CHRONIQUES
DIG IT # 46

VOODOO RHYTHM

    Le vaudou, parfois, on aimerait bien que ça marche... En tout cas, le Révérend Beatman a un mojo de la mort ! Après avoir résisté au sort jeté par la SUISA, équivalent suisse des escrocs de la SACEM, il vient de livrer de nouvelles galettes auxquelles seul un zombie décérébré pourrait rester indifférent.

    Après un 25 cm de transition, voici, sous une pochette hommage au Velvet (un piment remplaçant la fameuse banane), un digne successeur au premier album cajun-calypso-zydeco-blues-punk de Mama Rosin. Une première version de Brûle Lentement enregistrée à la maison ayant été refusé par Beatman, les rois du bayou genévois ont trimballé leur attirail (banjo, dobro, triangle, mélodéon et autre washboard) dans les studios transalpins Outside Inside et plié treize titres avec l’aide de Nene des Movie Star Junkies et Mat des Mojomatics, un savant dosage de cajun old school, de ballades mélancoliques, et de traditionnels reboostés (“Le Two Step de l’Haricot” dans une version frénétique), avec en prime des harmonies vocales bien barrées (“Le Pistolet”), une reprise des Movie Star Junkies (“Dead Love Rag” dans une ambiance rétro à la Dead Brothers), un titre inspiré des Clash, mais dont certains passages évoquent Daniel Johnston (“You Stole My Motorcycle”) et une relecture de “Bon Temps Roulet” sur un diddley beat hanté et lysergique. On les a revus sur scène lors de l’inauguration rock de la nouvelle Usine à Tournefeuille. Pas de doute, leur show est l’un des plus festoyants et roboratifs du moment. Pourvu qu’ils brûlent longtemps !
(www.myspace.com/mamarosin)

    Formés à l’origine de deux ex-Rippers et du batteur vétéran Herman K. Senac (Blood On The Saddle/Loafin’ Hyenas), The Guilty Hearts ont reçu le renfort du bassiste Gabriel Hammond (Lords Of Altamont/Fuzztones etc.) pour leur deuxième album sur Voodoo Rhythm, Pearls Before Swine. C’est dire que leur son caverneux et ferrailleur ne s’est pas adouci d’un iota. Ils sont toujours adeptes des gros beat mid-tempo, de blues obsédant et sépulcral, de garage punk rentre-dans-le-lard se muant en cowpunk râpeux, de ballades sombres et hantées, et des giclées de slide et de fuzz cryptique. Entre le rouleau compresseur sonique et l’hallu inquiétante. Des possédés...
(myspace.com/theguiltyhearts)

    My Shit Is Perfect... Qui sommes-nous pour le contredire ? En tout cas les blouses blanches vont encore flipper de l’avoir laissé filer. Ce nouvel album du cosmonaute blues Bob Log III (voir notre dernier numéro pour plus de détails) est probablement aussi allumé que les précédents, voire plus. Il triture toujours son boogie blues minimaliste jusqu’à la moelle, y greffant sans pitié des breaks gags, des bruitages débiles, des effets technoïdes stroboscopiques, fendards, hypnotiques ou carrément insupportables. Mais plus rien ne l’arrête comme le démontre l’improbable “Bump Pow! Bump Bump Bump Pow! Bump Pow! Bump Bump Bump Pow! Bump Pow! Bump Bump Bump Pow! Bump Pow! Bump Bump Bump”... Vous adorerez, ou vous péterez un cable avant la fin !

(www.voodoorhythm.com)

NASHVILLE PUSSY / SUPERSUCKERS
Live au Phare

    On ne peut pas dire que Le Phare illumine la nuit tournefeuillaise. Immense hangar métallique flanqué de trois parkings, on le sent plus pour un tournoi de tennis indoor que pour un concert rock’n’roll. Mais ce soir d’avril, y’avait du Lourd...
    La salle, en configuration rétrécie, est déjà bien remplie quand les Supersuckers déboulent. Les vieux fans sont rares, leur dernier al-bum mou du genou en a déçu plus d’un. Mais avec une set-list forcément farcie de vieux tubes, on peut espérer de bons moments de headbanging et de mains du diable. Quelques titres country en intro, histoire de se dégourdir les arpions et de chauffer le public, et les 'Suckers déroulent leur rock’n’roll puissant et mélodique, parvenant enfin à foutre le feu avec le fabuleux “Pretty Fucked Up”, malgré un son pourri, genre rock de stade sous l’orage, et un jeu de scène minimum. Aucun doute, leur boss Eddie Spaghetti, archétype du cow-boy cool, stetson et sourire ironique immuables, sait se mettre une foule dans la poche, tchatchant sans relâche et faisant se lever des forêts de mains cornues et de doigts d’honneur. La classe !
(www.supersuckers.com)

    From Hell To Texas (titre emprunté à un vieux western de Henry Hathaway), le dernier Nashville Pussy, tient plutôt bien la route, avec la grâce d’un bulldozer customisé carburant à la nitro. Après sa nouvelle escapade avec Nine Pound Hammer, on y retrouve la voix de zombie redneck à la 2000 Maniacs de Blaine Cartwright, et une pelletée de bourrinades pachydermiques, agrémentée de quelques virées country réjouissantes (“Lazy Jesus” et son harmo baveux), de tubes indéniablement mélodiques (“Late Great USA” ou le quasi glam “Why Why Why”, handclaps et refrain neu-neu garantis !), une collaboration planante avec Danko Jones (“I’m So High” - “Je plane tellement que je dois baisser les yeux pour voir le ciel”) et quelques clins d’oeil pour seventies addicts (ZZ Top, Kiss, Spirit...). Sexe, drogue, gros riffs et dynamite, nos desperados n’ont jamais rien promis d’autre !

    Quand ils surgissent sur la scène du Phare, on réalise qu’on est cerné par une horde de jeunes hardos chevelus. Des fans, à les entendre brailler en choeur. Faut reconnaître que les Nashville Pussy ont tout du cartoon en chair et en os. Les deux mecs, hirsutes et bedonnants, aux tronches de serial killers, plus les deux filles, plantureuses et tatouées, outrageusement sexy, c’est déjà gagné ! Evidemment moins furieux qu’à leurs débuts, ils ont gardé leur côté sans foi ni loi, j’envoie les watts et je réfléchis après. La guitar-hero Ruyter a abandonné le strip-tease (au grand soulagement du SAMU local), mais elle flamboie toujours et sa chevelure vole aux quatre coins de la scène. Ils alignent les vieux classiques (“You’re Going Down”, “Fried Chicken And Coffee”, “Im The Man”, “Going Down”), leurs dernières perles (“Speed Machine”, “Late Great USA”, “I’m So High” - “Je plane si haut que je pourrais aller chier sur la Lune”) et des reprises fumantes : “Nutbush City Limits” ou “Rock’n’roll Outlaw”. Les kids autour de moi reprennent les paroles de Rose Tattoo. Wow ! Je m’enroue d’émotion ! Ou c’est à force de beugler... Ils concluent avec une paire de déchirades - dont le redoutable “Snake Eyes”, autre extrait de leur inoubliable et furibond premier album - histoire de clouer au mur les survivants. Bourrins, graisseux, jouissifs et fidèles à eux-mêmes, sans plus, mais c’est déjà beaucoup ! (www.nashvillepussy.com)

THE SETTING SON

    Pour le deuxième opus de The Setting Son, le petit génie Sebastian T.W. Kristiansen a monté un line-up stable et peaufiné le son avec l’aide de son mentor Lorenzo Woodrose. Globalement plus sombre que le précédent, comme l’annonce son titre (Spring Of Hate), il contient son lot de joyaux psyché-pop, courts, addictifs et mantraïques, dans l’ombre des Seeds, tantôt plus garage et tendu, parfois frôlant le bubblegum, ou flottant vers des ambiances un zeste dépressives. Le son est de plus en plus soigné, mais le feeling reste le même : un orgue acidulé, une voix fragile, une fuzz sinueuse, des tubes immédiats (“Spring Of Hate”, “Soulmate”, “Mama Baby”, “Demons In My Head” ou “Obsession” qui rappelle les Baby Woodrose) et l’impression de grimper dans un manège enchanté et lysergique. Pas toujours gai, mais un bon trip quand même ! (www.badafro.dk)

OUTRAGEOUS CHERRY

    Depuis une quinzaine d’années, ils s’échinent à repeindre le Detroit sound à grandes giclées d’acides et de peinture day-glo. Toujours emmenés par Matthew Smith (chanteur-producteur-compositeur-multi-instrumentiste-etc, une kyrielle de projets et des collaborations avec Destroy All Monsters, Epic Soundtracks, Kim Fowley, Kevin Ayers, Susanna Hoffs, Andre Williams ou Nathaniel Mayer), ils ont sorti l’an dernier une compil patronnée par Little Steven et viennent de garer leur soucoupe volante chez Alive Rds pour leur neuvième galette, Universal Malcontents. On les a connus plus directs et prenants, mais c’est encore une belle collection de plages pop et psychédéliques, délicatement ouvragées, guitares scintillantes et batterie minimale (sans cymbales !), le tout orné de choeurs aériens, de hand claps et d’effluves spatiales dans une atmosphère délibérément tournée vers l’âge d’or de la fin des sixties. Vinyle orange tranlucide et collage surréaliste en couverture. Classieux et nostalgique.
(www.alive-totalenergy.com)

B-BACK

    Experiment In Colour est le troisième effort de ce combo italien, après In Time! en 2004, et Second Hand fin 2006 eux aussi sur Area Pirata, label transalpin qui héberge entre autres les Morlocks. L’arrivée de leur nouvelle bassiste Zara Thustra (ah! ah!) ne les a pas fait dévier de leur mission : se rejouer le garage revival des années 80... En variant les plaisirs, entre un “Midnight Bus” qui évoque la scène Medway, le vigoureux “Magneto Touch” qu’on croirait surgi d’un des premiers Cynics, l’apparition récurrente d’un orgue Farfisa vintage, ou l’indiscutable tube “When I Love You”, plus pop et groovy, sur les traces des Forty-Fives, doté d’un riff accrocheur qu’on souhaiterait entendre tourner à l’infini. Plus de deux décennies de retard ? Mais non, en avance de dix ans sur le prochain revival !

