de plusieurs de ces interviews dans leurs versions originales en anglais. Notre homme s'est ainsi attelé à tirer les vers du nez des Diodes, Pork Dudes, Pointed Sticks, Manikins, Busy Signals, Meanies, etc... 36 pages format A5, dispo contre quelques timbres chez Frantic City Entertainment Services, 31 Rue Arvède Barine, 17000 La Rochelle. Jetez aussi un oeil sur sa liste de VPC :
http://franticcity.free.fr
    Et tiens, on retrouve Cherry Boy, en français cette fois, dans le n°2 de Resistance A Go-Go (30 pages). Il y interviewe les Raydios, le groupe de Fink (ex-Teengenerate) qui a repris ses méfaits après un hiatus de quelques années. Le gang japonais est toujours très inspiré par les combos punk/pop de la fin des 70's (Rubber City Rebels, Flashcubes) et annonce un album pour très bientôt sur Mangrove Rds. Au sommaire également : Les Radiations, Owen Pee (des Straight Arrows, garage sauvage et lo-fi), un compte-rendu de virée punk par les Creteens, hilarant et impitoyable, et les habituelles chroniques de skeuds et B-movies. Contactez le Resistance Supremo Antoine Zero par ici :
zooed_out@hotmail.com

    La Loboto's Asso de Nantes qui sème la terreur dans les bars du Quai de La Fosse par Junior & The Ligerians interposés, sort sa feuille d'info garage et punk (n°15) qui fait une douzaine de pages et propose des chroniques de concerts (Live Fast Die, King Khan, El Vez), de disques (de Mary Weiss aux Creteens), de films (Tarentino, Cronenberg), des interviews (trois patrons de bar rock nantais !), etc... C'est gratos et ça s'obtient en contactant l'équipe ici : contact@lobotos.com

    Philippe Marcadé, frenchy exilé aux States depuis 1972, leader des Senders et des Backbones, raconte par le menu ses aventures là-bas, et comme il était au coeur de l'action (jouant au CBGB, Max's, etc...) à la bonne époque (Heartbreakers, Ramones, Dead Boys, Cramps...) son Au-delà de l'Avenue D séduira tous ceux qui attendaient désespérément un Please Kill Me Vol 2. Anecdotes à la pelle, overdoses et bastons, décibels et bohème punk se télescopent à chaque page. Historique et rock'n'roll à mort. Foncez ! (270 pages, 24€.)
(www.scali.net)

    "L'amour punk c'est baiser derrière les poubelles, dans la rue, en contrebas de la salle de concert. Baiser dans une salle de bain de l'hôtel Carlton. Se peloter dans le container des matières rcyclables. Regarder ses tatouages pendant qu'elle dort (...). Jouer aux dames avec des mégots. Voir son groupe sur scène. Chercher ensemble des légumes dans les poubelles et regagner sa piaule pour se mitonner un festin...". Ces dix lignes devraient suffire à vous donner une idée de l'univers d'Aaron Cometbus, musicien et fanzineux US qui narre ses tribulations de Kérouac vegan punk en 130 pages, de Berkeley à Cleveland, de Berlin à Strasbourg ou Stockolm. Les nouvelles présentées sont parues à l'origine aux USA dans le fanzine Cometbus et plus tard en France chez Small Budget Production. Le bouquin s'intitule Deviations et c'est cette fois l'editeur punk marseillais Corde Raide (ouais, George Tabb aussi) qui le sort. Un quasi-classique. (7€)
Corde Raide, 33 Rue de l'Olivier, 13005 Marseille

    Ox Mag : Sommaire d'une livraison millésimée punk (c'est le #77) : Black Lips, Cute Lepers (nouveau groupe du chanteur des Briefs), Chuck Norris Experiment, la rubrique en anglais (le reste est en allemand) de Lindsay Hutton, une longue interview de Stuart "Leadfinger" Cunningham, des entretiens express avec The Hex Dispensers, The Carbonas et The Rock'n'Roll Adventure Kids, des tas de chroniques et de compte-rendus de concert, etc... et comme d'hab' le CD bande-son avec cette fois The Cute Lepers, Los Plantronics, Black Halos et beaucoup d'autres moins intéressants.
(www.ox-fanzine.de)

EN VRAC
Mais pas n'importe comment


Bad Siam Cat (CD-R - 6 titres - S/t) : Power trio punk rock garage d'obédience Fender Bassman et Marshall JCM 800. Autant dire que ça dépote velu et que ça enfourne le bois dans la chaudière sans retenue. Holy Curse et Sonic Assassin figurent en bonne place sur la page my space de ces Lyonnais survoltés, c'est sans doute un indice pour ce qui concerne le furio-mètre... Pour le reste, le côté heavy punk primitif s'avère quand même un peu lourd à digérer à la longue. Bon en même temps, six titres, avec un sachet de Smecta, ça passe...
(www.myspace.com/badsiamcatfrance)

Brain Eaters (CD - Monsters, Sex & Rock'n'Roll - Nicotine Rds) : C'est le premier vrai album (après deux mini-cd's) de ces Parisiens psychotiques et rauch'n'roll sous inspiration B-movies 50's/60's et riffs Crampsiens. C'est marrant comme un cartoon et ça fleure bon le pneu cramé, le garage tétanique, la lucha libre et le surf nucléaire. Les Italiens de Nicotine Rds ne s'y sont pas trompés qui sortent ce Monsters, Sex & Rock'n'Roll en qualifiant les Brain Eaters de "craziest combo from Paris". D'ailleurs rien que les titres... ("Naked Girls Of The Wild Wild West", "Lost, Lonely and Vicious", "Luchare Hasta Morir", "Miss Chicken IQ")...
(www.nicotinerecords.com)

The B-Sides (CD - Too Right !!! - B S Rds) :  Ces représentants de la concession garage en campagne toulousaine vouent un culte aux Fleshtones et ont beaucoup écouté les Undertones, Dr Feelgood et les Heartbreakers. Pourtant, plus qu'une somme d'influences, l'album déroule la bande son d'un univers plutôt personnel, un monde où les guitaristes sont chefs de gang et où les choeurs soutiennent fièrement des mélodies propulsées par une rythmique bloquée sur le mode "poignée dans le coin". Garage rock, punk'n'roll, pub rock, le cocktail n'est certes pas d'une originalité folle, mais l'enthousiasme et le savoir faire emportent l'adhésion.
(www.myspace.com/thebsides2)

The Buttshakers (CD-R 4 titres - Shake Some Action - : Rien à voir avec les Flamin' Groovies malgré le titre, ici on est en territoire Rhythm'n'Blues torride avec cuivres surchauffés à la Stax et chanteuse Soul capable de faire trépider un congrès de paralytiques. Le groupe est lyonnais et brandit haut et fort l'étendard 60's Soul Garage. Leur version de "Shake A Tail Feather" casse la baraque et les titres plus soft se font caressant comme des ailes d'anges. On est curieux d'entendre ce que ça donne avec une vraie production de studio maintenant.
(www.myspace.com/thebuttshakers)

Caeser Pink & The Imperial Orgy (CD 4 titres - Gospel Hymns For Agnostics And Atheists - Chief Logan Rds : Etrange cocktail... Soul, Rock, Psyché ? Pop-funk ? Gospel Blues ? Le groupe ne manque en tout cas pas de personnalité et les morceaux s'installent facilement dans la tête. On pense furtivement aux Dirtbombs, on repère des influences africaines et on se gratte la tête en appuyant une nouvelle fois sur "play". Inclassable mais finalement assez prenant.

Contaminators (7"EP - Minimal Minds - Menotropic Rds) : Ce label italien s'est mis en tête de ne sortir que des groupes punks contemporains mais à la sauce Killed By Death. Les Contaminators sont Ricains et savent y faire en matière de morceaux courts et rentre dans le chou avec vocaux décapants, guitares abrasives et légère couche lo-fi pour envelopper le tout. Si vous aimez reprendre en choeur les refrain des Maids, Sado Nation, Unatural Axe et autres héros plus ou moins oubliés  du punk, vous trouverez ici de quoi satisfaire vos perversions.
(www.myspace.com/menotropicrecords)

Guttercat & The Milkmen (7" - "Lonely Tears In The Dark" - Wishing Well Rds) : Le groupe parisien se fend d'un deuxième single toujours prenant avec ses mélodies qui touchent instantanément et ses guitares rock & roll presque fragiles. L'atmosphère est plutôt sereine mais jamais totalement apaisée, genre on a trippé jusqu'en Enfer et on en est revenus, voyez ? Si vous aimez Nikki S et Freddy Lx, vous ne devriez pas être dépaysés. S'ils ne retournent pas tout de suite en Enfer, Guttercat et ses Laitiers ne devraient pas tarder à nous pondre un album qui fera date.
(myspace.com/guttercatandthemilkmen)

Johnny Boy (CD 6 titres - Dialektic Noise - Pushy Idlers Dubious Rds) : Voilà un duo (machines + voix/guitare) qui malgré une approche minimilaliste réussit à sonner comme une formation  complète. Ils font penser aux Hives en plus indie,  les riffs sont saignants à souhait, le tempo relevé et les fans d'X-Ray Spex noteront un clin d'oeil à Poly "I'm a Cliche" Styrene. Le genre de trucs qui aurait pû faire un malheur sur les College Radios US si le groupe était basé à Cleveland ou Providence, mais voilà, ils sont de Tours... Bon, il leur reste toujours le Dig It ! Radio Show ou la tourangelle Radio Béton... Pas sûr que ça leur remplisse les Zéniths, mais ils s'en foutent sûrement.
(www.myspace.com/johnnyboyfrenchband)