Area Pirata Rds, Via Manetti, 5 - 56031 Bientina (Pisa), Italie
(www.areapirata.com)

THE ACCIDENTS

    Avec leurs tenues assorties, chemises blanches, futales et bretelles noirs, on pourrait prendre ces Suédois-là pour des Hives qui auraient troqué leurs poses dandy contre des dégaines de loubards patibulaires sevrés à la bière et tatoués comme des yakusas. De même que pour leurs quatre premiers albums, l’enregistrement du six titres The Beechcraft Bonanza + Frutti Di Bosco est daté de... 1955. Leur truc c’est le wild rock’n’roll, des bons vieux riffs estampillés Chuck Berry qui roulent à fond les manettes droit vers le précipice, un peu l’équivalent de nos Four Slicks parisiens, la touche heavy punk scandinave en plus. Avec le virulent “High Powered Rifle”, boosté par les choeurs saignants des Accidettes suivi d’“Insomnia”, riffu et tubesque, on est déjà encastré dans l’asphalte. Le reste est à l’avenant. Energisant !
(www.nicotinerecords.com)

BALLROOM BASH VOL2

    Ce nouveau sampler Soundflat présente les six groupes qui étaient à l’affiche de la deuxième édition du festival Ballroom Bash organisé par le label allemand. Une sacrée fiesta sur deux jours, avec gogo-dancing et autres réjouissances. Comme sur le premier volume, ils offrent trois ou quatre titres chacun et quel-ques inédits en prime.

    The Rapiers ouvrent le bal avec une classe toute britannique. Du sixties beat pêchu qui vire au 50’s rock effréné sur une cover de “Good Golly Miss Molly” ponctuée de ricanements de monstre débile à la Screamin’ Lord Sutch, dont ces vétérans ont d’ailleurs été le backing band au début des années 80. Considérés comme les successeurs des Shadows, ils ont écumé le Royaume Uni en compagnie d’une palanquée de survivants des sixties, semant une poignée d’albums au passage (le dernier en date doit être Return Of The Rapiers sur Fury Rds). Vintage et réjouissant.
(http://rapiers.typepad.com)

    The Titty Twisters Orchestra est le big-band italien amateur de Bollywood, de strip tease, des compils Jungle Exotica et du film Une Nuit En Enfer d’où provient leur nom. Cuivres graisseux, swing, sueur et adrénaline assurés, avec deux extraits de leur dernier album déjà chroniqué ici, un titre tiré de Party Out! et l’inédit revigorant “T-Bird”.
(myspace.com/thetittytwistersorchestra)

    Même genre d’univers pour les terreurs du triangle Tours-Limoges-Bourges, B.D. Kay & The Roller Coaster, une bonne louche de folie, une pincée de psychédélisme et les habituels relents crampsiens en sus. Deux extraits judicieusement choisis du dernier album (le furieux “The Ride” et le rampant “Soul Jerker”) accompagnent “Cannibal Love” tiré d’Universoul Twister, et “Intoxicated” paru sur le sampler du fanzine Larsen #15.
(http://bdkrc.free.fr)

    Poser pour une couverture de disque recouverte de choucroute... c’est à ce genre de détails que l’on mesure sa détermination ! Cecilia is back ! Après les No Talents, Operation S ou Cecilia Et Ses Ennuis, elle s’est acoquinée avec Russel Quan et Fredovitch pour vanter la gastronomie teutonne. Cecilia & Die Sauerkrauts lorgnent aussi avec délectation sur les sixties hexagonales comme en témoignent les deux extraits de leur album Sauerkraut Wurst And Other Delights et la reprise inédite en allemand du “Cactus” de Dutronc rebaptisé “Kakteen” (ils ont déjà fait le coup avec “Alexandre” de Nino Ferrer). Jerk un jour, jerk toujours. (myspace.com/ccsauerkrauts)

    Retour vers l’atmosphère enfiévrée des compilations Las Vegas Grind, avec les espagnols The Imperial Surfers. Instrus rutilants, sax gouleyant, surf, twist, déhanchements joyeux, et cover pleine de swing de “Si J’avais Un Marteau” au programme.

    Les Bataves The Waistcoasts nous replongent vers du garage beat sixties plus académique mais qui ne manque pas de tonus, comme le prouve l’inédit tubesque “Louise”.
(www.waistcoats.org)

    Enfin, les Allemands The Montesas, dans le même registre, savent se montrer teigneux (“I Smell A Rat Baby”) et tentent encore eux aussi de faire rock and rouler la langue de Gerd Muller (“So Wunderschön”). Pari tenu !
(www.montesas.de)

    Les fans des sixties peuvent noter que le Ballroom Bash Vol 3 est annoncé pour les 23 et 24 octobre prochain à Leipzig avec Muck & The Mires, Peter Berry & The Shake Set, King Salami & The Cumberland 3, les français Norvins et The Stags. Astiquez vos boots pointues et chauffez les articulations.

(www.soundflat-records.de)

WE WENT AND RECORDED IT ANYWAY


    Le power pop punk underground de la fin 70’s/début 80’s est une vraie mine, et avec des archéologues aussi obstinés que notre vieille connaissance Keith Grave, on n’a pas fini de déterrer des pépites du genre. Sa dernière compil en date, We Went And Recorded It Anyway, a été éditée par Brutarian Quaterly, label et fanzine punk US. Ambitieusement sous-titrée “The Best Of Pop Punk And Power Pop 1977-1984”, elle présente une vingtaine de combos obscurs dont les moins méconnus restent les excellents Texans Nervebreakers emmenés par Tex Edwards, ou les detroiters Sillies (déjà présents sur la compil Motor City’s Burnin’) et Denizens. Une majorité de Ricains, dont plusieurs autres gangs oubliés de Detroit (Leisure Class, The Cadillac Kidz, The Seat Belts), des Canadiens (comme les cinglés Terminal Sunglasses dont l’inquiétant “Fear Of People Who Look Insane” n’a pas grand chose de pop) et quelques Britanniques composent cette réjouissante et vigoureuse plongée dans les éternelles frustrations et pulsions adolescentes. Palme du mauvais goût aux Sharon Tate’s Baby, et mention à Benedict Arnold And The Traitors pour leur fendard “Kill The Hostages”.

(myspace.com/brutarianmagazine)
(myspace.com/daggerpromotions)

GOT THE GO!!! VOL 2

    Ze retour of ze must of ze compil qui agite guiboles et zygomatiques togezer ! La bande Born Bad en remet une couche, et une bonne ! Avec chacun sa face de neuf morceaux enchaînés, les DJ déjantés Topper Harley et Yvan le Terrible se déchaînent en mixant allègrement jerk hypnotique, 60’s groove torride et petites conneries bien de chez nous, le tout 100% danse musique debout sur la table. Top of ze top : le swing plaintif et menaçant de Billy Fury, l’inénarrable “Ne Nous Fâchons Pas” de Spartaco Sax (“Campagne France-Soir contre la violence” proclamait la pochette du 45 tours d’origine !), l’éthylique “Le Camembert” de Frederic Santaya (“Le camembert c’est la santé”), le tordant mais cruel “La Foire Aux Boudins” de Vassiliu, le garage groove lancinant de The Spats (avec le futur organiste de Music Machine), la cover soul bien louf de “Psychotic Reaction” par Brenton Wood, les québécois Hou-Lops (qui se feront teindre les cheveux pour devenir Les Têtes Blanches !) et leur “Batman” qui disjoncte en plein vol ou l’adaptation hallucinée de “Land Of 1000 Dances” par le mystérieux Bite Rivières... Qui ça ?!? Vous avez trois secondes... ou vous serez la risée de vos potes, j’en ai fait l’expérience !

(myspace.com/gotthegocompilations)

FULL BREACH KICKS


    Le label de Chicago aura beaucoup fait pour réhabiliter The Joneses, un gang californien figurant parmi les plus dignes héritiers des New York Dolls, et il y en a eu des brouettes ! “Too Much Too Soon” proclamaient les Dolls. “Too Glam For Punk, Too Punk For Rock” explique le label au sujet de ses protégés, snobés par les punks et perdus dans la masse de gangs hardos-glam qui ont envahi L.A. dans les années 80. Après un album et deux EP, Full Breach Kicks vient de publier la compil’ définitive de ces héros oubliés, emmenés par le charismatique Jeff Drake (frangin de Scott “Deluxe” Drake des Suicide Kings et Humpers, à qui les Joneses ont ouvert la voie, et qu’il retrouvera plus tard au sein des éphémères Vice Principals). Criminal History Revisited contient vingt-quatre titres et plus d’une heure de glam punk’n’roll teigneux et tranchant, qui vire au 50’s rock survitaminé à la early Flamin’ Groovies, se teinte à l’occasion de country, dérape vers le blues graisseux ou du boogie glam sonnant comme du T. Rex trash, plus quelques reprises mémorables de “Route 66”, “Your Cheatin’ Heart” de Hank Williams, “Second To None” des Avengers (retitré “1-2-3”) et l’impayable “Crocodile Rock” d’Elton John relifté à coup de descentes de manche à la Johnny Thunders. Un must ! (myspace.com/thejoneses82)

    Dans la foulée, le label a fait paraître trois 45 tours de petits jeunes à découvrir, en commençant par Plexi 3, un trio du Milwaukee qui oeuvre dans de la pop virevoltante teintée de post new-wave, ou quelque chose comme ça. “Timebox”/“What Love Is For” est déjà leur troisième single. Quelques arrangements assez osés, mais leur énergie juvénile emporte le morceau. (myspace.com/plexi3)

    Autre trio, formé d’anciens Carbonas, Beat Beat Beat et Star Spangles, les Ex Humans, basés à Brooklyn, envoient du punk’n’roll speedé avec le décapant “Chicane” couplé au râpeux “Detector”, deux titres courts et sans fioritures qui ramonent les conduits vertement. Ne pas se laisser décourager par l’hideuse pochette. (myspace.com/exhumans)
   
    Les Poison Arrows d’Atlanta surfent sur la vague power pop, avec un son ultra-cru qui ajoute du punch à des compos plutôt inspirées. “Sticky Situation” monte tranquillement en intensité, avec des lignes mélodiques qui évoquent Cheap Trick ou Paul Collins, avec même, tant qu’à aligner les nobles références, une petite touche Real Kids. Leur “Shakin’ All Over” (rien à voir avec celui de Johnny Kidd), et ses choeurs bubblegum, a tout du hit instantané, et l’épique “Wild Hearts Beat Free” ne manque pas de panache. A surveiller de près...

Full Breach Kicks, 2060 N California Ave.,
Chicago, IL 60647. USA.
(www.fullbreach77.com)

OFF THE HIP

    Petit tour aux antipodes avec un label au goût sûr. Ils ont par exemple lancé The Dolly Rocker Movement : les deux premiers albums avaient semé l’émoi chez les fans de psychédélisme sixties et s’étaient arrachés comme des petites pilules. Le troisième, Our Days Mind The Times, vient de paraître en Australie (version européenne prévue pour octobre sur Bad Afro). En guise de teasing, Off The Hip avait édité deux extraits du disque et deux inédits sur le EP A Song For Two. Petite valse psychédélico-folk avec clavecin et violon, orgue acide ou spectral, ballade lumineuse, pop délicate, hand claps et zigouigouis stellaires... Ça plane toujours pour eux !
(www.thedollyrockermovement.com)

    Bloodgroup marque le retour de Mick Blood, chanteur des Lime Spiders, qui s’est entouré d’un redoutable line up à trois guitares (avec d’ex-Moler/Glide/Hoss etc.) aidé de quelques potes comme Spencer P. Jones à la slide. Revolution Blues, leur premier mini-album, s’ouvre sur un titre éponyme hanté et incandescent. Suivent un beat groove sinueux et plombé à la Beast Of Bourbon, un cocktail powerpop/psyché envoûtant, une ballade flamboyante sur les traces du Sonic’s Rendez Vous Band et du punk’n’roll rampant et intense. Un mélange détonnant. Bande-son adéquate pour une révolution. Ben, reste plus qu’à la faire... (myspace.com/mybloodgroop)

(www.offthehip.com.au)

POUR LA ROUTE

    Réapparus en 2006 après une éclipse d’une dizaine d’années (voir plus loin dans ce numéro), les héros garage de Groeningen The Beavers ont sorti le 25 cm C’mon Let’s Beav sur Highschool Refuse Records l’an dernier et viennent de dégainer un nouveau single sur le label de La Rochelle, Frantic City. Moins cryptique qu’à leurs débuts (écoutez-donc “Nancy, You’re A Square” produit par Mariconda en 91), ce “Silly Girls” reste ancré dans le garage sixties vintage et brut de décoffrage qui a fait leur réputation. Deux autres titres dont un bel hommage à Link Wray au verso.
(http://franticcity.free.fr - www.thebeavers.nl)

    Les parisiens High-School Motherfuckers moulinent du heavy-punk scandinave à la française sur un album (Backseat Education) riffu à souhait, gavé de solos et de refrains héroïques, exécutés avec une énergie et une détermination exemplaires, une certaine flamboyance même, et ce petit accent frenchy si exotique. Pas forcément réservé aux hardos boutonneux. Les punks les plus hirsutes apprécieront certainement leur clin d’oeil aux Ramones et la vigoureuse interprétation de “D Generated” des Reagan Youth.
(myspace.com/studiozfactory)
   
    Toujours à Paris, atteints d’un tropisme Backyard Babies beaucoup plus (trop) prononcé, les Tracy Gang Pussy sont hyper lookés, décorés comme un Rose Tattoo sortant de taule, pleins d’ambition, désireux de foutre un coup de pied au cul de la scène rock’n’roll française - qui par ailleurs se débrouillait très bien sans eux - et “soutenus par Rock One, Rock Sound et Tatouage Magazine” ! Ils jouent super bien, c’est sûr. Pour le reste, j’ai passé l’âge. (Number4 - Apokalypse Rds)

    Après un premier album sur Nova Express en 2006, le troubadour Billy The Kill récidive avec Joy Sex And War chez les Toulousains Kicking Rds. En solo, le chanteur de Billy Gaz Station affectionne les ballades délicates, soigneusement polies, souvent sombres, teintée de country et de subtiles émanations psychédéliques (le Kaiser est encore aux manettes). Ça se muscle lorsqu’il flirte avec la power pop, ou inflige à sa guitare sèche des riffs à la Stooges.
(myspace.com/billythekill)
(www.kickingrecords.com)

    Encore une petite douceur ? Jetez une oreille (l’autre suivra) sur l’anthologie Her Own Kind Of Light de Jackie DeShannon parue l’an dernier. Adulée des diggers pour avoir signé le hit groove “Breakaway”, et paradoxe ambulant puisqu’elle a écrit des morceaux dont les reprises seront des hits intersidéraux, tout en se faisant connaître comme interprète avec des chansons composées pour elle (“Needles And Pins” de Jack Nitzsche et Sonny Bono, ou le langoureux “What The World Needs Now” signé Burt Bacharach et Hal David).
    La charmante blondinette du Kentucky a eu une carrière bien remplie : Sharon Lee Myers débute au milieu des années cinquante dans la country sous le nom de Sherry Lee, puis se rebaptise Jackie Dee pour quelques singles teenage rock. Elle émigre en Californie, sur les conseils d’Eddie Cochran, adopte son pseudo définitif (hommage à quelque ascendance irlandaise), collabore avec Randy Newman ou les Byrds, avant de se lancer dans le cinéma... Incontournable au milieu des sixties, les Beatles lui ont proposé la première partie de leur tournée US de 1964, Jimmy Page l’a accompagnée sur quelques singles enregistrés à Londres, elle est même sortie avec Elvis ! Plus tard elle croisera la route de Van Morrison ou Bobby Womack, avant de se retirer à la fin des années soixante-dix.
    Outre “Breakaway” (repris par Irma Thomas et les Detroit Cobras entre autres) et le classique “When You Walk In The Room” (repris par tout le monde, des Searchers à Status Quo, en passant par Springsteen et Psychotic Youth !), les vingt-six titres recèlent une floppée de ballades lumineuses (comme le magnifique “Splendor In The Grass”), quelques pépites soul, des bluettes pop dignes de la crème des girl groups sixties (“Don’t Turn Your Back On Me Baby”) jusqu’au folk sophistiqué de “Laurel Canyon”, en passant par “Come And Stay With Me” qui fut un tube pour Marianne Faithful ou “Betty Davis Eyes”, dont la version mondialement célèbre de Kim Carnes a dû rapporter un bon paquet de royalties. On doit pouvoir télécharger ça sans états d’âme...

    Dernière minute : les nouveaux Sour Jazz (American Seizure - Acetate Rds) et New York Dolls (Cause I Sez So - Atco) viennent de tomber, et méritent mieux que quelques lignes enthousiastes... On en reparle dans le prochain numéro !

Sylvain Coulon


BEAST RECORDS

    Belle livraison une fois de plus de la part du label breton...

    Troisième album pour South Filthy le groupe de Jeffrey Evans (68 Comeback) et Walter Daniels (Jack’o Fire), entourés des plus belles gueules du sud profond (Jack Yarber, John Scholey ou les fidèles Rice Moorehead et Mike Buck, pour ne citer qu’eux). On reste dans la lignée de leur précédent single (une autre co-production Beast et Trashmondain de Nice), c’est à dire très roots, quasi “acoustique”, assez différent des deux albums précédents, mais toujours aussi envoûtant.
   
    Retour aux affaires pour les  excités australiens Sixfthick  avec un split single en compagnie de Gentle Ben & his Sensitive Side (l’autre groupe de l’un des deux frangins-chanteurs). On reste en territoire connue  pour les premiers avec un mid tempo intense et tendue, “Acquaintances”, et on découvre la Face Sensible de Ben Corbett qui nous propose une sorte de bossa punk qui ne dépareillerait pas chez Tex Napalm ou Nick Cave. Un travail plus personnel, à découvrir. (www.myspace.com/sixfthick) (www.myspace.com/gentlebenhissensitiveside).

    Il est enfin sorti ce premier album, All or Nothing, des Good Old Boys de Douarnenez. Je vous faisais y a pas si longtemps le pitch au sujet de ces jeunes bretons à la fougue et au talent sans pareil. Le CD débute d’ailleurs sur un brûlot imparable “Get Up ( and go away) et déplie les influences haute-énergie du groupe avec un rappel quasi systématique aux Datsuns, des riffs boogie-punk jusqu’aux titres des morceaux (“Ukulele MF” qui pour le reste ressemble plus à l’”Harmonic Generator” des neo-zélandais)... Mais y a pas qu’eux ! On pourrait citer le MC5/Rendez-Vous Band (“You gonna c’mon”) ou les Yes Men/Powder Monkeys comme sur l’excellentissime “Fed up to the back teeth”. Certains morceaux restent un cran au-dessous, mais ça demeure un disque rare par chez nous... (www.myspace.com/thegoodoldboysdz)

    Il faut bien le dire, ce Live From Melbourne (Hang On... Hang On...) de Spencer P. Jones & the Escape Committee, est un disque de  fan, pour les fans. Tant le son que le groupe (notamment le batteur) ne sont pas à 100%, mais pourtant le feeling suintent de toutes les pores plastiques de ce CD. Faut dire que l’ami Spencer sait y faire avec des mélodies aussi inoubliables qu’ “Execution Day” ou “The Bogans”, parfaitement secondé par la guitare dégoulinante de John Nolan (Bored, Powder Monkeys) et les doublages de voix d’Hamish Marr (un peu bizarre ça des fois sur la longueur !). Penchez-vous sur le cas Spencer P. Jones, tant pour ses albums solo que quand il accompagne les Johnnys ou Beast of Bourbon... Un génie ! (www.myspace.com/spencerpjones)

    Un petit mot aussi sur les prochaines productions du label. Les albums de Dead Horse Problem (le groupe du boss, Seb’) et de Tex Napalm & Dimi Dero (Sticky Singers, une collection de titres enregistrés chez le loup de la Ruhr, entre deux bouteilles de vodka et des remontants en tout genre...) et un hommage à Johnny Cash...
    Et tiens, tant qu’on parle de Mr Napalm, sachez que son album Dionysus Rising vient de sortir chez Stagger Rds. L’un des tous bons disques du trimestre entre Scientists, Birthday Party, Suicide et les Stooges. Saturations en tous genres, arrangements de malade et QUELLE VOIX ! (www.myspace.com/texnapalm)

beastrecords.free.fr

ONE FOOT IN THE GRAVE

    Pour sa deuxième sortie, le label de Nantes Kizmiaz nous propose une compil de one-man/woman bands de toute l’Europe, et presque exclusivement de l’inédit. Ils sont tous là, le Rev. Beatman, King Automatic, le Feeling of Love (une contribution électro-wave qui déchire un peu la toile presque trop lisse du trash-lofi de la compilation), Decheman (toujours aussi boogaloo le bougre !)... Enfin la liste est longue ! 17 groupes “à moi tout seul” dont on extraira le “Woman, I wanna be your man” du Garagekid, soit la Downliners Sect “à lui tout seul” ; les “Nibards” de Sheriff Perkins ; Wasted Pido et le son toujours aussi parfait des studio italiens Outside Inside et la délicieuse Miss Ipi qui a du apprendre le blues à l’église de Knoxville avec ses frères en 1926... Hum. Beau boulot ! Le CD est tiré à 666 exemplaires, commandez le votre ou brûlez... Là où vous savez !

www.myspace.com/kizmiazrds

MILK & CHOCOLATE RECORDS

    Tout nouveau label basé à Munich, Milk & Chocolate nous propose un panorama international assez pointu, bien moins gentillet que son nom ne pourrait le laisser entendre...