Junior & The Ligerians (CD-R 6 titres - Ligerian Girl) : Garage nantais très punk avec orgue, solos griffus et rafales de "hey ho let's go" qui sentent le gang déterminé à foutre le bordel d'entrée. Ils reprennent les Angry Samoans ("Stupid Asshole") et carbonisent le "Mr Suit" de Wire, leurs originaux déblaient sauvagement le terrain et hormis un chant parfois un peu trop "punk de base" à mon goût, les Ligerians ont réussi là une démo qui leur rend enfin justice, ça doit faire dix ans qu'ils se pochetronnent dans leur cave et incendient les rades chelous des bords de Loire en ruinant définitivement quelques tympans et neurones à chaque fois.
(http://ligerians.lobotos.com)

Peter Night Soul Deliverance (CD - Seven - High Jab Rds) : Power Pop brillante avec harmonies fignolées, riffs parfois nerveux, compos placées sous le patronnage bienveillant de St Eloi, voix patinée et mélancolique... Ce groupe de Beauvais (le bassiste jouait avant ça chez Kingsize) est visiblement influencé par tout ce qui s'est fait en Pop ou Power Pop depuis les Beatles jusqu'à Tom Petty en passant par les Hoodoo Gurus. Pas précisément un brûlot punk donc, d'ailleurs un peu plus de mordant n'aurait sans doute pas nuit à l'affaire, mais suffisamment personnel et ouvragé pour accrocher les amateurs du genre.
(myspace.com/peternightsouldeliverance)

The Pumpers (7"EP - Don't Hafta Go - Rijapov Rds) : Rijapov Rds est ausi l'écurie de Feeling Of Love ou des Movie Star Junkies, c'est dire si on n'y plaisante pas avec le quota de décibels obligatoires et la conso minimum de speed. Les Pumpers, de Denton au Texas ("on fait du Texas crap-rock !"), font l'enfer garage-punk  bruyant sous inspiration Marked Men (des concitoyens), Catholic Boys, etc... Vérifiez quand même que vos voisins sont absents avant de faire tourner ça sur la platine.
(www.myspace.com/rijapovrecords)

Servo (CD - Afterbeat Generation - Crash Disques) : C'est le quatrième album de ce trio de Montpellier et le cocktail est dorénavant bien dosé : une louche de punk rock et une touche de new rock ("The New Christians"), une pincée d'électro rigolo ("Sex Toy"), des mélodies colorées au Stabilo, des gimmicks qui accrochent l'oreille, des brûlots limite HC ("Amphetamines") et quelques reminiscences new wave ("Is It Clear")... Vous avez à peu près tous les ingrédients de la recette, reste à voir si vous supportez bien les mélanges.
(www.crashdisques.org)

Yeller Bellies (CD - Boys Boys - Outhouse Eagle Rds) : Ça démarre façon western spaghetti par un "Bullets, Booze and Sombreros" assaisonné aux solos de mandoline, ça vire 50's rock country sautillant, les verres de Bourbon s'entrechoquent et la teuf bat son plein dans la grange. Le groupe est basé à Las Vegas et revisite tous les genres de l'Americana : Blues, Rhythm'n'blues, Rock & Roll, Garage, etc... Le chanteur (l'homme à la mandoline) a une palette extra-large à tel point qu'on croirait parfois entendre Lisa BellRays. Il est secondé au chant par une copine pas avare de feeling vibrant et ça donne au choix des blues poignants ou de somptueux moments de gospel'n'roll brûlant qui filent la chair de poule.
(www.myspace.com/yellerbellies)

    Ils sont tombés pendant le bouclage, c'est du tout chaud : Les deux nouveaux DVD de chez Munster proposent cette fois les concerts d'El Vez (Sala Arena à Madrid -2007) et Mudhoney (Sala El Sol, Madrid - 2007 itou). La prestation d'El Vez, malgré une configuration minimale et économique (trois musiciens et une seule choriste, heureusement qu'elle a de l'abattage pour trois cette Lisa Maria), est réellement ébourrifante. Le chicano de LA (ex-Zeros) change de costard tous les trois morceaux. Il démarre en costume blanc / cravate rouge, tombe la veste et le pantalon dans un style très, heu... chippendale, pour apparaître en boxer doré dans le rôle du dieu aztèque Quetzacoatl, il revient en cuir rouge des pieds à la tête, puis en strass et paillettes, en Elvis millésimé 68, reparait en skaï noir pour finir en ange avec des ailes dans le dos, (là c'est limite...). Le groupe enfile pendant 1h15 des adaptations de classique du rock, de "CC Rider" à "Lust For Life" avec étapes "Blue Suede Shoes", "Rubbernecking", "Suspicious Minds", etc... Lisa Maria est au four et au moulin, cumulant les rôles de choriste, danseuse ou assistante du patron, et les Memphis Mariachis (basse, batterie et guitare) reliftent quelques titres ("Misirlou", "Devil With a Blue Dress On") pendant qu'El Vez repasse ses costumes backstage.

    En bonus, les quelques clips et extraits de concerts en formation plus étoffée achèvent de faire de ce Gospel Show In Madrid un document nécesaire à toute dévédéthèque Rock'n'Roll digne de ce nom. Et c'est pareil, dans un genre évidemment totalement différent, pour Mudhoney, explosif et tétanique, qu'il fait bon voir exécuter ses mythiques "Hate The Police" ou "Touch Me I'm Sick" devant un public madrilène en surchauffe.

    On vous conseille ausi le 45t (trois titres) des Manikins édité par le label brestois Human Bretzel Rds). Garage punk en diable ("Let's Not Pretend") ou ramonesques décomlexés ("Crocodiles"), les Suédois s'affirment désormais incontournables. Mais que quelqu'un leur rappelle que la parodie de la pochette des Damned avec le sac en papier sur la tête, ça a déjà été fait, demandez à notre camarade Laurent Bigot...

    Toujours en dernière minute : Off The Hip a sorti un double CD récapitulant l'oeuvre des Shindiggers, combo australien de la première moitié des 80's (avec brève reformation dans les 90's), souvent comparé aux Milkshakes, entre 50's rock et punk rock. Ils me rappellent aussi les Inmates par exemple. Du bon quoi...
   
    Voilà, c'est tout pour cette fois, on se retrouve à la fin de l'été, d'ici-là vous pouvez écouter la bande son de cette rubrique, c'est le Mighty Dig It ! Radio Show sur Canal Sud à Toulouse et sur le Web tous les jeudis à 21h30. Passez par notre site et cliquez sur un des liens vers l'émission, c'en est truffé :
 (www.chez.com/digitfanzine)

Gildas Cospérec

JACK OBLIVIANS & the CIGARILLOS

    Retour aux affaires pour Jack Yarber après son superbe troisième album solo de l’année dernière, The Flipside Kid... C’est par l’intermédiaire d’un 45t tiré à 205 exemplaires seulement qu’il refait parler de lui, le single est édité par le label madrilène Ghost Highway Recordings. Un 7" minimaliste où le kid de Memphis se fait accompagner d’un certain Rob T. à la batterie... Vraisemblablement l’une de ses connaissances espagnoles avec laquelle il a enregistré ces deux titres, dans la cuisine, lors d’une des folles soirées dont la capitale ibère a le secret. ça reste donc anecdotique, tant au niveau des morceaux que de la production. Un disque pour fan.
(www.myspace.com/ghosthighwayrecordings)

BANG!

    Le label basque continue de nous abreuver de ses productions choyées et dorénavant non-exclusivement australiennes...

    C’est le cas avec cet album de Jerry Teel & The Big City Stompers de New-York. Soit Jerry Teel bassiste des Chrome Cranks, Honeymoon Killers, chanteur des Knoxville Girls et guitariste dans Boss Hog -un des monuments de la ville!-, sa femme Pauline et la fine fleur des musiciens du Lower East Side, plus les fantastiques Sadies de Toronto (ceux qui avaient accompagné André Williams sur une tournée et qui par ailleurs jouent une country folk psychédélique incroyablement belle !!!) sur quatre titres. Un casting de rêve donc au service de pépites hillbilly & bluegrass avec un son aussi rugueux qu’un vieux manche de pioche. Du roots, du très roots, pedal steel, violon, banjo et reprises ad hoc (“Loretta” de Townes Van Zandt, “Baby out of Jail” popularisée par les Everly Bros ou “Long Legged Guitar Pickin’ Man”, un morceau interprété par Johnny Cash et écrit par son bassiste), mais avec le décalage urbain des studios Funhouse, la tanière de Mister Teel -enfin là encore c’est toute une histoire puisque le studio avait déménagé à New Orleans, mais Katrina et le Mississippi lui ont définitivement réglé son compte-. Excellent, pour peu que le style ne vous file pas de l’urticaire bien sûr.