    Le trio Neptunes Folly vient de californie et pratique un mix de pop-wave et de synth-punk, quelque part entre Jay Reatard/Lost Sounds, Devo et Chrome. Plutôt pas mal même si des fois ça fout les jetons (“Ecstatic engine”). (neptunesfolly.com, un site en latin !)

    Stella Peel sont deux, un garçon une fille, Stella Peel sont français (Nice) et Stella Peel se sont fait enregistrer par Steve Albini pour leur premier album... Rien que ça ! Ambiance minimaliste, un brin noisy, mais rien de bien renversant. (www.stellapeel.com)
 
    Beat Beat c’est le nouveau groupe de Nolte, batteur des autrichiens Rodriguez, qui n’a pas perdu la recette du son qui vous vrille instantanément les neurones. Tout dans le rouge mais avec un savoir-faire indéniable. Musicalement le duo (devenu trio depuis quelques mois avec l’adjonction d’une basse) est plus orienté garage-country roots avec la dose de punk qui cimente l’histoire. Parfait ! Le disque est sorti en co-prod avec Bachelor Rds qui pour sa part annonce un album à venir. Restez sur la brèche ! (www.myspace.com/beatbeat)

    C’est bien connu, Los Steaks du Pays Basque sont toujours plus saignants... Euuuh, n’importe quoi ! Bon quoiqu’il en soit le label vient d’éditer un single 4 titres du trio espagnol, entre garage trash et punk intemporel. 4 titres complètement différents, du poppy “Tiger” en passant par le Dictators-alike “Pills”, le heavy “Orange Fish” et un “Red Hands” entre new-wave et Redd Kross. Difficile de se faire une idée définitive sur ce groupe. (www.myspace.com/lossteaks)

    The Girls c’est ce groupe qu’on avait découvert il ya quelques années par le biais d’un album sur le défunt label Radio Blast Recordings. Basés à Seattle, petits frères de sang des Briefs ou autres Spits, on les retrouve un poil différents sur ce single. Deux titres absolument marquants, mais pas forcément immédiats... Z’ont mis une grosse dose d’acide dans leur power-pop-wave et c’est un peu déstabilisant au début mais on a tendance à y revenir plus que de raison... Leur nouvel album est dispo chez Dirtnap Rds. (www.myspace.com/thegirlsseattle)

www.milkandchocolate.de

LES JOLIS
   
    Ils font partie de la nouvelle garde marseillaise (avec les Dolipranes, les Puceaux, Ynodible, etc...), qui a bien appris les leçons de punks distillées par les Hatepinks ou autre Aggravation (C’est d’ailleurs Rudy le bassiste qui s’est chargé de l’enregistrement du disque, et Miguel le batteur n’est autre que le “patron” du label Scanner Rds)... Des groupes pré-cités ils ont pris le son, le look et les influences (Dogs, Wire, Berlin et la drogue !), mais eux se sont plus orientés France 78, Olivenstein et Asphalt Jungle en tête. Et on en redemande... OUIIIIIIIIIII, du lolo pour Lolo ! (ratakans.free.fr/lesjolis)

(miguie.zorlha.free.fr/scannerrecords)

MISS CHAIN & THE BROKEN HEELS

    A l’occasion de la venue en ville des Mojomatics (très bons... Même sans le sourire !), Franz , le chef d’orchestre de l’excellent fanzine italien Bam m’a refilé le 45tours de son groupe Miss Chain & The Broken Hills. Power-pop à tous les étages avec une chanteuse charismatique (avec une voix entre Miss Georgia Peach des Short Fuses et Nikki Corvette... Notamment sur “Lies” qui donne son titre au single) et un son tout à fait probant (encore les studios Outside Inside... Décidément !). La galette est sorti sur Shake Your Ass Rds (www.syarecords.it).

DISCOS SUBTERRANEOS

    Ouhhh les BRUTES !!! Honneur aux anciens, les bien-nommés Mostros (les Monstres de ce que j’ai compris !), qui depuis près de 10 ans mettent à sac l’île de Majorque avec leur punk rock’n’roll aux accents Aerobitch (le chant féminin) / Poison Idea... Sur l’autre face on retrouve les surexcités Motocross de Benidorm avec leur mix Dwarves - Bored ! Bon single, belle pochette et deux groupes que je vous recommande en live.

    La dernière sortie du label d’Arnedo (dans la Rioja... Une des meilleures appellation de la péninsule) est un 45t des Clorox Girls de Portland. Ils n’en sont pas à leur coup d’essai, avec 4 albums (leur tout dernier s’appelle J’aime les Filles, chez BYO) et des dizaines de singles à travers le monde, mais ils ont su rester très frais ! Hmmmm ! Notamment avec ce “All I wanna do” qui donne son titre au single, entre sucrerie-Plastic Bertrand et Dead Boys.

www.myspace.com/discosubterraneos

JOHNNY THROTTLE

    C’est le nouveau groupe de l’un des fondateur des Parkinsons, ces expatriés portugais qui avaient foutu le feu à Londres il y a de ça quelques années, et qui, il faut bien le dire, ont changé le visage rock’n’roll de la capitale anglaise... On ne compte plus les groupes actuels dont un des membres a fait partie ou a joué avec l’un des Parkinsons. Dans Johnny Throttle, on retrouve leur chanteur Alfonso entouré d’ex-membres de Menace et des Shakin’ Nasties... Punk-Rock à l’anglaise, entre Johnny Moped, Killjoys et Slaughter and the Dogs. PUNK, quoi ! c’est le label Wrench rds qui se rappelle à nos bons souvenirs et sort son premier disque depuis quatre ans...

www.wrench.org

FLYING OVER

    Nouveau single pour les bordelais... ouais z’ont définitivement quitté les charentes (-aises) et du coup s’émancipent un peu de l’influence TV Killers... Enfin, point trop non plus! ça reste punk, tendu, Rickenbacker en avant... Mais on y décèle du Pistols, du Girlschool (“Sex on Video”)... Depuis, et malgré de nouveaux changements de line-up le groupe n’a eu de cesse de prêcher sa bonne parole aux quatre coins de l’Europe. “FOUR WHEELS ACTION” !

www.adrenalynrecords.com

SNAZZY BOYS

    Ok, rien qu’à voir les pochettes on sait déjà ce qu’on va se coller entre les oreilles... Des clones des Briefs, italiens de surcroît. Et effectivement ça ne loupe pas ! Mais contrairement à une flopée d’autres qui vénèrent les Boys, 999 et autres Buzzcocks... voir les regrettés Exploding Hearts, ils savent écrire de vrais bon morceaux aux mélodies ciselées et aux guitares teigneuses, avec un son organique  qui leur sied à merveille (Mojommatt dans les studios... Outside Inside ! Gagné !). Pas révolutionnaire mais tout à fait recommandable. A rapprocher de nos Hatepinks (“they came from outer space”). Ce premier album sort sur le label anglais No Front Teeth Records, spécialisé dans le punk, sans concessions...

www.myspace.com/nftrecords

THE LONG STRIDES

    Ceux-là viennent d’Australie et sortent leur premier album sur l’inévitable Off The Hip. C’est l’histoire de deux freaks, Echo et Sonic, fans du Velvet, Spacemen 3 et Jesus & the Mary Chain qui tripent dans le studio de l’un d’eux (Echo, qui a notamment travaillé pour les Stems) et pondent une vingtaine de morceaux lysergiques à souhait. Par la suite ils s’entourent d’un vrai groupe, commencent à tourner sporadiquement et enregistrent cet album, comme une bonne remontée d’acide après après vingt ans d’hibernation (?!)

www.myspace.com/thelongstrides

AQUA NEBULA OSCILLATOR

    Ne redescendez pas de suite puisqu’il est temps d’évoquer le deuxième album des parisiens, Under The Moon Of... Bien moins éthéré que le précédent il développe un garage-psyché aux accents Hawkwind avec des guitares énormes, une basse mamouthesque, le chant au delay de Shazzula et la batterie panzer de Vince Posadzki (ex-Fatals)... Du psyché massif, pas le truc de baba endormi, point de sixties-pop non plus... Du drogué, du “qui fout les jetons” (“Silvermoon”), du malsain, du paranoiaque... La face obscure de l’être humain... “Somebody in your nose”.
    La version vinyle est en plus magnifique !

www.paneuropeanrecording.com

THE AVERSIONS

    Ça fait déjà 6 ans que les québecois Aversions on sorti leur premier LP. Ils reviennent aujourd’hui avec un nouvel album Ex Nihilo Nihil, un condensé de garage, de punk, de noize-wave... sans qu’aucun des genres ne prennent le dessus. Un style unique avec un léger accent français à la Dogs... En concert ils se font plus hard-core  avec des tempos décuplés et un chanteur bien énervé... Un groupe complet. L’album est sorti chez Sonik’s Chicken Shrimp, le label de Johnny Capote (!), spécialisé dans la réédition punk (Kids, the 222’s...), mais pas uniquement, puisqu’on y trouve aussi du hardcore ou les excellentes Sunday Sinners (le groupe de Work With Me Annie des Sexareenos)... Eclectique, éclectique !