    L’autre disque du trimestre, c’est le deuxième album du sextet australien Kill Devil Hills. Celui-ci s’appelle The Drought et pousse la formule ébauchée sur le premier, ce mélange d’instruments acoustiques et d’un backline plus traditionnel, vers des sonorités plus rock encore. On pense toujours aux Bad Seeds, mais de plus en plus aux Beasts of Bourbon (“Dogs O’ War” ou “Nasty Business” qui aurait pu être écrit par Spencer P. Jones). Et parfois le groupe s’envole comme sur la superbe ballade “The Drought”. Malheureusement une ballade peut en cacher une autre qui... Et au bout du compte, on reste quelque peu sur sa faim. ça manque de concret, de surprise. Pour autant, il y a de GRANDS moments sur ce disque recommandable.
(www.bang-records.net)

NASTY PRODUCT Rds

    Sorties # 20 et 21 pour le label toulousain, ça devient du sérieux ! Va falloir songer à leur tirer les vers du nez un de ces quatre...

    Les Produits Vicieux n’ont jamais aussi bien porté leur nom qu’avec cette galette de Digger & The Pussycats, le furieux duo de Melbourne dont les productions précédentes m’avaient fait l’effet d’un bâton de dynamite dans le trou d’balle... Euh ? Ben j'ai pas mieux. Bref, c’est encore un coup de semonce énorme que les Australiens nous assènent (et j’en vibre encore !) avec trois morceaux garage punk implacables. “Japanese Wedding” en face A, avec ses voix scandées et sa fuzz hystérique, puis “Wrong People”, plus pop, avec presque un côté Hoodoo Gurus mais martelée par le kit minimaliste d’Andy, et pour finir “Cock-A-Spaniel Cunt-Tree”, petite connerie post-punk minimaliste ou ces grands poètes libidineux égrennent la liste des mots qu’ils affectionnent tout particulièrement, cock, cunt, shit, fuck, ass, etc... Un putain de groupe !

    L’autre single Nasty nous vient de France avec le Valet de Coeur Jack of Heart et son garage blues hypnotique et rampant... Ils vénèrent les Stones, le Floyd, le Velvet, Phil Spector... Et ça s’entend sur ces deux titres empoisonnés et froids comme le dard de la mort. Bon j’exagère un peu, le soleil se lève quand même à la fin de “All Grey”. Pas pour longtemps et on retombe dans une noirceur moyenâgeuse avec “Tell me Lyres”... Et même si le titre ne veut pas dire grand chose à première vue, on devine qu’il peut être un hommage à l’un des groupe les plus marquant de ces trente dernières années. ça se confirme à l’écoute, avec aussi un côté Outsiders (les Hollandais sixties), l’une des grosses influences du sieur Conolly.
    Signalons qu’à l’instar de leurs compatriotes Sonic Chicken 4, Jack of Heart rejoindra bientôt l’écurie In The Red, pour un album qui s’annonce comme l’une des expériences des mois à venir. Si vous voulez vous en convaincre, ne ratez pas le groupe sur scène... Rythmique minimaliste, ululements pleins de feeling par l’ami Piero et décharge ultra-inspirée de Benji, tout ça se finissant le plus souvent en joyeux bordel, la tignasse collée à la bière et le falzard sur les chevilles.
(www.nastyprod.com)

CRETEENS

    Tiens on retrouve ce sale morveux de Benji avec son projet initial, punk et stupide, et un nouveau 45t sur Boom Ckick, le label du Nebraska. Je vous parlais l’autre fois de groupe protéiforme, un peu à la façon des Reatards de Jay... Bin comme lui, il finit seul... En tout cas cette fois. Quatre titres de garage punk crado enregistrés chez maman, dont un “K.Way Bleu” en français (enfin c’est tellement dégueulasse que je comprend rien !), et trois morceaux dignes des KBD dont l’excellent “Dungeons & Dragons” (ouais les mioches et les jeux vidéo !) et une digression sur les lendemains de cuite (“Beer Shits”). Allez, rentre à la maison maintenant.
(www.boomchickrecords.com)

LIVE FAST DIE

    Basculons maintenant dans l’ultra-violence, si vous le voulez bien... Nouveau 45t de Live Fast Die sur le label normand Turborock. Trois morceaux enregistrés lors des sessions du LP Bandana Trash Record (d’ailleurs le 45t s’intitule Bandana Trash Bloopers, les “chutes” de l’album), dont une reprise de the Wards et deux uppercuts trash lo-fi tailladés de solo hyper-nerveux et jouissifs... RRRRRAAAAAAAHHHHHH !!!
(www.turborock.com)

FEELING OF LOVE v/s MOVIE STAR JUNKIES

    Un petit mot maintenant sur la révolte hystérique de la Grande Triple Alliance Internationale de l’Est avec deux de ses éminents représentants, j’ai nommé The Feeling of Love et les Movie Star Junkies. Ils partagent un split 10” qui vient de sortir en coprod. chez Rijapov et Bim Bim Bap.
 
    One man band à l’origine, G, le MC du Feeling Of Love s’est acoquiné avec Seb Normal à la batterie et c’est tant mieux. Les morceaux prennent consistance et le blues mental du duo vous rentre directement dans le cortex. Et en plus ils ont plein de trucs à dire, “Comment sucer”, “Gros cul contre gros cul” et évidemment, une interrogation légitime pour tout bluesman qui se respecte, “Oh mon dieu, dis moi pourquoi je dois toujours écrire la même putain de chanson ?”.
(www.myspace.com/thefeelingof love)
   
    De l’autre côté, on retrouve les Turinois Movie Star Junkies qui ne cessent de nous surprendre à chaque nouvelle sortie. Avec leur chanteur charismatique, tantôt crooner, tantôt hurleur, un batteur aux rythmes exotiques et deux guitaristes tarés, l’un arc-bouté sur sa fuzz et l’autre en lévitation sur ses lignes claires. Les quatre titres présents sur le split sont une nouvelle preuve de la prise d’intensité du groupe entre Gories, Birthday Party, Sinatra et Sun Ra... Hé bé ! C’est superbement mis en boîte par Mojomatt des Mojomatics qui en profite pour souffler dans son "ruine babines" sur le bluesy “Midnight Train”.
    Le label néo-zélandais Perpetrator annonce très prochainement un single du groupe.
(www.myspace.com/moviestarjunkies)

LES HULKS v/s EL VICIO

    On continue dans l’horreur avec un split single entre les Hulks (soit la rythmique de Jack Of Heart et un troisième larron, tous peints en vert avec des fringues taille 12 ans) et El Vicio, le duo zombie de Perpignan.

    Ça s’arrange quand même un peu du côté des Hulks, merci. Après leur premier 45t ultra lofi et bourrin, celui-là apparaît comme de la super-production, tout en fond de cave... Et un nom m’apparu alors dans la nuit, Chrome Cranks...

    Pour ce qui est d’El Vicio, on les retrouve avec leurs éternelles influences sur “Drunken Zombie” (les films de genre, l’alcool et les Country Teasers) avant qu’ils ne décollent pour une autre dimension, “Deathtrip 2024”. On n’a pas fini d’entendre parler d’eux puisqu’ils viennent d’enregistrer quelques titres avec une mouture à quatre, qui comprend Nico D. (Beach Bitches, Sonic Chicken 4) et Lio Bitch (Beach Bitches, Bellas)... ça va faire mal !
(www.myspace.com/sentenza1)

COMPLICATIONS

    Et encore un groupe hexagonal... qui a dit qu’il ne se passait rien en notre beau pays (un peu gangrené c’est vrai, mais beau quand même !). On vous parlait succinctement des Complications dans le n° précédent, hé bien ils sont passés à l’acte. Deux singles coup sur coup, chez Sentenza et Yakisakana. Les Complications c’est Looch Vibrato des Magnetix, Marco des défunts Fatals et Nico ancien batteur des Weakends, et là on se dit: “mais qu’est-ce qu’ils portent bien leur nom!”. Bon je plaisante les gars, faites pas la gueule. Musicalement on est dans du Magnetix en plus punk ou du Fatals en plus garage (étonnant !). Mais pas que. Y'a aussi d’excellentes ballades bluesy comme “Kick You” empruntée au vieux groupe de Perp., The Rippers. Que vous dire de plus ? Que ça tarte et que c’est indispensable... Et puis aussi que depuis ces 45t, le groupe s’est adjoint les services de Lichen Boy à la basse... qui doit être le seul bassiste encore vivant de Bordeaux puisqu’il joue dans pas moins de sept groupes à l’heure actuelle. On suit tout ça de près.
(www.myspace.com/thefuckingcomplications)

THE AGGRAVATION

    Enfin des news des caïds marseillais auteurs de l’un des meilleurs disques de l’année dernière, et par la même d’un des trucs les plus marquant jamais édité en France (si, si je pèse mes mots !!!). Ils avaient déjà deux flèches dans leur carquois, l’une punk, l’autre plus new-wave, ils ne dévient pas d’un pouce et c’est cette dernière qu’ils décochent sur ce Runaway EP sorti chez Jojo Rds. Wire, Joy Division, Outsiders (les Anglais cette fois), voire les Cure du début sur “Grinding Halt”... Toujours dans le juste, autant musicalement que visuellement, avec ce disque blanc et cette magnifique pochette sérigraphiée.
    P.Trash devrait sortir prochainement un autre single (le Pressure EP) dont la pochette sera le négatif de celle-ci et, vous l’aurez compris l’approche plus "punk rentre-dedans"... Concept quand tu nous tiens !
(www.myspace.com/jojorecords)

THE VEGAS

    Deuxième album pour le gang pétrocorien (débrouillez vous) avec toujours un superbe emballage signé D. Vicente. Celui-là s’appelle Electric Garage Land et la barre a été monté d’un cran, que ce soit pour la prod. ou la qualité des compos. On navigue entre Rock’n’Roll intemporel, garage à la Nomads et punk-rock dans la lignée des Heartbreakers, avec quelques embardées country ou des ruades rockab’. Un fourre-tout de bon goût qui trouve son unité dans le son, les arrangements (guitares acoustiques, choeurs, claviers...) et surtout un excellent chanteur. Tout à fait réussi !
(www.myspace.com/thevegasfr)

SONIC ASSASSIN

    Downfall of Aces, deuxième production aussi pour la troupe italo-sétoise composée de vieux fantassins rompus aux tactiques de l’infanterie en ligne, Rauky (chanteur-guitariste des regrettés Little Green Fairy... qui prépare secrètement une nouvelle bombe à l’ombre des cyprès du parc Georges Brassens), les deux frangins Pasquini (ex-A10, accompagnateurs de Kent Steedman chez Yage et backing band de Deniz Tek et Scott Morgan à l’occasion) et un nouveau venu, Cristiano Riccardi à la guitare. Du buriné donc, jouant avec toutes les perversions inhérentes au genre. D’ailleurs ils rentrent de suite dans le chou avec “Lost In Sick Romance”, un morceau up-tempo avec des guitares nerveuses, une rythmique imperturbable et les mélodies acides de Brother Rauk. Ne croyez pas que ça se calme par la suite, on reste tout du long en terrain hi-energy avec en points d’orgue ce qui pourrait être l’ébauche d’un pamphlet révolutionnaire, “Right In Your Face”, “More Drugs, More Lies” et finalement “Check your Soul and Load Your Gun”, hé hé...
    Sur scène le groupe est impressionnant et domine parfaitement son sujet entre furia néo-stoogienne et moments plus apaisés... avec un rappel permanent, une sorte d’hommage à Radio Birdman, notamment au travers des deux covers, “Murder City Nights” et “Love Kills”... Aaaach, les grosses guitares ont encore des choses à dire !
(www.myspace.com/sonicassassinband)  (www.nicotinerecords.com)
 
BEAST RECORDS

    A l’occasion d’une virée bretonne j’ai fait une petite halte à la boutique Rockin’ Bones à Rennes où officie le boss du label Beast Rds, Seb’ dit Boogie. Et j’ai pas été déçu...

    Les Double Agents sont australiens et signent avec Seemed Like A Good Idea, leur deuxième album. Ils savent un peu tout faire, du garage blues à la Compulsive Gamblers (dont ils reprennent le “Sour & Vicious Man”) jusqu’à la power-pop et ne rechignent pas non plus à quelques guitares bien grasses... ça commence sur un titre à la Red Kross du début, “You Got It All”, puis ça évoque le Reigning Sound, les Beasts Of Bourbon, le Gun Club (“Makin’ Eyes”), les Muffs (“Wasting My Times”), Yard Trauma, les Deadly Snakes et plein d’autres, avant de se terminer sur une fantastique reprise de “Wasn’t Born Yesterday” des Powder Monkeys, live à la radio. Un putain de Jukebox humain, mais qui garde originalité et cohérence. C’est la marque des grands groupes.

    En avant-première on a pu s’écouter quelques titres de l’album des Good Old Boys de Douarnenez. Pour les avoir croisés plusieurs fois sur scène ces derniers mois, je peux vous assurer que c’est du tout bon. Lignée Datsuns / D4 / Hellacopters et un amour immodéré pour le MC5 ou le Rendez-Vous Band... Des vieux de la vieille, quoi ? Ben non ! Des kids âgés de 17 à 21 ans. Je ne vous en dis pas plus on épluchera ça dès que l’album sera sorti.

    Seb’ nous a aussi dealé la démo de son groupe Dead Horse Problem... Elles sont bien loin les années hi-energy de Witcherry Wild, ce qui plaît à notre homme aujourd’hui ce sont les ballades au long cours, le Gun Club, les Beasts Of Bourbon ou l’éternel Johnny Thunders comme sur le morceau qui ouvre le CD, “Nothing to Say”... Et puis un petit côté déglingué à la '68 Comeback / Gories (“21st Century Sucks”).

    Les Backroom Employees ne sont pas sur Beast, ils n’habitent même pas Rennes, mais ils font vibrer Boogie, et c’est certainement pour cela qu’il nous a filé une copie de leur premier album éponyme. Et il a eu raison le bougre. ça commence pas mal avec “Backroom Employees” un titre qui mélange garage, guitares graisseuses et backing vocals de bon ton, mais alors le deuxième morceau est une vraie tuerie, une sorte de relecture minimaliste et bancale des Stooges avec mélodie addictive... et c’est un peu comme ça sur tout le reste du disque, le côté crampsien de “Californian”, le groove appuyé de Julie ou le trashou “Gotta Go”. On sent par moments que tout ça n’est pas fait exprès (ou alors peut-être que si, et là on frise le génie !), mais ça reste une très très bonne découverte... From Orleans rock city !

    The Jim Rockfords viennent eux de Brisbane en Australie et on y retrouve Fred le batteur de Sixfthick, qui tient ici la guitare... Un groupe de récré, mais qui envoie sacrément le bois, entre boogies fiévreux (“Deadman’s Boots” et son harmo chauffé à blanc), morceaux plus groove (“7 Day Fool” d’Etta James et “Putty In Your Hands” repris par les Detroit Cobras) ou chansons de rednecks à la Nine Pound Hammer... Quoiqu’il en soit avec une bassiste aussi mignonne, ils peuvent déjà me compter au nombre de leurs dévots.

    Signalons aussi le CD de Dogkennel Hill, All The King’s Horses, un ancien Quireboys qui semble s’être établi en Bretagne. ça rappelle parfois Lou Reed, parfois les Jacobites, avec des compos plutôt séduisantes, malheureusement gâchées par une production trop peu naturelle... Et je suis bien gentil. 

GREEDY GUTS

    Hail, hail ! Les surfers toulousains sont de retour, Rickenbacker entre les dents et planche en bandoulière. Ce cinquième album (Songs And Bullets) a bien failli ne jamais voir le jour, mais les efforts conjugués de Kicking Rds et Slow Death ont enfin fait cracher la fontaine à vinyle ! Sans doute le meilleur disque du groupe, avec une puissance de frappe phénoménale (Fred Norguet) et des morceaux tapant un peu partout, mais souvent au bon endroit, là où ça fait mal. Leur mélange power-pop, punk et, heu... métal (ouais faudra peut-être l’évoquer un jour, d’où croyez-vous qu’elles viennent ces guitares sur “Deaddrunktruckdriver ?” -par ailleurs un des meilleurs morceaux qu’ils aient jamais écrits-) est parfaitement dosé et ouvre plus que jamais la porte aux influences plus ou moins cachées (les Dickies sur “Out Of Sight”, la Country ou Charlie Feathers, dont ils reprennent un titre en concert). Bien évidemment les autres sont bien présentes, Hard-Ons (Ray s’est d’ailleurs chargé de la pochette de la version vinyle) et Meanies en tête, mais aussi Beach Boys ou SNUFF, pour ne citer que ceux-là. Les Californiens n’ont qu’à bien se tenir (dixit Richie Rich) !
(www.myspace.com/greedygutsrocks)

SUB PRODUKT #1

    Périgueux s’affirme comme l’une des places fortes du rock à grosses guitares en France. Pas étonnant quand on connaît le passé de la ville et notamment l’activisme de certaines assos comme Some Produkt qui depuis plus de vingt ans fait trembler la région avec des concerts éclectiques mais toujours de qualité (BellRays, 22 Pistepirkko, Penthouse, Hard-Ons ou les Drones par exemple, et bon nombre de groupes français plus ou moins connus). Dans son souci de promotion de la scène locale, l’asso devient label et édite cette première compilation, Sub Produkt #1. La teneur générale est plutôt velue avec une palette qui va du garage (les Vegas, encore eux) au hard-core en passant par le punk, la power pop ou l’émo, et on retrouve un peu partout l’empreinte du son de la ville, ce mix entre l’Australie et les eighties américaines, Hoodoo Gurus et Husker Du. La mélodie dans la bouillie quoi ! Et quelques belles réussites comme le “Bear” de Pumping Michel (quel patronyme !) ou le “One In A Million” de Reunion Tupperware (pas mieux) malgré les choeurs de hooligans copieusement avinés. (myspace.com/someprodukt)

VELVET CAVE

    C’est le nom du tout nouveau label monté du côté de Vigo par Israël aka Indy Tumbita et Belen Pussycat. Son but, promouvoir la scène locale par l’édition de disques et l’organisation de concerts.

    Les plus talentueux de la bande sont sans équivoque Thee Tumbitas, qui sortent leur troisième album, Top 10 From The Tombs. De créatures des marais poisseuses, ils ont viré pilleurs de banques dans le grand Ouest. Leur garage crampsien s’est transformé en country rock onirique avec des allusions aux meilleures bandes- son des westerns spaghettis. Leur album est donc une suite d’historiettes aussi captivantes les unes que les autres et dont certaines sonnent même comme de vrais classiques (“The Legend of Velvet Rose” et ses cuivres à la Morricone ou “Mystery Swamp”). Dès le début on pense à Wanda Jackson et ce n’est donc pas vraiment étonnant de retrouver une version de “Funnel of Love” au sommaire. Un virage joliment négocié.
 