www.sonikchickenshrimprecords

VELVET CAVE COMP.#2

    Deuxième compilation pour Velvet Cave records le label d’Indy Tumbita et de Ruby Evil, The 6th Generation Nation Vol.2. Au programme des groupes galiciens (Cadavera, Phantom Keys, Samesugas, etc), Espagnols (Catty Stits, los Sentios ou les bien nommé Super Punk Rock Circus, ex Commando 9mm), et quelques français (Sonic Angels, Blew-Up!..). Une compil de “potes” dont on retiendra tout particulièrement la contribution des Indomitos de Vigo, très SicKids dans leur genre.

www.myspace.com/velvetcaverecords

UTOPIANS

    C’est la nouvelle signature du label d’Ann Arbor No Fun Rds. Un groupe argentin drivé par une jeune et talentueuse chanteuse guitariste au brin de voix rappelant celui de Patti Smith. ça commence plutôt bien avec un morceau pop-wave enlevé, même si on sent poindre une légère touche indie... ça passe sur la suivante, mais quand arrive le rythme interdit (vous savez ce roulement sur le charley), sur le troisième morceaux, on se dit déjà qu’ils vont trop loin... Malheureusement ça continue sur le 4ème et là on lâche l’affaire. Bon j’y suis quand même revenu pour écouter le reste et je retiendrais leur “Something” à la Lou Reed et peut-être “Manhattan Hole” , de loin leur morceau le plus rock’n’roll... Mais bon dans l’ensemble ce Inhuman reste bien trop commercial pour moi.

www.nofunrecords.com

ET ENCORE...

    Les parisiens You Do It Right viennent de sortir un single chez La Ferme de La Justice. Twist, Jerk, Rhythm’n’Blues, garage, tout ça costumé et rempli de second degré (comme sur la ballade “Blind Heart”)... Tellement qu’on a presque du mal à prendre le groupe au sérieux. (www.myspace.com/youdoitright)

    Le duo bordelais Hello Sunshine sort son premier single chez Les Disques Steak. Garage-grunge déstructuré et violent... Comme le dit le gars de Boomshine (www.boomshinerecords.com), “ce groupe sonne comme un parpaing dans un pare-brise”. (www.myspace.com/hellosunshinetoday)

    Bordeaux encore avec l’album Ragazze Al Dente d’Il Fulgurante. Le groupe n’existe plus (à ce qu’il me semble), l’enregistrement date de quelques années mais il témoigne de toute la radicalité et de l’énergie du quatuor entre Black Flag, les Hives du début et... Les Dead Kennedys par exemple, hurlé en faux italien (!). (www.myspace.com/ilfulgurante)

    Les Harry Sons viennent de Benidorm et on y retrouve l’un des membre de Motocross. On rest un peu dans la même famille, Punk-rock’n’roll tout dans le rouge avec un chant éructé et de gros solos à l’australienne. Premier album Benidorm City is Burning. (www.theharrysons.com)

    Et on finit avec un adepte, lui aussi, de la haute-énergie, le flamboyant Simon Chainsaw qui nous livre son nouvel opus, Alpha Negra, et là... Ch’uis hyper-déçu ! Morceaux lourdingues, production générique... Evidemment y a les textes, mais plus la magie d’avant.(www.simonchainsaw.com)

MAIS AUSSI...

    Je vous parlais dans le n° précédent du très bon album des Oh Sees, le nouveau projet de John Dwyer (Coachwhips), bin ils viennent d’être signé par In the Red qui sort dans la foulée un album, Help. (www.myspace.com/ohsees)

    Et on reste Dans Le Rouge avec un autre de mes disques du trimestre, le troisième Hunches, Exit Dreams. Cela faisait près de 5 ans qu’on n’avait eu de nouvelles du groupe de Portland, et bien ils reviennent avec un fantastique album pour dire au-revoir. On les regrettera... (www.myspace.com/thehunches)

    Un autre des groupes que vient de signer In The Red et qui fait pas mal parler de lui, ce sont les Strange Boys d’Austin Texas. Un groupe aux influences très bluesy et un chanteur qui vous fout les poils chaque fois qu’il ouvre la bouche. Je ne connais pas encore le petit nouveau (And Girls Club), mais leur The Strange Boys Will Now Forever Be Known As The Martin Luther Kings est un must ! (www.myspace.com/thestrangeboys)

    Du côté de la Floride, vous pouvez jetez une oreille sur les Jacuzzi Boys et leur mix garage-psyché-fun... Un pied chez les Black Lips, un autre chez les Oh Sees, justement... Mais le reste du corps immergé dans les Everglades... D’où leur fantastique “I Fought a Crocodile”, sorti chez Rob’s House... Non, vraiment très bien ! (www.myspace.com/jacuzziboys)

Le nouveau Demon’s Claws, Lost In The Desert est sorti dans un quasi anonymat sur le label Telephone Explosion. En fait il ne s’agit pas vraiment d’un nouvel album, mais d’une compilation de raretés et de démos (quelques morceaux de la k7 Sick Chili éditée par le même label, des enregistrements avec King Khan et pleins de morceaux de la trempe de leur dernier Satan’s Little Pet Pig). Son hyper-organique, voix toujours aussi prenante, quelques morceaux plus à l’arrache enregistrés au fond du trou par KK et une grosse résurgence Alex Chilton sur l’ensemble... Les Canadiens tiennent toujours le haut du pavé, Yihaaaaaaaaaaaaaaa ! (www.myspace.com/demonsclaws)

    Le nouveau groupe de Rick Froberg, compère de John “Speedo” Reis dans Hot Snakes s’appelle The Obits...Le versant garage de notre homme, à la voix si particulière (un peu moins hurlée que dans les Snakes). Basse en avant, guitares très pures, batterie minimaliste aux services de morceaux naviguant entre les sixties et les Wipers dont les énormes “Pine On”, “Talking to The Dog”, leur version épileptique de “Milk Cow Blues”  ou le terminal “Back and Forth” entre Fleshtones et Rocket From The Crypt. Très bons débuts avec ce I Blame You. Et quelle pochette ! (www.obitsurl.com)

    Euuuh, moi je me retrouve complètement dans ce nouvel album, 200 Million thousand des Black Lips... Enfin je les retrouve complètement et ça me suffit... A quoi pouvait-on s’attendre ? Un disque surproduit avec de faux morceaux ? Comme les Hives ? Ben non, y a que du Black lips, du psychédélisme léger, du flower-punk, du garage sixties, de la power-pop (les énormes “Short fuse” et “Drugs”) et même des envolées stoogiennes comme sur le morceau caché de l’album. Le son est ce qu’il est (trop de basse, guitares timides, voix nonchalantes...) mais il colle parfaitement à l’atmosphère du disque, du groupe... Le côté je mets mon foie sur la table et on le dissèque. Ouais les Black Lips sont toujours l’un des groupes les plus intéressant et inventif de la planète ! (www.black-lips.com)
Lo' Spider


OFF THE HIP

    Les Booby Traps repiquent au truc avec un second album (Makin' It With) et un line-up légèrement modifié, une des trois filles est partie, aussitôt remplacée par Kendall James le bassiste des Persian Rugs, un ex-Thurston Howlers et Crusaders. Le batteur et le lead guitariste jouent eux par ailleurs chez les Hekawis et The Intercontinental Playboys. Sur les morceaux les plus mordants, le groupe réveille les fantômes des Pandoras ou The Brood et fait souvent vibrer les mêmes cordes que les Headcoatees et Detroit Cobras. En guise de tribut au garage punk vintage, les B. Traps reprennent le classique des Hangmen "What A Girl Can't Do" logiquement relifté en "What A Guy Can't Do". La fuzz qui déchirait le premier album en permanence a baissé d'un cran et le groupe s'essaye plus souvent, et avec un réel bonheur, aux pop songs (west coast ou soul). Les morceaux, un tantinet moins rentre-dans-le-chou, sont plus élaborés et illuminés par une production futée et luxuriante avec discrètes touches d'orgue et de... trompette.

    Après plus de dix ans de stand-by, les Breadmakers se fendent d'un sixième album (Night Of The Cobra), enregistré sur la scène du Tote Hotel à Melbourne, mais sans les micros d'ambiance, du coup on n'entend pas le public et on croirait un album studio (une bonne façon de faire des économies, mais il faut un ingé-son compétent, c'est le cas). Le groupe de Nick Phillips, par ailleurs boss de Corduroy Rds, y reprend quelques bons moments de ses premiers disques épuisés depuis longtemps ("Memphis Train" de Rufus Thomas ou le "Roosevelt & Ira Lee" de Tony Joe White) et propose six nouveaux titres comme d'habitude épicés garage 60's soul (chouette lifting du "Hurtin' On Me" de Music Machine") et R&B des bayous. La magie opère toujours et les fans (on en est) seront ravis d'y retrouver un groupe plus sauvage encore que sur les albums précédents, avec guitare qui cisaille à tout va et orgue qui pousse au cul une machinerie bien réglée. Et comme peuvent en témoigner les chanceux qui ont assisté à un des concerts de leurs tournées européennes il y a une dizaine d'années, les Breadmakers font la différence grâce au fameux et indispensable quota de groove trop souvent absent chez une bonne partie de la concurrence. Trois étoiles donc, et un des disques les plus finement rock'n'roll de l'année.

    Les Japonais Gimmies balancent des brûlots Detroit Punk plein pot avec solos à la Fred 'Sonic' Smith intégrés et influences australiennes digérées (virulente version du "Beyond The Fringe" des Lime Spiders). Dommage qu'ils n'aient pas aussi le son qui va habituellement avec. Du coup ça manque un peu de souffle malgré une indéniable expertise en maniement d'explosifs et contrebande d'adrénaline. C'est leur deuxième album (Roll Up), il est sorti en guise de soutien à la tournée australienne de ce groupe tokyoïte.