    Los Villanos de Boraville, c’est le projet parallèle monté par Israël en marge des Tumbitas. Un groupe garage 60’s avec orgue dans une veine Miracle Workers/Long Ryders avec quelques parties surf (“Impala”) et une bonne moitié des morceaux chantés en espagnol (pas évident d’emblée, mais il y a au moins une belle réussite, “El Sabado Adios”, et vive les dimanche cafardeux). On retiendra aussi le premier morceau, “Haunted House” (qui n’est pas sans rappeler les Chesterfield Kings époque Stop!) de cet album, Haciéndolo En La Boraway.

    Les deux groupes se retrouvent sur le sampler du label, The 6th Generation Nation Vol.1, en compagnie d’autres groupes du cru comme les Passadenas (hi-energy à la Sewergrooves/YesMen), Noon (un groupe power-pop formé par deux Galiciens exilés à Glasgow) et les Tora Tigers (une sorte d’équivalent espagnol d’Eddie & the Hot Rods... J’ai pas trouvé mieux...). Longue vie à la Velvet Cave !
(www.myspace.com/velvetcaverecords)

WRONG TURN

    le groupe nous était présenté tout récemment par Antoine Zéro comme l’un des combos les plus excitants de la scène de Melbourne. Duo de baroudeurs constitué de Ian Wettenhall et Todd McNeair, à eux deux ils ont un CV plus fourni que les poches de mon dealer ces jours-ci (!?!). Ian a commencé dans les années 80 avec les Philisteins puis retrouvé Todd dans les Seminal Rats, avant de faire partie des Freeloaders, Hands of Time, Lords of Gravity et Stoneage Heart (excusez du peu, un maître orfèvre en mélodies ciselées) ; Todd quant à lui a usé ses fûts avec rien moins que Hoss et les Powder Monkeys. En se retrouvant, les deux compères abordent tous les styles, du rock’n’roll fifties (“Skynny Minnie”, “Nervous Breakdown”) au punk (notamment avec cette cover du “Baby Talk” des Heartbreakers) en passant par le garage-r’n’b sixties (“Can’t You See”, “Slow Down”), la power-pop à l’australienne (ce qu’ils font le mieux à mon avis) et le "gros son"... à deux (“Home” ou “So Fine” qui pique sa fin au “Roadrunner” des Modern Lovers), mais imaginez ça avec un groupe au complet. En tout cas il est indéniable que les deux compères s’amusent tout au long de ce Nothing Grows From Scars, ce qui, vous en conviendrez, est plutôt bon signe. Et puis c’est sur Off The Hip, un gage de qualité...
(www.offthehip.com.au)

BORN BAD
 
    Le label parisien se fait de plus en plus pressant et commence à prendre une importance certaine dans ce qu’on appelle “l’industrie musicale”... Enfin en tout cas il a bonne presse et c’est déjà pas mal.

    Après un maxi, plébiscité un peu partout, Frustration sort son premier album Relax. Ils affectionnent toujours le post-punk et la cold-wave (avec quelques touches électro de-ci de-là)... “Et c’est donc logiquement qu’ils ont enregistré le meilleur album de 1982. D’ailleurs “No Trouble” n’est-il pas le hit de ce début de décennie ? On croyait les Cure bien partis pour rafler le pompon, mais c’est bien Frustration qui s’impose au final. Attention on pourrait bien reparler de ce groupe dans 20 ans...” Bon sinon, c’est très réussi même si je suis généralement assez hermétique au genre.

    IVG = Instruction Vinylique Générale. C’est le premier volume d’une série de compilations exhumant les “perles” de la musique électronique française entre 75 et 85. Dénommé Futur Antérieur, ce n°1 rassemble des groupes quasiment tous inconnus (enfin j’en ai deux quand même, Warum Joe et Crise de Nerf, ces derniers ayant donné un concert à Tournefeuille en extérieur la semaine dernière... MAIS SI ! Appelez moi pour les royalties...) et tous complètement barrés. Musicalement j’en ai rien à foutre, mais alors qu’est-ce que je me suis marré ! Le constat, c’est qu’en presque trente ans rien n’a changé... En tout cas dans l’expression de notre ressenti social. MERDE !

    Un mot sur Cheveu pour clore l’épisode Born Bad : décoiffant ! J'ai osé, shame... Bon en fait j’ai plus de place, et j’ai pas l’âge non plus pour écouter ce genre de musique.
(www.myspace.com/bornbadrecords)

LILI Z.

    On reste un peu dans la même ambiance post-atomique avec le nouvel album de Lili Zeller, The Two Of Us. Inutile de vous présenter Lili, une figure récurrente du paysage underground français depuis les Splash 4 et maintenant avec Volt. Dans ses expériences solo, elle bricole tout toute seule et laisse libre cours à ses goûts dissolus, le punk, la no-wave, la noise, le terrorisme, le kraut rock... Elle balance ça dans ses machines, accorde sa guitare tronçonneuse et livre son recueil d’amour total... Et toi sur l’échelle des sensations, tu en es où ?
(www.myspace.com/pollymagoorecords)


ET ENCORE...

    Putain c’est quoi ce bordel de compilation, Violent Climax vol3 ?! J'y comprends RIEN ! Y'a quatre groupes sur le 45t mais seulement trois de listés sur la pochette, et encore, y'a pas les titres et y'a même pas l’ordre des morceaux. Enfin y'a RIEN quoi ! Bien joué Arse’Plot... Bon on va quand même essayer de décrypter tout ça. On commence avec le “Chatham Sucks” des Munichois Thee Garage Kids, une adaptation du “Feel Real Good” des Oblivians à la sauce Medway. Ensuite il me semble reconnaître les incongruités de Tractor Sex Fatality de Seattle... De l’autre côté on retrouve les Anglais Captain Dynamite Hornrocker & his World Famous Loaded Hoods (si on veut le nom complet...), le groupe de Brian “Coyote Men, Illegal Movers” Atkinson, et puis après y faut jouer à découvrir le dernier groupe et là j’ai plus envie... ça m’emmerde ! Faudrait quand même faire des efforts de présentations, NON ?!
(www.thearseplotcast.blogspot.com)

    Vingt-trois ans après l’enregistrement, Les Vandales sortent enfin leur premier quatre-titres. Tout est comme à l’époque, à part que le son est plutôt bon (peut-être le mastering moderne) et le groupe assez inspiré bien qu’on reste dans le poum-tchak-poum. Un chanteur allumé et des passages à la Killing Joke au milieu du binaire. Punk ! (www.myspace.com/lesvandales)

    Les Keens viennent d’Italie et vouent un culte au garage sixties version R’n’B surspeedé, un peu comme les Crawdaddys à l’époque. Le son est cheap à souhait, l’harmo déchire les oreilles et ils font leur version du classique de Chuck Berry “Beautiful Delilah”. Sympathique mais on attend mieux. (www.psychout.it)

    A Bordeaux deux anciens Jerky Turkey, par ailleurs frères, concoctent un tord-boyau country pur grain. ça s’appelle Dry County Brothers, et hormis les grands anciens ils payent aussi leur tribut à l’Americana façon Green on Red ou Giant Sand. Douze titres sont enregistrés et n’attendent plus qu’un label.

    Du côté de Reims, les OhmFacom ont beaucoup écouté les TV Killers, Périphérique Est et les Kids. Premier single et c’est plutôt réussi. On attend des newz.  (www.myspace.com/music_for_stupid_jerks)

    Les Cowboy Prostitutes sont suédois et font du glam’punk hi-energy à la Backyard Babies qui avaient eux-mêmes tout piqué à KISS... Absolument rien de nouveau en provenance du Grand Nord, on commence à se lasser. Ceci est le premier single (“Pirate Town”) tiré de l’album à venir sur Nicotine Rds.
(www.myspace.com/cowboyprostitutes)

    Face au dictat de l’industrie musicale et au laxisme ambiant, une poignée d’activistes s’est regroupée en collectif sous l’appellation, La Ferme de la Justice. Action = concerts + enregistrements + compilation maison. Résultat = une compil CD 12 titres admirablement grimé en 45t sérigraphié. Et y'a quoi dedans ? Du punk, du post-punk, un poil de new-wave. Mes préférés = Louis Lingg & the Bombs, les Radiations, la reprise tordue de “Hound Dog” par Prexley ? ou le morceau oï des Clients Suivants, “Châteauroux 82” (enfin n’espérez quand même pas que je vous joue celui-là en soirée !).
(www.myspace.com/lafermedelajustice)


MAIS AUSSI...

    Avant de partir, jetez une orille sur l’album Punales,Pildoras y Otras Formas de Entretenerse, des Portoricains Davila 666, In The Red a craqué et s’apprête à signer le groupe.
(myspace.com/davila666)

    Après Hawaii Samurai, la surf des montagnes  (je vous avais déjà entretenu des différents styles, urbain ou montagnard) a encore de beaux jours devant elle et notamment avec les Irradiates de Besançon. Une réunion d’anciens Samourais justement et de membres des Ronnie Rockets. Ils viennent de sortir le premier 25cm, First Radiations chez les Productions de l’Impossible.
(www.myspace.com/theirradiates)

    A Paris on parle de plus en plus d’Aqua Nebula Oscillator, expérience psychédélique totale dans lequel on retrouve notamment Vince Posadzki des Fatals et qui annonce un nouvel album pour l’été. (www.aquanebulaoscillator.org)

    Et puis du côté de Bordeaux, penchez-vous sur les Weakends qui viennent de sortir un 45t sur le label Rob’s House d’Atlanta et qui s’apprêtent à accoucher d’un album... C’est un peu réducteur, mais si vous avez aimé les Black Lips et les Remains, vous adorerez les Weakends !
(www.myspace.com/theweakends)

Lo' Spider

HOODOO GIRL

    Et si on démarrait par un petit coup d’accordéon ? Rigolez pas, c’est le super groupe le plus flashant du moment ! Tirant son nom d’un morceau de Dr John, “I Been Hoodood”, Hoodoo Girl rassemble Silke Thoss, la Hendrix de l'accordéon, trois ou quatre albums country/zydeco/roots sur Voodoo Rythm avec les Watzloves, la revenante Suzie Reinhardt, batteuse et guitariste des fabuleux DM Bob & The Deficits et Peta Devlin, multi-instrumentiste, productrice aux studios Soundgarden de Hambourg qui a notamment sévi dans un combo country appelé Cow.
    “Les filles les plus dangereuses d’Allemagne”, comme les a surnommées le Révérend Beatman, ont eu l’idée de fonder ce “girl group” il y a sept ans, un soir de concert, alors que les trois gangs partageaient la même affiche, mais elle ne s’est concrétisée qu’en 2005. Calls The Shots est leur premier album, et c’est la claque ! Vu le palmarès des trois donzelles, on s’attendait à ce cocktail roboratif de cajun, rock’n’roll, groove, country, R&B... Mais il faut y ajouter une louche de soul pop classieuse à la Motown et des harmonies vocales célestes, dignes des Shirelles et des Dixie Cups, leurs modèles avoués. Chaque ballade prend du coup une autre dimension. Le tout boosté par l’accordéon magique, un son pêchu, des réminiscences psyché, blues ou manouches. Ensorcelant !
www.hazelwood.de
myspace.com/hoodoogirls

THE CONTAINERS

    Alerte générale ! Les nouvelles terreurs toulousaines débarquent avec un premier 25 cm, SOS, enveloppé dans une superbe pochette genre “Guerre des mondes” signée Besseron, bien décidés à conquérir la planète Rawk’n’roll. Leur arme fatale : des bons morceaux ! Six titres directs et ultra efficaces voire tubesques, au son cru et organique signé Lo “Fi” Spider himself, sur les traces de tous ceux qui ont allié énergie viscérale et mélodie addictive, de Dead Moon aux early Misfits, en passant par le heavy punk scandinave ou le Detroit sound. Et sans bluff de studio, sur scène ça cartonne idem. Pas besoin d’en dire plus, quand c’est aussi classe, c’est un honneur de faire du copinage !
myspace.com/thecontainers

THE DICTATORS

    Yeah ! On a seize ans pour toujours et chaque jour c’est samedi ! Tel est le credo de ces new yorkais, asséné à grands coups de riffs velus, de refrains sloganesques, de mélodies accrocheuses, de postures arrogantes et d’humour corrosif. Un des rares combos à avoir su réconcilier les hardos chevelus et les punks hirsutes. Trente-cinq ans après leurs premiers exploits, la magie opère toujours, et les ‘Tators sont à nouveau sous les projos avec la diffusion sur internet d’un concert monstrueux à Stockholm en 1996 ou l’exhumation de vieilles bandes poussiéreuses.
    Dans le genre, le double album Every Day Is Saturday est un must. Apparemment, Billy Miller et son label Norton ont bossé dessus quelques années avant de finaliser l’affaire. Et c’est du lourd ! Une vingtaine de morceaux, quelques inédits et une tripotée de versions alternatives teigneuses, plus quatre spots radio et des notes de pochette ultra-denses. Le guitariste Scott “Top Ten” Kempner y brosse un historique fendard, racontant que tout a démarré avec une rencontre “lors de l’été précédent ma première année sous drogues - je veux dire ma première année au Lycée”. Richard Blum, alias Handsome Dick Manitoba explique avec sa gouaille et sa grande gueule de catcheur allumé comment il est passé du statut de roadie/homme à tout faire (surtout des conneries) à celui d’arme secrète puis de chanteur officiel des Dictators. Andy Shernoff, le compositeur en chef y précise l’origine de chaque titre. Ils sont même allés chercher un des roadies de la grande époque qui narre comment ils se tiraient la bourre à plein tube sur les highways en se bombardant de pots de yaourts.
    La face A est consacrée à leur première démo en août 1973, avec Andy aux vocaux, qui leur valut un deal avec Epic sous la houlette de la paire Pearlman/Krugman, les mentors du Blue Oyster Cult. Deux inédits au passage : “Backseat Boogie” et “Fireman’s Friend” (inspiré par un épisode de la série télé Superman). Suivent deux démos de 76, dont “America The Beautiful” utilisé dans la bande son du navet d’exploitation Jabberwalk. Huit autres titres proviennent de celles enregistrées dans leur “loft de répétition” pour Bloodbrothers en 78, des versions fumantes et plus rugueuses encore que celles figurant sur l’album. On a aussi droit à la première version (inachevée) de “16 Forever” datant de 78 et celle réenregistrée en 2002 pour rendre hommage aux Nomads qui eux-mêmes avaient repris ce morceau en 1987 (Lindsay Hutton leur avait fait passer une cassette contenant le fameux inédit).
    Restent une face B de 45t (“Loyola”, écrite en 78 mais enregistrée en studio pour la première fois en 96), deux autres inédits tirés des sessions de DFFD, l’album du retour de 99, et en bonus sur le vinyle leur cover des Ramones, “I Just Want To Have Something To Do”. “On voulait rendre hommage à Joey Ramone et montrer où les Ramones avaient piqué ce riff” déclare Andy... Sous entendu : ils ont pompé notre hymne “The Next Big Thing”. Les Turbonegro mettront tout le monde d’accord en mélangeant les deux chansons pour en faire “Get It On” !
    Indispensable pour les fans, réjouissant pour les non-initiés, Every Day Is Saturday est l’antidote idéal à la baisse du moral des ménages. Foutez les potards à fond, les voisins vous remercieront ! Ou appelleront les flics... Dictators Forever Forever Dictators !
www.thedictators.com
www.nortonrecords.com

BLOODSHOT BILL

    Le bougre en est au moins à son dixième album ! Inarrêtable ! Récemment banni des Etats-Unis pour cinq ans (après avoir écumé le pays sans autorisation du syndicat des musiciens ou quelque chose comme ça), il est parti au Mexique où il a fondé un nouveau groupe, The Half-Ways, puis a débarqué en Europe pour une énorme virée en compagnie de Margaret Doll Rod, avant quelques dates chez lui au Canada, et un retour en France prévu fin juin pour le festival Loud Mufflers Car Show où il partagera l’affiche avec les... Trashmen !
    En attendant les singles pour Norton et Squooge, ou le split album avec les Firejacks (On The Hill Rds), on vient de recevoir All Messed Up, enregistré chez Lucas Trouble en septembre 2006 et paru sur Hog Maw Rds, label basé en Côte d’Or. Comme d’hab’ il ressuscite l’esprit Sun Records avec une bonne dose de déjante puisée chez Hasil Adkins ou Jake Starr. Après quelques halètements inquiétants sur “Pill Bop” histoire de s’échauffer, sa voix de white trash hillbilly possédé s’élève, grimaçante, élastique, chevrotante, geignarde, hoquetante, graveleuse, incontrôlable et virevoltante, illuminant du rockabilly rugueux (“Lookin’ For Ice Cream”), carrément sauvage (“Settle Down”) ou cartoonesque (“300 More Miles”) jusqu’à l’épilogue country alcoolique (“Drink Up And Go Home”). On se demande ce qu’il met dans la gomina dont il s’enduit généreusement la banane.
    Sur son site le compte à rebours est lancé : il pourra à nouveau fouler le sol des Etats- Unis dans exactement 1283 jours, 11 heures, 26 minutes, 28 secondes, 27, 26... D’ici là, on espère bien que ses potes de Nolay le feront revenir dans le coin !
www.bloodshotbill.com
Hog Maw Records, 48 rue Grange Champion, 21340 Nolay, France

DENNIS MOST

    Place au vétéran punk de l’Indiana, Dennis Most, celui qui a fondé le gang baptisé Punk en 72 (!), puis roulé sa bosse avec Thunder Kids, Savage Messiah, Strange Movies ou les riffus Audiolove (dont on avait chroniqué le CD live enregistré en 76). Il est ensuite entré dans le panthéon du punk old school à la Killed By Death avec les Instigators et leur tube “Excuse My Spunk”. Toujours sur la brèche, il s’est acoquiné avec Keith Grave (qu’on ne présente plus aux lecteurs fidèles) et a récupéré son guitar hero de l’époque Audiolove, l’impayable Peter Poulos, spécialiste des envolées épiques, pour ce nouveau CD intitulé Indiana Roadkillerama. C’est du hard punk orné d’un orgue lancinant pour la petite touche garage, parfois très hard (“Neighbor Bob”, hommage saignant à Black Sabbath), parfois tirant vers le goof punk déjanté (“Indiana Roadkillerama” ou les furieuses éructations de “Where Are All The Nice Kids”). Un sacré chanteur quand même, au timbre aigu et plaintif, urgent et désespéré. Et de bonnes reprises de “Lucifer Sam” (déjà sur leur set list à l’époque d’Audiolove) et “Police Car” de Larry Wallis. En bonus une version de l’étonnant “Werewolf”, chansonnette glauque a cappella du folkeux cinglé Michael Hurley (repris par les Holy Modal Rounders) et un “Psychotic Reaction” plutôt musclé. I’m not dead yet ! clamait-il dans un disque précédent. Most toujours pas mort !
www.dennismostinstigators.com