    Les Pink Fits jouent en haute tension... Et eux ont le son adéquate et la puissance pour le booster. Même s'ils arpentent des territoire balisés (du punk au blues), ils y injectent le brin d'originalité qui fait de ce Deja Blues un disque auquel on revient se confronter régulièrement en y découvrant un nouvel os à ronger à chaque passage. L'album est plus élaboré que leurs précédents forfaits, le chanteur a une palette remarquablement large et les guitaristes font alternativement pleurer le blues (ils ont invité des potes experts en Lapsteel) et crisser le rock'n'roll dans les virages. Si vous y ajoutez quelques soyeux titres mid-tempo et des refrains aux mélodies qui tirent l'oreille, vous conviendrez avec Le Barman (i-94.com) qu' : "Il n'y a pas besoin de créer une commission d'enquête pour réaliser qu'il se passe quelque chose là-dedans".
(www.offthehip.com.au)

THE NORVINS

    Ce groupe parisien entre par la grande porte dans le club des meilleurs gangs européens d'obédience Garage 60's. Et c'est le label allemand Soundflat Rds qui fait office de parrain bienveillant. On avait déjà remarqué que les Norvins en avaient sous la pédale fuzz à travers une démo enthousiaste il y a quelque temps (voir Dig It ! #38). Ils y reprenaient amoureusement et sur des instruments vintage "Stop It Baby" et "You're Gonna Miss Me". Deux ans et demi plus tard, la machine est bien huilée et le groupe sort (en vinyle et CD) un album vintage bourré de petites bombes à la Nuggets/Pebbles reliftées comme savaient le faire les Lyres ou les Creeps dans les 80's. Il y a des clins d'oeil (aux Fleshtones), des reprises ("ABBA" des Paragons et le "Nothin'" des Canadiens Ugly Ducklings), le chanteur sonne parfois étrangement comme Mick Collins et l'organiste trame des nappes acides à s'y brûler les esgourdes. Tous les morceaux sont rapides et le tout devrait plaire aux fans des Staggers et des Satelliters par exemple.
    On s'est arrangé pour faire écouter à Keih Streng le titre "Fleshtones In Your Head" qui emprunte le riff du "Vindicator's Theme" des 'Tones, voici sa réaction : "Hey you are right !!! It sounds like Mick Collins backed by the Fleshtones. Love it ! Well done !!! I want to meet these guys."
    Le groupe a tourné en Allemagne au début de l'année. Lors de l'étape berlinoise, ils ont été rejoints sur scène par Rudi et Lana des Fuzztones pour une version évidemment en surchauffe de "99th Floor".
(www.soundflat.de)

WAU Y LOS ARRRGHS !!!

    Sur leur deuxième album (Viven !!!), les allumés espagnols de Wau Y Los Arrrghs sacrifient une nouvelle fois, sur une bonne moitié du disque, à leur perversion favorite : le dynamitage en règle et en espagnol d'obscurs titres garage sixties anglo-saxons ou sud-américains. Comme souvent avec ce genre de groupe flamboyant et dévastateur en live, les disques peinent un peu à restituer l'ouragan scénique. Heureusement, ils ont aussi de sérieux arguments à faire valoir en studio et le tandem officiant derrière la table de mixage des Studios Circo Perrotti (Jorge Explosion & Mike Mariconda) a su exploiter au mieux les forces du groupe : un chanteur sauvage, un guitariste brinquebalant qui torture fuzz et réverb' sans complexes, un organiste qui jette de l'acide dans le brasier, etc...
    Le son est moins trash lo-fi que sur leur premier album, Cantan En Español, et on sent que les tournées et les scènes partagées avec les Black Lips ou Reigning Sound ont rôdé le gang. La sélection des reprises a fait le reste et les originaux (dont un génial et psychotique hommage à Link Wray "on ne dit pas adieu, on dit à Link Wray") font bon ménage avec les covers des Hatfields, Mockers, Lyrics, Jonah & The Whales et autres fiers chevaliers plus ou moins oubliés des garages mid-sixties. Verdict : un bon disque studio par un génial groupe de scène. Comme d'habitude, Munster Records a sorti l'album en vinyle et CD.
(www.munster-records.com)

HOG MAW Rds

    Mack Stevens s'est mis en tête de consacrer un album entier aux dangereux tordus en tous genres. Rudi Protrudi avait déjà bien débroussaillé le sujet avec ses deux albums solo de reprises country, mais la comparaison s'arrête là vu que le Mack écrit lui-même ses chansons, sans toutefois s'interdire quelques détournements revendiqués, de Kokomo Arnold à Big Joe Turner. Le Texan maîtrise toutes les ficelles pour trousser d'effroyables histoires de serial killers ou mass murderers sur fond de 50's Rock & Roll, Country et Rhythm'n'Blues. Tout y est, les duels piano / guitare, la rythmique cimentée au feeling (le backing band, The Texas Infidels, est français), la voix chaude et les hiccups du Mack, le gros son (inhabituel pour le genre), jusqu'à l'impeccable emballage : la pochette du disque (180g, en vinyle rouge sang bien sûr) est signée Darren Merinuk, une garantie que le quota de têtes fraîchement coupées sera respecté. A ce stade, il ne vous étonnera guère qu'ils aient intitulé l'album Kill ! Kill ! Kill !

    Toujours en vinyle, mais petit format cette fois, Don Cavalli (le plus authentique born on the bayou des natifs du Val de Marne) est de retour, avec ses Rock-A-Faris, pour deux titres ("Plastic Rockers" et "Mary Jane") suintants de roots cahotantes fifties, entre country et swamp blues. Un 45t excitant comme une rencontre fantasmée entre Hasil Adkins et Charlie Feathers.

    The Orbitunes sonnent comme les Sonics ou les Wailers à la fin des années cinquante, plus tout à fait pur rock'n'roll 50's et pas encore garage sauvage, avec piano marteau et saxo gouailleur. C'est le groupe de Jan Svensson, activiste fifties suédois qui joue entre autres avec les Hi-Winders (ils font du R'n'R à la Jerry Lee et ont même un jour partagé la scène avec lui). C'est le premier single des Orbitunes (à ne pas confondre avec les Ricains du même nom) :"Down to a T" & "Sweep You Off Of Your Feet".

(www.myspace.com/hogmaw)

KICKING Rds

    C'est un label toulousain qui sort le dix-huitième album de Kevin K. Le disque est intitulé Deutschland, c'est une déclaration d'amour en bonne et due forme au pays de Kraftwerk et plus particulièrement à Berlin. Le baladin baladeur l'aurait d'ailleurs bien enregistré là-bas, au fameux studio Hansa By The Wall, s'il en avait eu le moyens... Il l'a finalement mis en boîte dans une bâtisse hantée du sud de la France en essayant de recréer l'ambiance des albums berlinois d'Iggy et Bowie. Plus synthétique (légère touche électro) que les dix-sept albums précédents, mais toujours déchiré de belles et énergiques guitares sur des mélodies qui rappellent parfois Nikki Sudden ("How Many Times" et ses violons à la douce désespérance) ou Stiv Bators, ce Deutschland déroutera sans doute les plus punks des fans de KK. Les autres apprécieront l'exercice de style réussi et s'amuseront à y dénicher les clins d'oeil à Iggy ou XTC (le gimmick répétitif de "She's No Fun", volontaire ou non). Certains y verront même peut-être le meilleur album de Kevin. Ici on apprécie l'effort et on y revient en y prenant un peu plus de plaisir à chaque fois. Kicking Rds vient de sortir une autobiographie de Kevin K sous le titre How To Become A Successful Loser (!). On en reparle dès qu'on l'a lu et on devine que ça doit être intense vu la vie trépidante et bien chargée de c't'homme-là !

    Un poil plus plus métallique, Is There A Life After High School ? l'album de Teenage Renegade (nouveau groupe de Nasty Samy) donne dans le punk mélodique et bénéficie du beau brin de voix de Madame Samy (une belle américaine). Mention à la version bien customisée du "Black September" de Dead Moon.
(www.kickingrecords.com)

NOVA EXPRESS

    Santa Rita, le cinquième album de The Needs, démarre garage plein pot sur un "White Trash Need Love Too" qui cousine de près avec le "Good Guys" des Standells. Ce n'est qu'une des facettes de ce disque qui propose des ambiances bien différentes, du psyché-rock intense à la Jesus and Mary Chain ou 13th Floor Elevators aux ballades hantées portées par une voix façon REM jusqu'à une plus sereine power pop sculptée à la Ricken'. Les fines lames préposées aux guitares crachent sans se faire prier des solos qui fouaillent les tripes tandis que l'orgue vient d'urgence panser les plaies à vif. Le foisonnement d'atmosphères changeantes met toutefois l'auditeur en peine d'y dénicher un solide fil conducteur. Sensation renforcée par le nombre de morceaux, dix-huit... On conseille de découper en tranches.

    Les Plastic Invaders de Clermont Ferrand font eux aussi dans la longueur avec dix-sept titres estampillés "rétro futuristes", sorte de collision marrante entre Rezillos et Hives. Leur garage groove hypnotique à guitares et orgue va souvent très vite, accrochant l'oreille et affolant la guibolle au détour des refrains. On sent le gang rodé et blanchi sous le harnois rock'n'roll. Les Plastic Invaders étaient jusqu'à il y a peu spécialisés (sous le nom des Plastic Gangsters) en sets enflammés à bases de reprises qui fonctionnent à tous les coups en secouant l'inconscient collectif des trois accords rouillés. Il suffit de jeter un oeil sur la pochette de ce Greatest Hits pour se faire une idée de leur répertoire d'alors, de Blondie à Screamin' Jay en passant par Iggy et Elvis. Et sûrement un quota de Sonics/Standells hein ? Aujourd'hui leurs originaux s'en ressentent forcément. On ne s'en plaint pas.