THE HEAVY

    On a découvert ce gang en musardant sur internet, avant d’apprendre qu’ils vendaient à pleins wagons en Angleterre et qu’un extrait de leur 45 tours servait de jingle pour l’émission vedette d’une célèbre chaîne cryptée. Voilà qu’on fait de la retape pour un groupe qui deale déjà ses interviews par le biais de leur attaché de presse !
    Peu importe, Great Vengeance And Furious Fire est une bombe groove psyché hypnotique, assez loin de l’étiquette electro qu’on leur a collée. C’est plutôt un mélange corsé à base de Funkadelic pour les gros riffs bien lourds et lysergiques : “That Kind Of Man” qui colle au plafond d’entrée, ou le mammouthesque “You Don’t Know”, sa fuzz orageuse, ses déchirades astrales et son beat brontosaurien assuré par un batteur qui cogne ses fûts avec des troncs d’arbre. Une petite touche Dirtbombs pour le bruitisme, les expérimentations (le son qui craque... au sens propre !), ou le riff lancinant de “Dignity”. Plus une bonne rasade de Curtis Mayfield : la voix aigüe, les ballades soul prenantes comme “Coleen”, “Set Me Free” et “Doing Fine”. Ajoutez une lampée de blues crépusculaire (“Brukpocket’s Lament”), un rap rigolard (“Girl”) et une ballade aérienne au beat hip hop (“Who Needs The Sunshine”). En interlude final, l’intro samplée de “Pledging My Love”, le tube de Johnny Ace, le crooner black qui en pleine gloire, en 1954, à l’âge de 25 ans, un soir de concert, dans sa loge, shooté au PCP, se tira une balle dans la tête en jouant à la roulette russe... Des racines profondes et la cime dans l’hyperespace.
www.theheavy.co.uk.

MIKE & DISI

    Yeah ! Quelques semaines après nous avoir envoyé deux CD faits maison en annonçant que ce seraient peut-être les derniers, l’ancien Cannibals Mike McCann en remet une couche. Shitty Fingers est aussi un modèle de Do It Yourself, enregistré et gravé à la maison,  disposant pour une fois d’une “vraie” pochette. Flanqué de sa copine Disi Smith aux vocaux/violon/kazoo/guimbarde/claquements de mains et autres, il plonge dans le folk ultra-roots en (Mc)cannibalisant quelques grands classiques : “All Tomorrow’s Parties” du Velvet, “You’ve Got To Hide Your Love Away” des Beatles, “Substitute” des Who, “Ride A White Swan” de T Rex, “Sweet Little Rock’n’roller” de Chuck Berry, ou cette vieille scie de “Smoke On TheWater”, transformé en ritournelle primesautière et hypnotique enrobée de kazoo. De sa voix nasillarde, dérapant dans les aigus comme au bon vieux temps de la Carter Family, il entonne aussi une poignée d’originaux et quelques trad’ antiques comme “Standing On Jesus” aux arrangements bien allumés, illuminés même, ou “Drunkyard’s Special”, une variation du morceau adapté en français par ce bon vieux Graeme Allright (“Ça je ne l’ai jamais vu”)... Et une version à deux voix qui fout les poils du “Wedding Song” de Dylan. Minimaliste et cru, authentique et joyeux, prenant et émouvant... Folk’s not dead !
ratholesheikh@yahoo.com
A écouter :
http://www.soundclick.com/bands/default.cfm?bandID=400527&content=music

THE JOOKS OF KENT

    The Jooks (humour !) of Kent est le nouveau projet de deux vieilles connaissances, Tim Ray Rodgers et Chris Simmonds, respectivement guitariste/chanteur et bassiste de Stewed, un torride trio british des années 90. Chris a troqué sa basse pour un harmonica et après avoir recruté leur copine Scarlett Rickard aux baguettes, ils ont délaissé la mouvance Stoogeo-hendrixienne pour relifter le blues des ancêtres avec un son lo-fi mais puissant, qui craque à mort à la Jack’o’fire. Auto-produit et paru sur Dirty Shoe, leur propre label, The Sun Shines On The Righteous est un festival de percus basiques, d’harmo en whoopin’, de grosse gratte bien saturée, et de voix trafiquée genre interphone crachouillant. A l’aise dans le boogie velu comme dans le blues lancinant, ils en profitent pour revisiter JL Hooker (“Boogie Everywhere”) et Big Bill Broonzy (“I Know She Will”). Jouissif !
The Jooks Of Kent, 7 Margaret Street, Folkestone, Kent, CT 201LJ, UK
myspace.com/thejooksofkent

DEAD MOON

    Unknown Passage ! Un passage inconnu... C’est un peu ce qui s’ouvre devant les néophytes découvrant Dead Moon. Un passage vers un univers soumis aux lois qui définissent la musique qu’on défend ici : intégrité, indépendance, émotion, énergie pure... C’est aussi le titre de ce DVD sorti en 2006 qui expose avec classe et générosité l’incroyable parcours des époux Cole.
    Sous une forme très classique alternant interviews et témoignages (non sous-titrés, faut s’accrocher), extraits de concert, images d’archives, photos et vidéos familiales, le docu remonte la piste de Fred Cole, de ses débuts adolescents des early sixties, avec Deep Soul Cole (il était alors surnommé le “Stevie Wonder blanc”), en passant par les Weeds, les Lords, le succès de “You Must Be A Witch” avec Lollipop Shoppe, la période hardos avec Zipper, punk avec les Rats, country avec les Range Rats ou Western Front jusqu’à Dead Moon, formé en 87 et dissous fin 2006.
    Sa rencontre avec Toody est déjà tout un poème ! Vers 66, alors qu’ils remontaient vers le Canada pour fuir la conscription, ils tombèrent en panne d’essence et de fric dans un bled de l’Oregon. Fred demanda à une jeune fille qui passait dans la rue où ils pourraient jouer et se faire un peu de monnaie. Ils ne se sont plus quittés ! On visite leur maison perdue dans la forêt, construite de leurs mains (ils ont vécu sous une tente en attendant la fin du chantier, un vrai western !). On les voit élever leur trois enfants (dont le cadet, manager de supermarchés, en chemise et cravate qui reconnaît en rigolant : “Je suis le mouton noir de la famille !”), tout en se forgeant une indépendance totale, sortant à la pelle des albums enregistrés à la maison, gravés sur le fameux Presto 88 Mono de 1954 offert à Fred par Toody, édités sur leur propre label, Tombstone Rds. Un modèle ! Et une musique radicale, urgente et incroyablement intense... L’essence même du garage...
    Il y a encore plus d’une heure et demi de bonus, de morceaux inédits, d’épisodes hilarants comme l’interview de Fred par deux journalistes en herbe largués, ou de vidéos jouissives pour les fans (les Boy Wonders, le groupe punk de leur batteur Andrew Loomis en 1984, ou la reformation de Zipper pour une fiesta entre potes). On en ressort convaincus qu’il n’y a jamais eu de groupe comme Dead Moon, et qu’il n’y en aura jamais d’autres... A part peut-être Pierced Arrows, le nouveau projet de Fred et Toody, accompagnés d’un nouveau batteur, Kelly Alliburton. Quand on ferme les yeux c’est kif kif ! Leur premier CD/LP Straight To The Heart est sorti aux Etats-Unis fin mars (sur Tombstone bien sûr), et ils ont écumé l’Europe en avril/mai. Le temps n’est pas encore venu où Fred se remettra à la country. Profitons-en encore un peu !
www.magicumbrella.com
www.piercedarrows.com

VOODOO RHYTHM

    Ah la Suisse ! Son chocolat, son secret bancaire, son trash blues et sa musique cajun... Yep ! Depuis que le révérend Beatman a lancé Voodoo Rhythm, ça barde à Heidiland ! Petit survol de quatre nouvelles rondelles réjouissantes.

    Après tout le yoddle a bien traversé l’Atlantique pour se retrouver dans la musique country... Rien d’étonnant à ce que l’orchestre cajun le plus chaud du moment vienne de Genève. Déjà les Watzloves, accompagnés par DM Bob, un authentique Louisiannais, n’hésitaient pas à transmuter le paradis fiscal en banlieue chaude de Lafayette. Avec un patronyme tiré d’une chanson de Zachary Richard, Mama Rosin, le “power cajun trio” mené par les frères Souchet, fait carrément dans l’authentique : banjo ou mélodéon en bandoulière, et chant en français (du genre “Eeeh mais j’m’en allais à Prairie Rose comment j’va faire ma bassette à cou jaune.” ...euh ?). Tu As Perdu Ton Chemin contient son lot de valses mélancoliques et de dance songs vigoureuses, du Zydeco épique (la variante créole), quelques braillantes bien senties (dans le temps fallait brâmer pour couvrir le raffut dans les bouges), et de nombreux hommages aux maîtres des années trente et quarante (Nathan Abshire, Joe Falcon, Amedee Ardoin...). Plus quelques bruitages spatiaux et psychédéliques beaucoup moins vintage. Le genre de potion roborative qui fout la pêche le matin. Eeeeeh catin !

    Les “macs du rade à musique” ont la dégaine adéquate : costards vulgos et grosses bagouses. Mighty Mike et T-Man viennent de Cologne, ont traîné dans une floppée de groupes blues locaux, avant de s’associer pour former The Juke Joint Pimps, un duo guitare/batterie (et harmonica à l’occasion) qui balance du blues si rapeux qu’il fait sonner les Black Keys comme du ABBA. De ce premier album enregistré en deux jours et demi, Boogie The House Down - Juke Joint Style, on retiendra notamment l’aplatissant boogie “Mean And Evil”, le groove abrasif de “Red Wine”, de rudes hommages à Robert Johnson et Muddy Waters, ou le décalque de “Hip Shake” rebaptisé “Dick Shake”. Dégottez-vous du tord boyaux qui rend aveugle, et vous aurez votre soirée au juke joint pour pas cher ! (www.juke-joint-pimps.com)

    Voilà un autre excentrique pas piqué des hannetons. De son vrai nom Konrad Wert, élevé par une famille Amish dans les marécages des Everglades, au sud de la Floride, émigré depuis au Texas, il sévit en solo armé de percus primitives, d’un banjo, d’une guitare ou d’un violon, sous l’improbable pseudo Possessed By Paul James, en hommage à ses aïeux. Un phénomène ! Capable de de ciseler des ballades lumineuses et fragiles (“Cold And Blind”, mon morceau-qui-fout-les-poils du trimestre) avec un son vintage à la Pete Molinari et le même genre de voix cristalline chargée d’émotion, quelques beuglements de cowboy en sus, pour se muer en loup garou sur du boogie blues punk virulent (“Come To The Water”). Quand il s’empare du violon, il se lâche sur des gigues endiablées et frénétiques (“The Gallows”). Le tout enregistré sans filet, en grande partie sur scène. Cold And Blind, “la bande son idéale pour des temps incertains” dixit Beatman. Et les fins de soirées mélancoliques. (myspace.com/possessedbypauljames)

    Moins roots, bien que généreusement arrosé de blues, Something’s Got To Give est le troisième album du combo suisse The Come n’Go. Il a été enregistré et mixé l’été dernier à Memphis avec l’aide d’Alicja Trout (Lost Sounds, River City Tanlines etc.), dans son propre living room ! Du garage punk tendu, nourri au Memphis Sound façon Oblivians ou Reatards, avec quelques injections de sixties beat (petite citation des Kinks à la fin du vigoureux “Searchin’ For Love”). Et quelques tubes mémorables au passage (“It’s OK” ou “Wonders...”) . Le petit coup de speed pour tenir jusqu’à l’aube. (myspace.com/comengo)

www.voodoorhythm.com

BACHELOR RECORDS

    Après une bonne douzaine de singles (Clorox Girls, Staggers, Black Lips et autres Rock’n’roll Adventure Kids), le label autrichien qui monte édite son premier LP... qui tourne quand même en 45 tours.
    Franchement, en matant la pochette de Banana Brain des Mugwumps et leurs dégaines labélisées “onetatwafa”, on peut se demander si le monde a encore besoin d’un énième gang de punk à la Ramones. Bon, du moment qu’ils savent compter jusqu’à 4, laissons-leur une chance... Résultat, on se retrouve à headbanger en chantant des houhouhou à peu près aussi faux que sur le disque. Dix titres enregistrés en deux jours, qui naviguent entre la frange pop punk (Riverdales, Queers) et les plus radicaux des Ramones addicts (Retarded, Bad Town Boys), un son bien rêche, des vocaux éraillés à la Dee Dee, des paroles offrant la dose nécessaire de frustration, de niaiserie et de rage teenager... Plus deux “Brain songs” mémorables. Contrat rempli. On peut pister leurs deux EP quatre titres, Slit Your Tire sur Varmint et Do Time sur It’s Alive. (www.the-mugwumps.at)

    Retour aux singles pour leurs deux dernières productions, dans la lignée des précédentes : chouettes pochettes, petits tirages épuisés en un éclair, et tendresse évidente pour le lo-fi.
    The Yolks, un nouveau gang de Chicago, envoient du garage pop teinté de soul, frais et mélodique, quelque part entre les Compulsive Gamblers, King Khan & BBQ Show ou les Young Fresh Fellows des débuts, avec en face B un instrumental groove sixties assez percutant. A suivre avec attention. (Wandering EP - www.myspace.com/theyolks).

    Moins convaincant, Boys Club est un trio de Minneapolis qui navigue entre garage pop cryptique et punk saccadé vintage. Les trois titres ont été mis en boîte à l’arrach’ par Brian Hermosillo de la bande des Fevers. C’est un poil brut de décoffrage, sans doute efficace pour se récurer les tympans de la mélasse déversée sur les ondes (2-D World EP - www.myspace.com/realboysclub).
    Au fait, planquez les bouteilles et la porcelaine, le label annonce la sortie d’un nouveau single et d’un album des ravagés Rock’n’roll Adventure Kids !

Bachelor Rds, 5421 Adnet 186, Autriche
www.bachelorrecords.com

DAMAGED GOODS

    Avec son dernier simple, le troubadour de la Medway Scene s’avance à nouveau sur les traces de Dylan. “Absolutely Sweet Louise” susurre le refrain. Sans compter l’harmonica légèrement souffreteux... Apparemment c’est plutôt l’esprit de Roy Orbison qui guidait Pete Molinari sur ce “Sweet Louise”, extrait du nouvel album, A Virtual Landslide. Il a troqué le vieux magneto Revox de Billy Childish pour les studios Toe Rag de Liam Watson, et ça s’entend : la voix est aérienne, la production léchée... Et c’est toujours aussi prenant. “Indescribably Blue” tiré du premier opus (Walking Of The Map, déjà sur Damaged Goods), chaudement recommandé dans ces pages, et une version alternative de la ballade “One Stolen Moment” complètent ce EP. Bien joué pour le teasing, on attend le nouveau disque de pied ferme. (www.myspace.com/petemolinari)

    Le label british a aussi eu la bonne idée de demander à Graham Day & The Gaolers d’enregistrer deux nouveaux titres en décembre dernier, à la fin de leur tournée européenne juste avant que les Gaolers, alias Dan Elektro et Buzz Hagstrom, ne s’envolent pour de nouvelles aventures avec les Woggles (voir le dernier numéro). On les retrouve couplés à deux extraits de l’album sur le EP Travelled And Unravelled. “The Most Expensive Sleep” et “Backstage Bore” labourent encore les mêmes sillons freakbeat sixties, avec un son carton et une ardeur ravageuse. Rien de neuf, donc, mais toujours aussi énergétique ! (myspace.com/grahamdayandthegaolers)

www.damagedgoods.co.uk

POUR LA ROUTE

    Plutôt intéressant, le précédent disque des Horrorpops, trio scandinave émigré en Californie. Mais sur Kiss Kiss Kill Kill, affublé d’un vague concept cinématographique, leur curieux mix rockab-punk-new wave avec refrains pop heroïques ne fonctionne que sur les trois premiers titres. Par la suite ça devient un peu trop héroïque, malgré un petit instru surf qui tient la vague (“Horror Beach Part II”). La chanteuse/contrebassiste, Patricia Day, évoque toujours Siouxsie quand elle ne se prend pas pour Sinead O’Connor. La recette plaît puisqu’ils ont fait la tournée des stades aux States avec Danzig ou Offsprings, mais ils donnent l’impression d’avoir le mal du pays (“Copenhagen Refugee” ou “Boot 2 Boot” qui évoque les récentes émeutes dans la capitale danoise).  (myspace.com/thehorrorpops)

    Uuuurgh ! Nouveau CD de Lothar, ces rudes Finlandais croisés de bûcherons et de motards, Supercharged ne déroge pas aux rituels établis sur leurs trois premiers mini albums : une belle auto-production contenant une chanson sur un acteur (“Call Me Leonard Nimoy” et ses bruitages spatiaux), un déluge de riffs robustes à la limite du bourrin agrémenté de beuglements imprévisibles, et d’une bonne dose d’humour. Le final plus paisible résume leur philosophie : “I’m So Goddamn Loaded (I Don’t Mind)”. (www.nic.fi/~lothar/)

    Rayon hard indie, le combo belge Needle And The Pain Reaction a réussi à titiller mes pulsions graisseuses en citant Kiss dès l’ouverture de leur Live EP. Ils concluent avec “Let There Be Rock” d’AC/DC. Qui vont enregistrer un nouvel album ! Tout le monde s’en fout, sauf que c’est Eddie Spaghetti des Supersuckers qui a vendu la mèche, en annonçant que leur propre disque était à nouveau retardé (et ça fait un bail qu’on l’attend !) car leur producteur avait été embauché sur le nouvel opus des australiens. Un bon coup de pub pour Eddie et sa bande ! Ils ont même été cités sur France Intox !

Sylvain Coulon

digitfanzine@gmail.com  
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