    Tambours de guerre, fuzz et orgue en nappes ondulantes, incantations cavernicoles... Les Vietnam Veterans sont de retour, ils ont repris leur nom historique (Les Gitanes ne sont mentionnés qu'en sous-titre cette fois) et renoué avec le label (allemand) des grandes heures, Music Maniac, pour une co-production Nova Maniac baptisée Strange Girls. De Diddley Beat appuyé ("Till You Fall") en Garage Sound halluciné (un "No Way Back" qui porte bien son nom), ces gars-là ne font pas juste semblant d'être perturbés... Ils ont vraiment trouvé les clés d'un univers parallèle qu'ils rendent crédible à force d'obstination et de savoir faire, un univers peuplé de créatures inquiétantes bien sûr, jadis repérées déambulant chez Roky, Sky et Sean, même s'ils savent aussi trousser des ballades country pop avec mandoline carillonnante (lumineux "I Don't Deserve You"). Frissons acides garantis.
(www.novaexpressrecords.com)

JACK O & The Tennessee Tearjerkers

    L'ex-Oblivian continue à étonner son monde. Sur ce nouvel album (The Disco Outlaw), Jack O (Mr Yarber pour l'état civil) allume des brûlots Blues très électriques attisés façon terroriste par le guitariste John Paul Keith (!), jeune et génial musicien de Memphis (par ailleurs leader des 1-4-5's : Buddy Holly affronte les Beatles avec Ben Vaughn en arbitre, ils viennent de sortir leur premier album). Et ce JPK, le bougre, se pose quasiment en maître de cérémonie sur une majorité des titres, triturant les racines et arrachant rugissements ou feulements à sa bête à six cordes. Il prend même carrément les commandes sur l'instrumental "Scratchy" (Travis Wammack), une lourde charge bluesy rock qui ne devrait pas rebuter les fans de Roy Buchanan. Jack avait apparemment besoin d'un gratteux qui se lâche à la demande et enfourne le charbon au bon moment.

    The Disco Outlaw est le quatrième album de Mr O avec les TJ's, ils l'ont enregistré à Memphis. Harlan Bobo est à la basse, Bill Roe de CoCoComa à la batterie, Adam "Bomb" Woodward" aux claviers et donc, à la guitare John Paul Keith, qui amené son pote John Whittemore des 1-4-5's pour quelques chorus de gratte qui désossent dans les règles ("Against The Wall"). Et quand il n'est pas occupé à régler son compte au bon vieux Blues qui râpe, le groupe se laisse aller à trousser de somptueuses complaintes country ("Homesick Gypsy") ou quelques titres quasi-acoustiques et légèrement déglingués ("Switchblade Comb"), tel un Jonathan Richman des bayous qui aurait forcé sur la gnôle. Et puis il y a le décoiffant "Stop Stallin", stoogien en diable, presqu'un hommage à "TV Eye", ou le torride "Blood Blank Blues", plus de six minutes de groovy blues garanti faire chalouper un congrès de pharmaciens psycho-rigides à coups de percus latinos, d'orgue de fête foraine et d'accordéon bambochard. Et il y en d'autres que vous découvrirez vite, sourire satisfait aux lèvres... Beau travail d'artisan, même si le côté plus "traditionnel" que d'habitude de l'affaire, sans grandes surprises, en décevra sans doute quelques-uns.
(www.goner-records.com)

FELIX BAGHEERA
Nicolas Cruel / Coyote Pass

    Paris avait Métal Urbain, Cleveland logeait les Dead Boys et... Brest avait Nicolas Cruel. Il me remonte quelques souvenirs embrumés du Parc des Expositions de Penfeld dévasté à la Valstar et au speed. Nicolas Cruel, c'est le nom du groupe, ouvrait pour Bijou, c'était en 78 ou 79, la Bretagne rock'n'roll était venue se défoncer sur les gradins du vaste gymnase en vibrant sur des riffs estampillés "Punk" depuis peu. Le chanteur déglingué de Nicolas Cruel, un certain Bagheera, se consumait sur scène à la façon de ceux qui vivent trop vite et trop fort, soutenu par un gang qui envoyait le bois comme s'il ne devait pas y avoir de lendemains en Finistère Nord. Une claque ! Le groupe n'a pas vécu suffisamment pour signer un contrat et laisser des traces officielles... Heureusement, quelques archivistes et "historiens" du rock brestois ont aujourd'hui décidé d'éditer ce que Nicolas Cruel avait tout de même eu le temps d'enregistrer, soit un pack de sept titres (en français et en anglais) de pub-rock/punk tendu, entre Groovies et Hot Rods, largement aussi bons que ceux proposés par la concurrence hexagonale de l'époque. Si Nicolas Cruel avait eu la bonne idée d'habiter un squat du 14ème à Paris, Christian Eudeline leur aurait déjà consacré un bouquin...
    Après le split de NC, Bagheera continuera avec Coyote Pass, feulant et haletant sur des reprises, ou plutôt des "relectures à la Brestoise" comme ils disent là-bas, de classiques épileptiques tel "Let's Get Funky" ou immensément rock comme "Yesterday's Numbers". La compilation (Félix Bagheera - Nicolas Cruel - Coyote Pass - 1977 à 1991) leur consacre une douzaine de titres, live et studio. Bagheera est mort au début des années 90. Too fast too soon, une vieille histoire...
(www.lablanche.net)

MUNSTER DVD's

    La liste de concerts filmés en Espagne et édités par Munster Rds s'étoffe de deux nouvelles références US qui s'avèrent de parfaits clients pour l'irréprochable série.

    Les Zeros ont désormais dépassé les trente ans de carrière ! Le groupe de Chula Vista (au sud de San Diego) a certes connu des périodes de stand-by, mais ils sont apparemment toujours prêts à reprendre les armes, surtout pour une bonne vieille confrontation avec le public espagnol. Des origines, il ne manquait ce soir de 2007 qu'Hector Peñalosa le bassiste gaucher, remplacé par Steve Rodriguez des Dragons. Le groupe (surnommé dès le début Les Ramones mexicains) aligne les standards impeccables ("Wimp", "Don't Push Me Around", "Wild Weekend", "Black & White", etc...), Javier Escovedo chante juste même si sa gratte se désaccorde progressivement (ça les fait marrer), Robert Lopez (alias El Vez) monte de temps en temps au micro pour cracher un hit ("Beat Your Heart Out", "Sneakin' Out", "Yo No Quiero") et le batteur Baba Chenelle, enveloppé dans en gilet jaune fluo type sécurité routière (!), pousse méchamment en faisant trembler la scène du Gruta 77. Des compos de gros calibre balancés énergiquement par une équipe de vieux potes qui n'ont pas perdu la main, que demander de plus ? Hé bien peut-être juste un quart d'heure supplémentaire, vu que le groupe n'a joué qu'une cinquantaine de minutes, rappels compris (dont un flambard "Chatterbox")... Mais bon, plus de trente ans... Ça incite à l'indulgence. D'autant qu'il y a du rabe en bonus sur le DVD : bouts de films en super 8mm et extraits d'une émission télé de 1977, longue interview du légendaire Phast Phreddie (qui fut manager des Zeros au début de l'histoire), un gros bout de concert de la reformation de 92, etc... Les Zeros méritaient un bon document, c'est enfin chose faite.

    Par certains aspects, les Mooney Suzuki d'aujourd'hui font penser à ce (bon) groupe de Seattle que j'ai vu la semaine dernière, les Boss Martians : tous les deux ont récemment pondu des disques hyper chiadés avec couches d'instruments habilement superposés, choeurs célestes et production ciselée avec une précision chirurgicale, alors que leurs concerts sont de véritables tornades soufflant à la puissance maximum, guitares à onze et tout à fond Léon sans plus de façons ! J'en connais même qui ont acheté les disques après les shows et ont crû s'être trompés en l'écoutant une fois rentrés chez eux, pas possible que ce soit le même groupe !
    Donc, Mooney Suzuki sur scène c'est terriblement dévastateur, teigneux, saignant et hirsute. Les décibels volent bas et les longs tifs des guitaristes menacent de se coincer dans les cordes à chaque solo. Bref, ça cloue au mur et ils ont suffisamment de morceaux marquants à leur répertoire pour maintenir tension et attention. Les fans des Stooges et New York Dolls se sentiront évidemment à la maison. La galerie photos du DVD a été shootée par Miss Elodie, notre espionne à Madrid. On la devine d'ailleurs au premier rang reprenant en choeur  le refrain de "Good Old Alcohol..." en rappel. Tu m'étonnes...
(www.munster-records.com)

TURBOROCK

    "A Douarnenez, les fleurs poussent sur les rochers" (vieil adage breton), et si vous en soulevez-un de rocher, il y a des chances qu'une myriade de groupes de rock s'éparpille entre vos pieds en faisant pétarader les décibels. Prenez Billy Bollock and The Broken Teeth par exemple, des mecs pas décidés à se laisser manger la laine sur le dos, fut-ce par des concitoyens tout aussi remontés (The Good Ole Boys) et qui confirment avec un deuxième album supersonique et foisonnant, Back To Business, qu'il y a bel et bien une solide scène douarneniste. Carburant au MC5, Spiders From Mars ou Doc Feelgood, BB et ses troupes injectent dans leur Rock'n'Roll haute énergie quelques réjouissantes giclées ryhthm'n'soul avec cuivres toniques ("Georgia In My Tank") ou power pop racée et addictive ("I Can't Get Enough").

    Plus nettement garage, The Repeaters (de Caen), orgue et fuzz en bataille, font défiler un panaroma d'influences estimables (60's punk, psyché, power pop) qu'ils passent à une moulinette plutôt originale, évitant les pièges des clichés et redites. Ils font ainsi une excellente relecture du "Question of T°" du Balloon Farm, s'amusent à imiter le son de l'electric jug des 13th Floor Elevators sur "The Waterboy", reprennent le "Stay Away" des Faces (pas les British mais les Allemands fleurons de la scène 60's de Hambourg) et finissent l'album (A Sudden Rise In The Mercury) par une cover de leurs concitoyens des 90's Dod & The Rods ("Russian Roulette"). Et même si le refrain de leur "Big Black Bike" rappelle un peu le "All By Myself" des Heartbreakers, les compos affirment une réelle personnalité forgée à l'écoute répétée et bien digérée des grands classiques garage sixties. L'album est le fruit d'une collaboration Turborock et Banana Juice Rds.
(www.turborock.com)

MAGS & ZINES

Résistance A Go-Go : Antoine Zéro s'est occupé des interviews (Crusaders Of Love, Les Pénibles) et Cherry Boy est passé filer un coup de main pour les chroniques. Logique donc que les 40 pages (mini-format, un poil plus petit que le A5) de ce nouveau n° du 'zine parigot fouettent bon le garage-punk sans foi ni loi. Le tour review est cette fois consacré à une turbulente virée commune de Fix It et Aggravation en Allemagne et dans le sud de la France et on se marre en lisant la page énumérant "Dix bonnes raisons de détester les Hellacopters" (du calme Antoine, c'est bon, ils ont splitté) ou celle intitulée "Les nouveaux groupes qui ne valent pas le coup". Le tout est bien sûr d'une désopilante mauvaise foi.
(resistanceagogo@gmail.com)

442ème Rue (#82) : Vingt pages de chroniques détaillées (de Woodie Guthrie aux romanée Counteez !)  et de news pointues par le boss du label homonyme. Vous pouvez le commander ou le télécharger ici :
(www.la442rue.com)

Mongrel (#4) : Excellent 'zine canadien qui fait la part belle aux garagistes du crû (Thee B-Sides, Gruesomes, Manipulators, Vicious Cycles, etc...) et s'autorise quelques digressions qui nous vont droit au coeur (une interview de Wreckless Eric et Amy Rigby et de la photographe punk Bev Davies). 84 pages bien touffues par un team de passionnés et en prime un CD présentant vingt deux gangs garage majoritairement canadiens (Dead Ghosts, Blodshot Bill, Raised By Wolves, etc...). N'hésitez pas.
(www.mongrelzine.ca)

OX (#83) : 115 pages en couleur, beaucoup d'interviews : Supersuckers, Gang Of Four, Trashmonkeys, Love Boat, Muff Potter, etc... et les tonnes de chroniques habituelles plus le CD bourré d'extraits de quelques récentes sorties (mais pas grand chose à y gratter pour nous cette fois).
(www.ox-fanzine.de)

EN VRAC
(mais pas n'importe comment)

The Amcats ("Jang Jang Robot" - 7". Smashed Rds) : Duo punk blues australien (Adelaïde) entre Black Keys et early White Stripes.  Une fille à la batterie aussi, un vrai rouleau-compresseur. Un single élégant, bien servi par une production claire et des compos où la part est faite belle aux riffs puissamment bluesy et à la voix écorchée. On frise la perfection dans le genre. S'ils emplissent tout un album avec des morceaux de ce calibre, on risque d'en entendre reparler.
(www.smashedrecords.com)

Simon Chainsaw (Fire down Below - CD. Dark Roasted Rds) : Plutôt que le dernier album de Simon chroniqué en début de numéro, optez pour celui ci, enregistré il y a sept ou huit ans et qui avait bien failli sortir à l'époque... On en avait même chroniqué ici une version avancée. Et puis rien, jusqu'à aujourd'hui et la résurrection de cet album qui s'avère aussi le premier d'une série de quatre destinés à finir en coffret (la box en carton est fournie avec le disque, et il y a effectivement de quoi y fourrer quatre CD). Si vous appréciez habituellement la combinaison grosses guitares (l'axe Detroit-Sydney, Al Creed est de la partie) + mélodies power pop valorisées par une production au cordeau, faites vous donc plaisir.
(www.simonchainsaw.com)

Cheap Star (Speaking Like An Elephant. CD. Z&Zoe Rds) : Chouette power pop à la Big Star / Posies par un groupe français. L'album est finement produit par Jon Auer et Ken Stringfellow. Certes on aurait préféré ici un peu plus de "power" dans le cocktail, mais le résultat est suffisamment ciselé pour éveiller l'intérêt des fans des groupes cités plus haut et de ceux de Teenage Fan Club ou early REM. Des orfèvres donc.
(myspace.com/zandzoe)

The Intelligence (Crepuscule With Pacman. LP/CD. Born Bad Rds) : Hum, voilà le genre d'album qui provoque chez moi des perturbations comparables à celles ressenties par un coq tombant sur un décapsuleur : je me gratte la crête avec une aile et je griffe furieusement le sol. The Intelligence (rien que le nom !) est le groupe du batteur des A-Frames, un autre truc qui, pour paraphraser Woodie Allen, me donne envie d'envahir la Pologne. L'option bruitiste et "expérimentale" sans doute... Et cette obsession de citer Britney Spears à tout propos... Celà dit, rien ne vous interdit d'aimer ça hein ! Et dans ce cas-là vous serez ravis d'apprendre que le groupe vient de sortir DEUX albums simultanément ! Celui-ci est sur Born Bad et l'autre chez In The Red. Pervers comme vous êtes, je suis sûr que cette chronique va en faire vendre trois de plus...
(myspace.com/bornbadrecords)

The Jehosaphat Blow (7" - Donkeysack Rds) : Ils sont sans doute parmi les premiers représentants d'une cohorte à venir de groupe garage punk chinois. Et si on en juge par ce single éclaireur, ça promet ! On dirait Elvis reprenant les Heartbreakers avec un son de one man band canadien ! "Hipshaking Hangover Cure No. 69" est déjà un tube par ici. Et la B-side ("No Beer, No Chicks") enfonce le clou 50's punk avec peigne à cran d'arrêt dans la poche arrière gauche. Le single a été enregistré en Pologne (avec des musiciens irlandais, seul le chanteur est chinois, il s'est baladé en Europe quelques temps et est reparti remonter le groupe à Pékin) et vous conviendrez qu'un groupe qui affiche Girl Trouble et le Sonic Chicken Four en "amis myspace" ne peut pas être mauvais hein ?
(www.myspace.com/jehosaphatblow)

The Jim Jones Revue : C'est le deuxième single extrait de l'album, "Cement Mixer", avec un inédit en b-side, "Good Golly Miss Molly". Le son est plus lo-fi que sur l'album (pourtant...) et le cheval de bataille de Little Richard passe à l'équarissage sans plus de manières. Une bombe ! Vérifiez que l'assurance de vos haut-parleurs court toujours... On les a vus récemment carboniser la scène du Bikini à Toulouse et mettre en transe les 1500 personnes venues pour... Placebo. Irrésistibles on vous dit ! (www.jimjonesrevue.com)

The Movements (The World, The Flesh and The Devil. CD. Alleycat Rds) : De disques en disques, ces Suédois de Göteborg cultivent le contraste façon grand écart. Après un single violemment garage cryptique et lo-fi, leur deuxième album revient aux bases psyché-pop ouvragées qui épiçaient déjà le menu du premier CD (Grains of Oats). La production (Bjorn Ollson de TSOOL) est tatillonne, le groupe fait feu (doux) de tout bois, violons, claviers, choeurs, cuivres, etc... et l'ensemble est certes suffisamment foisonnant pour qu'on cède à une invitation au voyage multicolore, mais je me demande quand même si je ne préfère pas le pilonnage cryptique, tendu et monochrome du récent single "The Battle Of Being In Love"... En tout cas, ils savent tout faire et ça doit valoir le déplacement au concert, d'ailleurs le Cosmic Trip Festival a eu la bonne idée de les inviter cette année).
(www.alleycatrecords.se)

The Sad Knights ("If You Follow Me" - 7". Bang ! Rds) : Groupe toulousain de folk rock éclairé, tendance Byrds, The Band ou Crosby Stills & Nash (période "Marrakech Express") avec choeurs, claviers et fines compos. En B-side, ils dévoilent une attirance pour le rock 50's avec réverb et piano tressautant. Détail : le pianiste en question (également aux choeurs) n'est autre que Ken Stringfellow des Posies, Big Star, etc... Ken, qui vit à Paris, est membre à part entière des Sad Knights et a d'ailleurs récemment tourné avec le groupe dans le sud-ouest du pays.
(www.myspace.com/frenchbangrecords)

Sex & Dollars (S/t - CD. Un Je Ne Sais Quoi) : Ces Tourangeaux sont d'une diabolique efficacité dès qu'il s'agit de trouer des murs de guitares avec des solos... de guitares. Leurs compos rappellent les Rock'n'Roll Soldiers ou les Hives des débuts (le chanteur y est pour beaucoup et on le devine d'une présence scénique redoutable) qui auraient fait un stage d'apprentissage dans les 70's, il leur manque  toutefois peut-être un vrai hit (ils en sont souvent à deux doigts) pour faire de ce premier album sans titre un réel coup de maître. Pas grave, on n'en demandait pas tant, et les réticences sont vite balayée par des guitaristes qui taquinent le manche comme s'ils avaient mis la main sur la boîte à speed de Lemmy. Jouissif donc.
(www.myspace.com/sexndollars)

Tijuana Hercules (The Almanack Of Bad Luck - CD. Black Pisces Rds) : La voix du Captain Beefheart, des instrumentations dignes de Tom Waits, un répertoire roots cuivré qui jumelle Louisiane et Mississippi (Swamp Groove, Rhythm 'n' Blues), une ambiance de fanfare "funérailles à New Orleans" comme chez les Dead Brothers, des intonations soul à la Andre Williams, du gospel torride et fendard... Difficile de résister à pareilles agapes. Le groupe vient de Chicago, c'est son deuxième album et si vous aimer entendre tarabuster les racines deep south avec virtuosité, jetez-y une oreille, c'est vite prenant.
(myspace.com/tijuanahercules)

    Pas suffisamment de place pour vous en parler en détails (qu'ils nous pardonnent), mais vous pouvez avantageusement y laisser traîner une oreille : *Alex Gomez et ses tranches de blues aiguisé et allumé façon Bob Log III ou Jon Spencer (Love Sex & Drugs - www.alexgomez.biz). *Thee Jenerators, le groupe du boss de Twist Rds, avec un troisième album garage sixties et power pop (Inside Outside - www.twistrecords.co.uk). *The Kathematics, duo mixte australien entre punk rock et pop avec chanteuse brûlante (Divorce Death Departure - www.kathematics.com). *Dirty Boulevard, du bon vieux punk rock 77 produit par Brian James, l'ex-Damned (Radio Dirty - www.areapirata.com). *Slim Wild Boar et sa country sépulcro-rockab' qui fout les poils (The Lovesick, The Guilty & The Drunk - myspace.com/theoutoforderonemanband)...

    Voilà, c'est tout pour cette fois, merci de votre fidélité, on se retrouve bientôt, d'ici-là vous pouvez écouter la bande son de cette rubrique, c'est le Mighty Dig It ! Radio Show sur Canal Sud à Toulouse et sur le Web tous les jeudis à 21h30. Passez par le site de la radio :
(www.canalsud.net)

Gildas Cospérec

digitfanzine@gmail.com  
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